PATRIMOINE

Quel avenir pour notre canal ?

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L'année 2017 s'est ouverte sur les Assises du canal du Midi convoquées à Carcassonne  comme suite à la création du Comité de Bien du Canal. Il s'agit de définir la politique de la Région pour réhabiliter le canal du Midi.

Pourquoi ce bouillonnement et cette urgence à agir ?

Nous avons fêté en 2016 deux commémorations coïncidant avec l'an I de la région Occitanie. Le 350e anniversaire de l'Édit de création du canal signé par Louis XIV en octobre 1666.  Il a focalisé l'attention du public sur son concepteur et réalisateur Pierre Paul Riquet. Le 20e anniversaire de l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité en décembre 1996. Il nous ramène à la dure réalité. Cette reconnaissance universelle est-elle toujours méritée ?

La situation aujourd'hui.   

Il suffit de se déplacer le long du canal pour se rendre compte de la réalité de son délabrement. Le canal qui s'étale sous nos yeux depuis la disparition des platanes qui en assuraient l'attrait incontestable, souffre d'un demi-siècle de désintérêt et d'abandon. Nous en sommes tous responsables. Un constat et des explications :

  • Privé de toute activité marchande depuis 1960, défiguré par une mise à niveau technique avortée, on a envisagé jusqu'à son déclassement au profit de voies routières.
  • Entretenu a minima par son gestionnaire, il reste ouvert à la circulation des seuls bateaux de plaisance.
  • Faute d'entretien, les bâtiments historiques ont perdu leur caractère et ne sont plus que des fantômes pitoyables.
  • Les eaux sont polluées par les effluents et parfois les déchets déversés librement par les bateaux de plaisance, ses rives sont occupées par des barques abandonnées à demi-immergées.
  • Les ouvrages d'art témoins de son origine ne sont l'objet d'aucune mise en valeur ; aucune information ne les signale aux visiteurs.
  • Manque de respect de la part de certains riverains, utilisateurs et visiteurs.
  • Le chemin de halage envahi d'herbes folles, voie d'accès naturelle à ce musée vivant de plein air, est difficilement praticable.
  • Abandon pur et simple de certains ouvrages patrimoniaux de grand intérêt.

Qu'a-t-on fait depuis 1996 ? Rien, ou si peu. Notre orgueil légitime a fait long feu. Le mépris a perduré. Pire, on prive le chef-d'œuvre de ses attributs historiques en poursuivant la destruction de ce qui est considéré de nos jours comme inutile, sans être toutefois gênant.

On peut comprendre l'amertume et la déception de ceux qui ont œuvré et rendu possible son inscription par l'UNESCO, menacée aujourd'hui de déclassement.

Des projets de modernisation et leurs limites.

La Région va prendre en mains le devenir de cet immense voie d'eau. Il faut redonner au canal à la fois un intérêt économique, un attrait touristique et une reconnaissance forte de la valeur patrimoniale de ce chef-d'œuvre du Grand Siècle.

Les Assises et les Ateliers vont tenter de fixer les objectifs et les moyens. Les collectivités territoriales « mouillées » vont se pencher sur ce grand corps malade. Pourra-t-on obtenir un consensus quant au travail à faire d'urgence sur l'emprise actuelle du chantier ?

Et l'on voit poindre le projet d'une « vélo-route », sorte de voie rapide pour cyclo-touristes pressés. Tel qu'il est présenté, ce projet surdimensionné va engendrer des atteintes irréversibles au monument classé. Son coût sera disproportionné par rapport aux retombées économiques attendues. Des solutions plus sages, plus adaptées au site et à l'attente des visiteurs curieux doivent être étudiées.

Il est heureux que la Région prenne conscience de l'importance de l'enjeu. L'ouvrage majeur de notre patrimoine historique régional a un besoin urgent d'être réhabilité, redynamisé, modernisé (avec mesure), rendu accessible et compréhensible par tous.

Il faut lui offrir un nouvel avenir en respectant son passé.

Jean-Michel Sicard

La CABT participe au chantier de Murviel-les-Montpellier


François Commeinhes, Président de la CABT et Alain Vidal, vice-président délégué à la politique culturelle de valorisation du patrimoine ont visité le mercredi 5 avril, le chantier de fouille préventive réalisé conjointement par l’Institut National de recherches en archéologie préventive (INRAP) et le Service Archéologique de la Communauté d’agglomération du bassin de Thau, à Murviel-les-Montpellier.

