Vigne

Le ciel languedocien vire à l'orage

Nous nous prenions ces derniers temps à scruter le ciel afin qu’il devienne définitivement bleu à l’approche de  l’été, n’encombre pas de pluie les manifestations viticoles qui fleurissent partout, ne ruine pas les efforts à la vigne d’un coup de grêle. Les cieux instables restaient cléments, épargnant jusque là le Languedoc-Roussillon de catastrophes comme celles connues en Bourgogne, Val de Loire, Bordelais, Cahors, Beaujolais… C’est un séisme de toute autre nature qui secoue aujourd’hui le landernau viticole. La concurrence de dates  entre les deux grands salons professionnels se tenant à Montpellier, Vinisud et Millésime Bio, conduit ce dernier à déménager … à Marseille.

 

Thierry Julien, Trésorier de Sudvinbio et fondateur de Millésime Bio s’exprime :« Nous regrettons cette situation. C’est contraints et forcés que nous avons pris notre décision ». Il poursuit sans détours:
Vinisud ? « Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Il n’était pas question de se mélanger à eux, nos concepts sont totalement différents ». Il évoque l’incompatibilité entre un salon régional, Vinisud, et un salon international en vins biologiques, ainsi que l’impossibilité à juxtaposer deux salons sur un même lieu, au Parc des Expositions.Pas question de perdre son identité, ni de brouiller le message vis-à-vis des acheteurs de vins biologiques.La région LRPM ? « Elle a tout fait pour sauver les meubles », mais parmi les organisateurs du parc des Expositions ou du salon Vinisud, « nous n’avons pas trouvé les interlocuteurs pour s’entendrela situation s’est rapidement bloquée. »
Le choix surprenant  de Marseille? « Cela aurait pu être Milan ou Barcelone. La PACA, très riche en vins biologiques, possède une grande région viticole avec la Vallée du Rhône, et de grands vins bio.  Rester dans l’arc méditerranéen, dans l’accueil méditerranéen et dans une tradition viticole est très important pour nous. N‘oublions pas non plus que Marseille est la 2e ville de France, dotée d’un très grand aéroport international."
Est-ce à dire que ce départ symbolise une ambition plus grande ? Thierry Julien le confirme : « Marseille sera un tremplin,  une plate-forme importante pour que Millésime Bio devienne de plus en plus international».Il conclut : « nous ne partons pas de gaieté de cœur. Je faisais partie de ceux qui ont fait venir Millésime Bio à Montpellier, avec le soutien de Georges Frèches. Nous y reviendrons peut-être un jour ».

   

Sudvinbio, organisateur de la manifestation, l’a annoncé après son conseil d’administration du 13 juin, sans attendre la fin du délai demandé par Carole Delga pour trouver un compromis. De quoi mettre en colère  la présidente de la région LRMP, qui  s’était déplacée à Mauguio célébrer les 10 ans de la marque Sud de France.


En cause : la multiplicité de salons pour les acheteurs professionnels, à l’agenda de plus en plus chargé entre Londres, Montpellier, Düsseldorf, et l’Italie, dans un laps de temps très court. Le premier à dégainer, Vinisud a positionné le salon des vins de la Méditerranée à la même date que Millésime Bio, alors que « 77 % de nos exposants sont contre ce rapprochement et que le créneau de fin janvier est occupé depuis 25 ans par Millésime Bio », explique Sudvinbio.
Si le salon a pris une ampleur internationale aujourd’hui, les vignerons en agriculture biologique ont longtemps bataillé seuls, depuis le Mas de Saporta, puis le Narbonne de leurs débuts, où ils n’étaient qu’une poignée, méprisée.  Le souvenir s’en est-il ravivé à l’occasion du coup de force de Vinisud ?

La profession navigue entre désarroi, colère et détermination. L’intérêt économique des vignerons doit être préservé : les salons font venir grand nombre d’acheteurs, qu’ils soient importateurs, cavistes ou restaurateurs et génèrent une part importante d’affaires pour les producteurs. Les salons alternatifs, force vive des vins nature et autres accolée à Millésime Bio, prendront-ils l’aspiration d’un Vinisud sans bannière biologique, ou suivront-ils le chemin de Marseille ? De nombreuses questions se posent dont, non des moindres, celle d’une région reprenant le chemin de ses vieux démons, renvoyant une image de division qui ne peut que nuire aux vignerons.

Si l’on peut regretter qu’un terrain d’entente n’ait pas été trouvé, on peut par-dessus tout craindre que l’ancienne région LR ne pâtisse de sa fusion avec Midi-Pyrénées en termes viticoles. Outre ce qui s’apparente à une absence de soutien au principal salon bio – et à la principale région bio - de France, filière qui a été un élément moteur du renouveau des vins du Languedoc-Roussillon, ces dernières semaines voient les projets de création de vignobles bio ou des colloques professionnels majeurs se délocaliser dans le Sud-Ouest (Gers, Tarn). Les prochaines manifestations, oenotouristiques ou artistiques, festivalières ou champêtres risquent se dérouler sous un ciel vraiment obscurci.

Florence Monferran

Les Domaines Robert Vic.

Preignes-le-Vieux.

Il y a des lieux qui traversent les époques avec « bonheur » et Preignes-le-Vieux fait partie de ces lieux.
Ce domaine a un riche passé qui remonte à l'époque romaine. En effet, il a été découvert, en labourant le sol, les vestiges d'une villa romaine nommée Villa Preixanum,  qui a donné son nom francisé au château médiéval (bâti au 13ème siècle).
Une grande partie du château a été classé Monument Historique (en 1995) mais parallèlement à cela il a connu plusieurs modifications architecturales. Il reste néanmoins une bâtisse remarquable et l'un des plus beaux châteaux du bitterois. Il s'est transmis de famille en famille jusqu'à être acquis en 1905 par Monsieur Bergon, arrière-grand-père de Robert Vic.
Il est, depuis cette époque là, demeuré la propriété de la famille Vic. C'est aujourd'hui la 5ème génération Vic qui dirige et habite le domaine.
C'est aussi ce même arrière-grand-père qui fit construire les bâtiments situés dans la cour pour en faire une cave moderne. 78 foudres, énormes barriques de 250 à 350hl, se répartissaient sur 7200m² consacrés à l’élaboration des vins. 15 sont encore visibles.

