Cinéma

événements au ciné MIAM de Sète

Dans le cadre de l’exposition, En toute modestie, archipel Di Rosa le MIAM en partenariat avec Cine Movida Comoedia, propose un dernier spectacle le 26 septembre.

       
   

Mardi 26 septembre : Soirée Kenneth Anger :

  • Scorpio Rising (1963)-Lucifer Rising (1970/1980)-
  • Invocation of my Demon Brother (1969)

Kenneth Anger (Kenneth Wilbur Anglemyer), né le 3 février 1927 à Santa Monica en Californie, est un auteur, acteur et réalisateur américain qui œuvre dans le cinéma underground et le cinéma expérimental.

 
         

Nouveauté : Aurore

De Blandine Lenoir
Avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot

Synopsis :
Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

Aurore : Photo Agnès Jaoui

L'avis du cinéphile
Elle s’appelle Aurore et pourtant si on en croit la société et les premières bouffées de chaleur qui l’assaillent, elle serait plutôt au crépuscule de sa vie. Le premier film de Blandine Lenoir (qui, si ce n’est un pseudo, a des parents avec un certain sens de l’humour) est une agréable comédie, aux accents féministes revendiqués, avec sans doute quelques poncifs sur la ménopause mais qui ne desservent pas l’ensemble. Agnès Jaoui incarne de façon décomplexée cette quinquagénaire, ménopausée certes, bientôt grand-mère et dans une situation professionnelle et donc financière précaire mais qui n’est pas près à renoncer à vivre pour autant. Le film met en exergue une solidarité féminine bon enfant et la maison d’Aurore prend à un moment des allures de gynécée lorsque toutes se retrouvent allongées côte à côte. Les hommes n’ont pas toujours la part belle mais ils sont loin d’être mis au pilori non plus et c’est pour mieux mettre en valeur l’amour de jeunesse, Totoche, toujours égal à lui-même. Thibault de Montalembert, avantagé par la barbe, le joue avec beaucoup d’élégance et de charme et on comprend l’engouement d’Aurore à vouloir raviver la flamme. Le film est parsemé de petites scènes savoureuses et on rit ou sourit souvent. Bon, le happy end n’était peut-être pas indispensable mais il va de pair avec la légèreté de ton du film. - Mon ciné à moi

Images à la MJC La passerelle.


le cinéaste et, à sa droite, Mme M'Barka-Peter présidente des Femmes du Soleil

"Les Palourdes"

"Le Clandestin"
 

 

Samedi 22 avril, en fin d'après-midi, à l'invitation de l'association "Femmes du Soleil" et "Mistral Production", ont été projetés trois films illustrant la "Mémoire d'une cité à travers ses enfants". Nombre d'institutions ont soutenu cette manifestation, au final réussie. Mais la mémoire ainsi évoquée n'est pas sans questionner le spectateur.

 Le cinéaste Claude Gaignère, dans la présentation, explique sa démarche : ce sont les enfants de la cité qui ont pensé leur projet, construit leurs personnages. Puis, ils ont été formés pendant trois mois à l'art cinématographique et une équipe légère de professionnels a mis les projets en images. Ont été tournés à l'Ile de Thau deux courts métrages : "Les palourdes", "Le Clandestin" et un moyen métrage "La Méprise". Du point de vue cinématographique, les films sont une réussite. Les cinéastes ont bien tiré parti du décor de l'Ile de Thau : passage d'une nacelle sous le pont enjambant le canal (dans "La palourde"), enfants diablotins sur ce pont dans un crépuscule bleuté par exemple. Les jeunes acteurs sont spontanés, expressifs (image finale du "Clandestin"). Le langage de la ZUP, les tracas du quartier sont montrés sur l'écran : des incivilités des "Palourdes" à "la débrouille" au début de "La Méprise".