C’est en effet à l’occasion de l’aménagement d’un lotissement, qu’une équipe de l’INRAP a mis au jour les vestiges d’un sanctuaire gallo-romain sur la commune. Situé sur un versant faisant face à la ville antique, ce sanctuaire est composé de bâtiments établis autour d’une vaste place dont trois côtés ont été dégagés. Son implantation sur un terre-plein devait lui offrir une position privilégiée, voire ostentatoire.

Cette découverte majeure s’ajoute aux nombreuses autres déjà réalisées sur l’agglomération antique du Castellas qui a vu le jour au début du IIe siècle avant notre ère.

Cette visite a également été l’occasion de mettre en valeur et de mieux percevoir les missions du service « Archéologie préventives » de la Communauté d’agglomération du bassin de Thau.

En tant qu’opérateur agréé, ce service de la CABT peut être missionné pour réaliser des fouilles préventives sur tout le territoire national. C’est un opérateur économique à part entière qui peut répondre à des appels d’offres publics ou privés.

Selon les chantiers, l’équipe composée de 4 archéologues spécialistes du Néolithique, de l’Age du Bronze, du 2e Âge du fer, de l’Antiquité et du Moyen‐âge peut faire appel à d’autres archéologues et scientifiques spécialisés, afin de réaliser les études les plus exhaustives possibles et d’agir vite. Le service participe également aux fouilles et études scientifiques menées sur des secteurs non menacés par des travaux d’aménagement. Enfin, les quatre archéologues surveillent aussi les petits travaux de voirie, ce qui permet parfois d’observer des vestiges sans pour autant arrêter les travaux.

C’est le choix d’une archéologie de proximité, réalisée par des archéologues experts sur un territoire précis.

Notre étang vu par Claude Cruells.

Claude Cruells, photographe professionnel, possède plus d’une corde à son arc. Thau Info, depuis quelque temps, s’est intéressé à ses nombreuses activités notamment à ses présentoirs Carttoon lumineux en carton recyclé du côté des Caveaux de Beauvignac. L’artiste, en « ébullition » permanente, est également un ardent défenseur du patrimoine local en particulier et, en cette fin d’année, il propose, en compagnie de Laurence Crinquant, le calendrier 2017 « Thau vu de hauT ». Jusque là rien d’extraordinaire direz-vous, sauf qu’avec Claude, un produit qui semble fini n’est en réalité qu’un étape d’un projet bien plus vaste aux prolongements jamais innocents. Thau Info a voulu en savoir davantage. L’interview s’imposait, et tout naturellement, la rencontre s’est déroulée au bord de l’étang, à Marseillan, au Belem, autour d’un bon café.

Thau Info : « Claude, pourquoi ce magnifique calendrier ? »

Claude Cruells : 

« Reprenons la genèse de ce projet : lors d’une rencontre avec Christophe Morgo, maire de Villeveyrac, ce dernier me soumet l’idée-calendrier… J’accepte en liant à cette réalisation un projet communication… il faut donc bâtir quelque chose de beau, quelque chose de grand… pour cela il est nécessaire de trouver des financements. Christophe propose une visite à Florent Tarbouriech célèbre conchyliculteur. Ce dernier accepte le partenariat sachant que mes images seront réalisées en hélicoptère et sur des lieux intimes de l’étang. Ainsi l’aventure a commencé… Avec l’association Carttoon l’objectif est le financement de notre future action éco-citoyenne, suite de celle réalisée en Indonésie en mars 2016.»

Thau Info : « Comment l’as–tu imaginé ? »

Claude Cruells :

« Avec mon ami Régis de la société Hélisud, partenaire également sur le projet, j’ai photographié l’étang à chaque saison (2h de vol en moyenne pour chacune) afin de trouver les différents aspects de la lagune qui en font son originalité exceptionnelle. Claudia Azaïs femme pêcheur, Laurent Birba de l’association des chasseurs de gibiers d’eau… ont collaboré à la mise en scène de certaines prises de vue afin d’obtenir les douze images mensuelles nécessaires en respectant le rythme des saisons… Laurence Crinquant a agrémenté chaque photo par un haïku, poème court mais intense. »

 Thau Info : « À qui s’adresse t–il ? »

Claude Cruells :