Les terres cultivées couvrent une surface de 180 ha et il y est produit des vins issus de 18 cépages différents dont certains peu répandus (Alicante, Petit Verdot …)
Tous les vins sont produits sous une dénomination IGP (Indication géographique protégée) locale : IGP Coteaux de Béziers ou régionale : IGP Pays d’Oc
Aujourd'hui c'est sous la direction du petit fils, Jérôme, que se construit l'avenir du domaine. Le but pour cette opération étant l'agrandissement de la cave.

Outre la capacité d'accueil de 16.710 hl de vin, il vient d'être rajouté 12 cuves en acier inox qui offrent un supplément de capacité de 5.080 hl.
Ce chantier était en projet depuis plus d'un an et le voilà réalisé.

Les Domaines Robert Vic
Preignes-le-Vieux - 34450 Vias

04 67 21 67 82  - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.www.preignes.com

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Aux sources de l’appellation d’origine contrôlée

Un lent cheminement à travers les siècles. L’exemple du muscat de Frontignan

 
Pomologie française mid 1800's Smithsonian Libraries Biodiversity Heritage Library - copiePlanche de muscat blanc,
Duhamel de Monceau, Redouté, 1768

FRontignan - copie 2Estime générale du diocèse de Montpellier,
1519-1520 (ADH) IMG_2245Mémoire Chambre de commerce de Montpellier, 1730 (ADH)

Chais - copieChais Botta, 1906

ADH 20 MAI 1911Lettre du syndicat agricole de Frontignan, 20 mai 1911 (ADH)

Image 1 - copieDécret du 31 mai 1936 (ADH)

Muscat 1942, pblicité papierPublicité papier, 1942

   

La création du Comité National des Appellations d’Origine, en 1935, avalise la singularité de vins, d’usages et d’histoires. Elle donne naissance en 1936 à une salve d’AOC dont, le 31 mai, l’appellation d’origine muscat de Frontignan. La célébration de ses 80 ans prête à se pencher sur la lente maturation d’une idée. Le cheminement vers la reconnaissance de pratiques d’excellence court à travers les siècles, s’incruste dans les mentalités, s’immisce, ici dans les privilèges des villes médiévales, là dans des comportements protectionnistes, pour trouver son aboutissement, après un long périple législatif au XIXe et au XXe siècles.

Le cheminement dans les mentalités

A l’origine de nos vignobles, les plantations se soucient peu de cépages. Sur le modèle proposé par les agronomes romains, le sol, l’exposition, le climat priment. Aussi, si nous ne connaissons tout au plus que des familles de vignes antiques, Columelle, Palladius ou Pline l’Ancien laissent-ils dans les esprits l’ébauche de ce qui aboutira, deux millénaires plus tard, à la définition d’un terroir. « Le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif, des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et des pratiques vitivinicoles appliquées qui confèrent des caractéristiques distinctives au produit originaire de cet espace »[1].

Cette notion française intraduisible, que les langues étrangères conservent tel quel, fait son entrée dans l’histoire aux XVIe siècle. L’inscription de la terre du lieu en tant que « terroir » dans les estimes générales et compoix fait entrer le vocable dans l’usage, sans aucune connotation particulière. Une fois la viticulture installée dans nos paysages, se construisent des systèmes de protection de son cru, en réaction à la concurrence. L’instauration de privilèges et droits d’entrée des vins étrangers à sa ville dresse une barrière tant mentale que financière à l’arrivée de vins perçus comme rivaux, conférant au vin local une valeur spécifique et une supériorité économique. Les vins du Languedoc le savent bien, qui sont bloqués par le privilège de la ville de Bordeaux depuis 1271, et ne peuvent vendre qu’après la Saint-Martin, une fois les prix en baisse. Les villes viticoles comme Frontignan régulent aussi l’arrivée de vins, y compris de leurs voisins. Le chapitre cathédral de Maguelone, déplacé à Montpellier, y est obligé de s’acquitter de droits, même moindres, pour rentrer sa récolte intra muros[2]. Le principe est combattu au XVIIIe siècle par les Etats du Languedoc, jusqu’à la libre circulation des vins dans tout le royaume édictée par Turgot en 1776.

Désignation du terroir du lieu, droits d’entrée fixent une sphère géographique contenue à la production, particulièrement en matière viticole. Des signaux jalonnent également la mise en avant d’une exception locale à partir du moment où son vin rayonne économiquement, à l’instar des muscats au sortir du Moyen-Age. Il ne s’agit plus seulement de protéger son vin, mais aussi la qualité de son vin contre les fraudes, et l’origine de son vin, contre les imitations. Il en va de même pour tous les crus réputés, des Cotes du Rhône à Saint-Georges d’Orques[3]. Au XVIIe siècle, Frontignan déploie un arsenal de mesures qu’il va défendre auprès du Parlement de Toulouse: registre de chais, marquage des fûts de muscat de Frontignan, contrôle des vins étrangers, inspections. Et ce, bien qu’un arrêt du Parlement de Toulouse de 1622 ait autorisé l’entrée des vins des villages voisins[4]. La marque d’origine au fer rouge apposée sur les tonneaux est confirmée au XVIIIe siècle[5]. Elle est surveillée par les consuls, qui prennent une part active à la protection du précieux nectar. Les Cahiers de doléances de 1789 inscrivent la nécessité d’une politique protectionniste, reprise après la Révolution. En 1818, Frontignan, qui vise la concurrence de Lunel, demande au préfet l’autorisation de prendre des mesures contre les vins doux produits hors de son terroir, de nommer des contrôleurs de qualité du muscat après vendange. Voici le lien entre lieu et qualité couché sur le papier.

