Expos

Mythes électriques

L’artiste révèle une œuvre marquante, au croisement des cultures populaires et tirée des grands mythes universels . Un travail sans compromis, riche et rugueux, noir et envoûtant.

Ce vendredi 10 février a eu lieu le vernissage de Jean Marie Picard à la chapelle du quartier haut. L’artiste, dessinateur et graveur sur bois, sétois depuis 2102 , confessait ne pas être particulièrement à l’aise micro en main surtout lorsqu’il s’agit de parler de lui. Il prenait cependant le temps de remercier « ceux qui ont rendu ce projet possible ». De son travail, il ne n’en dira que quelques mots et le résumera ainsi « se rappeler d’où l’on vient pour mieux avancer ». Sur ces courtes paroles pleines de sagesse jean Marie Picard déclarait le bar officiellement ouvert.
Le travail dévoilé par Jean Marie Picard à la Chapelle représente 13 Scènes inspirées des grands mythes fondateurs et des grands tabous universels. L’artiste qui s’est inspiré de la cosmogonie de la BD, de l’univers rock'n roll et des romans noirs dessine avec âpreté, férocité. Certaines scènes comme prise sur le vif recouvrent un caractère parfois érotique et pornographique (les parents  sont prévenus à l’entrée). Rien de provocant cependant, puis les Dieux n’étaient pas des anges...! Afin de mieux comprendre ces scènes que l’artiste a transposées dans un monde contemporain - on notera par exemple la présence des Twins Tower sur laquelle se retourne Loth et qui précipitera son trépas - les fiches explicatives de Martine Courtois sont d’une grande utilité. Noé, Adam et Eve, Loth, Abel et Caïn, Absalon, sont quelques-uns de ces grands personnages que, grâce au travail de l’historienne, salué par Jean Marie Picard, nous resituons plus précisément. Il est remarquable de constater à quel point les artistes de tous temps s’en sont inspirés , la malédiction qui est également au cœur tous ces récits et de l’exposition, ayant toujours exacerbé curiosité, fantasme et imaginaire.
Samson était souvent représenté par les peintres - parmi lesquels Pierre Paul Rubens ou Antoine Van Dick - sur les genoux de sa douce qui lui coupait les cheveux. Jusque-là, rien de plus qu’une tendre scène conjugale. Si ce n’est que la belle était une traîtresse achetée par les Philistins pour couper sept mèches dont le héros tirait sa force colossale. Effectivement, une fois passé entre les doigts perfides de Dalila, Samson ne pouvait plus repousser les Philistins qui le firent prisonnier et lui crevèrent les yeux… mais le héros les entraînera dans son trépas en faisant écrouler les colonnes du temple … ses cheveux ayant repoussé une dernière fois…
Lorsque Jean Marie Picard se saisit du mythe c’est une scène un brin S/M qu’il propose avec un Samson rasé, enchaîné par une Dalila habillée en vamp gothique. Les grands récits nous appartiennent et Jean Marie Picard, fidèle aux thématiques dans la composition générale des tableaux, livre sa singulière interprétation, étonnant et détonant.


A la Chapelle du quartier haut à Sète, exposition Die Verfluchten, jusqu’au 5 Mars (gratuit).

 Jordi Blain-Soubrier

Au Crac Iron Man lives again!

 En même temps que s’ouvrait la grande  exposition Archipel  Di Rosa, plus discrètement, un sombre chevalier prenait ses quartiers à l’étage du Crac à Sète . L’épopée, avait  débuté au Louvre  de Paris, l’année dernière . Que savons-nous,  au juste,   de ce vaillant guerrier, désire t-il nous faire passer un message? Et puis d’abord,  pourquoi se balade–il avec ce vieux poste cassettes ?  Est-ce qu’on peut  écouter ? Oui, un casque est à notre disposition...

