Bâti & architecture

Le phare de Sète, incontournable

 

"Son oeil mobile mêle aux éclairs de périls l'eau riante
et la danse infidèle des vagues
." - Paul Valéry

C’est au bout du môle Saint Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville,  que trône le premier phare, aujourd’hui silhouette emblématique de Sète.
La première pierre du premier phare de Sète fut posée en grande pompe par Charles de Tubeuf, intendant du Languedoc le 29 juillet 1666. Ce premier ouvrage ne fut cependant achevé qu'en 1682.
Reconstruit en 1720 puis en 1861, il fut démoli en 1944 par des mines allemandes. Il sera reconstruit à l’identique, et livré en mars 1948. Aujourd’hui, après un lifting réussi et  quelques menus travaux (peinture, remplacement de vitres), il continue de signaler par sa lumière rouge  l'entrée du chenal mais peut désormais accueillir du public. Un incroyable belvédère à 360 ° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville.

 



 visites :

  • Du 4 au 30 septembre Tous les jours sauf le jeudi et vendredi 10h - 13h et 14h30 - 17h30
  • Du 1er Juillet au 3 Septembre 7j/7 10h - 13h et 16h - 19h
  • WE d’octobre à partir du 30 sept + du 21 octobre au 5 novembre 7j/7 14h à 17h30

source photos : Gaëlle Guénal, Florence Monferran, ville de Sète,

 

L'abbaye de Valmagne, cathédrale des vignes



 

En  août les propriétaires de l'Abbaye de Valmagne proposent des "Son et lumière" pour que les visiteurs puissent découvrir ce merveilleux monument historique en nocturne et mieux s'imprégner des siècles qui ont permis à ce site de perdurer, en ressentant la sérénité du lieu ainsi qu'en percevant le côté hors du commun de cette Cathédrale des Vignes, dédiée à "Marie", de son cloître et de sa cour d'honneur.
Une bien belle découverte architecturale tout d'abord : Un édifice dont les surfaces bâties (avec les étages) sont de l'ordre de 2 Ha avec plusieurs milliers de M2 de toit. Des pierres qui proviennent des anciennes carrières de villages voisins (Loupian-Mèze), des clefs de voûte à 25 m de haut...
Et que dire de l'histoire de cet édifice de plus de 900 ans qui a su tenir debout malgré les guerres,  les brigands et aussi la Révolution Française.
Jusqu'à 200 moines ont séjourné à Valmagne tandis que ses vignes et ses terres atteignaient presque Béziers. Des campagnes et des édifices encore "debout" dépendaient de son autorité.
Si l'abbaye fut édifiée au XIIème siècle sur les fondations d'une église romane, précédée certainement par une grande villa romaine, c'est une majestueuse abbatiale de style gothique. C'est en 1138 que Raymond Trencavel, Vicomte de Béziers, fonda l'Abbaye de Valmagne sur la commune de Villeveyrac, prés de Mèze et de l'étang de Thau dans le Languedoc Roussillon. Du 12ème siècle au début du 14ème elle fut l'une des Abbayes cistercienne les plus riches du sud de la France.

Abbaye bénédictine lors de sa fondation, Valmagne se rattachera, dès 1159, à l'ordre de Cîteaux, deuxième réforme des Bénédictins, et dès lors observera la règle morale, mais aussi architecturale qui avait été définie par St Bernard.
Après une période d'expansion et de richesse, l'Abbaye fut confrontée à la Guerre de Cent ans et aux Guerres de Religions.
Très endommagée, l'Abbaye n'eût pas trop des deux siècles suivants pour retrouver sa splendeur primitive. Mais la révolution vint fondre sur une Abbaye où la décadence s'était déjà installée. Les derniers moines s'enfuirent en 1789 et Valmagne fut saccagée.
 Confisquée comme bien national, l'Etat ne garda pas cet édifice et M. Granier-Joyeuse en fera l'acquisition en 1791. Après sa mort, ses héritiers s'en débarrassèrent. L'Abbaye fut rachetée le 29 juillet 1838 par le Comte de Turenne et ne fut jamais revendue. Les propriétaires actuels sont les descendants du Comte de Turenne. L'abbaye fut classée Monument Historique en 1947 et n’a cessé de faire l’objet de travaux de restauration, elle est ouverte aux visites depuis 1975. Actuellement le vignoble représente 58 hectares de vignes.