Un autre jalon est posé avec les classements des vins, qui introduisent dans les mentalités la notion de hiérarchisation. L’usage en est fréquent depuis La Bataille des vins d’Henri d’Andeli en 1224. Fin XVIIIe siècle, divers mémoires établissent le muscat de Frontignan et de Lunel tout en haut d’une pyramide qualitative, qui repose ensuite sur les crus rouges, Cotes du Rhône, St Georges d’Orques, St Drezery, St Christol. Fin XVIIIe, les vins sont même délimités en quatre catégories : vins de renom, désignés par des noms de terroirs, comme les Cotes du Rhône et muscats, vins de cépage, par exemple les picardans, puis viennent les produits de distillation, liqueurs et vins parfumés. Le classement interpelle les hiérarchies établies fin XXe s. entre AOC, VDQS et vins de table ![6]

L’installation d’un vignoble de masse au XIXe siècle nuit aux vins doux, dont la part dans la production s’amoindrit. Emporté par le phylloxéra, le muscat doit son salut, autour de Frontignan, à la migration des muscats vers les coteaux.

Des jalons législatifs

C’est un arsenal législatif (loi Arago en 1872 et loi Pams en 1898) qui prend le relais de la protection des meilleurs crus. Ce dispositif, complété en 1907, définit les vins doux naturels (cépages, alcool), les exemptent de lourdes taxes en les maintenant sous le régime fiscal de vins ordinaires.

Nouveau pas en avant, l’Appellation d’Origine est autorisée par la loi du 1 er Août 1905, afin de « protéger contre la fraude les régions productrices de nos produits les + réputés »[7]. Le Petit Méridional publie, en 1909, la tribune d’un propriétaire prônant de « faire délimiter notre région. Le muscat de Frontignan n’est pas un produit de fantaisie ; c’est un vin de cru »[8] . Des commissions locales commencent à se réunir pour procéder à cette délimitation « en vertu d’usages constants », terme ne quittera plus le champ lexical législatif.

Quand bien même le chemin semble tracé, fin XIXe-début XXe siècles, les appellations d’origine trébuchent : Frontignan n’obtient pas la délimitation géographique que le syndicat réclamait avec insistance au Ministre de l’Agriculture, dans un courrier daté du 20 mai 1911.[9] Le Préfet de l’Hérault reconnaît « la très grande renommée » du muscat de Frontignan et la nécessité de se prémunir des nombreuses imitations. Mais il préconise « une grande prudence dans l’examen des délimitations », dans un moment où le sujet est très discuté et un projet de loi en débat. Le Ministre de l’Agriculture suit son avis et ne donne pas suite à la demande du syndicat[10]. Ce n’est qu’en 1919 que la procédure pour la délimitation des futures appellations est introduite dans la loi. Le critère «territorial » est retenu en 1927 pour des vins qui « doivent satisfaire à des conditions d’origine géographique, de cépage, d’aire de production, consacrés par les usages locaux et constants », socle commun aux futures appellations. Des syndicats de défense du cru se forment dans les années 1920, en Minervois, dans les Corbières, et à Frontignan, où l’organisation réunie par Victor Anthérieu reprend les bases des cahiers de doléance de 1789 : « toute personne étrangère à la commune ne peut introduire dans ladite commue du muscat, soit en vin, soit en fruit ». Pour asseoir la notion de terroir vigneron, Louis Chappotin rédige « le muscat à travers l’histoire » La délimitation officielle du vignoble de l’Hérault entérine, en 1932, les hiérarchies anciennes. Elle distingue les « crus récoltés « : vins du Minervois, de Saint-Georges d’Orques et muscats de Frontignan, des « vins ordinaires », dans les autres régions du département[11].

Le 30 juillet 1935, le Conseil National des Appellations d’Origine des vins et eaux de vie (devenu INAO en 1947) est chargé d’organiser le label, dans un contexte de crise viticole et après bien des fraudes sur les qualités. Très actif dans la phase initiale de création d’AOC (1/3 de celles existant aujourd’hui), il privilégie le critère local des appellations, entérinant la position d’influence des syndicats à l’origine des demandes. Les AOC voient le jour sur fond de Front Populaire et de revendications des ouvriers agricoles. Les vendanges se déroulent en septembre dans une grande agitation.[12]

Le muscat obtient l'AOC en 1936 pour trois dénominations: Frontignan, muscat de Frontignan et Vin de Frontignan, sous trois vinifications possibles : vins naturellement doux produits par raisins passerillés, vins de liqueur et vins doux naturels. Le rendement des vignes ne doit pas excéder 20 hl/ha. La forme de la bouteille est même inscrite sur les tablettes.[13] Une commission de contrôle qualitatif des boissons reçues est instituée en 1937. Elle siège dans l’Hérault à partir de Mars 1938 [14]. Le 1er Mai 1939, la grêle s’abat sur le vignoble autour de Frontignan, comme un signe avant-coureur des temps sombres qui s’avancent.
Tout en se gardant de reconstruire le passé avec nos propres schémas et connaissances, des pierres et des jalons nourrissent cette idée protectrice de pratiques et de typicités, porteuse de la création des AOC en 1936. Son cheminement procède d’une maturation longue et complexe. Il n’est en rien inéluctable. A peine croit-on le principe acquis – 80 ans c’est peu au regard du flux historique – que de nouveaux dispositifs viennent le remettre en cause. La négociation actuelle sur le Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) pointe la fragilité de la protection de nos terroirs. Les Etats-Unis, où seules les marques sont protégées, refusent de cesser d’utiliser 17 appellations d’origine européennes dites semi-génériques[15]. La commémoration de la création des AOC en 1936 prend tout son sens et son relief dans cette actualité brûlante qui en éclaire la singularité du contenu, à l’image du parcours du muscat de Frontignan.

