Expos

EXPOSITION VALOUTHON

En soutien à Valérie, une dizaine d'artistes exposent à l'Entre2pots,

 à l'initiative de Michel Cacace, l'exposition sera installée début Mars,

Une tombola est organisée (vente de billets lors de nos évènements

pour aider le financement des soins de Valérie en Géorgie) pendant

 tout le mois de Mars le tirage aura lieu le Dimanche 2 avril,

en présence des artistes et de Christophe Novou,

président de Phages sans frontières.

Sétois à Art Fair

 

Di Rosa

Au Grand Palais à Paris se tient l’expo Art Fair. Eobert Combas et Hervé Di Rosa en sont les vedettes avec de grandes toiles.

Combas

 

 

Marie Doutrelant à Gruissan : la vie est bête

 Du 8 avril au 7 mai - Espace d'Art Contemporain Poulet de Gruissan

« Animalement vôtre, Humains et Animaux »
Nous sommes à la lisière entre raison et fantasmes.
Avec Marie Doutrelant, nous avons une vision de notre monde dans lequel elle cherche « la petite bête »… Nous sommes bel et bien devant des portraits terriblement présents, caricaturaux, puissants, des portraits qui nous ressemblent et nous surprennent chaque fois.
L’humour fait partie de son caractère, son rire est un choix philosophique, et en même temps un regard amusé sur la vie remplie de poésie et de mélancolie…
Le rire c’est tout un art, c’est un parti courageux, un défi, car il est souvent plus facile de faire pleurer….

Marie Doutrelant peint des comportements humains qu’elle attribue aux animaux, le message est satirique, jamais cynique, toujours bienveillant, quelquefois rêveur, avec une morale discrète qui correspond à un fait sociétal, caricatural.
Nous trouvons dans sa peinture une galerie de portraits qui narrent des fables « à la Jean de la Fontaine », des fables modernes dotées d’un humour bavard et surprenant.
C’est une satire de la faune humaine, de ses imperfections, c’est une vue sur le monde, un regard détaché qui attend de retrouver le Paradis perdu sur terre.
Fidèle à la tradition des portraits animaliers qui ont jalonné l’histoire de la création, l’artiste tente de mettre en lumière un trait de caractère, adoptant l’animal pour mettre en évidence nos travers humains, avec tendresse et humour. Son monde animalier nous émerveille et nous incite à changer notre regard sur nos amis à poils, réels ou imaginaires.
Avec le portrait de Frida KAHLO, l’approche est un peu différente… Marie suggère le destin tragique de cette artiste par le rajout inattendu de coccinelles, qui symbolisent les gouttes de son sang sacrifié sous les bistouris des chirurgiens. On trouve dans cette toile un grand respect pour l’artiste mexicaine.
Les créations de Marie Doutrelant sont sa vision de notre monde, c’est un miroir où elle essaie de répondre à ces deux questions : quelle est notre place ici-bas ? Faut-il vraiment se prendre au sérieux ? Ses animaux humanisés ne passent pas inaperçus, ils nous charment comme l’ombre d’un conte pour enfant (ce qu’elle revendique).
L’artiste réalise un film coloré et étonnant de la posture animale empruntée à l’homme, et qui a pour point de départ des émotions humaines retrouvées chez les animaux.
Si l’Artiste a souvent été une fabrique de rêves, une machine volant au-dessus du continent de l’IMAGI-NATION (Tristan Tzara), Marie Doutrelant fait partie de ceux-là.

Ennemis des bêtes, s’abstenir !

Angela Nache Mamier

Croisements intimes

Exposition “Dans la forêt” de Brigitte Cornand au CRAC de Sète du 4 mars au 17 avril 2017
Pour la première fois en France, un choix important de films de Brigitte Cornand, des années 1980 à aujourd’hui, est présenté sous forme de projections et d’installations vidéo.

Au cinéma, les biographies s’appellent des biopics. Les films proposés par Brigitte Cornant (les longs et courts métrages) n’entrent cependant pas dans cette catégorie censée retracer les grands pans de la vie d’individus, en l’occurrence des artistes. Ce sont en effet des amis peintres, sculpteurs, plasticiens, qu'avec sa super 8 la cinéaste a enveloppé en train de travailler, réfléchir, cheminer, disposer de leur temps. Durant des années, certains d’entre eux, comme Bertrand Lavier, Lawrence Weiner qu’elle a accompagnée durant ses voyages, ou encore Christian Boltanski, pilotèrent son mobile. Elle en suivit beaucoup d’autres, moins longtemps. Quelques semaines, quelques instants .Dans tous les cas, l’univers dans lequel la cinéaste s’est immiscée avec intelligence et pudeur nous apparaît aussi simple qu’il est riche ; les rites ordinaires dans leur juxtaposition paraissant composer le terreau de l’éclosion créative. Certains artistes se laissent volontiers surprendre, ils ruminent des pensées, énoncent des mots, - des mots cueillis comme des mets veloutés, rouges, pleins, généreux , cachés - délicatement , amoureusement- s’amusent avec. Leur observatrice – également captive - parfois, s’amuse avec eux (comme quand elle donne le titre de fables de La Fontaine que Louise Bourgeois complète à sa manière par la suite).Brigitte Cornand, d’un geste saisi au vol, approfondit le territoire de ses compagnons de jeu dont elle capte le souffle, l’émotion, le tressaillement intérieur, crayonne la pensée. Ces entretiens sont à chaque fois différents, inattendus, cocasses, touchants, pénétrants, certains soulèvent des questions sérieuses…
En écho à ses films, Brigitte Cornand a exposé des photos. Il y a celles des artistes de ses films, et il y a la forêt. Une forêt dans laquelle elle aimait tant se promener étant enfant, celle de la campagne de ses grands-parents. Aujourd’hui, l’artiste habite le Massachusetts et confie n’avoir eu à faire que quelques pas pour prendre les clichés qu’elle nous a ramenés .

