Figures de Thau

Jean Polito : ce que peut faire un Sétois.

Petit-fils de Giovanni Polito, l’aïeul venu de Gaëta près de Naples  en 1900 et qui fit  parti de ces italiens qui ont marqué l'histoire de Sète, Jean Polito est né en 1922.  Avec Georges Azaïs, le fondateur de la criée de Sète, Jean Polito créa la conserverie artidanale et familiale Azaïs-Polito qui depuis a fait son chemin et est connue dans le monde entier.
Hervé le Blanche nous raconte le parcours de cette figure sétoise qui s’est éteint le 10 octobre 2016 à l’âge de 94 ans. 


 

Il était le petit-fils de Giovanni Polito, l'aïeul venu de Gaëte et qui vint s'ancrer à Cette en 1900. C'était l'époque où le produit de la pêche de son navire, Le Brescou, était exposé à même le sol, sur une couche de glace. C'était le temps où mareyeurs et pêcheurs devaient rapidement conclure les transactions car le train de marée partait à 17 heures. Giovanni Polito connut "un rythme de vie éreintant", une certaine discrimination. Mais il fit face avec persévérance et transmit à sa descendance, avec "le goût des choses bien faites", la passion d'entreprendre. Et aujourd'hui, l'entreprise Azaïs-Polito traite avec les grands de la gastronomie et rayonne à l'International.

Le petit-fils de Giovanni, Jean, né en 1922, a épaulé son père Claude dans la gestion de ses deux commerces : une épicerie de quartier et un étal aux halles fort apprécié de la communauté italienne. La "pasta" Polito ralliait tous les suffrages. Elle était issue d'un lieu mythique dans la famille Polito : "L'Enclos". Au fond d'une impasse tranquille du quartier de La Peyrière, le lignage a acquis 380 m2 où, dans un bâtiment bordant une cour, sont entreposés les stocks pour les deux commerces. Et c'est là que Jean Polito installe, en 1957, une fabrique de raviolis, dont l'inscription de la raison sociale est toujours visible.

Mais à L'Enclos avait aussi été montée une conserverie. Puis, Raymond (le fils de Jean Polito) eut l'idée de confectionner la soupe de poisson à la sétoise. La conserverie allait son train. Il fallait acheminer le poisson de la Marine à L'Enclos, pousser des chariots de 200 kg sur des pentes parfois à 35%. Et là, on devait conditionner les envois. Au début des années soixante, "il faut remplir les conserves à la cruche", ce qui exige de la précision, de la main d'œuvre. Alors, toutes les bonnes volontés s'impliquent. Et puis, Jean vend son étal des halles et participe au développement de l'entreprise qui, grâce à son fils Raymond, prend son essor après 1966. Dans L'Enclos (où se fabriquent les pâtes), sur 40 m2, on installe une chaudière verticale de récupération. Et on vend un produit sain, naturel, authentique. Georges Azaïs qui deviendra un mareyeur d'envergure internationale et Jean Polito s'associent en 1963. Et les produits Azaïs-Polito entrent dans la restauration. La rouille sétoise se vend en grande surface. Jean se souvenait-il de ce temps quand, retiré à Frontignan avec sa seconde femme Odette, il offrait aux pensionnaires de la maison de retraite les bocaux d'Azaïs-Polito ?

Depuis trois ans, Odette n'était plus là. Jean Polito déclinait doucement, très entouré. Son fils venait deux fois par jour. Ils causaient travail. Et Jean s'est éteint sereinement dans son sommeil. Pour celui qui fut un Sétois parmi d'autres, le travail était achevé.

Hervé Le Blanche

Nos vifs remerciements à Madame Britto.

Pierre Deley, marseillanais d'exception

Né à Marseillan (Hérault) le 1er novembre 1893, Pierre DELEY est breveté pilote de chasse en 1917. Il se comporte brillamment jusqu'à la fin de la guerre et fait l'objet de plusieurs citations. Il entre comme pilote civil aux Lignes Aériennes Latécoère en mai 1923 et, à partir de là, sa carrière se confond avec ce que l'on a appelé "l'épopée de l'Aéropostale" dont il a été l'un des acteurs principaux, bien qu'il soit peu connu du grand public.