L'église actuelle, de style gothique classique, reconstruite en 1257, 24.5m de haut et 83m de long, fut convertie en chai après la Révolution.
Le charme de la fontaine du cloître, la pureté de la salle capitulaire avec sa voûte d'arête surbaissée d'ogives, la taille de cet édifice majestueux font de Valmagne un des monument historiques prestigieux du Languedoc Roussillon, siège de nombreuses animations culturelles.

Entre le charme florentin du cloître, la salle capitulaire avec sa voûte en anse de panier, et sa fontaine vraiment unique, la majestuosité de l'abbatiale s'imposera à vous.
Pour en savoir plus :  http://beta.valmagne.com/ 

et  wikipedia.org/wiki/Abbaye_Sainte-Marie_de_Valmagne

                                                               

 

Sur le Canal du Midi : Port Cassafières

 

Port Cassafières en 1974

En 1970, M. Roger Sicard, propriétaire du domaine de Cassafières qui s’étend du Canal du Midi à la Méditerranée, à Portiragnes, se rend compte que cette voie d’eau est en train de changer de vocation. Les péniches de céréales, de carburants, les pinardiers, se font de plus en plus rare. Par contre la navigation de plaisance se développe rapidement grâce aux anglais qui implantent des sociétés de location un peu partout. La principale, la Blue Line, filiale du groupe Guiness, se trouve à Castelnaudary, ils ont un savoir faire et des bateaux adaptés. M. Sicard va rencontrer l’homme providentiel, Robert Linon, ingénieur subdivisionnaire du Canal du Midi à Béziers. Il va obtenir l’autorisation de ce dernier de creuser une darse au bord du canal, puis le port.

En 1971, il embauche le fils de son régisseur, Bernard Bals, mécanicien de formation et conducteur d’engins dans l’entreprise Bec. Il crée la Compagnie de Navigation de Plaisance et va acquérir 2 bateaux pour la location. Auparavant il s’est fait livrer un chalet exposé au salon de la navigation de plaisance au CNIT à Paris, qui va être utilisé pour la réception, le stockage du matériel, et qui existe toujours. Son fils Gilles vient travailler sur le port. On fait de la location mais aussi des promenades jusqu’à Agde et certains jours sur Marseillan. Durant l’automne 1971 il fait l’acquisition d’une pelle mécanique Poclain et un camion. La terre est transportée sur le bord du chemin d’accès au port pour l’agrandir, et faire un parking surélevé au Sud du restaurant. Ainsi le tiers du port sera creusé hors saison par l’employé permanent. Au printemps 1972, l’entreprise Brault creusera un passage du Canal du Midi à la partie du port déjà aménagée. En mai 1972, le Tour de France Nautique partis de Chalons sur Marne fait escale à Port Cassafières à peine baptisé du nom de jeune fille de sa mère. C’était Edmond James, secrétaire général des comités directeurs des groupes plaisance, croisière, et motonautisme au Touring Club de France qui avait mûri ce projet. Il se faisait appeler le Commodore ! Des constructeurs comme la SICOPAL filiale des Charbonnages de France amène ses coches d’eau, Jo Inskip de la Burgundy line amène ses deux bateaux Le Saint Bris et l’Irancy, ainsi que la société Pierre de Meulan. Une fois cette manifestation terminée, la plupart des house-boats seront intégrés dans la flotte de Port Cassafières. Comme il faut aller très vite pour les recevoir, c’est l’entreprise Brault qui viendra terminer ce chantier.

 Jonction des deux bassins  La darse en 1971  Jonction des deux bassins
                                     Mise à sec peu conventionnelle                                                      Darse

En 1973, un groupe d’investisseurs anglais veut reprendre le port, la Summerway cruisers et la Med cruisers proposent d’amener 50 bateaux. Il s’agissait de ce qu’on appelle aujourd’hui un fond de pension. Les bateaux viennent d’Angleterre et sont fabriqués par un français le baron de Tourtelon, personnage atypique, d’ailleurs les modèles de bateaux sont des « Barons ». Le chef de base est M. Cairns. Le directeur est un nommé Garry Lowe et son associé P.S Horner. L’affaire va tourner court, M. Lowe se retrouvera en prison outre Manche et une vente aux enchères aura lieu le 20 juin 1974. Des anglais avaient également construit un restaurant, qui a brûlé et a été reconstruit en dur. La Compagnie de Navigation de plaisance reprend la main, il faut se développer, construire des infrastructures, faire face à la concurrence, et cette entreprise familiale ne peut y prétendre. C’est la Beaver Fleet basée à Agen qui va venir s’implanter et poursuivre le développement de ce port. Ainsi se tournait une page de cette saga familiale où Mme Sicard était la gérante, Gilles l’homme de toutes les situations, François et Catherine venaient lors des vacances scolaires à la réception ou piloter le bateau de promenade. Aujourd’hui c’est l’entreprise Le Boat qui gère ce port.