Florence Monferran

 

 

Notes
[1] Définition retenue par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin en 2011.
[2] Arrêt de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Mtp du 5 fév. 1756 portant règlement pour la levée des droits de subvention : un peu plus d’1 livre pour chaque muid « comme vin de terroir » que chaque habitant de Mtp aura recueilli « dans le Terroir » et taillable, et 2 livres hors taillable, ET 10 livres/ muid pour les vins hors taillable appartenant à des étrangers (au terroir). « Les personnes qui favoriseraient, en quelque manière que ce soit, l’entrée de vins étrangers seront déchues de leurs droits et privilèges d’habitant pendant le cours du bail. (Archives Départementales de l’Hérault série C)
[3] Ainsi une requête des consuls et habitants de Roquemaure demande en décembre 1738 un règlement pour empêcher que les vins des terroirs voisins ne soient confondus dans les ventes qui s’en font à l’étranger, avec les vins du cru, bien supérieurs (ADH)
[4] Arrêt du Parlement de Toulouse, Juillet 1665
[5] Arrêt du Parlement de Toulouse, 1718. D’autres communes pratiquent le marquage des tonneaux : St Georges d’Orques, Saint-Christol (instauré en 1785)
[6] Mémoires de la Chambre de commerce de Montpellier, Rapports des Intendants du Languedoc, ADH C2683 et 2684
[7] Le décret d’application de septembre 1907 stipule : il sera « statué ultérieurement sur la délimitation des régions pouvant prétendre exclusivement aux appellations de provenance des produits ». Le Ministre adjoint à ces commissions des députés des régions concernées ; les commissions devront rendre des avis motivés. (ADH) [8] La demande est refusée le 29 janvier 1912 ADH, 7 M 529
[9] Signé par le président du syndicat Provost-Cantagrel, le courrier prie le Ministre « de faire procéder à la délimitation du territoire producteur de muscat de Frontignan », dans le seul but d’« empêcher la fraude qui se fait sur une grande échelle sur le nom de Frontignan, et de sauvegarder une renommée nationale ».
[10] ADH 7 M 544
[11] ADH 6M 1872 [12] Les milieux patronaux craignent un sabotage et agitent les peurs dans une grande campagne de presse. ADH 7 M 541
[13] Degrés minimum : 15° minimum d’alcool acquis dont 123 g de sucre naturel par litre en vin naturellement doux, 15° et 178 g de sucre en Vin Doux Naturel avec apport de 10 % d’alcool après le début de la fermentation, 15° en présence d’un excès de sucre naturel de 125 g par litre en vin de liqueur avec apport de 15% d’alcool avant fermentation [14] Avec Eugène Orsetti, négociant de Frontignan, Maurice Péridier, Négociant de Sète, Gustave Cayrol, et Eugène Cambon, propriétaires à Frontignan.ADH 7 M 554
[15] Le Monde, mai 2016, en particulier 3 mai 2016

 

Festival Oenovideo

Des Ceps d'or pour des hommes et des patrimoines

Les projecteurs du festival international des films sur la vigne et le vin se sont éteints, au Ciné Mistral à Frontignan. Dans la lumière revenue dans la salle, après une ultime séance, les trophées de la 23e édition ont été décernés par le Grand Jury. Ils consacrent, dans une belle unité de choix, des hommes,  - et des femmes -, des patrimoines  et des voyages, à l’instar du Grand Prix remis au film québécois Au pif, sur Véronique Rivest, 2e meilleure sommelière au monde. « Son histoire ressemble à celle d’un film : elle prend son temps et fait preuve d’un mental de sportif » commente le président du jury, Philippe Muyn.
Le palmarès capte un air du temps, sur l’évolution de la vigne et du vin. Deux films géorgiens et un slovène figurent parmi les meilleurs, nous rappelant le déplacement actuel des vignobles européens vers l’est, et leur part accrue dans la production.  Outre la place accordée à la femme, les meilleurs longs comme courts métrages replacent l’homme comme vecteur essentiel du vin, de sa création. Autre mot-clé : la transmission, celle d’un vigneron pionnier du vin nature à son fils dans  Soulève les montagnes, celle d’un patrimoine, avec le très applaudi Lost in vine, sur les méthodes de vinification traditionnelle en Géorgie, berceau attesté de la viticulture il y a 8000 ans. L’invitation au voyage dans le monde de la vigne et du vin qu’offre un tel festival transparaît dans la remise de plusieurs prix : de la découverte attribué au slovène Terre magica, du meilleur film destiné aux professionnels à Chablis vu du ciel, du meilleur scénario pour Les vendanges de l’extrême, récompensé pour « la qualité du voyage, plein de beauté et d’humour, hommage à l’esprit créatif et rebelle de gens du vin ». L’humain, décidément omniprésent.
Le palmarès n’a pas oublié notre région. Hérault Tourisme a produit le meilleur court-métrage, Homme-livre John Bojanowski, un américain devenu vigneron en Minervois. Le film Le midi viticole 2 s’est vu récompensé deux fois (mention spéciale du jury « pour sa dimension historique » et meilleure action d’intérêt général). Le public, invité à voter pour son film préféré après chaque séance, a été séduit, comme le jury, par Soulève les montagnes, montrant, les uns comme les autres, un attachement à une culture, l‘humain au coeur de l’élaboration du vin, l’humain responsable de la transmission de la vigne et de ses pratiques.
La remise des prix aura lieu le 14 septembre prochain, au Sénat à Paris. C’est là que sera divulgué le nom de la prochaine étape de ce festival itinérant, qui transporte, de ville en ville, des images et des savoirs. Philippe Muyn ne conclue-t-il pas non sans humour qu’ignorant des choses du vin, il a beaucoup appris de sa participation, « en voyant des films et en buvant des coups » ?