 L’Aéropostale demeure l’une des aventures aériennes majeures des années 30, ayant profondément marqué les mémoires, souvent bien davantage en Amérique du Sud qu’en France : histoire malheureusement trop connue pour être bien connue. Le « bon peuple » ayant besoin d’icônes en nombre limité, on lui en a offert quelques-unes, Mermoz, Daurat, Guillaumet ou Saint-Exupéry, sur lesquelles, hormis dans quelques trop rares ouvrages, on nous ressasse les mêmes poncifs , les autres héros moins connus étant sans doute moins « vendables ».

Breveté pilote de chasse pendant la Grande Guerre (6 victoires) après avoir été artilleur, Pierre Deley entrait aux Lignes Aériennes Latécoère en 1923. Il connut nombre d’aventures, partageant les joies et les souffrances qui émaillèrent ces routes aériennes. Il effectua des nombreuses missions de sauvetage et des dépannage depuis Port-Etienne et fut avec Paul Vachet l’un des défricheurs de l’Amérique du Sud. Le jovial « Père Deley », aussi fin pilote et homme courageux que camarade apprécié, finit sa carrière comme représentant général d’Air France en Amérique du Sud. C’est dire que sa vie d’aviateur se confond avec l’époque héroïque des Lignes Latécoère et de l’Aéropostale.
René Angel n’a pas sorti son texte comme un lapin d’un chapeau : cet ouvrage est le fruit d’un long travail, animé tant par l’admiration envers un compatriote que par la souci d’un travail historique. Le titre sonne comme celui d’une biographie, mais le livre est également riche d’informations sur cette épopée aérienne qui mena les « facteurs volants » en Afrique et en Amérique du Sud.

Pour en savoir plus: visitez le site des amis de Pierre Delay

François Barthélemy Arlès-Dufour

François Barthélemy Arlès est né le 3 juin 1797 à Sète. Il est mort le 21 janvier 1872, lors d’un séjour avec sa femme dans la villa de leur amie Juliette Adam à Vallauris dans les Alpes-Maritimes. Homme d'affaires pro-européen, il est, entre autres, le fondateur du Crédit Lyonnais et de l’École Centrale. Humaniste, il est aussi l’un des principaux saint-simoniens.

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Une enfance modeste

Fils d'un sous-officier de Lodève, François Barthélémy Arlès connait, après la mort de son père, une jeunesse assez pauvre. En 1814, âgé de 17 ans, il obtient un poste de contremaître dans une manufacture de châles en soie.
En 1816, son employeur, l’envoie en Allemagne comme voyageur de commerce. Il ne se contente pas de vendre tissus et châles mais lit aussi Adam Smith, Stuart Mill, Ricardo et assiste en 1820 au cours de Jean-Baptiste Say au Conservatoire. Il apprend non sans difficulté l’anglais et l’allemand et fait la connaissance à Francfort de Prosper Enfantin, le futur prophète du saint-simonisme et à Munich de Gustave d’Eichtal, qui devait être le banquier du mouvement. Le congrès de Carlsbad (1819) le conforte dans son hostilité aux rois et aux prêtres : il est un partisan convaincu de la souveraineté du peuple.

Alès devient Alès-Dufour

 A Leipzig, grande ville de foire, il se lie avec Paul-Émile Dufour qui lui propose d’entrer dans la maison Dufour frères . A 28 ans il prend la direction de la succursale lyonnaise (1822) et épouse la fille unique de son patron en 1824. Il accole - par souci d'égalité homme/femme - le nom de Dufour à celui d'Arlès. La succursale lyonnaise de la maison Dufour durera jusqu'en 2013, sous les noms successifs de Chabrières-Morel (à partir de 1885), puis Morel-Journel & Cie (à partir de 1930).

Éclairé et humaniste

Élu à 35 ans à la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon, il joue un rôle de premier plan tant sur le plan strictement industriel, organisation du chemin de fer Lyon-Paris, initiateur du Canal de Suez, que sur le plan financier, création du Crédit lyonnais, sur celui de l'humanisme. Il fonde la Ligue internationale et permanente de la paix avec le journaliste Émile de Girardin et le pacifiste Frédéric Passy, contributeur au développement du Saint-simonisme en France avec pour maxime: « Toutes les institutions sociales doivent avoir pour but l'amélioration du sort moral, intellectuel et physique de la classe la plus nombreuse et la plus pauvre. »
Il attache une grande importance à l'enseignement, lui qui fut autodidacte, en créant l'École centrale de Lyon et la Société d'enseignement professionnel du Rhône.