La nature y est le sujet d’élection, à la fois dense comme un secret et légère comme une robe de mai , étonnante , amicale, et surtout niche sauvage de créatures semblant tirées des pages odoriférantes d’un récit fabuleux, tel cet échassier pris dans une pluie de lumière opaline ou ce faon frémissant au croisement d’un chemin. Les chemins, comme ceux qu'elle emprunte pour son travail avec ses acteurs. Brigitte Cornand avoue, après le visionnage de certains rushes, avoir été surprise, car laissant tomber son canevas initial, s’absentant de son objectif, elle s’était totalement adaptée aux désirs et au temps de chacun. Telle la photographie, conçue une forme de journal intime, ses films dilatent le temps - faisant, selon Michaux, de quelques instants, des moments d’éternité - et permettent également aux spectateurs de s’évader comme lors d’une promenade où se tapit la poésie, la clarté d’une idée, l’éblouissement furtif d’une vie.

Jordi Blain-Soubrier

L'actu de Dock-Sud

 

Martin Bez (Galerie Dock Sud) , de retour de Lille Art Up 2017.

D'abor un grand bravo à Didier Vesse l'organisateur de la foire pour ce dixième anniversaire et une édition vraiment réussie avec beaucoup de Monde partout dans la Foire. Dock Sud présentait un grand format de Li Baoxun, des œuvres de Yoann Merienne et de Thomas Verny. A noter aussi une belle performance de Feng Kaixuan tout au long de la Foire qui annonçait ainsi l'arrivée de Dock Sud dans le Nord.

Un diaporama visible sur le Stand Dock Sud présentait Li Baoxun . "Il est venu nous rejoindre pour une résidence dans notre atelier jusqu'aux premiers jours d'avril, et précise Martin Bez il sera possible de le rencontrer ces samedi et dimanche 18 et 19 avril ainsi que le WE suivant. Vous pouvez aussi passer dans la semaine, mais il sera plus prudent de nous avertir par mail ou téléphone pour être sûr de le rencontrer."

 Enfin très bonne nouvelle en provenance de la galerie Sam Dukan (Bravo Sam) avec qui nDock Sud défend le travail de Josef Ofer, le génial dessinateur israélien dont une cinquantaine de dessins sont présents à la galerie de Sète depuis deux ans maintenant. Le musée Teylers (Haarlem, Pays-Bas) vient de faire l'acquisition d'un ensemble d'œuvres de Josef Ofer  et à cette occasion, le musée lui consacrera une exposition en 2017.

Cervera à Shanghai

 

 Grande expo d'André Cervera à Shangai. le sétois semble avoir trouvé en Chine la notoriété qu'on lui refuse en France…

NARRATION(S) III

Huit artistes et une historienne de l’art autour du thème de la narration, en trois chapitres dans trois galeries à Montpellier et à Sète…

LATELIER
13, rue Rouget de Lisle, Sète
vernissage jeudi 9 mars à 18h - exposition 10 à 18 mars
ouvert du mercredi au samedi de 15h30-19h

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 Des œuvres, de plus en plus nombreuses, n’hésitent pas à se montrer « volubiles », voire « bavardes », développant sur les cimaises une atmosphère de récit autour et à l’intérieur d’elles, créant des narrations plastiques. La tentation littéraire de l’art n’est pas nouvelle, Dada et les Surréalistes au cours des années 1920 ont multiplié les pratiques hybrides. Depuis les années 1960, les enjeux se sont transformés et ont renouvelé les interactions entre les éléments textuels et visuels. Comment les pratiques artistiques actuelles travaillent-elles les formes littéraires, les régimes de fiction, de fabulation et d’histoires ?