Ça envoi, comme on dit… !  C’est Black Sabbath… Cela ne vous dit rien… ?  Si, le célébrissime groupe de métal  et son très charismatique chanteur,  Ozzy Osborne... Celui qui fait peur ? Oui, peut-être. En tout cas le morceau qu’ils jouent est un de leurs morceaux culte, tiré de l’album Paranoïd, un véritable hymne dans le milieu…


Au Centre Régional d’Art Contemporain à Sète dans le cadre d’une project-room au premier étage, l’artiste Nicolas Fenouillat joue des variations d’«Iron Man» de Black Sabbath dans l’armure de Lancelot du Lac.
Une série de photographies, une vidéo, des néons, une performance se présentent comme autant d’interprétations d’une métaphore théâtrale. L’artiste met en scène la sublime extravagance d’un batteur enfermé dans sa pesante cuirasse qui combat contre l’instrument pour produire le groove puissant et sauvage du Heavy Metal. Ce héros de métal Iron Man est-il toujours en vie ?

 

Mais l’expo… ? Elle porte le nom  du morceau…dont les paroles courent sur les murs …  alors,  celui qui est sous l’armure… ?  Mais … c’est l’artiste !  Bien vu… il s’agit de Nicolas Fenouillat lequel est passé par l’école des Beaux-Arts de Montpellier,  celle du Magasin à Grenoble et a aussi fait l’école Nationale de musique  de Villeurbanne : un garçon qui prend un savant plaisir à mêler art visuel , sonore, et pratique performative.… C’est donc bien celui qui est aussi  batteur du Groupe  NED qui s’est glissé dans l’armure du XV siècle qu’a accepté de lui prêter  le Musée afin qu’il donnât  son concerto….

Deux projections de l’artiste-chevalier en collaboration avec l’ICRAM ( l’institut de recherche et coordination acoustique/ musique ) renvoient également  au questionnement sur la matérialisation du son.  Nicolas Fenouillat, qui ne passe pas son temps qu’à  taper comme une brute sur son instrument , fournit la  promesse d’un espace à combler. Il cherche à créer des fractions vacantes. Un des objectifs qu’il se fixe étant  de tendre  (notamment , en tissant  des liens avec la poésie et le théâtre,  ou encore,  grâce à son travail avec  des chorégraphes tels que  Laurent Pichaut, David Wampach, ou Mathilde Gautry comme  lors de la performance 9 lyrique)  vers  un silence , à   faire circuler une onde ,  une vibration.   

 "Iron man lives again !" jusqu’au 26 février au Crac, projet conçu comme une partition, une combinaison d’éléments, parait aussi interroger le héros, la valeur de ses actes. Tout acte venant d’un héros est–il héroïque ?  Est-ce les actes héroïques qui font le héros ?  Que faut-il bien qu’il fasse pour que  celui  que nous adulions  perde  soudain tout crédit  à nos yeux , comment peut-il se retrouver seul et résister  à la tentation de l’obscurité absolue , pour encore vivre ?  Est-on trop dur ou au contraire trop indulgent  avec nos héros ? Dans une interview à Télérama David Bowie disait, "j’étais complètement perdu et je sentais qu’on m’adorait pour ça, les gens aiment voir souffrir leur héros."  On a beau être  batteur, jouer un solo entier  du  groupe Black Sabbath  bardé de trente-cinq kilos de ferraille  ne serait-être tout à fait indolore… Dans cette performance,  la visée  d’une reconnaissance sinon d’une attention n’est–elle pas recherchée par celui qui l’aurait perdue ( au cours des siècles ) , et qui pour ainsi dire , dans les cœurs de ses anciens "fan",  aurait  été remplacé… Ceci n’est qu’une hypothèse, une œuvre  ou une série d'œuvres parlant à la vérité de chacun... Alain pensait que tous les arts sont des miroirs où "l'homme connaît et reconnaît quelque chose de lui-même."  Il avait peut-être vu juste .

Jordi Blain-Soubrier

 A voir au centre régional d’art contemporain.
26 quai Aspirant Herber – 34200 Sète 

Narration(s) – chapitre III, en mars, à Sète

n5_galerie_exposition_narrations_art_contemporain_montpellier_2017Des œuvres, de plus en plus nombreuses, n’hésitent pas à se montrer « volubiles », voire « bavardes », développant sur les cimaises une atmosphère de récit autour et à l’intérieur d’elles, créant des narrations plastiques. La tentation littéraire de l’art n’est pas nouvelle, Dada et les Surréalistes au cours des années 1920 ont multiplié les pratiques hybrides.