Militant pour l'égalité de l'homme et de la femme, il accole dès son mariage, le nom de son épouse au sien. Il soutient personnellement Julie-Victoire Daubié dans sa démarche à devenir la première femme bachelière de France à Lyon. Avec J-V Daubié, il fonde l'Association pour l’émancipation progressive de la femme dont il en est le président. De l'Impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, il obtient que la Légion d'honneur soit décernée à la femme peintre Rosa Bonheur.

Passionné par l'économie en lien avec des penseurs anglais - notamment John Bowring, Richard Cobden et John Bright -, il rédige divers articles sur l’industrie lyonnaise, la tarification douanière, le rapprochement nécessaire avec l’Angleterre facteur de « l’association universelle des peuples », etc. Il plaide également pour l’impôt progressif, «proportionné aux revenus, le seul raisonnable, le seul en harmonie avec le principe de l’égalité des charges ».

Militant pour la paix entre les peuples d'Europe par le commerce et le libre-échange, il catalyse en 1860 la signature du Traité de commerce franco-britannique, dit traité Cobden-Chevalier et dont le signataire pour la France Michel Chevalier dira : « La Chambre de commerce de Lyon a mérité que son nom fut inscrit dans l’histoire. Rien n’aura contribué autant que l’impulsion d’Arlès pour lui valoir cet honneur. »

Fondateur en 1863, avec le concours de son ancien collaborateur Henri Germain, du Crédit lyonnais, il s'implique également dans la Banque de Lyon, future succursale lyonnaise de la Banque de France ainsi que dans la Caisse des associations coopératives à Paris.

Commandeur de la Légion d'honneur et membre de l'Académie des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Lyon, il a été adjoint au maire de Lyon en 1830, conseiller municipal de la Guillotière, conseiller municipal de Lyon en 1855, et conseiller général du Rhône, après avoir refusé à diverses reprises la députation.

Pionnier des chemins de fer

Comme nombre d'autres saints-simoniens, c'est un fervent partisan du chemin de fer qui participe à son élaboration et son extension, notamment dans la région lyonnaise, en étant administrateurs des compagnies de Paris à Lyon, de Marseille à Avignon et de la de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Ancien résidant d'Oullins et père du maire de cette ville, ses funérailles dans cette commune ont lieu en présence de nombreux employés du PLM.

Hommage à Joseph-Pascal Repetto au Musée de la Mer

Cette année, les Journées du Patrimoine de Sète ont été l’occasion de mettre en valeur le patrimoine maritime local en rendant un hommage à Joseph-Pascal Repetto (1886 – 1982).

exposi1-Joseph-Pascal REPETTO hommage le 6 juin 2015 (1) (Copier)

 Le Musée de la Mer sétois a ainsi ouvert ses portes à une exposition dédiée à un ancien charpentier de marine bien connu dans le quartier de la Plagette mais aussi au-delà des frontières de la ville.

 Petit retour en arrière pour découvrir l’homme.

 C’est au tout début la belle histoire d’un petit garçon qui rêvait sur les chantiers navals de Gênes. Il rêvait déjà de construire lui aussi des bateaux.

Le petit apprenti, puis l'ouvrier et le compagnon charpentier de marine Joseph-Pascal Repetto effectua son service militaire sur un navire italien pendant trois ans, ce qui lui fit faire le tour du monde.

Libéré de ses obligations militaires, et en route vers l'Amérique, c'est à Sète qu'il se retrouva à la suite d'une escale inopinée en 1912. Observant avec intérêt l'animation de la ville et ses chantiers navals, il accepta une offre et décida de rester,

Quelques années plus tard, le chantier naval SCOTTO & REPETTO qu'il créa à la Plagette, avec son associé et beau-père Léonard Scotto di Covella, avait acquis une belle renommée grâce à la qualité exceptionnelle de ses constructions.

exposition JP Repetto 2018 (92) (Copier)

Son autre passion, les maquettes de bateaux !

Ses chefs d’œuvre lui valurent l'admiration et la considération de ses pairs au-delà de nos frontières, fait rare et exceptionnel.