« Ce calendrier est destiné en premier lieu à tous les amoureux et professionnels de l’étang, à tous les gens passionnés par le microcosme qu’est l’Étang de Thau. Ces gens–là sont intéressés : on le voit aujourd’hui avec le retour que l’on a sur les ventes et les précommandes. Thau Info et le bouche à oreille ont bien fonctionné. L’aspect pédagogique est également un axe que je souhaite développer vu l’intérêt dont ont fait part plusieurs enseignants des villages environnants. Tout cela suscite un engouement qui va bien au-delà de la vente du produit. L’idée aussi se développe du côté des entreprises qui désirent l’offrir en cadeau à l’occasion des fêtes de fin d’année… Certaines collectivités nous ont fait confiance dès le début du projet en nous soutenant avec des commandes anticipées. »

Thau Info : « Je suppose que vous envisagez un prolongement à cette opération… »

Claude Cruells :

       « Effectivement, avec Carttoon que je dirige, nous avons déposé la marque Thau vu de hauT. L’idée est de ne pas s’arrêter là… D’autres produits dérivés (affiches, calendriers à venir…) sont déjà à l’étude. Thau vu de hauT ne signifie pas uniquement Thau vu d’en haut… des produits à thème sont envisagés. Étant photographe et habitué à une démarche anticipative, je peux vous confier que le calendrier 2018 est déjà « dans les tiroirs ». Nous sommes dans un projet pérenne… Avec l’aide des professionnels de l’environnement tout est possible : conférences, diaporamas… Par ce biais, nous aiderons à protéger encore plus un écosystème fragile. C’est une démarche volontaire. Acheter ce calendrier aujourd’hui est un geste éco-citoyen… »

 Pour appuyer ce discours convaincant, nous rajouterons le maître mot de Florent Tarbouriech placé en couverture de ce calendrier unique dans sa totale conception :

 « La Lagune de Thau est mon berceau, celui de ma famille.

Nous y vivons et nous en vivons.

Chaque jour, je m’émerveille de ses beautés changeantes.

Mais ce milieu est aussi fragile qu’envoûtant.

Parfois menacé par les activités humaines, je suis heureux de contribuer

à en préserver l’harmonie et la biodiversité sans tourner le dos

à l’innovation ni à la performance économique.

C’est pourquoi, j’ai à cœur de soutenir la démarche de Claude Cruells.

Son projet est fort, esthétiquement et humainement : faire comprendre

la magie d’un site, c’est un grand pas vers sa sauvegarde. »

 

 Marie, du Belem, à Marseillan, s’est fortement intéressée. Photo Laurence Crinquant.

 

Succès des Journées du patrimoine 2016

Les Journées du patrimoine réveillent chaque année le goût des Français pour leur histoire, les vieilles pierres et les portes qui s’ouvrent un instant sur des lieux inaccessibles. Il n’est qu’à voir le succès des visites organisées tout autour de Montpellier, de l’Ecusson, à l’Aqueduc ou à la Place royale du Peyrou, du Théâtre Molière à Sète au Château de la Garenne à Poussan, pour mesurer cet engouement.
Visite de prestigieux domaines ou maisons viticoles, du Château de l’Engarran (Lavérune) à Noilly Prat (Marseillan), évocation de vendanges anciennes, expositions, parcours commentés, la culture du vin s’est invitée sous de multiples formes à ces Journées, témoignant du poids historique et économique de la viticulture dans notre région, mais aussi de l’attachement affectif des languedociens à leur histoire collective. Ils y renouent pour une part avec leur histoire personnelle, souvent enracinée dans le passé viticole de leurs villages, au gré de noms évocateurs rappelés, de visages disparus ressurgis. La magie des Journées du patrimoine opère quand elle coïncide avec les vendanges actuelles, emplissant les visites d’odeurs de raisin fraîchement cueilli, de moût en fermentation qui s’échappent des caves entr’ouvertes. 
Alors, un instant, se mêlent temps présent et temps retrouvé.

Florence Monferran

 

Nouveaux éclairages archéologiques sur le vin


La plus vieille taverne de Gaule? Salle à manger avec banquettes adossées au murs ©Fouilles de Lattes – CNRS 