Ce film (une fiction) raconte l'histoire de jeunes aux prises avec un quotidien quelque peu étouffant. Ils décident de faire aboutir un projet "qui doit faire péter la cité", lieu d'errance et d'ignorance malgré la médiathèque et un club lecture animé par un ancien imprimeur. Mais le groupe est dénoncé, soupçonné de trafic. La police veille et s'en mêle. Et elle commettra une méprise. Happy end ? Peut-être. Bon travail des cinéastes ? Sans doute. Des projets aboutis ? Oui. Mais "la mémoire d'une cité" au final conduit à un constat amer. Un des principaux personnages de "La Méprise" parvient à écrire une œuvre en surmontant nombre d'obstacles et évoque un départ de la cité. Les préjugés sont là et la malveillance rode. Les adultes qui apparaissent sont l'éducateur, ex imprimeur au passé agité et…la police.

 Même au soleil de l'Ile de Thau, il est donc un quotidien qui construit cette mémoire là.

 Ont soutenu le projet : la Communauté des Communes du Bassin de Thau, Languedoc-Roussillon cinéma, Femmes du Soleil, Mistral Production, Hérault département, le préfet de la région Languedoc-Roussillon, la ville de Sète et le député Denaja.

Hervé Le Blanche

Candice Renoir : avant-première!

Le  19 avril 2017 au Palace avait lieu l'avant-première de 2 épisodes de la saison 5 en présence de François Commeinhes, d'une partie de l'équipe de tournage et du comédien Raphaël Lenglet, l'un des principaux personnages de la série Candice Renoir.

Une projection prévue en 2 temps, en commençant à 18h par les partenaires et invités, pour finir vers 20h30 par une ouverture au grand public. Ouverture qui a bien évidemment affiché « complet ». Le Sénateur-maire de Sète n'a pas caché sa satisfaction et sa fierté devant le succès remporté par cette série policière « made in Sète » devenue une série culte de France 2. « La dernière saison diffusée l’an dernier a battu tous les records d’audience avec 5 millions de téléspectateurs – 1,1 million de plus depuis la saison 1. Elle a trouvé son style et son ancrage dans une ville authentique, bouillonnante, loin de la carte postale. Et pour Sète, c’est une formidable publicité » a-t-il déclaré. Une belle réussite qui, après la Belgique et la Suisse, s’exporte en Allemagne et en Italie notamment. Car au-delà du rayonnement et de la notoriété pour Sète, la série est aussi à l’origine d’une économie culturelle et d’un tourisme « cinématographique » qui se développe de plus en plus. Les 2 épisodes projetés ne seront pas les premiers diffusés. La production a choisi de montrer 2 séquences où la ville de Sète est plus qu'ailleurs mise en avant, avec un scénario original composé de flash-back sur les années 70 et d'une bonne dose d'humour. A voir à partir de la semaine prochaine sur le petit écran ?

Casting Mariés

Urgent pour la série Candice Renoir diffusée sur France 2, la société de production recherche pour des silhouettes : - un vrai couple H1F 25/35 ans environ possédant des vêtements de mariés classiques (costume pour monsieur et robe blanche pour madame)
Une journée de tournage a Sète (34), sur la plage, en semaine.
Rémunération : 200 euros brut /jour/personne
Pour postuler, merci d'envoyer une photo et portrait avec ville, date de naissance, lieu de résidence à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Candice Renoir, avant-première de la saison 5

 

La série made in Sète devenue un véritable succès du petit écran sera de retour sur France 2 le vendredi 28 avril en prime avec une cinquième saison inédite de dix nouveaux épisodes.

La désormais traditionnelle soirée de projection de la série en avant-première se tiendra à Sète le mercredi 19 avril à 20h15. Une avant-diffusion organisée à l’espace Le Palace, en présence de l’équipe de tournage et de François Commeinhes, sénateur-maire de Sète.

L’occasion de rappeler qu’au-delà du rayonnement et de la notoriété qu’elle procure à la ville, la série Candice Renoir est une aubaine en termes économiques et touristiques. Ainsi, chaque saison apporte 1 million d’euros de retombées économiques pour la Ville (3 millions pour la Région). En prime, la fréquentation touristique est en hausse de 8% à Sète en 2016, et ce dans un contexte national de baisse.

