Histoire de Sète

1960 : De Gaulle à Sète

En voyage officiel dans le Sud de la France, le général de Gaulle fait une halte à Sète le 28 février 1960. Du balcon de la mairie, et devant une foule importante, il adresse aux Sétois quelques mots de remerciement chaleureux, avant d'entonner la Marseillaise.

 

"Si l'accueil amical et généreux d'une ville n'a jamais donné du réconfort et n'a jamais servi de témoignage à la France, eh bien l'accueil de Sète est par excellence cet accueil-là ! Vous toutes, vous tous qui êtes ici, je vous en remercie de tout mon coeur, pour moi-même, car c'est un honneur que vous me faites, et pour la patrie tout entière car c'est une preuve que vous lui donnez. Le soir tombe, j'ai gagné ma journée et je vous assure que tout au long de ma route, et en particulier chez vous, j'en ai recueilli un immense et utile réconfort. Alors tous ensemble, devant cette mairie qui est la maison commune, et notamment qui est la mienne, nous allons tous ensemble chanter l'hymne national : la Marseillaise !"
Charles de Gaulle, 28 février 1960

   

 L'Institut National de l'Audiovisuel (INA) a mis en ligne sur son site des documents d'archives retraçant les déplacements officiels que le général de Gaulle effectua dans toute la France entre février 1959 et juin 1965, en particulier le neuvième qui du 25 au 28 février 1960 se déroule dans le Languedoc.
À Sète, le dernier jour de son périple, il est accueilli sur la place Léon Blum par le maire communiste Pierre Arrault, qui ne s'est prononcé qu'in extremis en faveur de la réception officielle : voir le film vidéo de l'INA

 Dans cet extrait du discours, transparait la communion et l'unité entre les Français et leur président.  Selon Aude Vassallo qui présente la vidéo de l'INA, "dans cet extrait du discours, ne figurent que les traditionnels remerciements pour l'accueil chaleureux de la ville de Sète et des Sétois (nombreux à être venus l'écouter) et la toute fin de la déclaration du Général. Néanmoins, grâce au journaliste Pierre Viansson-Ponté, nous savons qu'il reprend les thèmes développés à Narbonne, le jour précédent : alors que la première bombe atomique française a explosé treize jours plus tôt à Reggane, le discours du Général se consacre à la " politique de grandeur " poursuivie par la France, seule politique capable de lui offrir l'opportunité d'influer sur le destin du monde. Devenue une puissance atomique, la France peut désormais se tenir " debout ", elle " doit avoir des alliés et des amis, mais elle n'a pas besoin de protecteur ".

Le général de Gaulle arrive de Béziers par le quai de la Marine

Pourquoi une rue Montmorency à Sète ?

amontP1100972C'est la question que l'on peut se poser en lisant le nom de la longue voie descendante qui relie le boulevard Chevalier de Clerville à la rue Rouget de l'Isle , non loin du plan Joseph Soulet où siègent les Archives municipales. Pourtant, deux représentants d'une des plus puissantes familles du royaume de France aux XVIè et XVIIè siècles jouèrent un rôle dans l'histoire de Sète. Et l'action d'Henri Ier de Montmorency (1534-1614) aurait pu être décisive.

 

En effet, celui qui, à l'exemple de ses ancêtres, cumulait charges et fonctions fut gouverneur du Languedoc (chargé des affaires militaires) sous le règne d'Henri IV. Et il apparut au gouverneur et au monarque que la frontière maritime de la province n'était pas sûre et qu'elle était plutôt un obstacle au commerce qu'un facteur favorable. Du Rhône à Leucate, pas de rade commode et assurée. Les atterrissements comblent étangs et passes. Ainsi des graus desservant Montpellier et Narbonne. Celui de Frontignan est de fonds réduits. Agde, port traditionnel de la province, doit compter avec la barre au débouché de l'Hérault et des bancs de sable dans l'estuaire. Dans l'Histoire de Sète (Privat 1988, p. 42), il est souligné que "seuls, de petits bateaux de pêche ou de négoce au cabotage peuvent s'accommoder d'une telle situation". En plus, selon la même source, "la veille continue de corsaires et de pirates sur le golfe ne peut assurer une paisible navigation". De l'îlot de Brescou au cap d'Agde, le pirate Barberoussette mène ses expéditions.

 

C'est là qu'intervint le gouverneur du Languedoc Henri Ier qui délogea Barberoussette de Brescou en 1586 et éloigna le danger du mont Saint Clair. Et Henri IV et le gouverneur conçurent un projet plus ambitieux en vue de sécuriser la province : créer un port.

C'est ce qu'ordonnait l'arrêt du 23 juillet 1596, demandant – sur rapport de Montmorency – que soit créé "un port au cap de Cette". Cet abri serait protégé par une forteresse afin de parer à tout acte hostile.