Florence Monferran

Les trophées 2016

  • Trophée spécial du Grand Jury : Au pif, de Bachir Bensaddeck et Orlanda Arriagada (Québec)
  • Meilleur long métrage : Soulève les montagnes de Baptiste Debicki (France)
  • Meilleur court-métrage : Homme-livre John Bojanowski, d’Olivier Gaches et Sébastien Tuffery (France)
  • Meilleure image : Julie Rénault pour Rivercap, l’artisan capsulier (France)
  • Meilleure réalisation : Lost in vine, de Giorgi Molodinashvhili (Géorgie)
  • Meilleur scénario : Les vendages de l’extrême, d’Emmanuel Ostian et Yann Moaligou (France)
  • Meilleure promotion des ventes : Jean, de Sylvain Dade (France)
  • Meilleur Film destiné aux professionnels : Chablis vu du ciel , de Bourgogne live production (France)
  • Mention spéciale : Le midi viticole 2, de Yannick Séguier pour sa dimension historique, de 1920 à nos jurs (France)

Prix des partenaires :

  • Prix de la Revue des Œnologues : Prime meridian of vine, de Nana Djorjadze (Géorgie)

Prix du public :

  • Soulève les montagnes de Baptiste Debicki (France)

Paysages et environnement :

  • Lost in vine, de Giorgi Molodinashvhili (Géorgie)

Meilleure action d’intérêt général :

  • Le midi viticole 2, de Yannick Séguier (France)

Vin et Santé :

  • Un concert par an, de Sandra Hitouche (France)

Imagination et création :

  • Le vin du crime, de Franck Mairine (France)

Sciences et culture :

  • Le vin des terres lyonnaises, de David Geoffroy (France)

Découverte :

  • Terra magica, de Jure Breceljnik (Slovénie)

Festival Oenovideo® à Frontignan : La vigne et le vin se cultivent en images

« Dans le cinéma d’aujourd’hui, dans la société d’aujourd’hui de plus en plus « mise en normes », trinquer, déguster ensemble un bon vin, est plus qu’une réconciliation, c’est une célébration de la vie ».
Philippe Muyl, réalisateur, scénariste et producteur, président du jury d’Oenovideo®

Dans une intense succession d’initiatives sur le bassin de Thau, après les vins de Beauvignac et le photographe Claude Cruells à Mèze, ou la maison Fortant et le festival ImageSingulières à Sète, c’est au tour de Frontignan de lier, dans une joyeuse effervescence, les 80 ans de l’AOC muscat de frontignan au prestigieux festival international de films et de photographies sur la vigne et le vin Oenovideo® et son corollaire Terroirs d’images®
Ces journées démarrent sous de beaux augures. « Le festival est déjà placé sous le signe de la convivialité, dans une ambiance extrêmement amicale, chaleureuse, avec le vin comme lien», commente Philippe Muyn. L’association Forum Oenologie et son président HL Arnould proposent en effet une célébration vivante des terroirs, animée par des films et des expositions qui éveillent des émotions partagées. Il n’est qu’à voir les réactions du public, commentant, se souvenant, fredonnant les chansons pendant les premières projections. 8 pays, 28 films sélectionnés à l’affiche, documentaires et fictions, avant-premières inédites ou films hors compétition projettent sur l’écran des traditions comme les initiatives les plus novatrices (un vignoble à Tahiti), l’amour du sol, les atouts d’un terroir ou les conditions extrêmes de son exploitation (une pente à 55° en Alsace). Un art de faire du vin que Francis Ford Coppola avait célébré dans une précédente édition d’Oenovideo : « Vinification et mise en scène sont deux grandes formes d’art. Le vigneron et le directeur de cinéma font la même chose : ils assemblent, ils créent ». Le terroir méditerranéen est mis à l’honneur dès le premier jour de projection, avec le frontignanais Alain Marquina, venu présenter son court-métrage Vino requiem, ode et questionnement sur le muscat à petits grains. Il a également réalisé les deux affiches du festival et expose aux chais Botta A l’an que ven. Le patrimoine viticole de la région sera largement évoqué dans la fresque historique Le Midi Viticole, seconde partie, de Yannick Séguier.
Avec Terroirs d’images®, 110 photographies exposent, dans le cadre des anciens chais viticoles Botta,  « le printemps dans les vignes : le retour de la vie ! », des premiers bourgeons au grain minuscule. Pierre Bouldoire, Maire de Frontignan, s’enthousiasme : « Un festival de cette nature n’est pas juste là pour nous montrer le monde de la vigne et du vin. Il est là pour nous montrer ce qui est beau dans le monde de la vigne et du vin ».

La célébration des terroirs est aussi gourmande, quand elle entrecoupe les projections de dégustations de muscats et favorise les échanges avec les producteurs et réalisateurs. Avec des vignobles, des caves, des paysages offerts à la découverte, c’est tout un art de vivre dans lequel le vin fait encore lien. Ainsi, Yves Michel, vice-président de Thau-Agglo, se réjouit-il d’associer le festival et Plaisirs de Thau, marché des terroirs, en n’oubliant pas de rendre hommage «  à toutes les générations qui ont forgé ce territoire ».

La célébration de la vigne et du vin prend un tour mémoriel, quand le festival, placé sous le patronage de l’office international de la vigne et du vin (OIV) et de la chaire Unesco « culture et tradition du vin », s’installe au cœur d’un patrimoine viticole historique. Elle se nourrit de ces lieux emblématiques, anciens chais, maisons de négoces ou de propriétaires, cœurs battants d’une activité passée dont résonnent encore le bruit des marteaux frappant la douelle, l‘odeur de bois brûlé et de vin transbordé, le roulis des barriques chargées sur les quais, la cohue des boulevards, ventres ouverts de la tonnellerie et des négoces. L’alliance est particulièrement forte aux Chais Botta, qui, évoquant à HL Arnould un chant du cygne, ouvrent à nouveau leurs portes à l’occasion du festival de films avant de mourir, ou plutôt d’être transformés … en cinéma.  

Pierre Bouldoire voit dans la concomitance de l’événement et de la célébration des 80 ans de l’AOC muscat de frontignan, dus au hasard, « une conjonction des planètes tout à fait favorable » pour la réussite d’Oenovideo, « venu pour la première fois dans l’Hérault, qui plus est dans une ville de vins doux naturel ». A l’unisson du festival, un ensemble de manifestations publiques ou privées cumulent avec bonheur, en ce mois de mai, le partage d’une émotion renouvelée entre le vin, l’art, l’image.