Bernard Bals

L’église Saint Pierre témoin de l’histoire de Poussan

Si vous avez l’occasion d’aller à la découverte de l’église Saint-Pierre, apôtre, de Poussan, profitez-en car c’est une vaste église qui occupe une place particulière parmi celles du Bassin de Thau.

P1330807Car Poussan, village languedocien, est situé sur le tracé de la Via Domitia entre garrigue et étang. Le territoire poussannais présente une occupation continue depuis l’antiquité, riche de plusieurs villas gallo romaines. C’est à partir du Xe siècle que nous avons mention de l’existence d’une église Saint Pierre de Poussan et d’une tour, ancêtre du château.

Ces deux éléments du pouvoir, attirent alors l’habitat, et le village voit le jour, autour ce binôme. L’église et le château, éléments fondateurs du village, forment le noyau central du premier habitat et s’entoure d’une première enceinte.

Avec la croissance démographique, au XIVe siècle, une seconde enceinte est construite afin d’englober les nouveaux quartiers. Au Moyen Age, Poussan connaît la prospérité malgré les épidémies, les guerres et les crises économiques que connaît le Languedoc. L’époque contemporaine voit l’agglomération sortir de ses murs et les habitations s’installer le long des voies d’accès plus larges autour des remparts.P1520424

Sa construction et son évolution ont été en rapport avec le développement de Poussan. 2 églises de Poussan (Saint Vincent, Saint Pierre) qui la précédaient, à l’église actuelle de nombreux événements ont rendu cet édifice un joyau pour la commune et le bassin de Thau. De 1350 à son agrandissement en 1496, de la révolution à l’arrivée de l’abbé Gept en 1827 elle est devenue une église simple à l’extérieur et « conquérante » à l’intérieur. Reconstruit au XIXème siècle, cet édifice, par ses dimensions et ses ornements, est un témoignage de l’histoire de Poussan, de l’attachement des habitants de cette localité à la pratique religieuse. La plupart des grands événements, même civils et politiques, du Moyen-Age jusqu’à la Révolution, y étaient organisés.

 Avec des voûtes magnifiques, un chœur à la hauteur de ses ambitions et une chaire à prêcher de haute facture, la Bourgeoisie Poussannaise avait tenu à matérialiser sa puissance. Il en est de même pour les nombreux objets liturgiques qui y sont encore présents. En effet, l’église de Poussan est très riche. Elle recèle en effet de très nombreux trésors : des tableaux de grande qualité exécutés par des grands maîtres, des croix de procession, des reliquaires, et de beaux autels de marbre.

Chacune des chapelles de celle de Saint Roch à celle de Sainte Philomène a sa personnalité. L’église, est un grand témoin du passé de la commune.

Le Site archéologique de Marinesque de Loupian valorisé

fouiilDSC_0024 (16)François Commeinhes, Président de la Communauté d’agglomération du bassin de Thau, et Alain Vidal, Maire de Loupian et Vice-président de l'agglo délégué à la politique culturelle de valorisation du patrimoine dans les musées et équipements communautaires, se sont rendus ce lundi 31 juillet, à 17 h 30, sur le site archéologique de Marinesque de Loupian, sur lequel le Service Archéologique de la CABT participe à des fouilles.

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Le site archéologique de Marinesque a été découvert à la fin des années 1980 lors de campagne de prospections pédestres réalisées à proximité du tracé supposé de la voie Domitienne.

C’est la reprise d’une activité minière sur des filons de bauxite dans ce secteur qui a justifié la réalisation d’une intervention archéologique en 2004. Cette opération a été conduite par le Service Régional de l’Archéologie avec la collaboration scientifique du Service archéologie et patrimoine de la CCNBT/CABT. Cependant à la fin de la campagne de 2005, la fouille est interrompue pour des raisons de sécurité.