Henri de Montmorency confia l'exécution du projet à Pierre d'Augier, gouverneur de Bagnols, prévôt général du Languedoc, qui reçoit le titre de "gouverneur et capitaine des ville, château, port et anse de Cette".

Les Etats du Languedoc, jaloux de leur autonomie, refusent tout financement. Celui-ci doit être assuré par "la crue (prélèvement) de 10 sols par minot de sel (39,36 litres) perçue dans les 17 greniers à sel languedociens et l'impôt de 2 % sur les marchandises empruntant les graus de Frontignan et Maguelonne". Et à Saint Clair, il est bâti le fort de Montmorencette, tandis qu'au lieu dit aujourd'hui le Lazaret, surgissent môles et jetées. En 1601 selon d'Augier, "le port se porte bien". En 1605, il peut abriter douze vaisseaux et une galère du duc de Savoie. Mais les dépenses ont, de loin, dépassé les prévisions. Le financement prévu s'avère très insuffisant pour y faire face.

 

D'Augier mourra ruiné après avoir engagé sa fortune personnelle. Peu à peu, l'abri est délaissé. De tout cela ne restera-t-il que le fort de Montmorencette ?

 

Hervé Le Blanche



Les vaisseaux fantômes de Sette.

En juillet-août 1793, la France révolutionnaire devait faire face à de nombreux périls. L'un d'eux était le manque de grains, pouvant engendrer disette et famine. "Sette" en était menacée, malgré les secours extérieurs et le rôle du port.

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L'examen des délibérations municipales de l'été 1793 nuance fortement les affirmations de l'Histoire de Sète (Privat 1986), selon lesquelles Sète ne manqua jamais de grains pendant la Révolution. Le port permettait sans doute d'approvisionner un "vaste hinterland méridional allant du piémont pyrénéen à l'Auvergne et au Dauphiné" (p.151). L'incontestable sérieux de l'ouvrage ne permet pas de douter de cette affirmation. Mais les Sétois, eux, étaient apparemment très mal servis par ce flux commercial. Le 15 juillet 1793, les documents municipaux notent que "la municipalité a été souvent dans des transes affreuses"..."nous avons été sur le point, la semaine dernière, de manquer totalement de pain" et le 16 juillet, il est noté la difficulté d'approvisionnement en grains dont cette ville est sur le point de manquer. Le 26 juillet, "pas de bleds au marché de Béziers". De même le 5 août, constatent les boulangers qui se sont déplacés en personne.

 Le 9 août, le scribe municipal consigne "le manque total de grains et farines". Pourtant, l'agglomération avait reçu de l'aide du département prise sur le fonds des "bleds nationaux". Mais la ville mettait ses espoirs dans le port qui commerçait avec Gênes. Certes, il fallait "payer les cargaisons des neutres" soit en vins, soit en numéraire. Cela rendait le blé fort cher, mais éloignait le spectre de la famine. Au début d'août 1793, on attendait l'arrivée de deux navires génois chargés de grains.

Or, ces vaisseaux étaient retenus à Marseille depuis plus de deux mois. Et les producteurs du département refusent de livrer leurs récoltes au demeurant fort réduites. L'année avait été mauvaise, la soudure difficile. Les Sétois en appellent au tribunal de commerce de Marseille. Cette instance rend son verdict : les cargaisons sont déclarées libres. Mais, arguent les Marseillais, elles risquent d'être saisies par les navires ennemis. Et puis, on manque aussi de blé à Marseille. La ville veut garder les grains et offre de payer leur valeur.

 Bien embarrassés, les édiles sétois écrivirent au ministre de la guerre. On ne sait ce que celui-ci décida, mais, décidément, face aux difficultés concrètes, ils paraissaient bien irréels ces navires génois.

Hervé Le Blanche.

Eugénie Cotton (1881-1967), une militante universaliste.

C'est par son action à l'échelle mondiale qu'Eugénie Cotton retient le plus l'attention. "Compagnon de route" du Parti Communiste français, son action, en France et à l'échelle mondiale, lui valut d'être prix Staline en 1950. Dans le quartier du Château vert à Sète, en hommage à son action, une école primaire porte son nom.

 

cottonP1100907 (2)Cette école ne figure pas (selon la notice d'Internet) dans la liste des rues et établissements scolaires qui, en France, portent le nom de Cotton. Est évoqué tout un florilège incluant Paris et des villes de banlieue, Lanester en Bretagne, Romilly sur Seine dans l'Aube, Talange en Moselle. A Paris même, une rue dans le XIX è porte son nom. On n'enviera pas Lanester ou Talange, mais Sète rend hommage à Eugénie Cotton, même si c'est une municipalité communiste qui en a décidé ainsi. On peut le comprendre car, celle qui n'a pas adhéré au parti communiste incarnait un idéal que "le parti" proposait alors aux femmes de réaliser. Elle était mariée et avait enfanté quatre fois.