Les découvertes archéologiques récentes à Lattes et au large des Aresquiers à Frontignan lèvent un voile sur de nouveaux pans de la culture du vin dans notre région.
Le site de Lattara, au sud de Montpellier, n’en finit pas de livrer des secrets enfouis depuis deux millénaires, et de renouveler notre connaissance du vin antique. Après avoir délivré, en 2013, le plus ancien témoignage d’une viticulture indigène en dehors d’une colonie phocéenne, datée du IIIe siècle avant notre ère, la ville portuaire fait l’objet, intra muros, d’une nouvelle découverte d’importance.  Un établissement daté entre 125 et 75 av. J.-C. est décrit par Gael Piquès (CNRS,ASM) et Benjamin Luley (Gettysburg College, USA). Taverne ou auberge, il s’agit pour l’heure du plus ancien établissement public de ce type attesté en Gaule. A  un carrefour de rues, deux corps de bâtiments, dont l’un abrite une cuisine avec trois fours et des supports de meules, surgissent de terre. Les archéologues pensent avoir trouvé une boulangerie. Mais très vite, deux salles contiguës, dont la mieux conservée disposait de banquettes en terre, agencées en fer à cheval autour d’un foyer, sont dégagées. La céramique trouvée (vases à boire, plats, quelques amphores et pièces de monnaie marseillaise), mais aussi une fosse emplie de déchets alimentaires et de restes de viande, en "quantités trop importantes pour correspondre à une consommation privée", pour Gaël Piquès, laissent penser à un établissement dédié, entre autres à la restauration.
Voilà qui donne un nouvel éclairage sur les Gaulois, initiés au goût du vin par les phocéens et les étrusques, dont nous connaissions depuis les textes antiques de Justin ou Diodore de Sicile « un fort penchant pour cette boisson nouvelle ». Eux-mêmes devenus viticulteurs avant l’arrivée des romains, les voici, ralliés aux mœurs latines et installés dans une tabernae.  L’établissement date en effet de la construction de la province Narbonnaise,  dans laquelle le port de Lattara développe des échanges commerciaux avec Rome, la Grèce et l’Espagne voisine. Importé du modèle romain, la taverne révèle le rôle « civilisateur » du vin dans la conquête de l’actuel sud de la France. Les fouilles opérées sur le site depuis cinquante ans, devenues internationales,  font de Lattara, ce lieu magique, un site patrimonial majeur.


relevé sous-marin, DRASSM  © Christine Durand

Nous sommes moins familiers des fouilles archéologiques sous-marines, qui se déroulent pourtant à quelques encablures de notre littoral. Au large des Aresquiers, la DRASSM a confié à la Section de recherches archéologiques de Frontignan la fouille d’épaves du passé post-industriel. Le sondage dans l’été 2015 d’une nouvelle pièce a donné lieu à « une magnifique fouille » selon archéologue maritime Laurence Serra. Venue présenter à Frontignan l’état des recherches auprès des Amis du Musée, elle expose l’hypothèse à vérifier du naufrage en 1856 d’un navire chargé de soufre en provenance de Sicile, le Saint-Stanislas. Les prises de mesures, coupes et dessins effectués sous l’eau, se font en permanence en binôme, dans des conditions de plongée difficiles, le sable aspiré retombant sans cesse. L’épave, de 22 mètres de long, gît à environ deux cents mètres du bord. Bien protégée, car entourée d’un limon gris très compact, le navire a conservé ses courbures. Dans ses cales, une cargaison légère de soufre, bois et douelles de tonneaux, était lestée de briques. Une fois les plongeurs remontés, commence le travail post-fouilles : analyse des bois, de la structure du navire, du soufre qu’il contient, recoupements avec les cartes et documents d’époque. De multiples disciplines se croisent, « l’archéologie, c’est une communion de compétences » commente la chercheuse. Après analyses, la preuve formelle qu’il s’agit du Saint-Stanislas, et que le soufre provenait de Sicile, n’est pas établie. Un prochain sondage dans l’été viendra affiner les données.
L’épave fait ressurgir le passé viticole local, à une époque où l’oïdium, champignon microscopique, ravageait le vignoble français. Un passé intimement lié, à Frontignan, au soufre. Plusieurs lettres d’un regroupement de viticulteurs écrivant, entre 1854 et 1858, au Ministre de l’Agriculture, déposées aux Archives de l’Hérault, font écho au difficile cheminement d’une idée, émise par Henri Marès, ingénieur et viticulteur lui-même, traiter l’oïdium au soufre. Ses efforts pour convaincre les grandes régions viticoles des bienfaits de la méthode, lui vaudront, une fois son efficacité établie, la reconnaissance de tous. Dès lors, s’ouvre un intense  commerce maritime. Déposé en vrac sur le port de Sète, le soufre, provenant des volcans d’Italie, est concassé à même le quai, puis acheté par les vignerons locaux. La construction de deux usines fin XIXe siècle à Frontignan et à La Peyrade organise et encadre ce commerce lucratif, dont l’épave échouée aux Aresquiers nous  rappelle les risques.

