Bâti & architecture

L'abbaye de Valmagne magnifiée



 

En cette fin de mois d'août les propriétaires de l'Abbaye de Valmagne proposent des "Son et lumière" pour que les visiteurs puissent découvrir ce merveilleux monument historique en nocturne et mieux s'imprégner des siècles qui ont permis à ce site de perdurer, en ressentant la sérénité du lieu ainsi qu'en percevant le côté hors du commun de cette Cathédrale des Vignes, dédiée à "Marie", de son cloître et de sa cour d'honneur.
Une bien belle découverte architecturale tout d'abord : Un édifice dont les surfaces bâties (avec les étages) sont de l'ordre de 2 Ha avec plusieurs milliers de M2 de toit. Des pierres qui proviennent des anciennes carrières de villages voisins (Loupian-Mèze), des clefs de voûte à 25 m de haut...
Et que dire de l'histoire de cet édifice de plus de 900 ans qui a su tenir debout malgré les guerres,  les brigands et aussi la Révolution Française.
Jusqu'à 200 moines ont séjourné à Valmagne tandis que ses vignes et ses terres atteignaient presque Béziers. Des campagnes et des édifices encore "debout" dépendaient de son autorité.
Alors que Ghaetta, jouait plusieurs morceaux de musiques médiévale instrumentale, l'on s'imprégnait de cette ambiance particulière. Car si l'abbaye fut édifiée au XIIème siècle sur les fondations d'une église romane, précédée certainement par une grande villa romaine, c'est une majestueuse abbatiale de style gothique.
L'abbaye étant magnifiée par la nuit, le visiteur se laissait aller à rêver entre les chansons des trouvères et celles des troubadours des XIIe et XIIIe siècles, de motets du Manuscrit de Montpellier ainsi que de pièces instrumentales de cette époque. Ghaetta, animait la visite avec un duo de musiciens qui souhaitent faire apprécier à ses spectateurs l’acoustique des architectures en valorisant les timbres des instruments tout en mettant l’accent sur la diversité de ces musiques trop méconnues.

Entre le charme florentin du cloître, la salle capitulaire avec sa voûte en anse de panier, et sa fontaine vraiment unique, la majestuosité de l'abbatiale s'imposait, plus besoin de parler, il n'y avait qu'à écouter et surtout à regarder, bien que les explications de la guide du site soient de très grande qualité.
Il est possible que les propriétaires de l'abbaye lui permettent de retrouver une grande partie de sa beauté originelle. L'abbaye cistercienne qui est déjà une des plus belles de France rayonnera d'autant plus de toute sa splendeur.

Jean-Marie Philipon

Pour en savoir plus :  beta.valmagne.com/lhistoire/ et  wikipedia.org/wiki/Abbaye_Sainte-Marie_de_Valmagne

                                                               

 

phare de Sète

 

 

En quelques chiffres :

  • 2297 pierres
  • 310m3 de pierre de taille
  • 116 marches
  • 25,78m de hauteur
  • 6,50m de diamètre à la base 4,55m au sommet.
  • 3m de diamètre intérieur.

 

 

 

   

Phare Saint-Louis - Sète

"Son oeil mobile mêle aux éclairs de périls l'eau riante
et la danse infidèle des vagues
." - Paul Valéry

C’est au bout du môle Saint Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville,  que trône le premier phare, aujourd’hui silhouette emblématique de Sète.
La première pierre du premier phare de Sète fut posée en grande pompe par Charles de Tubeuf, intendant du Languedoc le 29 juillet 1966. Ce premier ouvrage ne fut cependant achevé qu'en 1682.
Reconstruit en 1720 puis en 1861, il fut démoli en 1944 par des mines allemandes. Il sera reconstruit à l’identique, et livré en mars 1948. Aujourd’hui, après un lifting réussi et  quelques menus travaux (peinture, remplacement de vitres), il continue de signaler par sa lumière rouge  l'entrée du chenal mais peut désormais accueillir du public. Un incroyable belvédère à 360 ° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville.