Elle était une scientifique de haut niveau (elle est docteur en Sciences physiques en 1925) et elle est une militante engagée. La notice rapporte qu'elle a "apporté son aide aux antifascistes allemands réfugiés en France depuis 1933", puis aux Espagnols opposés au régime franquiste. Elle fut démise par le régime de Vichy de la direction de l'Ecole Normale de Jeunes Filles de Sèvres en 1941. Cela ne l'empêchera pas, plus tard, d'être faite chevalier de la Légion d'Honneur.

 

A la Libération, dans le sillage de l'action communiste en France, elle contribue à fonder l'Union des Femmes françaises (décembre 1944), dont la présidente était Jeannette Vermeersch, la compagne de Maurice Thorez. Le mouvement, initié par le PC, s'étend, attirant, à l'image d'Irène Joliot-Curie (fille aînée de Marie Curie, éminente scientifique), les idéalistes sincères. En 1944, l'Union groupe 180 000 membres, 627 000 en septembre 1945. Cette année-là, Eugénie Cotton devient présidente de la Fédération Internationale des Femmes et rien moins que vice-présidente du Conseil mondial de la paix. C'est l'époque du Mouvement pour la Paix qui porte les espoirs d'une partie de l'opinion mondiale.

Après cinq ans de massacres et de destructions inouïs, les peuples aspirent à la paix. Dans les foyers, dans les cœurs, voilà un mot qui résonne. Et, insistera Claudine Monteil dans Marie Curie et ses filles (Calmann Lévy 2021), ce qui compte avant tout, pour beaucoup, c'est d'avoir un toit, reprendre un travail. Et quand en 1950, le Mouvement mondial des partisans de la paix lancera l'appel de Stockholm pour la paix et l'interdiction de l'arme atomique, signeront, outre les communistes, bien des gens de bonne volonté.

 

Ainsi de Marc Chagall, Duke Ellington, Yves Montand et un jeune étudiant prometteur du nom de Jacques Chirac. Albert Einstein refusa de signer la pétition. Pour lui, le régime stalinien n'était qu'une dictature qui désinformait l'opinion. Pas pour Eugénie Cotton.

Hervé Le Blanche

La montée au sommet du phare du môle Saint Louis de Sète

Une expérience insolite avec Plaisirs d'Hérault à partager avec vous, amoureux de Sète ! La montée au sommet du phare de Sète, avec un panorama à couper le souffle. 

C’est au bout du môle Saint Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville, que trône le phare Saint-Louis. Construit vers 1680, démoli en 1944 par des mines allemandes, il a été reconstruit en 1948.
Aujourd’hui, il continue de signaler par sa lumière rouge l'entrée du chenal il est désormais ouvert au public. Venez gravir les marches de cet incroyable belvédère et profitez d'une vue à 360° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville.
Quelques chiffres : 2297 pierres, 310 m3 de pierre de taille, 126 marches,  25,78 m de hauteur, 6,50m de diamètre à la base et 4,55m au sommet, 3m de diamètre intérieur.
 

 

La piété active du curé Gaffino.

Henri Gaffino fut curé de Saint Louis de 1857 à sa mort en 1899. Son action à Sète a contribué à modeler le visage de la ville. Il a incarné les idées de son époque par sa dévotion à la Vierge Marie et, au moment où l'église catholique comptait dans la société, il a mené une vigoureuse action dans le siècle.

 

hvhvCaptureCelui qui a tant marqué, à Sète, l'avant première guerre mondiale était originaire de Haute-Loire, d'un petit village à une trentaine de kilomètres du Puy-en-Velay. Son père était percepteur du canton. Il commença son cursus au petit séminaire du Puy et, à 14 ans, au petit séminaire de Saint-Pons (Hérault). C'est en 1841 que s'affirme sa vocation religieuse et il entre au grand séminaire de Montpellier où il restera jusqu'en 1845. il poursuit sa formation à Rome, au séminaire de Saint Louis des Français. En 1848, reçu docteur en théologie, ordonné prêtre, il fut aumônier de l'armée d'occupation à Rome. Il ne rentrera en France qu'en 1852 après des pèlerinages aux lieux saints du Levant et à des sanctuaires en Italie. Il manifeste son esprit d'entreprise lors de son premier ministère à Saint-Nazaire de Ladarès. Il y fait édifier une très belle église paroissiale et y restera jusqu'en 1857 quand il fut nommé curé de Saint Louis à Sète. On sait peu qu'il fut à l'origine de l'école Saint Joseph. On sait mieux qu'il initia le culte de Notre Dame de la Salette (1864) à Saint Clair et qu'on lui doit la statue de la Vierge qui couronne, depuis 1869, le clocher de l'église Saint Louis.

 

Henri Gaffino donnait corps aux croyances de son temps et en particulier au culte marial qui se développait en France depuis les années 1840. En effet, les apparitions de la Vierge étaient plus fréquentes. l’Église en reconnut quelques unes, dont La Salette (1840), Lourdes (1858), Pontmain (1871). C'est en 1854 que Pie IX proclama le dogme de l'Immaculée Conception.