Suite à l’acquisition des terrains par la mairie de Loupian les fouilles reprennent en 2014 sous la direction de Iouri Bermond (SRA) toujours en partenariat scientifique avec le Service archéologie et patrimoine de la CCNBT/CABT et avec le soutien logistique de l’association Archeofactory.

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La fouille concerne une petite implantation tardo-républicaine installée en bordure de la voie Domitienne. Sur ce site l'on peut découvrir un relais routier datant du 1er siècle avant J.-C. installé au bord de la voie publique romaine de l’époque, la voie domitienne, qui reliait l’Italie et l’Espagne, entre Montpellier et Saint Thibéry. Un relais routier, sûrement privé, qui permettait de servir les voyageurs empruntant cette voie, comme le font aujourd’hui nos relais d’aires d’autoroutes.

Les bâtiments situés sur les deux rives de ce cours d’eau appartiennent à un établissement en activité durant le Ier siècle avant J.-C. Il s’agit d’un relai routier, crée sans doute à l’initiative des populations indigènes, qui témoigne de plusieurs phases de réaménagements. Il sera cependant rapidement abandonné (au début du Haut-Empire) en raison notamment des crues répétées du Marinesque.

Sur ce même site, les fouilles ont pu révéler l’évolution, sur 1,5 siècle, de la construction et la reconstruction d’un ponceau (petit pont) permettant le franchissement d’un petit cours d’eau, pour rejoindre les bâtiments du relais, situés sur les deux rives. (Le pont de franchissement du ruisseau du Marinesque) : La fouille a mis en évidence, différentes phases de mises en œuvre du ponceau par les ingénieurs antiques suite à des phénomènes de colmatage du cours d’eau.Ces programmes de fouilles se déroulent pendant l’été avec des étudiants, des bénévoles, des personnes en stage professionnel ainsi que des agents du service Archéologique de la CABT.

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  Sur ce site ont été trouvés des Objets du quotidien romain: La vaisselle et les amphores du hameau de Marinesque, traduisent l’ouverture des populations rurales aux produits et au mode de vie du monde romain au Ier siècle avant notre ère. les Stylets et Les monnaies traduisent pour leur part la très grande diversité d’approvisionnement des sites ruraux, amplifiée dans le cas du hameau lié de façon étroite à la voie Domitienne.

Les émissions romaines sont évidemment bien présentes avec leurs divisions d’argent et de bronze. Les monnaies de Marseille occupent une place de choix, la proximité du comptoir d’Agathe (Agde) induisant une diffusion soutenue des oboles d’argent mais surtout des petites frappes de bronze. Parmi les monnaies de Gaule du Sud, on trouvera des émissions de Baeterrae (Béziers) mais aussi des Volques arécomiques (Nîmes).

phare de Sète

 

 

En quelques chiffres :

  • 2297 pierres
  • 310m3 de pierre de taille
  • 116 marches
  • 25,78m de hauteur
  • 6,50m de diamètre à la base 4,55m au sommet.
  • 3m de diamètre intérieur.

 

 

 

   

Phare Saint-Louis - Sète

"Son oeil mobile mêle aux éclairs de périls l'eau riante
et la danse infidèle des vagues
." - Paul Valéry

C’est au bout du môle Saint Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville,  que trône le premier phare, aujourd’hui silhouette emblématique de Sète.
La première pierre du premier phare de Sète fut posée en grande pompe par Charles de Tubeuf, intendant du Languedoc le 29 juillet 1966. Ce premier ouvrage ne fut cependant achevé qu'en 1682.
Reconstruit en 1720 puis en 1861, il fut démoli en 1944 par des mines allemandes. Il sera reconstruit à l’identique, et livré en mars 1948. Aujourd’hui, après un lifting réussi et  quelques menus travaux (peinture, remplacement de vitres), il continue de signaler par sa lumière rouge  l'entrée du chenal mais peut désormais accueillir du public. Un incroyable belvédère à 360 ° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville.