Avec plus de 5 millions de téléspectateurs et la diffusion de la série à l’étranger (notamment au Canada, en Italie et en Allemagne), la série offre donc une vitrine médiatique exceptionnelle et crée un véritable tourisme cinématographique  qui bénéficie à la Ville et à l’ensemble du territoire de Thau qui accueille aussi une partie des tournages.

Au casting de cette saison 5, les téléspectateurs retrouveront bien sûr la charismatique Cécile Bois (Candice Renoir), ainsi que Raphaël Lenglet (Antoine Dumas), Gaya Verneuil (Chrystelle Da Silva), Delphine Rich (Aline Jego), Ali Marhyar (Mehdi Baddou), Yeelem Jappain (Val), et Nathalie Boutefeu (Commandant Leclerc).

Dans la saison 4, la capitaine de police avait été malmenée dans ses enquêtes, qui tournaient au fiasco. Va- t-elle alors retrouver de sa superbe dans la saison 5 en élucidant de nouveaux mystères criminels ? Réponse bientôt !

 

Le public est prié de retirer les invitations à l’Office de Tourisme, dans la limite des places disponibles, à partir du lundi 10 avril, 60 grand rue Mario Roustan.

Loi relative à la liberté de la création

Lettre ouverte du  Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée à Audrey Azoulay, ministre de la culture et de la communication.

    Madame la Ministre,

    La Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée (FCCM) compte aujourd’hui 55 ciné-clubs adhérents, soit un grand nombre de bénévoles qui organisent près de 700 séances non commerciales par an et totalisent près de 50 000 spectateurs. La FCCM c’est aussi la Rencontre cinématographique de Pézenas qui en était à sa 55e édition en février dernier (+ de 4000 entrées), le Festival des solidarités et du cinéma qui propose des séances gratuites aux publics des agences médico-sociales de Béziers (+ de 1000 spectateurs), c’est également l'accompagnement des séances École et cinéma dans cette même ville et la coordination d’ateliers auprès des jeunes des quartiers dans le cadre du dispositif Passeurs d'Images. C’est, enfin, 4 salariés en CDI (3 ETP).

    L'ordonnance, qui sera promulguée le 24 avril et qui supprime l'obligation pour les ciné-clubs d'adhérer à une fédération et repousse le délai de programmation des films à 2 ans après leur sortie en salle, condamne à terme la FCCM à la disparition, et menace un des fondements de l'action des ciné-clubs.
Ainsi, le délai de deux ans va annihiler toute stratégie destinée à mixer les publics, développer leur curiosité. En effet, la grande majorité des ciné-clubs conjuguent dans leur programmation films du patrimoine, films consensuels récents (donc pas encore usés par les passages télé et sorties vidéo), films jeune public et films fragiles peu vus et récents. Une adhésion à l'année, donnant l'entrée à toute les séances pour une somme modique, entraîne chacun, quelles que soient ses préférences, à découvrir des œuvres qu'à priori, il ne choisirait pas. Et là, les ciné-clubs jouent leur rôle éducatif en élargissant le public de tous types de films.
Cela sera particulièrement préjudiciable pour les zones rurales, où nos ciné-clubs ne pourront plus compenser l'absence d'offre due au fort éloignement des salles commerciales.
Depuis des dizaines d'années, nous guidons les nouveaux ciné-clubs, les conseillons, les formons, les documentons et menons des actions communes en direction de tous les publics en portant les valeurs de l'éducation populaire.