Cette dévotion à la Vierge était portée par l'évêque du diocèse de Montpellier, Mgr de Cabrières depuis 1874.

Marie était son second prénom (G. Cholvy, Mgr de Cabrières, Cerf, 2007) et dans sa jeunesse, chaque été, il faisait un pèlerinage à Notre Dame de Rochefort du Gard.

Dans une lettre à son clergé du 2 juillet 1904, il expliquera la naissance de cette piété particulière par la présence, en collège, d'une statue de Marie à qui il ne manquait pas d'offrir des fleurs ou dédier des prières. Jeune prêtre (secrétaire de Mgr Plantier), il avait rencontré Bernadette Soubirous à Lourdes et avait été frappé par son accent de sincérité. Monseigneur de Cabrières multiplia les gestes symboliques et les initiatives en faveur du culte marial. "Les processions du 15 août à Montpellier revêtirent un caractère de solennité générale dès la première année de son épiscopat".

 

Telles étaient les formes de piété développées dans le diocèse de Montpellier et qui ont pu inspirer le curé Gaffino. De fait, il déploya à "Cette" cet esprit d'entreprise qui avait marqué les débuts de son sacerdoce, malgré les difficultés de l'époque.

Hervé Le Blanche

Photo HLB

Vous avez dit Cotton ?

Dans le quartier du Château vert, un peu en contrebas du boulevard Chevalier de Clerville, le nom d'Eugénie Cotton a été donné à une école primaire et maternelle. Pour le grand public, cette appellation reste énigmatique. Or, Eugénie Cotton (1881-1967) fut une ardente militante et une scientifique d'envergure.
 
cottP1100906 (2)Les sources les plus accessibles ne nous livrent que son nom d'avant son mariage (Eugénie Feytis) et ses épousailles avec Aimé Cotton (1869-1951), physicien, enseignant à la faculté des Sciences de Paris et à l'Ecole normale supérieure de Saint Cloud. Ils auront 4 enfants dont un mourut en bas âge. Nous ignorons tout d'elle jusqu'à son entrée à l'Ecole normale de jeunes filles à Sèvres en 1901. Tout au plus peut-on supposer qu'elle venait d'un milieu suffisamment aisé pour lui permettre de poursuivre des études secondaires scientifiques. A Sèvres, elle va faire une rencontre déterminante. Une certaine Marie Curie est chargée des conférences de Physique des première et deuxième années de l'Ecole normale.

Selon Claudine Monteil, dans Marie Curie et ses filles (ed. Calmann Levy, 2021), Marie Curie, au terme de six années d'enseignement, va "marquer une génération de jeunes élèves". Eugénie Cotton se passionne pour les manipulations, mesures et surtout les "discussions après coup sur les résultats obtenus".

 

Cela change d'un enseignement jusque là livresque. Et Marie et Pierre Curie, Paul Langevin deviennent des amis. Eugénie Cotton semble-t-il s'épanouit dans la poursuite de son cursus, reçue première à l'agrégation de Sciences physiques et naturelles en 1904.
 
Elle enseigna au collège de Poitiers, puis à l'Ecole normale supérieure de jeunes filles. En 1925, elle est docteur d’État. Mais c'est sous le gouvernement du Front Populaire que son rôle va prendre de l'importance. Trois femmes font partie du gouvernement Blum, dont la fille aînée de Marie Curie, Irène Joliot-Curie, sous-secrétaire d’État à la Recherche. Celle-ci, malgré son aversion pour la politique, a accepté le poste pour faire avancer les revendications féminines vers plus d'égalité et agir pour le développement de la recherche scientifique.

 

Bien que bridée par son ministre de tutelle, Jean Zay, Irène Joliot-Curie n'entend pas se limiter au rôle de "femme-alibi". Elle veut être utile à son poste, malgré une ambiance peu favorable. Elle nomme Eugénie Cotton à la tête de l'Ecole normale de jeunes filles de Sèvres avec pour mission d'aligner la condition des sévriennes sur celle des normaliens de la rue d'Ulm : avoir le droit de passer la licence et l'agrégation, devenir professeures de l'enseignement secondaire et briser "le plafond de verre" en faisant carrière dans l'enseignement supérieur.
 
Même si la route est parsemée d'obstacles pour les jeunes scientifiques désireuses d'atteindre une position digne de leurs compétences, une porte s'ouvre. Les plus conservateurs ne s'y trompèrent pas : Vichy mit Eugénie Cotton à la retraite en 1941. Il est vrai qu'en plus d'être féministe, elle était antifasciste militante.

 

Hervé Le Blanche

Henri Gaffino (1823-1899). Un prêtre dans le siècle.

