Vieux gréements

Zézette remise à l’eau

L’association « Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau » que d’aucun, parfois, estime mal vient de remettre à l’eau une nacelle d’étang construite en 1933.

Elle leur a été offerte, pour un euro symbolique, par M. Emery, ancien pêcheur sur l’étang de Thau.  Il en a fallu du temps pour la restaurer mais la voilà, toute pimpante, qui flotte de nouveau sur les eaux de l’étang de Thau.

L’association, qui compte 70 membres, a depuis ses origines (29 ans) le but de restaurer ces vieux bateaux du Patrimoine (catalanes, nacelles et pointus), ce qu’elle est parvenue à faire, depuis de nombreuses années et ce  malgré toutes les difficultés que cela implique. Son implication envers le Patrimoine ne s’est pas arrêté à ces restaurations de barques mais aussi à la sauvegarde du dernier chantier naval traditionnel de Sète, celui de la famille Aversa, une famille de charpentiers de marine bien connue sur le Golfe du Lion. Sans l’association, les bâtiments auraient depuis bien longtemps été rasés pour y construire …. un parking (entre autre). Il a fallu l’obstination de l’association et de ses membres pour faire « reculer », du moins provisoirement, les velléités de certains.

D’autres restaurations sont en cours ou en prévision comme celle de l’Albatros, un bateau bois ayant appartenu à la famille Repetto qui fut construit dans sa propre maison de La Plagette par Georges Repetto. Pour l’anecdote, une fois la barque terminée …. Il a fallu détruire un mur de la maison pour sortir le bateau. Sa fille Micheline membre de l’association compte bien le remettre à flot.

Il y a aussi l’histoire remarquable du « Thétis » une barque récupérée alors qu’elle servait de pot de fleurs et qu’elle risquait de pourrir. Cette barque est un « Bussi » catalan qui servait jadis lors des pêches au lamparo. L’un des adhérents de l’association, Guy Brouet, passionné de charpenterie navale, a entrepris de le restaurer. Il n’a pas manqué de courage et de ténacité pour arriver à ses fins. Le résultat est splendide. Et il a d’ailleurs eu droit à un bel article dans la revue « Le Chasse-Marée ».

Et il a aussi ce projet de restaurer l’un des mythiques bateaux des îles Kerkennah (Tunisie), le Loud. La barque est en attente sur une plage de l’étang du Barcarès et l’association est à la recherche de financement pour la rapatrier sur les bers du chantier naval sétois. Avis aux mécènes !

Une nacelle a par ailleurs, outre les restaurations d’autres barques, fait l’objet d’un classement au titre des Monuments Historiques, « Graccus Baboeuf », classée en 2009 par la DRAC LR. Cette nacelle typique des unités de pêche de l’étang de Thau a été construite par Joseph Buonomo, charpentier de Mèze. Son fils André a d’ailleurs participé à son entretien et ce charpentier continue à prodiguer ses conseils à qui en a besoin. Sous sa conduite une nacelle est en cours de construction, de façon traditionnelle, à Bouzigues. Une construction dirigée par l’association « Les volies du Bassin de Thau » de Bouzigues.

Et on peut passer sous silence la restauration de la première barque de Georges Brassens, le « Sauve Qui Peut », construite par la famille Aversa à la demande du chanteur. Quand il séjournait à Sète, il aimait naviguer sur l’étang pour y nager et aller y manger quelques coquillages sauvages.
On ne peut donc pas dire ou laisser supposer que l’association « Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau » ou que ses adhérents soient au « repos ».  Encore bravo aux bénévoles et aux passionnés du Patrimoine maritime.

Association « Voile Latine de Sète et du Bassin de Thau »
24 Rue des Chantiers 34200 Sète. – 04 67 74 32 60
Permanence (pour les curieux), tous les jeudis et samedi matin à partir de 10h00.

Le « Vieux Crabe »

Ce thonier, long de 24m, a commencé sa vie en 1951 au Keraudren à Camaret-sur-Mer. Il a poursuivi sa carrière à la pêche jusqu'en 1982. Il pêchait alors le thon et la coquille Saint-Jacques. En ce temps là, il portait le nom de « Guy-Milo ».
Michel Rezé, son patron, est un homme de conviction et il a vite compris que ce bateau valait la peine qu'on mouille sa chemise pour lui. Ce qu'il fait d'ailleurs lors des manœuvres car l'oeil sur tout il n'a pas vraiment le temps de s'endormir.
A bord, et j'ai pu le constater, c'est la convivialité qui prime. Certains participent aux manoeuvres, certains prennent la barre, montent dans la mature, d'autres se détendent et d'autres encore font des photos. Il peut embarquer 24 personnes en sortie demi journée et 14 personnes en croisière.
Le voilier est amarré à Agde en hiver et au Grau d'Agde, à l'embouchure de l'Hérault de Juin à Septembre.
C'est un vrai dépaysement que de monter à bord du « Vieux Crabe ».

jean-Marc Roger

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La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe, les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.
Selon l’INSEE, la France compte près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%. .Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans sont prêts à un mouvement de révolte de grande ampleur...

» suite de l'édito