 


première ouverture du phare au public le 29 juillet 2016,
350 ans après la pose de la première pierre du premier phare de Sète

 visites :
Du 29 juillet au 11 septembre - 7 jours/7 jours de 10h à 13h et de 16h à 19h.
Du 12 au 30 septembre : Fermé le jeudi et le vendredi - Lundi, mardi, mercredi, samedi et dimanche  de 10h à 13h et de 14h30 à 17h30
Octobre :  Samedi et dimanche de 14h à 17h30.
Vacances de la Toussaint : 7jours/7jours de 14h à 17h30

source photos : Gaëlle Guénal, Florence Monferran, ville de Sète

Le théâtre Molière, côté scène et côté coulisses

Dans le prolongement des Journées du patrimoine, qui ont connu un succès d'affluence au Théâtre Molière, l'Office de Tourisme de Sète organise, durant la saison théâtrale, une visite guidée des lieux. Inauguré en 1904, ce théâtre municipal à l'italienne, sur le modèle vénitien, offre aux Sétois le luxe feutré d'une salle de 1 000 places. Devenu Scène Nationale en 1994, il est depuis investi de missions de diffusion et de production de spectacles pluridisciplinaires accessibles à tous, sous la direction d'Yvon Tranchant.
Invitation au voyage dans le temps et dans sa vie propre, le Théâtre Molière se laisse approcher par sa façade massive en pierre de Beaucaire, sculptée à la gloire de la Tragédie et de la Comédie. Dans les pas de Danielle ou Lisa, les guides-conférencières, le parcours réserve des accès exclusifs, permis par la rénovation complète des lieux entre 2011 et 2013. Murs, sols mosaïqués, décors, fauteuils, escalier de marbre à double portée, coupole, rien n'a été délaissé dans ce vaste chantier. La brillance des ors, des peintures et du lustre de cristal d'Henri Beau s'offrent désormais aux yeux des visiteurs. Dans la salle de spectacles, des galeries sur trois niveaux, avec leurs baignoires, au parterre en pente douce, où les deux poteaux ont été supprimés, chacun doit pourvoir voir la scène, rénovée elle aussi. Tous les espaces sont utilisés, et le confort du spectateur et des artistes privilégié. 
La magie du lieu opère quand il laisse se dévoiler l'envers du décor, les lieux privés, les codes du théâtre, ses moteurs: l'ancien caveau transformé en salle de conférence, les coulisses et les mécanismes de décors sur cintres, l'intimité des loges d'artistes, des salles d'échauffement ou de répétition, les superstitions qui survivent ... plus rien n'a de secrets pour les visiteurs. Empruntant le petit escalier qui mène du poulailler au Paradis, ou à la récente Porte de l'Enfer, ils accèdent à la charpente et ses structures métalliques, puis ils s'attardent sur la scène au rideau rouge, cadeau de ... Georges Brassens. En redescendant l'escalier de marbre, un dernier arrêt devant la Boîte à sels évoque passé et présent reliés. La billetterie, qui servait à faire asseoir les dames prises de malaise et ranimées par des sels, fait un bon dans l'avenir: dotée d'un oculus Rift, procédé de visite en 3 D, elle guide l'utilisateur, par la voix d'André Dussolier dans "Une journée au théâtre".
Patrimoine vivant au passé redoré, paré des derniers outils technologiques, le théâtre Molière livre ses ressorts, ses histoires, ses respirations, pour le plus grand plaisir de visiteurs privilégiés.

Florence Monferran

Chiffres-clés:
8 ans de construction, entre 1896 et 1904
28 m de longueur
1041 spectateurs à la première représentation, avec l'opéra La favorite de Donizetti
882 places aujourd'hui
11 m d'ouverture, 7 m de hauteur, 18 m de profondeur: la nouvelle scène
880 kg: poids du lustre 
91 ampoules
17 millions d'euros: budget de la rénovation, financée par Thau Agglo, l'Etat, la région Languedoc-Roussillon et le Département de l'Hérault
Novembre 2013: réouverture du théâtre après deux ans de fermeture

 cliquez sur une image pour l'agrandir

 

Visites guidées de l'Office de Tourisme de Sète:

Durée: 1h30 environ
Les samedi 21 novembre, 22 décembre, 23 janvier 2016, 13 et 27 février, 16 et 23 avril, 14 mai, 11 juin
Tarif: 6 € / adulte, gratuit jusqu'à 12 ans
Réservation obligatoire auprès de l'O.T. - 60, Grand'rue Mario Roustan 34 200 Sète
Tél 33 (0)4 99 04 71 71  Mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. -www.tourisme-sete.com