Partie 1 sur : http://thau-infos.fr/index.php/patrimoine/histoire/histoire-de-sete/

 

Le jubilé du curé de Saint Louis fut célébré les 2 et 3 mai 1897. Durant ces deux jours, furent fêtés avec éclat les cinquante ans de ministère du curé Gaffino. Le compte rendu d'un paroissien (dossier Archives municipales) montre que ce prêtre déploya son zèle à une époque où le magistère de l’Église commençait à être battu en brèche.

 

hvhvCaptureLe dimanche 2 mai débute la célébration des noces d'or entre l’Église et son serviteur. Commence alors le jubilé, c'est à dire les réjouissances marquant ce long ministère du curé Gaffino. Le prêtre est habillé d'habits nouveaux. Il est félicité par les parents, les amis et les paroissiens de Saint Louis venus manifester le "profond attachement de tous à ce pasteur". Au prix de "sacrifices réels, parfois pénibles", on offre des cadeaux au curé doyen de Saint Louis. Ils sont gardés dans le presbytère "comme pour un mariage", ajoute le témoin. Ainsi font, selon le narrateur, même les non dévots. La fête a incontestablement une tonalité populaire. Surtout le lundi 3 mai quand l’Église catholique déploiera ses fastes. Sacristains et congréganistes hommes ont décoré l'intérieur de l'église et le clocher. Et le quartier Haut se met au diapason de la fête : maisons décorées, fut-ce de lierre ou de buis, inscription à la louange du "Bon Pasteur", poteaux à guirlandes plantés au milieu des rues sur le sol desquelles ont été répandues des pétales de roses. Puis Monseigneur arrive, se joint au "clergé venu de tout le diocèse". Et, avec les administrateurs de la paroisse, défilent les Suisses et 21 prêtres en surplis et camail.

 

Après la messe concélébrée par sept abbés, à 3 heures aux vêpres, avant l'allocution de Mgr de Cabrières, le Révérend Père Carrière rendra hommage à l'action du curé Gaffino, celui qui a institué le culte de N.D. de la Salette le 19 de chaque mois, mis sur pied le pèlerinage à Lourdes (1872) et a fait dresser la première croix à Saint Clair.

Photo : HLB

Mais aussi, selon le témoin anonyme, "l'apôtre à qui il ne coûterait rien de devenir martyr".

Accusé, vilipendé pour "s'opposer à l'école sans Dieu, aux maîtres sans foi" et qui "résiste aux envahissements des sociétés secrètes [sic]". Echo des luttes de l'époque. Quand au même moment, suivant les instructions papales, l’Église se cherchait des racines sociales. A la Grand messe, le Kyrie et le Gloria furent entonnés par les 100 choristes des cercles catholiques d'ouvriers (présidés par M. Lemaresquier). Et le curé Gaffino fut alors félicité par M. Caffarel, président des Conférences Saint Vincent de Paul. Ainsi tentait-on de donner corps à l'utopie catholique prônant la réconciliation des notables et du peuple, au nom d'une même foi.

 

Au soir du 3 mai 1897, ce "christianisme social" semblait exister. Un long cortège gagna la Grand'rue par des rues illuminées à grand renfort de feux de Bengale. Henri Gaffino était bien un prêtre séculier.

 

Hervé le Blanche

Sète avant la Grande Guerre.

Sète avant la Grande Guerre.

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Les faits rapportés dans "Jours de Cette" s'étalent sur 20 ans (1893-1913). L'ouvrage (éd. L'An Demain, 5 quai d'Alger), écrit par François Mottier et illustré par Jean Brunelin, évoque par le biais de la correspondance d'un commis suisse et de sa mère ce qui a fait longtemps l'identité de Sète, ainsi que l'écho des grands évènements.

 

C'était au temps (avril 1897) où, en promenade sur le mont Saint Clair, on pouvait croiser un "M. Valéry", fonctionnaire à Paris, qui faisait paraître des poèmes dans la Revue Maritime Marseillaise. C'était le temps (novembre 1896) où se montait, rue de l'Esplanade (actuelle rue général de Gaulle), le cinématographe Demeny. On s'y divertissait tout en jugeant que "ce procédé d'images animées...n'ait qu'un avenir forain". Car les distractions, à Cette, ce sont des nouveautés, comme la mise en service des lignes de tramways électriques (janvier 1901) qui remportent auprès du public "un colossal succès". Ils émerveillent et flattent la fierté cettoise. On peut se rendre des Halles à La Peyrade et du môle à la Corniche ! Et puis bien sûr, il y a les fêtes : au Carnaval et à la Saint Louis. Celle-ci n'est pas évoquée comme fête votive le 17 août 1898, mais comme l'occasion de la parade de la "très célèbre Société mixte de gymnastique et de tir la Cettoise", pour la fête de la Fédération des Sociétés de Gymnastique. Là, suivant le correspondant, "Cette s'étourdissait de gaieté et de musique". Les joutes et la Saint Louis sont (un peu indirectement) mentionnées lors de l'évocation du personnage du "Mouton", le jouteur légendaire Louis Vaillé.