    Nous sommes le garant du paiement des droits de projection aux bons ayant droits (certaines sociétés notamment référencées sur le site du CNC revendiquent de manière indue les droits vidéo), avançons les fonds et prenons les frais à notre charge en cas de défaillance financière d'un ciné-club. Nous travaillons ainsi de concert avec les distributeurs, dans un cadre de confiance mutuelle : la centralisation des programmations de ciné-clubs par les fédérations permet aux distributeurs, notamment les plus fragiles, de n'être en compte qu'avec une seule structure apte à payer les droits avant la projection, tout en leur garantissant le cadre légal de ces séances. En contre-partie nous négocions pour les ciné-clubs un tarif forfaitaire préférentiel à but incitatif. Chaque année, c'est près de 100 000€ que nous payons aux distributeurs. La libéralisation fait miroiter la baisse des coûts par le jeu de la concurrence, mais entre qui et qui ? Les distributeurs et ceux qui ont aujourd'hui les droits institutionnels ? Ce serait grave car ce serait au détriment des premiers : ceux qui prennent des risques quand ils achètent un film,
 
    Ne faire du cinéma qu'un objet de consommation, même à des fins culturelles, est réducteur et n'offre aucun moyen de répondre aux défis que nous lance la société actuelle : former des citoyens, créer des conditions du vivre ensemble, ce qui de fait favorise la qualité des rapports sociaux.
 
    La FCCM et ses ciné-clubs irriguent le territoire, favorisant la rencontre des publics en allant au plus près de ceux qui pour diverses raisons sont ou se sont éloignés de la chose commune. Il faut une volonté politique pour respecter deux des objectifs de l’article 3 de la loi (voir ci-dessous) en allant au-delà des intérêts égoïstes, alors que la fréquentation en salle ne cesse d'augmenter.

«  7° Garantir, dans le respect de l'équité territoriale, l'égal accès des citoyens à la création artistique et favoriser l'accès du public le plus large aux œuvres de la création, dans une perspective d'émancipation individuelle et collective, et mettre en valeur ces œuvres dans l'espace public par des dispositifs de soutien adaptés, dans le respect des droits des auteurs et des artistes ; »

« 9° Mettre en œuvre, à destination de toutes les personnes, notamment de celles qui sont les plus éloignées de la culture, des publics spécifiques, ainsi que des jeunes, des actions d'éducation artistique et culturelle permettant l'épanouissement des aptitudes individuelles et favorisant l'égalité d'accès à la culture, en veillant notamment à la conception et à la mise en œuvre du parcours d'éducation artistique et culturelle mentionné à l'article L. 121-6 du code de l'éducation et en favorisant l'implication des artistes dans le cadre de leur activité professionnelle ; »

Malheureusement, l'ordonnance en préparation va à l'encontre de ces dispositions car sans opérateur fiable sur le terrain, ce ne sont que vœux pieux. Entraver les ciné-clubs, le travail des bénévoles au quotidien, supprimer les synergies dégagées dans un réseau dont les finalités, les actions sont guidées par les valeurs de l'éducation populaire est un non-sens — alors que le CNC, les rédacteurs des ordonnances devraient faciliter les opérateurs dont les actions répondent aux attentes de ces deux objectifs de l’article 3 de la loi.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l'expression de ma plus haute considération.

André Blasco
Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée

Sète terre d'accueil

La solidarité s'impose à nous comme une évidence

Après Frontignan, c'est à Sète que le comité local de SOS Méditerranée et un collectif d'associations, organisaient au Palace samedi dernier une soirée dédiée au problème des migrants avec la projection du film de Jean-Paul Mari "Les migrants ne savent pas nager". Une exposition didactique permettait également de mieux comprendre la réalité des politiques migratoires européennes. Plus de 300 personnes étaient présentes.



 