Visite virtuelle en 3 D "Une journée au théâtre": Accueil Hall du Théâtre Molière  du mardi au samedi, de 13h à 18h
Avenue Victor Hugo 34 200 Sète - Tél: 33(0)4 67 74 66 97  - www.scenenationale-sete-bassindethau.com

 

La Vierge de St Felix

Dans une niche de l’abbaye St Felix de Montceau, sauvée et restaurée par Luc Routier et son équipe, on peut voir une belle statue de la Vierge en bois ? Elle est due à Gérard Réthoré, ancien opticien, et habile sculpteur. Elle pare magnifiquement l’interieur de l’église bien abritée dans sa niche car, malgré les promesse depuis 40 ans, le toit de l’abbaye n’est toujours pas refait.

Gérard Réthoré, concepteur de la statue ,nous la présente :
« Le siège sur lequel est assise la Vierge est une chayère, dont le très haut dossier était censé protéger l’utilisateur des courants d’air et des agressions dans les châteaux de l’époque. Elle est en noyer massif.
Si la coquille Saint-Jacques fait volontairement une auréole à la Vierge, en nous rappelant que ce site était sur le chemin de Compostelle au Moyen Age, on peut aussi voir un clin d’œil à l’étang de Thau.
De chaque côté de la Vierge, vous trouvez en accoudoir deux personnages. A sa droite, Saint-Pierre représentant l’Eglise, et à sa gauche Saint-Jean, disciple préféré de la Vierge, représenté âgé, car il serait mort très vieux !
Sur le côté, sont sculptés les symboles attribués à ces apôtres, mais le coq de Saint-Pierre peut aussi être le coq républicain pour celui qui le souhaite !
Pour les personnages principaux, j’ai avant tout voulu représenter une Vierge à l’enfant, mais c’est évidemment aussi une maternité.
Saint-Joseph étant issu de la tribu de David, on peut imaginer qu’il ait offert le bijou dont j’ai paré le cou de la Vierge, mais c’est aussi un appel de l’ancien testament.
Sans vouloir jouer au Da Vinci Code, vous pourrez également interpréter le nombre de grappes de raisins, de feuilles ; d’olives ou d’épis de blé…
De même, le dos de la chayère est décoré par un bouquet composé par des fleurs ayant toutes une relation symbolique avec la Vierge. »

Sainte-Léocadie, vaisseau-forteresse



 

Les 32e Journées européennes du Patrimoine ont été l'occasion de mettre en lumière un joyau de l'architecture romane: l'église Sainte-Léocadie de Vic-la-Gardiole.

C'est au Moyen-Age que se fixe la physionomie du village: son implantation en hauteur, la forme de l'habitat regroupé autour de l'église et du château, son extension contenue à l'intérieur d'enceintes collectives, fortifiées plus tard. Au sortir des luttes pour le pouvoir, aux IXe et Xe siècles, l'incastellamento contient les habitants sous la domination du seigneur le plus puissant, ici l'Evêque de Maguelone, prévôt du chapitre cathédral. Preuve de cette puissance: le château a disparu, Sainte-Léocadie est toujours là! Construite sur une butte à 12 mètres au-dessus du niveau de la mer, l'église telle que nous la connaissons date du XIIe siècle. Un édifice plus ancien, dès le VIIIe siècle, a été repéré par les archéologues. Fin XIe siècle, la paroisse est rattachée au chapitre de Maguelone, qui subvient à ses besoins, et l'église remaniée.

Un art roman peu commun

La singularité du nom sonne à l'oreille: Léocadie évoque une chrétienne de Tolède martyrisée après avoir appris le supplice d'Eulalie à Mérida. Les deux saintes sont importées par des réfugiés chrétiens fuyant l'invasion sarrasine de l'Espagne wisigothe. Eulalie devient patronne de Mireval, et Léocadie de Vic.
L'originalité du bâti frappe l'oeil. Jaillie d'un seul trait de la pierre prélevée directement sur la butte, le monument est construit sans fondations, en calcaire coquillier (mélange de pierre et de coquillages datant de l'invasion marine quaternaire). Nous sommes surtout en présence d'une église fortifiée, faisant partie d'un ensemble de 22 églises implantées le long du littoral pour sa défense contre les Sarrasins - Louis VII y fait allusion - mais aussi pour affirmer aux autres féodaux sa propre puissance. Ces édifices s'inspirent de ceux que les Croisés viennent de découvrir en Orient. Subsistent aujourd'hui de ce dispositif quatre églises fortifiées: Saintes-Maries-de-la-mer, Maguelone, Vic-la-Gardiole et Agde. 