Il présenta trois maquettes au difficile concours des Meilleurs Ouvriers de France et fait inouï, il obtint trois fois les prestigieux titres en 1936, 1939 et 1949 !

exposition JP Repetto 2018 (56) (Copier)

D'autres récompenses suivirent : Commandeur de l'Ordre du Mérite National,

Chevalier de la Légion d'Honneur, Palmes Académiques et d'autres toutes aussi prestigieuses.

Précurseur et inventeur de génie, il construisit en1922 un bateau amphibie, pour usage de canot de sauvetage, qu'il présenta à la ville de Cette, sur les boulevards, au Kursaal et dans le bassin de la gare. Une autre invention, un système de berceau pour tirer les bateaux à terre, dont il fit profiter ses collègues charpentiers de marine.

Jamais il n'a hésité à faire profiter ses collègues et concurrents de sa longue expérience.

Tous ceux qui l'ont côtoyé se souviennent de sa haute silhouette, de son visage aux traits réguliers et de son expérience bienveillante.

Il avait navigué sur tous les océans mais il a choisi les bords de l'étang de Thau pour y vivre !

A l’occasion de cet hommage sétois, la maquette du voilier « Notre Dame d’Armor » a été présentée au public ainsi que celle d’un chalutier et que d’autres maquettes de barques.

 

La maquette du voilier a été sa dernière construction et elle a été hors concours en 1973 et, plus tard, il en fit cadeau à la ville de Sète et au Musée Paul Valéry. Elle retrouvera prochainement les salles du Musée de la Mer.

exposition JP Repetto 2018 (17) (Copier)

Etaient présents lors de cet hommage : Michel Beauregard, ancien président régional des Meilleurs Ouvriers de France, Madame Lydie Lefèvre, Meilleur Ouvrier de France et détentrice de la Croix de l’Ordre du Mérite National, Madame Catherine Maraval, adjoint au Maire déléguée aux Musées, les membres de l’Association des Amis du Musée de la Mer et André Aversa, président d’honneur de l’association ainsi que Micheline Repetto présidente de l’association.

Le pot de l’amitié a clos cet hommage, bien mérité.

Michel Izoird

Figure de la Pointe-Courte


 

Le quartier si typique de La Pointe-Courte à Sète a vu passer, et il en voit encore, de « singuliers personnages », des « touche-à-tout » de génie mais aussi des artistes méconnus.
Tout d'abord Laurent Isoird, ancien pêcheur « petits-métiers » devenu au fil des années (avec sa femme Françoise), chanteur d'opérettes et d'opéras. Malheureusement il vient de nous quitter et il emporte avec lui sa joie de vivre et des « tonnes » de souvenirs. Je vous reparlerai de lui.
Autre personnage né dans ce quartier, Michel Izoird dit « Morizot ». Lui aussi a été pêcheur « petits-métiers » et il est plus connu sur Sète pour son active participation aux joutes languedociennes. C'est lui qui, sur sa barque « Le Général de Gaulle » (construite en 2000 pour le 30ème anniversaire de la mort du Général) sillonnait le canal Royal de Sète et transportait les jouteurs d'une barque à l'autre.
Il a laissé la place à plus jeune mais il continue à « laisser sa trace » à travers sa passion pour les joutes avec ses petites figurines tout en bois de pince à linge. Son « travail » mériterait une place dans un musée.

Autre facette de Michel, sa gentillesse et son besoin d'aider les autres, comme pour cette barque qu'un de ses amis, Pedro, lui a demandé de lui restaurer. Certes elle n'était pas en trop mauvais état mais il leur a fallu quand même, à eux deux, plusieurs semaines pour la remettre à flot. La « Pierre » a ainsi pu retrouver les eaux de l'étang. Et symboliquement Michel et Pedro ont tenu que cette remise à l'eau se fasse le jour de la fête du quartier, le 11 juin.


Afin d'en tester la flottabilité ils ont invité leur famille et certains de leurs amis, présents ce jour là, à embarquer à son bord. La nacelle a résisté à cet "assaut"».

Une autre barque a été, depuis peu, laissé tout près de son mas, une façon de lui demander de la restaurer elle aussi...
Et là aussi Michel acceptera même si parfois il grogne un peu.