Florence Monferran

La beauté du geste

« Sous l’effet des modes, des évolutions technologiques ou des réglementations diverses, des gestes nouveaux apparaissent, d’autres disparaissent. On le constate dans la vie comme dans les films. Je pense à deux gestes qui, en disparaissant, ont foncièrement changé la façon de raconter des histoires au cinéma : fumer et téléphoner ? Que seraient les films de Claude Sautet sans les ambiances enfumées des bistrots ? Que seraient les polars de Melville sans le coup de fil qu’il faut absolument passer le plus vite possible, question de vie ou de mort ? (…)
Et il en reste un, hautement symbolique, auquel je souhaite longue vie : lever son verre et trinquer. Oui, par bonheur, on peut encore, dans nos films, se servir de ce beau geste pour faire dire à nos personnages ce qu’ils ne disent pas par les mots : le plaisir de se retrouver ensemble, l’amitié, l’évocation de souvenirs, la joie de la réussite, l’harmonie, la force de la nature, le goût des bonnes choses, le respect du temps qui passe… (…)
Ouvrir, ensemble, une « bonne bouteille » c’est une communion. Dans le cinéma d’aujourd’hui, dans la société d’aujourd’hui de plus en plus « mise en normes », trinquer, déguster ensemble un bon vin, est plus qu’une réconciliation, c’est une célébration de la vie.
Puissions-nous préserver cette beauté du geste ».

Philippe Muyl

 

Les vins du Languedoc à nouveau à l'honneur

Après le chardonnay, et avant le muscat au mois de juin à Frontignan, la syrah, ce cépage du sud, était mis à l’honneur par l’association Forum Œnologie, avec toute la rigueur des règlements internationaux, à l’occasion du Concours Syrah du monde®.
Du 11 au 13 mai à Ampuis, le 10e concours a consacré l’expansion du cépage dans le monde.

Photo: @syrah du monde®

Descendu des Cotes du Rhône septentrionales jusqu’au littoral méditerranéen et au Sud-Ouest, la syrah a traversé océans et continents, y prenant le nom de shiraz. Elle fait partie à l’heure actuelle des six cépages les plus cultivés sur la planète, et s’est particulièrement bien implantée en Australie, Afrique du Sud, Argentine, Chili, et Californie. 23 pays producteurs représentaient cette grande diversité internationale à Syrah du monde®, avec une forte participation de l’Afrique du sud, la Bulgarie, le Chili, l’Espagne, l'Italie, la Suisse, la Thaïlande, la Turquie et le Canada.
Sur  374 échantillons, 124 médailles ont été délivrées. «Chacun des vins distingués dans le cadre de Syrah du monde® l’est pour sa qualité en tant que telle et non en comparatif. » explique son président Hubert-Laurent Arnould, qui ajoute :  « De très belles médailles d’Or et d’Argent ont été décernées aux vins sans richesse alcoolique excessive avec une intensité et une ampleur aromatique couvrant une large palette d’exotique à traditionnelle. En bouche, les tannins harmonieux et les expressions élégantes d'élevage ont été favorablement appréciés. ». Des vins plus jeunes, des rosés, mais aussi des vins effervescents et des vins de vendanges tardives et de glace, plus méconnus sur une syrah, ont été également appréciés.

5 médailles d’or et 22 d’argent ont récompensé la participation française, avec une large  présence des régions méridionales, Languedoc-Roussillon, Provence et Côtes du Rhône. Deux vins, provenant de terroirs de Chateauneuf-du-pape et de la Clape, figurent dans le top 10 du palmarès. A côté des grands négoces, parmi lesquels les Domaines Paul Mas ont été une fois de plus médaillés pour leur IGP Paul Astruc Syrah 2015, les vignerons ont été distingués, à l’exemple dans l’Hérault du Mas Gabinèle en Faugères, paré d’Or, et les vignobles Lorgeril en Saint-Chinian. Une mention spéciale pour les Costières de Pomerols, médaillées d’argent deux fois pour leur Pays d’Oc IGP Prestige Beauvignac Syrah 2014, et pour leur IGP Beauvignac Rosé 2015. La cave coopérative truste les récompenses depuis le début de l’année, du Concours général agricole de Paris au top 10 des chardonnay du monde, démontrant la vitalité du monde coopératif du bassin de Thau, la diversité des productions de Pomerols, de l’AOP picpoul de pinet jusqu’aux Syrah récompensées aujourd’hui.
En ce mois de mai, les vins du Languedoc à la riche actualité posent une nouvelle pierre sur le chemin de leur reconnaissance mondiale.

Florence Monferran

Toutes les informations sur : www.syrah-du-monde.com
Et les résultats sur : http://www.syrah-du-monde.com/pages/20_result/index.fr.html

Le département veut créer une route œnotouristique

Ce lundi 9 mai, Kléber Mesquida, président du Conseil Départemental de L'Hérault, a consacré sa journée au canton de Frontignan aux côtés de Pierre Bouldoire, 1er Vice-président aux solidarités territoriales et Sylvie Pradelle, conseillère départementale du canton de Frontignan. Lors de la visite au Domaine de la Coste la création  d'une route œnotouristique et celle  d’une maison départemental du Muscat ont été évoquées.

Le Domaine de la Coste compte 60 ha dont 50 ha de vignes (40 pour le vin doux naturel et 10 en IGP pour le muscat sec). La production est de 2000 hectolitres par an. Ce site naturel est privilégié, situé au coeur du site classé de La Gardiole avec vue sur la mer, le lido et les étangs du Bassin de Thau. C’est un point de vue exceptionnel pour comprendre la géographie de ce terroir.
Kléber Mesquida a expliqué pourquoi il visitait ce domaine « Le Département travaille à créer une route oenotouristique qui aurait pour particularité d’offrir des microcircuits avec des villes étapes avec une offre restauration, hébergement, étape dégustation, salles de séminaire ou groupes. Pour cela il étudie les partenariats possibles. Il a souligné, nous devons offrir la qualité aux visiteurs pour qu’ils gardent une belle impression de l’Hérault. Nous maillerons le territoire pour créer un circuit valorisant le plan paysager, du littoral à la petite montagne, les cultures et traditions et les sports et loisirs de pleine nature».
Pierre Bouldoire, 1er Vice-Président du Département et Maire de Frontignan mène une réflexion sur la création d’une maison départemental du Muscat : « frontignan c’est l’image du muscat, ce site me parait intéressant pour y construire un pôle oenotouristique avec une oenothèque, type maison des muscats de l’Hérault. Aujourd’hui le dossier est à l’étude, car la propriétaire, Marie di Marzo a fait part de sa volonté de restructuration ».