 


première ouverture du phare au public le 29 juillet 2016,
350 ans après la pose de la première pierre du premier phare de Sète

 visites :
Du 29 juillet au 11 septembre - 7 jours/7 jours de 10h à 13h et de 16h à 19h.
Du 12 au 30 septembre : Fermé le jeudi et le vendredi - Lundi, mardi, mercredi, samedi et dimanche  de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30
Octobre :  Samedi et dimanche de 14h à 17h30.
Vacances de la Toussaint : 7jours/7jours de 14h à 17h30

source photos : Gaëlle Guénal, Florence Monferran, ville de Sète

Le théâtre Molière, côté scène et côté coulisses

Dans le prolongement des Journées du patrimoine, qui ont connu un succès d'affluence au Théâtre Molière, l'Office de Tourisme de Sète organise, durant la saison théâtrale, une visite guidée des lieux. Inauguré en 1904, ce théâtre municipal à l'italienne, sur le modèle vénitien, offre aux Sétois le luxe feutré d'une salle de 1 000 places. Devenu Scène Nationale en 1994, il est depuis investi de missions de diffusion et de production de spectacles pluridisciplinaires accessibles à tous, sous la direction d'Yvon Tranchant.
Invitation au voyage dans le temps et dans sa vie propre, le Théâtre Molière se laisse approcher par sa façade massive en pierre de Beaucaire, sculptée à la gloire de la Tragédie et de la Comédie. Dans les pas de Danielle ou Lisa, les guides-conférencières, le parcours réserve des accès exclusifs, permis par la rénovation complète des lieux entre 2011 et 2013. Murs, sols mosaïqués, décors, fauteuils, escalier de marbre à double portée, coupole, rien n'a été délaissé dans ce vaste chantier. La brillance des ors, des peintures et du lustre de cristal d'Henri Beau s'offrent désormais aux yeux des visiteurs. Dans la salle de spectacles, des galeries sur trois niveaux, avec leurs baignoires, au parterre en pente douce, où les deux poteaux ont été supprimés, chacun doit pourvoir voir la scène, rénovée elle aussi. Tous les espaces sont utilisés, et le confort du spectateur et des artistes privilégié. 
La magie du lieu opère quand il laisse se dévoiler l'envers du décor, les lieux privés, les codes du théâtre, ses moteurs: l'ancien caveau transformé en salle de conférence, les coulisses et les mécanismes de décors sur cintres, l'intimité des loges d'artistes, des salles d'échauffement ou de répétition, les superstitions qui survivent ... plus rien n'a de secrets pour les visiteurs. Empruntant le petit escalier qui mène du poulailler au Paradis, ou à la récente Porte de l'Enfer, ils accèdent à la charpente et ses structures métalliques, puis ils s'attardent sur la scène au rideau rouge, cadeau de ... Georges Brassens. En redescendant l'escalier de marbre, un dernier arrêt devant la Boîte à sels évoque passé et présent reliés. La billetterie, qui servait à faire asseoir les dames prises de malaise et ranimées par des sels, fait un bon dans l'avenir: dotée d'un oculus Rift, procédé de visite en 3 D, elle guide l'utilisateur, par la voix d'André Dussolier dans "Une journée au théâtre".
Patrimoine vivant au passé redoré, paré des derniers outils technologiques, le théâtre Molière livre ses ressorts, ses histoires, ses respirations, pour le plus grand plaisir de visiteurs privilégiés.

Florence Monferran

Chiffres-clés:
8 ans de construction, entre 1896 et 1904
28 m de longueur
1041 spectateurs à la première représentation, avec l'opéra La favorite de Donizetti
882 places aujourd'hui
11 m d'ouverture, 7 m de hauteur, 18 m de profondeur: la nouvelle scène
880 kg: poids du lustre 
91 ampoules
17 millions d'euros: budget de la rénovation, financée par Thau Agglo, l'Etat, la région Languedoc-Roussillon et le Département de l'Hérault
Novembre 2013: réouverture du théâtre après deux ans de fermeture

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Visites guidées de l'Office de Tourisme de Sète:

Durée: 1h30 environ
Les samedi 21 novembre, 22 décembre, 23 janvier 2016, 13 et 27 février, 16 et 23 avril, 14 mai, 11 juin
Tarif: 6 € / adulte, gratuit jusqu'à 12 ans
Réservation obligatoire auprès de l'O.T. - 60, Grand'rue Mario Roustan 34 200 Sète
Tél 33 (0)4 99 04 71 71  Mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. -www.tourisme-sete.com