La narration est souvent remémoration. Augé, dans Les formes de l’oubli, écrit que c’est ce retour qui permet de retrouver un passé perdu en oubliant le présent et le passé immédiat avec lequel il tend à se confondre. L’identité narrative n’est ni figée, ni immuable, car c’est elle qui inscrit l’individu dans une continuité d’existence. La constitution de la narrativité en élément plastique la complexifie encore. Cela pose en effet, une distinction majeure entre l’iconique et le linguistique. La langue contraint l’écrivain à effectuer des choix narratifs que nous repérons. Mais comment l’image raconte-t-elle ? Qui parle ?

L’exposition Narration(s) est conçue comme un récit : trois lieux, trois temps, mais avec les mêmes « artistes narrateurs ». Ainsi, construire son histoire entre Montpellier et Sète, de la N°5 GALERIE à LATELIER et au lieu multiple montpellier. Les artistes présentés (Alexandre Bena, Gilles Bingisser, Regina Blaim, Anne Breguiboul, Laurence Briat, Amélie Joos, Sylvie Lagnier, Katie Montanier, Gérald Panighi) proposent plusieurs niveaux de narrations selon des modes variés, des dispositifs fictionnels, des agencements d’éléments hétérogènes inventant une réelle poétique de la fiction entre discordances et concordances.

Les parcours au cœur de Narration(s), nous conduisent sur une frontière entre raconter et voir et en la franchissant, peut-être découvrir que voir s’identifie à savoir.

Sylvie Lagnier

Narration I : N°5 GALERIE
5, rue Sainte Anne 34000 Montpellier
vernissage jeudi 23 février 2017 à 18h
puis jusqu’au 15 avril 2017 : du mardi au samedi 10h-13 h et 14h-18h30

Narration II : le lieumultiple montpellier
3, rue de Moissac (tram Albert 1er) 34090 Montpellier
vernissage jeudi 2 mars 2017 à 18h
puis jusqu’au 18 mars 2017, du mercredi au samedi 15h30-19h

Mythes électriques

L’artiste révèle une œuvre marquante, au croisement des cultures populaires et tirée des grands mythes universels . Un travail sans compromis, riche et rugueux, noir et envoûtant.

Ce vendredi 10 février a eu lieu le vernissage de Jean Marie Picard à la chapelle du quartier haut. L’artiste, dessinateur et graveur sur bois, sétois depuis 2102 , confessait ne pas être particulièrement à l’aise micro en main surtout lorsqu’il s’agit de parler de lui. Il prenait cependant le temps de remercier « ceux qui ont rendu ce projet possible ». De son travail, il ne n’en dira que quelques mots et le résumera ainsi « se rappeler d’où l’on vient pour mieux avancer ». Sur ces courtes paroles pleines de sagesse jean Marie Picard déclarait le bar officiellement ouvert.
Le travail dévoilé par Jean Marie Picard à la Chapelle représente 13 Scènes inspirées des grands mythes fondateurs et des grands tabous universels. L’artiste qui s’est inspiré de la cosmogonie de la BD, de l’univers rock'n roll et des romans noirs dessine avec âpreté, férocité. Certaines scènes comme prise sur le vif recouvrent un caractère parfois érotique et pornographique (les parents  sont prévenus à l’entrée). Rien de provocant cependant, puis les Dieux n’étaient pas des anges...! Afin de mieux comprendre ces scènes que l’artiste a transposées dans un monde contemporain - on notera par exemple la présence des Twins Tower sur laquelle se retourne Loth et qui précipitera son trépas - les fiches explicatives de Martine Courtois sont d’une grande utilité. Noé, Adam et Eve, Loth, Abel et Caïn, Absalon, sont quelques-uns de ces grands personnages que, grâce au travail de l’historienne, salué par Jean Marie Picard, nous resituons plus précisément. Il est remarquable de constater à quel point les artistes de tous temps s’en sont inspirés , la malédiction qui est également au cœur tous ces récits et de l’exposition, ayant toujours exacerbé curiosité, fantasme et imaginaire.
Samson était souvent représenté par les peintres - parmi lesquels Pierre Paul Rubens ou Antoine Van Dick - sur les genoux de sa douce qui lui coupait les cheveux. Jusque-là, rien de plus qu’une tendre scène conjugale. Si ce n’est que la belle était une traîtresse achetée par les Philistins pour couper sept mèches dont le héros tirait sa force colossale. Effectivement, une fois passé entre les doigts perfides de Dalila, Samson ne pouvait plus repousser les Philistins qui le firent prisonnier et lui crevèrent les yeux… mais le héros les entraînera dans son trépas en faisant écrouler les colonnes du temple … ses cheveux ayant repoussé une dernière fois…
Lorsque Jean Marie Picard se saisit du mythe c’est une scène un brin S/M qu’il propose avec un Samson rasé, enchaîné par une Dalila habillée en vamp gothique. Les grands récits nous appartiennent et Jean Marie Picard, fidèle aux thématiques dans la composition générale des tableaux, livre sa singulière interprétation, étonnant et détonant.


A la Chapelle du quartier haut à Sète, exposition Die Verfluchten, jusqu’au 5 Mars (gratuit).

 Jordi Blain-Soubrier