La filière vitivinicole présente sur le Tour de France

Photo: ville de Montpellier, Tour 2013

Afin d’apaiser les tensions nées de la présence d’un cru chilien comme vin officiel du Tour de France,  Christian Prudhomme, son Directeur, en tournée dans l’Aude et l’Hérault, a annoncé le 10 mai à Narbonne un accord avec la filière vitivinicole. Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l’Aude, l’a confirmé : « on ne bloquera pas le Tour, puisqu’il y a beaucoup d’avancées ».
Les modalités du partenariat signé ont été présentées, confirmant l’opportunité pour les vignerons de promouvoir leurs productions sur la grande Boucle. La création d’un « pavillon des vins », complétant le pavillon des produits régionaux existant, et des animations vigneronnes les valoriseront à chaque ville-étape, même si le Tour ne traverse pas une région viticole. Jérôme Despey, Président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, s’est félicité que « la filière viticole soit présente sur toutes les étapes ». En sa compagnie, Christian Prudhomme a également rencontré Philippe Saurel, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole, et Carole Delga, présidente de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, qui s’étaient mobilisés pour que la filière viti-vinicole ait toute sa place lors de ce grand événement sportif international. Carole Delga « se félicite vivement » de cet accord. Elle  participera à la promotion des vins régionaux sur le « village départ » de Carcassonne le 13 juillet prochain.
"Le Tour de France est une vitrine internationale exceptionnelle. Il est primordial que notre filière viti-vinicole y soit valorisée" souligne Philippe SAUREL. La métropole, ville étape de l’arrivée Carcassonne-Montpellier le 13 juillet et du départ de la prestigieuse 12e étape Montpellier-Ventoux le 14 juillet, verra les vins régionaux s’installer sur le village du Tour, Esplanade Charles de Gaulle. Les vignerons participeront également à la mise en place d’un buffet pour l’accueil des journalistes internationaux  pendant toute la journée du 13 juillet.
La découverte et la valorisation du patrimoine de notre région, par le biais des produits du terroir local, et maintenant des vins, trouvera une fort belle vitrine, sur la Grande Boucle, mettant un point final, semble-t-il, à la colère de viticulteurs de l’Aude.

Florence Monferran

Photo: ville de Montpellier, Tour 2013

Découvrir les vins et produits du terroir

Le déjeuner des vignes

L'Agglo Hérault Méditerranée, en partenariat avec l’Office de Tourisme de Pézenas Val d’Hérault, vous propose le temps d’un déjeuner champêtre, de découvrir les vins et produits du terroir de magnifiques domaines situés au coeur des plus prestigieux vignobles du territoire.

Mode d'emploi :

  • Choisissez votre domaine pour déjeuner
  • 2 formules proposées selon les domaines : 
    - 15€ une assiette de produits du terroir + 1 dégustation
    - 30€ un menu terroir + 1 dégustation
  • Le vin consommé pendant le pique-nique est exclusivement vendu par le domaine ou inclus dans le menu pour certains
  • Réservation obligatoire directement auprès du domaine

» en savoir plus, détails par domaine

Aux Grès de Montpellier

Des vins et des mets conjugués au patrimoine



 

Au menu de la balade « Aux Grès de Montpellier », vins, patrimoine et gastronomie étaient bien au rendez-vous de la 4e édition. Si le soleil avait délaissé le ciel, il a été vite remplacé par la bonne humeur des organisateurs et des participants. Oenophiles, curieux et connaisseurs de tous âges se sont prêtés au jeu d’un parcours impeccablement fléché, semé de surprises et de découvertes viticoles, historiques et artistiques dans la métropole. Ville-ciment d’une appellation qui lui sert d’amphithéâtre et l’enserre, elle s’est offerte à une longue déambulation, orchestrée par le syndicat des Grès de Montpellier. Olivier Durand, son président, le rappelle : « Depuis longtemps, les vignobles des Grès ont été l’écrin dans lequel s’est lovée la ville de Montpellier ; son patrimoine architectural et culturel en est la preuve ! » Plutôt que de partir dans les vignes, c’est dans ses rues que la jeune AOP  invite les amateurs, verre à la main, à découvrir des terroirs et des vins, un terreau culturel. Les vignerons, à l’instar de Xavier Julien, du Mas de Janiny, ont souscrit au principe: « Il s’agit de faire connaître une AOP qui monte, et mérite d’être connue, dans des lieux aussi riches en histoire ». Et d’ajouter : « le vin, mélangé à l’histoire et la culture, c’est exceptionnel. » 