 

Depuis les années 1960, les enjeux se sont transformés et ont renouvelé les interactions entre les éléments textuels et visuels. Comment les pratiques artistiques actuelles travaillent-elles les formes littéraires, les régimes de fiction, de fabulation et d’histoires ? La narration est souvent remémoration. Augé, dans Les formes de l’oubli, écrit que c’est ce retour qui permet de retrouver un passé perdu en oubliant le présent et le passé immédiat avec lequel il tend à se confondre. L’identité narrative n’est ni figée, ni immuable, car c’est elle qui inscrit l’individu dans une continuité d’existence.

 

La constitution de la narrativité en élément plastique la complexifie encore. Cela pose en effet, une distinction majeure entre l’iconique et le linguistique. La langue contraint l’écrivain à effectuer des choix narratifs que nous repérons. Mais comment l’image raconte-t-elle ? Qui parle ? L’exposition Narration(s) est conçue comme un récit : trois lieux, trois temps, mais avec les mêmes « artistes narrateurs ».

n5-galerie_exposition_narrations_artistes_alexandre-bena_gilles-bingisser_regina-blaim_anne-breguiboul_laurence-briat_amelie-joos_sylvie-lagnier_katie-montanier_gerald-panighi_le-lie

Ainsi, construire son histoire entre Montpellier et Sète, de la N°5 GALERIE à LATELIER et au lieu multiple montpellier. Les artistes présentés (Alexandre Bena, Gilles Bingisser, Regina Blaim, Anne Breguiboul, Laurence Briat, Amélie Joos, Sylvie Lagnier, Katie Montanier, Gérald Panighi) proposent plusieurs niveaux de narrations selon des modes variés, des dispositifs fictionnels, des agencements d’éléments hétérogènes inventant une réelle poétique de la fiction entre discordances et concordances.

 

Les parcours au cœur de Narration(s), nous conduisent sur une frontière entre raconter et voir et en la franchissant, peut-être découvrir que voir s’identifie à savoir.

Sylvie Lagnier

Chapitre III : LATELIER 13, rue Rouget de Lisle Sète

Vernissage jeudi 9 mars 2017 à 18 h puis jusqu’au 18 mars 2017 du mercredi au samedi 15 h 30-19 h

A Dock Sud

Pour nos dix ans, nous avons pris le temps de fouiller notre  inventaire. Les œuvres étant stockées dans plusieurs endroits, je ne m’imaginais plus le volume de l’ensemble. Maintenant je sais et, bonne nouvelle pour vous, on va vous en faire profiter de deux belles manières. 1/ Une présentation vente d’une partie de la collection Dock Sud  des peintres du groupe Montpellier Sète et autres.

Jusqu’à mi Mars – pas de vernissage Dans l’entrée de la galerie sont présentées une sélection de très belles toiles de peintres sétois avec pour la plupart  Sète pour sujet Fusaro, Sarthou, Portal, Gabriel Couderc, Mazelin, Desnoyer, Philippe Pradalié, Bessil, Espinasse, Moreno, Diaporama des œuvres A titre d’exemple, cette merveilleuse toile de Philippe Pradalié, Vue de Sète depuis le Domaine de Montpenedre, Marseillan. 130x97cm Huile sur toile

J.M Picard à la Chapelle

 La prochaine exposition de la chapelle du Quartier-haut Die Verfluchten de Jean-Marie Picard se déroulera du 11 février au 5 mars 2017.

Prochaines rendez-vous de la chapelle : Dimanche 5 février à 16h : Visite guidée de l'exposition Faits d'images - Eléna Salah, Nikko Durand, Nicolas Durand.