 Dès l'ouverture de l'exposition, le hall s'est rempli petit à petit jusqu'à constituer une telle affluence qu'il a fallu refuser du monde pour la projection du film, la salle du Palace étant trop petite pour contenir le public venu si nombreux! Etonnant? Pas tant que ça: Sète est une terre d'accueil, les diverses origines de sa population le prouvent, et s'il s'est exprimé ici ou là quelques réactions négatives lors de l'arrivée des réfugiés hébergés temporairement au Lazaret l'année dernière, la mobilisation citoyenne autour d'eux a été remarquable.
Car malgré une parole raciste qui certes s'exprime aujourd'hui de façon trop souvent décomplexée, la plupart des gens ne sont ni xénophobes ni indifférents. Beaucoup sont sensibles à la détresse et aux difficultés rencontrées par ceux qui sont contraints de migrer, et ils offrent alors spontanément leur aide.
C'est pourquoi, après l'émotion suscitée par le film et un débat de qualité abordant les questions du "pourquoi" autant que du "comment", de nombreuses personnes ont laissé leurs coordonnées afin d'apporter leur concours aux diverses actions menées par les associations présentes et ont également exprimé par leurs signatures, la volonté de faire officiellement de notre ville une terre d'accueil. (source : La Cimade)

Des petits livrets pour comprendre les migrations
et lutter contre les préjugés

 

» voir aussi notre article :  l'errance tragique des migrants

L'errance tragique des migrants.

Jeudi 9 mars à 20h30, au Ciné Mistral de Frontignan, avec la projection du film de Jean-Paul Mari "Les migrants ne savent pas nager", eut lieu une soirée-débat, acte fondateur du comité local de SOS Méditerranée. La vision édifiante des conditions de l'exode maritime à partir de la Libye a-t-elle suscité beaucoup d'engagements citoyens ?

Erwan Follezou, Jean-Pierre Lacan et Sabine Schürmann, maire-adjointe à la culture de Frontignan

 

En prologue le capitaine Follezou, membre fondateur et responsable maritime de SOS Méditerranée France, le Frontignanais J.P. Lacan et Bertrand, sauveteur, évoquèrent la genèse et les buts de l'action de l'association.

La création du comité local Sète-bassin de Thau fait suite aux vœux du maire de Frontignan, Pierre Bouldoire, qui, début 2017, souhaitait une initiative locale afin de porter secours aux migrants. La ville accompagne le projet pour des raisons historiques (des Frontignanais sauvés dans les années quarante) et de solidarité humaine. La "grande bleue" peut être un lieu de loisirs alors qu'au sud des hommes se noient.

A l'écran, le capitaine du navire humanitaire L'Aquarius évoquait cette frontière liquide où ont disparu 40.000 personnes en 15 ans et où, en 2016, au moins 5 000 migrants ont péri (le rideau de fer a fait environ 900 victimes en 40 ans). Et sans pathos ni recherche du spectaculaire, le film montre la fascinante Mare Nostrum, scintillante ou grise et violente, immensité bien rendue par les panoramiques, d'où surgissent au ras des flots d'étranges embarcations. On les cherche, parfois en vain, au radar, à la jumelle.

 Et puis, le trait plus sombre sur la mer se révèle être une embarcation pneumatique où s'entassent (8 personnes au m2) des migrants fuyant la Libye. Ce pays en plein chaos, devenu "un vaste camp de concentration à ciel ouvert", où l'on rackette, viole, tue les chrétiens et les noirs. Un migrant de Guinée Bissau conte son périple sahélien et maghrébin et ses épreuves en Libye. Alors, à la première occasion, sur un esquif de fortune, on fuit. Un interprète érythréen résumait ses motivations : "Avec la mort aux trousses, comment ne pas vouloir partir ? On fuit parce qu'on fuit la mort". Et quand l'Aquarius arrive, transborde les migrants, quand médecin et infirmière réconfortent, soignent les passagers, certains rayonnent de joie silencieuse. D'autres crient, chantent, dansent ou prient. Quelques uns restent prostrés. Ils ont eu la vie sauve, mais l'épreuve était trop dure. Puis, apparaissent les côtes de la "Terre Promise". Et le "peuple des couvertures" gagnera la Sicile, le sud de l'Italie. Là, ils seront la proie de mafieux et trafiquants. Monter à bord de l'Aquarius est l'acte salvateur. Mais après ?