 

Si la Saint Louis était le moment de la communion des cœurs des Cettois, la ville était aussi remuée par les courants politiques et sociaux de l'époque. En mars 1896, on manifeste contre l'augmentation du prix du pain. En mai 1901, les transporteurs font grève et parcourent la ville en cortège. Mais aussi, grande émotion chez les habitants de la ville-port : en juin 1894, Jeronimo Caserio, un lombard de 21 ans mitron à la boulangerie Viala au quai d'Alger, poignarde à Lyon le président de la République Sadi Carnot. Soupçonnant des complicités à Sète, la police enquête. Viala est inquiété, 21 personnes sont interrogées.

Et dans la presse, on juge bon de désavouer le geste "repoussé avec horreur et indignation". Autre épisode politique marquant, la venue de Jaurès le 3 juillet 1898 pour plaider la cause du capitaine Dreyfus. L'attitude d'un journaliste est telle que le natif de Clarens est prêt de perdre son sang froid. Et puis, c'était au temps où l'escadre de la Méditerranée faisait escale à Sète. La France se voulait grande puissance maritime pour soutenir son effort de rayonnement dans le monde. Ainsi, la France est présente en Extrême-Orient et en août 1900, l'aspirant Herber trouve la mort en défendant les légations occidentales à Pékin.

 C'était au temps où on exaltait la conquête de l'Ouest et où les Anglais guerroyaient au Transvaal. Et, Venisette ou petit Menton, on accueillait des touristes à Cette où la lumière était toujours aussi belle.

Hervé Le Blanche.

Sette, juillet 1791 : un nouvel ordre s'instaure.

Sette, juillet 1791 : un nouvel ordre s'instaure.

 

Après l'écroulement de l'Ancien Régime politique et social, l'Assemblée constituante s'est efforcée de bâtir un nouvel ordre plus juste, plus démocratique. Comme le montre le registre des délibérations municipales de cette époque, bien des aspects de la vie du pays, du point de vue économique et social, furent réorganisés, y compris le secteur de la pêche.

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L'Assemblée constituante n'avait pas attendu la promulgation de la Constitution (3 septembre 1791) pour agir, même dans des secteurs essentiels à la vie du pays. C'est ainsi que dès février 1790, la France fut organisée en départements, districts, cantons. Comme dans ces circonscriptions il n'y avait pas de représentant du pouvoir central, c'est par le consul du district de Montpellier et par son procureur syndic (secrétaire général) Cambacérès que Sette prenait connaissance des lois et décrets nouveaux. Le 12 juillet 1791, la municipalité de Sette reçoit un paquet du district de Montpellier dont il sera fait l'inventaire quatre jours plus tard : ce sont les copies de vingt quatre lois et décrets pris par la Constituante en vue de réorganiser la société. Sont évoqués les baux des messageries, l'organisation des Ponts et Chaussées.

Après la Constitution civile du clergé, on se soucie de "la conservation des évêques". Dans l'ordre économique, on décrète la libre circulation du numéraire dans tout le royaume. Ainsi s'unifiait le grand marché intérieur de la France. Après la fuite du roi, on en appelle à la vigilance. On organise même le statut "des caporaux et tambours des régiments suisses" !

 Le domaine maritime n'est pas oublié. L'Assemblée constituante ordonne d'appliquer à Sette les règlements du port de Marseille. Règlements basés sur l'article 4 des ordonnances de décembre 1778 et les lois du 12 décembre 1790 et 6 janvier/15 avril 1791. Ce corpus réglementaire aménageait la prudhommie de Marseille où les prudhommes (hommes sages et avisés) étaient élus. Ainsi, déclare la municipalité de Sette, doit-on procéder dans une circonscription regroupant la ville-port, Frontignan, Mèze, Bouzigues, mais aussi Mauguio, Marsillargues, Vauvert, Aigues-Mortes.

Sont concernés les pêcheurs en mer (y compris les Catalans résidents) et en étang, propriétaires de leur barque pouvant embarquer au moins trois hommes. Alors, la communauté des pêcheurs est convoquée à l'église des Pénitents. Le maire expose à l'assemblée le but de la réunion. Et l'on passe à l'élection du prudhomme major et de quatre prudhommes. Après deux tours de scrutin, Gourmandin et Augustin Pontic sont en lice pour le poste de prudhomme major. Pontic l'emportera par 45 voix contre 43 à Gourmandin. Celui-ci sera élu second prudhomme. Puis, Louis Richard est élu troisième prudhomme et Etienne Molinié sera le quatrième.

 

Ainsi s'éclaire un point de l'histoire de Sète : la première élection des prudhommes. Et on peut évoquer, après 1789, une reconstruction démocratique de ce qui est encore le royaume de France.

Hervé Le Blanche

Photo : HLB

Evoquer Cette, la "ville-port".