Visite virtuelle en 3 D "Une journée au théâtre": Accueil Hall du Théâtre Molière  du mardi au samedi, de 13h à 18h
Avenue Victor Hugo 34 200 Sète - Tél: 33(0)4 67 74 66 97  - www.scenenationale-sete-bassindethau.com

 

La Vierge de St Felix

Dans une niche de l’abbaye St Felix de Montceau, sauvée et restaurée par Luc Routier et son équipe, on peut voir une belle statue de la Vierge en bois ? Elle est due à Gérard Réthoré, ancien opticien, et habile sculpteur. Elle pare magnifiquement l’interieur de l’église bien abritée dans sa niche car, malgré les promesse depuis 40 ans, le toit de l’abbaye n’est toujours pas refait.

Gérard Réthoré, concepteur de la statue ,nous la présente :
« Le siège sur lequel est assise la Vierge est une chayère, dont le très haut dossier était censé protéger l’utilisateur des courants d’air et des agressions dans les châteaux de l’époque. Elle est en noyer massif.
Si la coquille Saint-Jacques fait volontairement une auréole à la Vierge, en nous rappelant que ce site était sur le chemin de Compostelle au Moyen Age, on peut aussi voir un clin d’œil à l’étang de Thau.
De chaque côté de la Vierge, vous trouvez en accoudoir deux personnages. A sa droite, Saint-Pierre représentant l’Eglise, et à sa gauche Saint-Jean, disciple préféré de la Vierge, représenté âgé, car il serait mort très vieux !
Sur le côté, sont sculptés les symboles attribués à ces apôtres, mais le coq de Saint-Pierre peut aussi être le coq républicain pour celui qui le souhaite !
Pour les personnages principaux, j’ai avant tout voulu représenter une Vierge à l’enfant, mais c’est évidemment aussi une maternité.
Saint-Joseph étant issu de la tribu de David, on peut imaginer qu’il ait offert le bijou dont j’ai paré le cou de la Vierge, mais c’est aussi un appel de l’ancien testament.
Sans vouloir jouer au Da Vinci Code, vous pourrez également interpréter le nombre de grappes de raisins, de feuilles ; d’olives ou d’épis de blé…
De même, le dos de la chayère est décoré par un bouquet composé par des fleurs ayant toutes une relation symbolique avec la Vierge. »

Sainte-Léocadie, vaisseau-forteresse



 

Les 32e Journées européennes du Patrimoine ont été l'occasion de mettre en lumière un joyau de l'architecture romane: l'église Sainte-Léocadie de Vic-la-Gardiole.

C'est au Moyen-Age que se fixe la physionomie du village: son implantation en hauteur, la forme de l'habitat regroupé autour de l'église et du château, son extension contenue à l'intérieur d'enceintes collectives, fortifiées plus tard. Au sortir des luttes pour le pouvoir, aux IXe et Xe siècles, l'incastellamento contient les habitants sous la domination du seigneur le plus puissant, ici l'Evêque de Maguelone, prévôt du chapitre cathédral. Preuve de cette puissance: le château a disparu, Sainte-Léocadie est toujours là! Construite sur une butte à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, l'église telle que nous la connaissons date du XIIe siècle. Un édifice plus ancien, dès le VIIIe siècle, a été repéré par les archéologues. Fin XIe siècle, la paroisse est rattachée au chapitre de Maguelone, qui subvient à ses besoins, et l'église remaniée.

Un art roman peu commun

La singularité du nom sonne à l'oreille: Léocadie évoque une chrétienne de Tolède martyrisée après avoir appris le supplice d'Eulalie à Mérida. Les deux saintes sont importées par des réfugiés chrétiens fuyant l'invasion sarrasine de l'Espagne wisigothe. Eulalie devient patronne de Mireval, et Léocadie de Vic.
L'originalité du bâti frappe l'oeil. Jaillie d'un seul trait de la pierre prélevée directement sur la butte, le monument est construit sans fondations, en calcaire coquillier (mélange de pierre et de coquillages datant de l'invasion marine quaternaire). Nous sommes surtout en présence d'une église fortifiée, faisant partie d'un ensemble de 22 églises implantées le long du littoral pour sa défense contre les Sarrasins - Louis VII y fait allusion - mais aussi pour affirmer aux autres féodaux sa propre puissance. Ces édifices s'inspirent de ceux que les Croisés viennent de découvrir en Orient. Subsistent aujourd'hui de ce dispositif quatre églises fortifiées: Saintes-Maries-de-la-mer, Maguelone, Vic-la-Gardiole et Agde. 