 Les migrants partent de leur pays sans aucune certitude, pour échapper à un quotidien macabre. L'humanisme européen dont se réclame M. Follezou était parfois critiqué au Ciné Mistral quand on disait que les migrants partaient car ils étaient sûrs d'être recueillis. L'idéal humaniste, comme l'horizon, était peut-être un peu loin. Mais peut-on laisser la Méditerranée tuer, chaque jour ?

Hervé Le Blanche

 

Nouveauté : L'indomptée

L'indomptée
Un film de Caroline Deruas avec
Clotilde Hesme, Jenna Thiam, Tchéky Karyo
Sortie en France : 15 février 2017

Axèle est photographe, Camille, écrivain. Elles partent pour un an en résidence à la Villa Médicis à Rome. Camille est accompagnée de son mari, l’écrivain réputé, Marc Landré. Alors qu’une étrange rivalité s’installe entre eux, Camille se lie à Axèle. Mais qui est vraiment Axèle ? Une artiste complète, sans concession, qui se confond avec son œuvre ? Ou le fantôme des lieux ?..

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis (promo 2011-2012) et compagne du réalisateur Philippe Garrel de 30 ans son aîné, nul doute que Caroline Deruas se sera inspirée de sa propre expérience pour son film “L’Indomptée”. Son alter ego, Camille, jouée par Clothilde Hesme (qui a aussi joué dans un film de Philippe, “Les amants réguliers” en 2005) est écrivain. En fait elle n’a publié qu’un recueil de nouvelles trois ans auparavant puis rien depuis… Elle est la compagne de Marc qui est un écrivain célèbre. De la même façon, Caroline n’avait réalisé que quelques courts métrages avant “L’indomptée” et Philippe est un réalisateur bénéficiant d’une certaine renommée (et qui est accessoirement le papa de Louis). Camille postule au prestigieux concours de la Villa Médicis qui permet à 14 artistes francophones (car la Villa appartient à l’Académie française) prometteurs de vivre au sein de la Villa pendant un an tout en touchant une bourse leur permettant de financer un projet artistique, quel qu’il soit. Elle est reçue, de même que Axèle (Jenna Thiam, partenaire de jeu sur la série Les Revenants), une belle photographe qui semble si sûre d’elle, indépendante et forte. Camille s’en rapproche très vite tout en s’éloignant de son mari (Tchéky Karyo) qui l’empêche de travailler. Le film qui a de nombreuses incursions oniriques est à la fois une sorte d’allégorie de la création et une véritable déclaration d’amour au lieu mythique et magique qu’est la Villa. L’intrigue en elle-même n’est sans doute pas novatrice mais le film bénéficie de l’aura du lieu et de ses deux interprètes à la fois si éloignées et si proches. Jenna Thiam avec sa rousse flamboyance est une belle révélation. - Mon ciné à moi

Quais des docs

Une nouvelle association vient de voir le jour à Sète : Quais des docs.

Quais des docs a pour objet la diffusion de films documentaires à Sète, et dans les environs, en favorisant des rencontres entre réalisateurs ou membres de l’équipe technique (image, son, montage…) et le public lors de projections-débats.

Des échanges avec le réalisateur non seulement pour comprendre son travail mais également pour mieux saisir son regard, son point de vue sur cette part du réel qu’il veut faire découvrir. Car le documentaire en tant qu’objet de création invite le spectateur à interroger son propre imaginaire, son intelligence, sa sensibilité, son histoire…

Si le réalisateur de films documentaires Daniel Kupferstein est à l’origine de Quais des docs, l’association tout juste créée (les statuts ont été déposés en préfecture le 19 décembre 2016) compte déjà une douzaine d’adhérents — et de nombreux sympathisants. L’association ne regroupe pas que des professionnels, elle s’adresse à tous ceux qui aiment le cinéma documentaire.

Quais des docs a l’ambition de réaliser une dizaine de projections dans l’année en partenariat avec le Comœdia de Sète et vous tiendra au courant de la date de la première projection à Sète.

On peut d’ores et déjà joindre l’association par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou par courrier : Quais des docs, 5, rue Baudin, 34200 Sète.

L’adhésion annuelle est fixée à 10 €