 

Si l'Histoire est l'évocation du passé, il y a bien des façons de "faire de l'Histoire". L'ouvrage, "Jours de Cette" dû à la collaboration de François Mottier pour le texte et Jean Brunelin pour l'iconographie, en est un exemple (éd. L'An Demain, 5 quai d'Alger, Sète).

En effet, avec la correspondance supposée d'un jeune commis négociant suisse, Baptistin Vulliez, c'est Cette d'avant la Grande Guerre qui est évoquée.

 

Jean Brunelin, dans la préface, brosse le décor des épisodes qui seront présentés. A la charnière de la dépression économique des années 1870 et alors que s'amorce la Belle Epoque, "… L'abondance nouvelle viendra évidemment de la mer, car Cette est une ville-port, un port dans une ville où les bateaux sont dans la rue et la mer toujours à portée de regard". Cette, avec les canaux baignant les pieds de la "collinette" de Saint Clair, sera surnommée la "Venisette" par le citoyen du canton de Vaud.

Et le natif de Clarens (sur la riviera genevoise) aurait été sensible, dès l'abord, à la lumière qui éblouit sa prunelle, même en octobre avant qu'il n'en apprécie tout l'éclat (nécessitant le port de verres colorés) au mois de juin. Voilà qui est bien vu, mais on peut être déçu que notre Helvète soit muet sur la douceur du climat en général. Il est vrai qu'il avait tant à voir et à dire.

Aussi ne fait-il que signaler en une occurrence les quais "bruts et décharnés", très professionnels avec pour certains "de vastes alignements de futailles parmi lesquels évoluent gens et véhicules". Mais en dehors du négoce, le milieu marin impose ses contraintes générant parfois difficultés et épisodes dramatiques.

 Ainsi le steamer Anaïs-C fit naufrage en janvier 1895 au large de Marseille. Parmi les 13 disparus, on compte un citoyen de Frontignan et le mousse Honoré Xiffre, 14 ans. Et comme nombre de Cettois sont inscrits maritimes, lorsque la soute à poudre du cuirassé Iena explose à Toulon, on déplore 2 victimes cettoises à qui on fera des funérailles solennelles.

Et puis, le 25 octobre 1898 : "Pandémonium, capitale des Enfers, a ouvert ses portes…". Baptistin Vulliez considère "la scène dantesque d'un navire d'un seul coup enflammé, son pont entier lancé dans les airs, puis retombant dans l'hideux fracas que feraient les os brisés d'un Titan". Le tocsin sonne, on accourt de toutes parts. Le brick goélette Tomase Padre, chargé de fûts de pétrole, est en feu. L'incendie menace les navires voisins également chargés de fûts de pétrole. Le Tomase Padre fut extrait du port par le navire pilote le Vigilant et remorqué jusqu'à la plage de Frontignan. Les pêcheurs quant à eux connaissaient des difficultés : on s'inquiétait déjà de la baisse de la ressource et un vieux sage préconisait la fermeture de la pêche à certaines époques, comme il existe la fermeture de la chasse.

 

Voilà une agréable plongée dans le passé, guidée par un style un peu naïf et apprêté (Baptistin est jeune), présentant parfois de belles envolées, comme pour le phare de Saint Clair, "Polyphème de la mer"

Hervé Le Blanche

 

Pour en savoir plus :https://www.landemain.fr/regionalisme/sete-bassin-de-thau/jours-de-cette

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Noël Guignon, le maire républicain.

En 1870-1871, il n'y eut pas à Sète d'insurrection armée comme à Paris quand la Commune prit le pouvoir. Néanmoins, le contre coup de la défaite du Second Empire agita la vie politique sétoise. Noël Guignon, conseiller municipal d'origine populaire, fut porté au premier plan. Il incarna les préoccupations politiques de son temps.

 

Le nom de Noël Guignon n'est pas inconnu des Sétois, surtout depuis l'implantation des arrêts de bus urbains et départementaux. Il est vrai que ces haltes sont sises au quai "Noël Guignon", ce quai délimité par le pont de la Civette et la darse de La Peyrade où siégeait autrefois la Chambre de commerce. Officiellement, le quai Noël Guignon va de la rue Honoré Euzet au quai Rhin et Danube bordant la dite darse. Le personnage n'avait rien d'un notable. Il était un des sept enfants d'un menuisier de Rouen qui, ayant épousé une Cettoise, s'était établi rue du Palais. Né en 1839, Noël Guignon fit son chemin dans la vie et devint tailleur de pierre. Sous le règne de Napoléon III, il s'est mis au service des idéaux de la Grande Révolution. Puis, il commence une carrière politique. Il devient conseiller d'arrondissement en battant un M. Domeyron, docteur en médecine. En août 1870, il devient membre du conseil municipal. Or, depuis juillet, la France est en guerre avec la Prusse, appuyée par les états allemands. Sans alliés, mal préparée, l'armée impériale subit défaites sur défaites. Et le 2 septembre, Sedan capitule, l'Empereur est prisonnier.