Jean-Marc Roger

René Le Bail

la passion des pavois

René est un ancien jouteur et il a commencé les tournois en 1976 à la création de l'école de joute de la Marine. Depuis, il a cessé de « combattre » sur la tintaine.
Avec sa passion pour les joutes et vu son temps désormais libre il a eu cette idée de faire des pavois, pour faire plaisir aux gens et pour que le « patrimoine sétois ne s'efface pas, qu'il continue à vivre ». En fait il reste peu de monde qui fabrique des pavois. Depuis le lancement de son activité-passion il a eu un certain « succès » d'estime et il est récompensé quand il voit un petit jouteur recevoir un pavois et qu'il voit ses yeux briller, qu'il le sent heureux. Il aime en offrir aux enfants pour la Noël. Il n'a commencé à créer ses pavois que depuis deux ans. Screen Shot 08-13-16 at 04.21 PM
Il réalise ses pavois en pin. Il a mis un certain temps à fabriquer ses gabarits. Mais désormais il peut faire toutes les tailles traditionnelles Il s'est équipé de tout un petit matériel nécessaire pour le travail du bois.
Les petits pavois seront mis entre les mains des jeunes jouteurs en première année de joute. En fonction de l'âge et surtout du poids, les dimensions des pavois vont naturellement évoluer, ainsi que l'épaisseur du bois.
Son petit atelier, qu'il va agrandir, recèle des « trésors », des ébauches de pavois dont le bois sèche et qui, un prochain jour, iront, pour certains, décorer un dessus de cheminée, comme ces « pavois d'honneur » qu'il fabrique pour des amis.
René Le Bail est heureux que le pavois ait cette destinée. Lui qui a connu la maladie à travers les souffrances de son frère Alain emporté, à l'âge de 20 ans, par « cette putain de maladie », comme il le dit. En les réalisant, il a une pensée pour son frère qui lui aussi en faisait de tout petits dans les années 80.

Outre ces pavois de tournoi, il a commencé aussi à créer des pavois de décoration, qu'il fait à la demande pour des gens qui veulent comme une photo de famille mais sur un pavois. Ce fut le cas pour des mariages, des naissances...
Il a aussi commencé à créer des pavois représentant les quartiers de Sète, le Môle, le Souras-Bas, la Corniche, à l'aide de photos anciennes. L'idée de départ était pour lui de faire des pavois de joute peints mais son handicap c'est qu'il pense ne pas savoir peindre. Il a donc eu cette idée d'utiliser de vieilles photos de jadis. Son but c'est d'en créer sept et il pense pouvoir y arriver.
Depuis l'an dernier, aidé par son fils car il souffre de problèmes de dos, il décline des pavois qui sont personnalisables. Et il a amélioré sa technique en les imprimant à Mèze selon les demandes des clients.Screen Shot 08-13-16 at 04.19 PM  Ces pavois prennent alors toutes les directions, de Limoges à la Guadeloupe, du Canada à Monaco. S'il s'occupe de la peinture, de l'assemblage et de l'impression, il innove aussi en ayant créé des pavois à Leds, fin 2015 pour "Escales à Sète". Mais il peut aussi répondre à des demandes particulières en témoigne les boîtes à Ricard dont l'une d'entre-elles a été offerte au PDG de Ricard Monde.
S'il désire vendre des pavois et répondre à la demande toute l'année, sa passion vient aussi du fait qu'il souhaite promouvoir les Joutes languedociennes dans le Monde Entier.
Il en aura l'occasion durant la Saint Louis. S'il a imprimé la photo de la Saint Louis sur "un bout de bois en forme de pavois" (Précise René), il réalisera des pavois uniquement avec l'image, et cela avec l'autorisation de la Ville de Sète, en collaboration avec l'artiste, Mr Christopher Dombres. Vous pourrez alors, pour les découvrir, retrouver René à "La boutique du Pavois", derrière la tribune officielle des Joutes, pour la Saint Louis. Inauguration de la boutique le jeudi 18 août à 20 h. (06.48.09.31.99)

                                                                                         Jean-Marc Roger et Jean-Marie Philipon

Nicolas Figuerolles « inventeur ».