un parcours gustatif et viticole

La balade repose sur un parcours gustatif et viticole, parmi les 46 communes de l’appellation. Le menu en six plats, concocté par le traiteur Grand, se met en harmonie avec les vins. L’accord propose à chaque étape un choix dans les trois couleurs blanc, rouge, rosé. Pierre de Colbert, du Château de Flaugergues, en explique le fonctionnement. Chaque vigneron sélectionne un de ses vins, en lien avec un mets, dans une étape du menu. Florent Granier, du Clos Sorian explique le travail de sélection « pour écarter tout défaut, ou tout accord avec les plats qui ne serait pas heureux. Ce travail collégial, long et intéressant, se fait à l’intérieur du syndicat, par les vignerons et avec des oenologues ». De ce travail est issue une qualité égale des vins dégustés, sans défaut, où l’homogénéité de l’appellation est mise en avant. Emilien Fournel, du Chai d’Emilien, précise : « L’étendue de l’appellation pourrait être, du point de vue du consommateur, une faiblesse, mais la cohérence du terroir se retrouve, tant dans les dégustations professionnelles qu’auprès des consommateurs ». Florent Granier fait remarquer combien « l’événement est une très belle vitrine, qui nous apporte des retours directs de ce que pensent les gens. Beaucoup  viennent ensuite à notre caveau ». Philippe d’Allaines, de l’Abbaye de Valmagne, résume les efforts vignerons par ces mots : »Il faut  parler de la qualité globale des Grès de Montpellier. Ces vins se relient entre eux, par une identité gustative. La trame est là maintenant. Ces vins sortent de l’ombre ». Des jeunes, beaucoup de jeunes, qui ont repris les vignes familiales ou viennent sur le domaine apporter leurs nouvelles compétences, témoignent du renouveau viticole dans la jeune AOP. Ainsi Justine Durand (Domaine de la Triballe), Nicolas Viguier (Domaine de Saint-Jean de l’Arbousier), Emilien Fournel, Benjamin Sarais (pour le Clos de l’Amandaie), Xavier Julien, pour ne citer que ceux croisés à cette occasion.
Le pourtour du Bassin de Thau était représenté par le Mas du Novi et le Château Saint-Martin-de la Garrigue (Montagnac), le Clos des Nines (Fabrègues) et le Clos Sorian (Poussan), ainsi que l'Abbaye de Valmagne (Villeveyrac).

un parcours patrimonial

C’est autour d’un parcours patrimonial éclairant que se bâtit l’originalité et le prestige de la Balade des Grès de Montpellier. Le thème retenu cette année, l’éducation, menait de l’école Saint François Régis, du collège la Providence, de la salle Plantade jusqu’au collège de l’Assomption, et sa folie du XVIIIe siècle. Le parcours fournit une occasion unique de pénétrer dans des lieux insolites ou des trésors cachés, et de rendre vivant histoire et architecture. Par le biais de séquences chantées en costume, quizz, saynettes théâtralisées mettant en scène Lapeyronie, Rabelais et Hippocrate, ou une troupe de professeures désopilantes à l’Assomption, les participants apprennent tout en s’amusant une multitude d’informations, mises en situation dans de hauts lieux architecturaux.Deux temps forts : à la Faculté de Médecine, fleuron de l’histoire montpelliéraine, où la dégustation déplacée de la cour vers les arches s’abrite sous le regard de Chaptal, un des pères fondateurs de l’œnologie. Et la dernière étape ouvre aux marcheurs, au Château de la Piscine, des portes que bien des montpelliérains rêvent de franchir. Sa propriétaire a bien voulu dévoiler cette folie du XVIIe siècle et ses jardins, construite par la famille de Belleval, puis propriété du collectionneur Alfred Chaber.

 
 

Après cette prouesse, Olivier Durand souhaite inoculer dans la Balade « plus de patrimoine encore l’an prochain » et que les participants puissent garder un document qui laisse trace de ces parcours enchanteurs. Il en appelle également à plus de bras pour la prochaine édition, afin de parfaire une  organisation impressionnante, sans fausse note, « une machine de guerre imparable, un travail colossal», selon Lise Fons-Vincent, du Château de Fourques. Au son d’un groupe de jazz, dans une ambiance feutrée de fin de parcours, Jean-Philippe Granier, directeur technique des AOC Languedoc, s’enthousiasme pour cette balade « très importante au niveau du patrimoine. Les gens sont impressionnés par l’ouverture exceptionnelle de lieux tels que le château de la Piscine ». Philippe Saurel, Maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, est venu saluer de sa présence cette mise en lumière du patrimoine de sa ville. Une ville qui ambitionne au niveau du vin, Jean-Philippe Granier ne le cache pas, d’être centrale dans la grande région nouvelle, et capitale de la Méditerranée viticole, avec Vinisud comme phare.

Florence Monferran

  

Le menu

  • Mousse d’huile d’olive de Saint-Martin-de-Londres au Bleu des Causses
  • Tartare de canard, fane de radis rose
  • Sardine de Méditerranée grillée sur un biscuit chocolat extra-bitter
  • Solomilo de cochon ibérique farci au chorizo doux et pak choï, le tout cuit sur le foin Pélardon du château de Bibieure aux aromates naturels
  • Crémeux au thé matcha et orange confite
  • Café
  

Vinocap 2016

C'est par une belle matinée ensoleillée qu'a été lancée la 7ème édition de Vinocap. Venus faire découvrir leurs vins et rencontrer le public, près de 100 vignerons étaient présents sur les quais de la station touristique du Cap d'Agde.



 
 
 
 

François Commeinhes, le sénateur-maire de Sète et président de Thau agglo ainsi que la presque totalité des maires des communes de l'Agglo « Hérault Méditerranée » étaient là aussi aux côtés du Maire d'Agde, Gilles d'Ettore qui a entamé son discours en exprimant son plaisir de constater que la manifestation allait se dérouler, durant les trois prochains jours, sous un franc soleil. Il a ainsi appelé les visiteurs à venir et à revenir durant ces trois jours pour pleinement profiter des dégustations offertes par les vignerons régionaux présents sur l'Esplanade Pierre Racine.


Gilles d'Ettore a tenu à remercier et à célébrer tous les vignerons et toutes les confréries (la Clairette d'Adissan, la Croustade et le Rosé de Bessan, les Pointus du Grau d'Agde, les Amis de Marseillan, les Bescos Figos de Nézignan l'Evêque, le Picpoul de Pinet, les Mille et Une pâtes du Bassin de Thau, Saint Hippolyte et le Rosé de Fontès.....) présents lors de cette manifestation. Le Maire d'Agde a également rappellé que "toutes ces confréries montrent à quel point nous sommes ici en Languedoc,  attachés à ces traditions, à ces valeurs qui font finalement notre particularité et qui font aussi notre caractère. Et c'est important d'avoir du caractère... CC'est pour nous un grand moment que Vinocap ".
Le désormais traditionnel coupé de ruban a ensuite eu lieu avant une déambulation à la rencontre des vignerons.

Jean-Marc Roger

Gilles d'Ettore, Sébastien Frey,
Marie-Christine Fabre de Roussac et François Commeinhes