 

Le 4 septembre, à Paris, la République est proclamée. A Sète, le 5 septembre, la foule chasse le conseil municipal, installe une commission pour gérer les affaires en cours. Noël Guignon est acclamé comme maire. Et il va s'impliquer dans la nouvelle phase de la guerre. En effet, à Paris, le gouvernement de la Défense Nationale continue la lutte. Une délégation, à Tours où siège Gambetta, anime le sursaut national et républicain. Gambetta envisage de secourir Paris, assiégé par les Prussiens. Des armées doivent converger vers la capitale depuis le nord, la Bourgogne et surtout l'ouest, vers la Loire et Orléans.

(Illustration Pixabay)

A Sète, Noël Guignon lance un emprunt pour soutenir l'effort de Défense Nationale. Puis, capitaine de la Garde Nationale, il rejoint l'armée du Nord. Celle-ci, défaite, bat en retraite. Noël Guignon rentrera à Sète après l'armistice signé le 28 janvier 1871. Il sera à nouveau maire en 1871, en pleine période de "l'Ordre moral" en France. Mais il sera écarté du pouvoir la même année, après s'être interposé dans une échauffourée où l'on avait crié "A bas Badinguet !" (surnom de l'Empereur). Il est condamné à 3 ans de prison et 5 années de privation des droits civiques.

 

Conseiller municipal de 1878 à 1881, il peut observer l'enracinement du régime républicain. Il ne revint plus au premier plan. Il mourut en 1910 et, en 1912, la ville donna son nom à un des quais du canal. Il avait su incarner un grand mouvement populaire.

Sète, fin XVIII è : le tabac peut brûler.

Une manufacture de tabac fonctionne à Sète à partir de 1751. Production lointaine, le tabac était conditionné dans la ville, ce qui soulevait de nombreux problèmes, en particulier celui des incendies. La manufacture brûla en partie en 1779 et jusque dans les années 1780 se posa la question des "incendies" des rebuts de tabac.

 

Les sources disponibles aux Archives municipales ne donnent pas d'indication sur les circonstances de la création d'une manufacture de tabac à Sète.

 

Tabac, Récolte, Feuilles, PalatinatLouis Dermigny, dans Naissance et croissance d'un port, nous apprend qu'elle fonctionna à partir de 1751 en conditionnant du tabac de Virginie qui arrive par les ports anglais (Whitehaven) et surtout écossais (Ayr, Aberdeen, Glasgow). L. Dermigny n'explique pas comment s'est constituée cette filière d'approvisionnement quelque peu insolite : Sète n'utilise pas du tabac métropolitain (on pense aux plantations du sud-ouest), ni issu des colonies. Et la route du tabac connut plus d'animation dans les années 1770-1775, ainsi qu'à la fin des années 1780 (1787 et année suivante).

Or, il arrive que le tabac brûle quand on ne le désire pas. Le 21 septembre 1779, la manufacture est en partie détruite par le feu. Cinq salles d'opérations spécialisées sont réduites en cendres. On aurait pu craindre de plus lourds dégâts, mais le prompt secours de la garnison a limité le désastre. Et la manufacture n'a pas cessé de fonctionner. Et les déchets divers de tabac ont continué à être brûlés dans son enceinte ou dans les rues, les sources sont peu claires à ce sujet.

 Sont tout aussi peu claires les circonstances et les affaires diverses suscitées par "les incendies des cottes de tabac". A la lecture des pièces d'archives, on peut penser que la manufacture avait obtenu cette possibilité de par l'appui de la cour des Aides de la province, ce qui lui avait permis d'obtenir des lettres patentes (sorte de décrets royaux). Mais les "incendies" toujours renouvelés entretenaient la crainte d'un embrasement général et des inquiétudes pour la santé des habitants. Ceux-ci s'inquiétaient des feux sans cesse renouvelés et qui parfois duraient : ainsi en 1783, un "incendie" commença le 25 octobre et dura jusqu'au 5 décembre.

Un procès verbal a été dressé à la suite de "dessentes" chez des particuliers qui se plaignaient et l'on a établi officiellement la durée de l'incendie et les plaintes que cela a suscité.

 

Le conseil de la Communauté se fit l'écho de ces craintes et s'engagea dans une longue guerilla juridique afin d'obtenir la cessation des "incendies". On en fit constater les méfaits pour la santé des habitants par deux médecins experts. On fit appel aux autorités de la province, en 1778, en 1784.

 

En pure perte. La Communauté, en cette fin XVIII è, ne put obtenir la cassation de l'arrêt motivant la décision. On envisagea d'opérer les "brûlements" hors de la ville et ce fut, semble-t-il à cette époque, le seul résultat concret. Même si brûler du tabac fut reconnu nocif pour la santé...

Hervé Le Blanche