Pour assurer la fonction défensive, le plan de construction est minimaliste: un volume simple, long rectangle imposant, aux murs très épais (plus de deux mètres de large). Vus de l'extérieur, les contreforts massifs reliés par de grands arcs soutenaient des mâchicoulis et portent un chemin de ronde, comme à Agde, ainsi qu'un parapet et es créneaux. Les jeunes du village s'y promenaient encore, à la fin du siècle dernier. A noter: mâchicoulis et créneaux d'origine subsistent sur la façade occidentale et une des façades latérales.

Le caractère défensif de l'ouvrage prend le pas sur les éléments religieux à l'intérieur. Sainte-Léocadie est dépourvue d'abside, de chapelle et de transept, et de réelles ouvertures, plus proches ici de meurtrières. L'église faisait en quelque sorte office de donjon protecteur au château accolé à elle.
Un puits d'eau douce, au centre de la nef (et non à l'entrée comme on le pense souvent) permettait l'approvisionnement en eau, comme à Agde ou aux Saintes-Maries-de-la-mer. Relié au puits extérieur, il confortait l'aspect défensif: population et animaux se réfugiaient là en cas d'attaques. Quant au souterrain qui relierait l'église au château de Maureilhan, les fouilles archéologiques n'en ont pas trouvé trace.

Un modèle de construction romane

Sainte-Léocadie fait figure de modèle d'architecture romane par la maîtrise du matériau en calcaire coquiller: taille parfaite de la pierre, montage des parements, moellons montés en grand appareil, ce qui est peu fréquent dans la région. A l'intérieur, divisé en quatre travées, l'arc et la voûte en plein cintre obéissent aux règles de l'art roman.

Seule la première travée (en entrant) conserve aujourd'hui voûtes et couverture en pierre d'origine. la marque de l'escalier d'accès à la tour est encore incrustée dans le mur de droite. Quelques peintures ornent l'intérieur, et remplacent probablement des peintures murales du Moyen-Age. La sacristie et l'horloge datent du XIXe siècle.

Le classement en monument historique en 1921, puis l'installation d'une zone de protection élargie en 1949, contraignants pour le développement du village, en ont préservé l'authenticité. L'église Sainte-léocadie se dresse encore, telle un vaisseau-forteresse au-dessus des étangs, défi au temps, dont elle subit néanmoins les outrages. De larges fissures, derrières l'autel, alertent sur la nécessité d'une rénovation du site pour veiller à la conservation d'un capital patrimonial inestimable.

Florence Monferran

 


L'église se visite librement tous les jours de 9h à 17h. En Juillet et août: balade dans le centre du village les lundis matin avec l'Office de Tourisme

La Villa Laurens et la restauration du Salon de Musique.

 
Plus d'un siècle après sa construction, le château Laurens retrouve de sa splendeur d'antan.


Grâce au soutien de nombreux acteurs institutionnels (la Région, la DRAC, la CAHM, le Département et bien sûr la ville d'Agde propriétaire de la Villa) le Salon de Musique a pu retrouver tout son lustre.

A la suite d'un appel à concurrence publié le 23 mai 2013, il a été choisi, parmi les candidatures de 35 artistes, un des projets proposé par des artistes contemporains. Contemporains car à l'époque de la construction, Emmanuel Laurens était très engagé dans les courants artistiques des années 1900, disons de style Art Nouveau.

La proposition des artistes Ida Tursic et Wilfried Mille a été retenue.Leur projet, qui s’intitule «Blow Up», comprend 11 panneaux de bois peint et sérigraphié, sur lesquels, en filigrane, motifs floraux et motifs picturaux révèleront ou cacheront des images du XXème siècle ».
Le public qui s'est présenté lors des Journées Européennes du Patrimoine ont admiré leur travail et leur admirable réalisation.

Après cette première étape de la restauration, le reste du château sera lui aussi restauré dans les années à venir et ainsi la ville d'Agde et les agathois pourront se réapproprier ce lieu si étonnant et si chargé de mystère.
Pour en savoir : www.agglo-heraultmediterranee.net/categories/patrimoine

Jean-Marc Roger


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