Pour assurer la fonction défensive, le plan de construction est minimaliste: un volume simple, long rectangle imposant, aux murs très épais (plus de deux mètres de large). Vus de l'extérieur, les contreforts massifs reliés par de grands arcs soutenaient des mâchicoulis et portent un chemin de ronde, comme à Agde, ainsi qu'un parapet et es créneaux. Les jeunes du village s'y promenaient encore, à la fin du siècle dernier. A noter: mâchicoulis et créneaux d'origine subsistent sur la façade occidentale et une des façades latérales.

Le caractère défensif de l'ouvrage prend le pas sur les éléments religieux à l'intérieur. Sainte-Léocadie est dépourvue d'abside, de chapelle et de transept, et de réelles ouvertures, plus proches ici de meurtrières. L'église faisait en quelque sorte office de donjon protecteur au château accolé à elle.
Un puits d'eau douce, au centre de la nef (et non à l'entrée comme on le pense souvent) permettait l'approvisionnement en eau, comme à Agde ou aux Saintes-Maries-de-la-mer. Relié au puits extérieur, il confortait l'aspect défensif: population et animaux se réfugiaient là en cas d'attaques. Quant au souterrain qui relierait l'église au château de Maureilhan, les fouilles archéologiques n'en ont pas trouvé trace.

Un modèle de construction romane

Sainte-Léocadie fait figure de modèle d'architecture romane par la maîtrise du matériau en calcaire coquiller: taille parfaite de la pierre, montage des parements, moellons montés en grand appareil, ce qui est peu fréquent dans la région. A l'intérieur, divisé en quatre travées, l'arc et la voûte en plein cintre obéissent aux règles de l'art roman.

Seule la première travée (en entrant) conserve aujourd'hui voûtes et couverture en pierre d'origine. la marque de l'escalier d'accès à la tour est encore incrustée dans le mur de droite. Quelques peintures ornent l'intérieur, et remplacent probablement des peintures murales du Moyen-Age. La sacristie et l'horloge datent du XIXe siècle.

Le classement en monument historique en 1921, puis l'installation d'une zone de protection élargie en 1949, contraignants pour le développement du village, en ont préservé l'authenticité. L'église Sainte-léocadie se dresse encore, telle un vaisseau-forteresse au-dessus des étangs, défi au temps, dont elle subit néanmoins les outrages. De larges fissures, derrières l'autel, alertent sur la nécessité d'une rénovation du site pour veiller à la conservation d'un capital patrimonial inestimable.

Florence Monferran

 


L'église se visite librement tous les jours de 9h à 17h. En Juillet et août: balade dans le centre du village les lundis matin avec l'Office de Tourisme

La Villa Laurens et la restauration du Salon de Musique.

 
Plus d'un siècle après sa construction, le château Laurens retrouve de sa splendeur d'antan.


Grâce au soutien de nombreux acteurs institutionnels (la Région, la DRAC, la CAHM, le Département et bien sûr la ville d'Agde propriétaire de la Villa) le Salon de Musique a pu retrouver tout son lustre.

A la suite d'un appel à concurrence publié le 23 mai 2013, il a été choisi, parmi les candidatures de 35 artistes, un des projets proposé par des artistes contemporains. Contemporains car à l'époque de la construction, Emmanuel Laurens était très engagé dans les courants artistiques des années 1900, disons de style Art Nouveau.

La proposition des artistes Ida Tursic et Wilfried Mille a été retenue.Leur projet, qui s’intitule «Blow Up», comprend 11 panneaux de bois peint et sérigraphié, sur lesquels, en filigrane, motifs floraux et motifs picturaux révèleront ou cacheront des images du XXème siècle ».
Le public qui s'est présenté lors des Journées Européennes du Patrimoine ont admiré leur travail et leur admirable réalisation.

Après cette première étape de la restauration, le reste du château sera lui aussi restauré dans les années à venir et ainsi la ville d'Agde et les agathois pourront se réapproprier ce lieu si étonnant et si chargé de mystère.
Pour en savoir : www.agglo-heraultmediterranee.net/categories/patrimoine

Jean-Marc Roger


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