Vendredi 10 février à 18h30 : Vernissage de l'exposition Die Verfluchten - Jean-Marie Picard

Dimanche 12 février à 16h00 : Visite guidée de l'exposition Die Verfluchten - Jean-Marie Picard

Exposition de Gilles Bingisser

The end (Storytelling)
Librairie L'Echappée Belle du 4 au 26 Février - Vernissage le Vendredi 3 Février à 18h

« Ce que transporte une histoire échappe, du fait même qu’il s’agit d’une histoire, aux mises en catégories ordinaires de la pensée. Le « I cannot make it cohere » d’Ezra Pound évoque cette difficulté. L’histoire est un récit flexible, qui peut s’alentir ou s’accélérer, qui peut divaguer et même se perdre. Les évocations et résonances qui l’accompagnent sont innombrables et constamment changeantes. Ce qu’Italo Calvino appelait les systèmes combinatoires de récits... Si quelques fois des règles paraissent s’imposer à la narration, comme pour encadrer une forme connue et rassurante, elles éclatent vite, ou bien se pétrifient, d’autres formes surgissent, glissantes, insaisissables, échappant aux définitions. »

Gilles Bingisser, bibliothécaire/enseignant aux beaux-arts de Sète.

Lise Chevalier à Fiesta

Vernissage le jeudi 2 février, 18h30

Exposition du 2 février au 25 mars 2017, à l'espace Félix, 2 quai Général Durand, Sète

Entrée libre, du mardi au samedi de 10h-13h / 15h-18h

Lise Chevalier est une artiste plasticienne qui vit et travaille à Sète depuis 2012 suite à ses études à l’Université des Arts de Berlin. Elle fait partie des ateliers de la Ville de Sète à l’ancien collège Victor Hugo.

Elle est une artiste multidisciplinaire. La photographie, le dessin et l’écriture sont ses médiums de prédilection. A l’occasion de cette exposition, elle livre pour la première fois une installation dédiée essentiellement à sa pratique du dessin.

"J’ai composé ces dessins aux moments des solstices. C’était tout d’abord l’hiver et une certaine urgence. Puis l’été, avec un ton rouge qui brûle. Et puis maintenant, c’est vert, comme une végétation sans saison".

Cette exposition invite à découvrir une cinquantaine de dessins accompagnés d’un enregistrement sonore Dialogue imaginaire, de sérigraphies et d’une vitrine Erosion composée de dessins, de carnets et d’objets.

Son travail a été montré internationalement (Allemagne, Iran, Turquie, Serbie…) et à l’occasion de nombreuses expositions personnelles et collectives dans la région.

On a pu voir son travail exposé à la Chapelle du Quartier Haut, à la galerie AL/MA, ou encore à la Galerie My Art Goes Boom. Actuellement, elle prépare plusieurs expositions à l’étranger en Pologne, Serbie et à Berlin et est à l’initiative d’un programme de résidence autour de la création contemporaine européenne féminine à Sète soutenu par la Ville de Sète.

Elle est publiée aux Editions méridianes, cette exposition est aussi l’occasion de découvrir son ouvrage Il faudra trois saisons.

Site de l'artiste : www.lisechevalier.com

 

« Faits d'images » à la Chapelle

Le 13 janvier, l'exposition intitulée « Faits d'images » a été inaugurée à la Chapelle du Quartier Haut, en présence de Christelle Espinasse, adjointe aux événements culturels et des plasticiens Éléna Salah, Nikko Durand et Nicolas Durand. « Faits d'images » propose des allers-retours entre les deux et les trois dimensions qui se nourrissent aussi bien de l'actualité et du monde médiatique que de l'histoire de la photographie et de son développement dans le champ du numérique.

Par quel processus une image amène-t-elle un volume ? Comment une sculpture peut être la conséquence d'une image ? L'origine de l'image photographique et l'histoire de la sculpture se croisent dans leur aspect utilitaire lié à la représentation. Le monde semblerait-il plus réel à travers l'image, sa poésie plus prégnante ?

A voir du 14 Janvier au 5 Février de 11h à 18h - entrée libre

A Latelier

Mercredi 11 janvier à 17h à LATELIER & MY ART GOES BOOM 
Exposition snapchat, visible le temps du vernissage
Karine Barrandon "A L'ABRI DES CHÊNES"