Eros

Césarion

Césarion

Olivier Chambon, régisseur des collections du Musée de l'Ephèbe

Le lendemain de Noël, le 26 décembre 2001, Nicolas Figuerolles plongeur amateur eut la chance de découvrir deux magnifiques statuettes de bronze.
Ce jour là il s'était mis à l'eau dans une zone qu'il fréquentait régulièrement en bordure de plage, côté mer vers Marseillan-plage, et il a fait ces deux incroyables découvertes. Durant cette plongée, il n'a pas seulement découvert la statuette de Césarion mais tout à côté celle d'Eros, le Dieu de l'Amour.
"Ce sont les tempêtes d'hiver qui remuent les fonds et font bouger le sédiment. J'ai vu le mollet de la première statuette, Eros, et je l'ai délicatement extrait des sédiments et en dessous j'ai alors aperçu Césarion... J'ai eu un moment de vide. Pendant 10 à 15 secondes je ne savais plus si je respirais..."
Les deux statuettes sont en bronze. Celle d'Eros a les yeux en argent et celle de Césarion avait les siens en pâte de verre mais ils n'ont pas été retrouvés.

L'envie de plonger lui a pris en 1997 durant une formation au Lycée de la Mer de Sète. Il avait un ami professeur qui adorait plonger. Cet ami était féru de tout ce qui était épaves, antiquités. Et à chacune de leurs rencontres Nicolas Figuerolles ne cessait de lui demander de l'emmener plonger avec lui. Et de "guerre lasse" il l'amena plonger sur cette zone "en fait pour ne pas que j'aille fouiller sur sa propre zone", précise-t-il.
D'où ces découvertes réalisées sur cette zone au bout de quatre ans d'exploration : "Quand j'ai enfin trouvé, ça valait bien les quatre années de fouilles. Il y en a qui passent autant de temps sans rien trouver."
Ensuite il y a eu la découverte de la Mosaïque le 10 mai 2003. La Mosaïque dénommée "la joute musicale d'Apollon et la condamnation du Satyre » fait au bas mot 40 kg. Elle a été découverte dans la même zone que les deux statuettes : "Un jour, j'ai voulu changer mon profondimètre (l'instrument que les plongeurs utilisent pour pouvoir consulter à tout moment la profondeur à laquelle ils se trouvent), »car dans toutes les plongées l'importance c'est la hauteur d'eau pour savoir si le sable est parti ou pas. Donc en revenant sur le même site si on s'aperçoit qu'il manque 20 cm de sable on peut espérer trouver quelque chose . Et ce jour là, en l'essayant dans cette même zone, je suis tombé sur la Mosaïque. Elle était plantée verticalement ensablée de moitié. De retour chez moi avec l'objet, j'ai téléphoné de suite pour prévenir de cette découverte. Afin de retrouver l'emplacement j'ai pris soin de laisser sur place un mousqueton métallique qui a permis, ensuite, de localiser le point exact de la découverte.
Cette mosaïque polychrome est composée d'une pierre calcaire et d'un assemblage au mortier de 15.000 tesselles.

Malgré toutes ces découvertes d'un très grand intérêt patrimonial, Nicolas Figuerolles a cessé ses plongées. Ayant eu un accident dans sa jeunesse, il en ressent aujourd'hui les contre-coups et la fatigue ne lui permet plus guère de plonger comme avant.


Le jour de ma rencontre avec lui au musée de l'Ephèbe au Cap d'Agde, Nicolas Figuerolles venait de déposer un nouvel objet : "un objet découvert du côté de Balaruc-les-Bains, un objet en bronze non encore défini donc « inconnu » qui pourrait être, d'après les premières hypothèses un plat ou un support de miroir à main. Sa styllistique le place sur une datation antique (voire gallo-romaine). Aujourd'hui, dès lors que « l'objet » a été déposé par son inventeur, s'engage l'étude de l'oeuvre (datation, utilisation, origine,....) ainsi qu'une prochaine restauration dans un laboratoire spécialisé dans le mobilier archéologique métallique avant qu'il puisse être présenté au public". (Informations données par Olivier Chambon, régisseur des collections du Musée de l'Ephèbe)

Il est à noter qu'après un séjour, de plus de 6 mois au Japon, Césarion va de nouveau, accompagné de l'emblema de Mosaïque, être prêté pour une exposition sur les 50 ans du DRASSM . Cette exposition, « Mémoire à la mer. Plongée au cœur de l'archéologie sous-marine », aura lieu au Musée d'Histoire de Marseille du 28 avril 2016 au 28 mai 2017.

Jean-Marc Roger

» Plus d'informations sur : www.museecapdagde.com

Nicolas Figuerolles et sa famille (crédit photo Lionel Roux)