La vigne, omniprésente dans nos paysages, le vin, omniprésent dans notre économie se ressourcent,  au gré des découvertes archéologiques et historiques, à leurs racines et leur culture passées, qui en rappellent à la fois l’ancienneté et la vitalité.

Florence Monferran


Restes de trois fours ©Fouilles de Lattes – CNRS

Prima ora : une expérience patrimoniale

photomontage : Lucie Hourdequin / photo : Alain Reynaud

Les Clos de Miège présentent Prima Ora, leur nouvelle cuvée

Florence Monferran, historienne et vigneronne, mène entre Sète et Montpellier une expérience patrimoniale sur les terroirs d’exception en muscat à petits grains. Après l’Originel de vin naturellement doux, élaboré sans mutage à l’alcool et en production naturelle, elle propose une nouvelle cuvée, Prima Ora, « le commencement de » en latin. Le vin, en grande partie issu de raisins passerillés (séchés sur pied) de sa première vendange, en 2013, a été vinifié et élevé trente mois en fûts. Il participe au travail d’histoire expérimentale de mise en pratique de connaissances livresques, des agronomes romains à nos jours, de savoir-faire décrits dans les archives, à l’exemple du passerillage, de redécouverte de saveurs anciennes grâce à la culture biologique. A la recherche du goût perdu, Prima Ora croise la surmaturation des raisins évoquée par les romains, les pratiques d’excellence depuis le haut Moyen-Age, pour une remise en culture, dans tous les sens du terme, de vignobles oubliés. La cuvée à la robe d’or se pare en nez et en bouche de notes épicées, évoluées, de beurré, miel, caramel et fruit confit. Elle sera millésimée en fonction des conditions annuelles de récolte, en bouteilles numérotées.

Retrouvez les conseils de dégustation et accords culinaires sur le site des clos de Miege et suivez ce lien pour en savoir un peu plus sur l’histoire de ces vignobles

Contact :
Florence Monferran, Les Clos de Miège, 44 rue des Jardins - 34 110 Vic-la-Gardiole
(06 25 55 16 96 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Le Canal du Midi, chef-d'œuvre en péril ?

2016, Sète commémore dans la fête le 350e anniversaire de la création de son port;
2016, c'est aussi le 350e anniversaire de l'Edit ordonnant la construction du canal de communication des mers en Languedoc, rebaptisé canal du Midi; 2016, c'est l'An Ier de la nouvelle région qui aura à réhabiliter, à dynamiser et à promouvoir l'immense chef-d'oeuvre de Pierre Paul Riquet, inscrit au Patrimoine mondial de l'Humanité par l'Unesco il y a juste 20 ans.

Une couverture végétale sensible aux maladies et au vieillissement.

Depuis une demi-douzaine d'années, le canal du Midi fait l'objet d'un intérêt inhabituel pour cette voie d'eau historique. La raison ? Une sale bestiole infeste ses platanes qui, inexorablement, meurent et doivent être abattus.
La presse se fait abondamment l'écho de l'émoi ressenti à la vue du canal dépouillé de ses hautes frondaisons qui lui attiraient une vénération quasi universelle. La consternation s'est exprimée à tous les niveaux de l'Etat. Le chancre coloré, véritable malédiction, menace un élément exceptionnel de notre patrimoine national. Faute d'espoir de guérison à brève échéance nous allons assister à la fin des géants du canal.
On ne peut imaginer le canal sans ses platanes. Et pourtant ses francs-bords n'ont pas toujours été arborés. Il fallut attendre 1725, soit 50 ans après sa mise en service, pour voir les premières plantations. Elles se développèrent dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Les essences étaient choisies en fonction de leur spécificité (nature des sols, climat, exposition, rapidité de croissance), et de leur intérêt économique (bois d'œuvre, bois de chauffage, feuilles). Elles présentaient une grande variété. En 1817, le peuplier d'Italie était l'arbre roi du canal, suivi du frêne, du chêne et de l'orme. Mûriers, saules, érables, conifères, oliviers, fruitiers étaient aussi présents. Les premiers platanes apparurent en 1780. Ils furent systématiquement introduits sur quasiment tout le linéaire du canal à partir de 1830. Leur chevelure verte, brune ou grise selon les saisons. constituait le marqueur infaillible du canal serpentant de Toulouse à Agde.

Bief de Puichéric

C'est cette vision que nous aimerions voir perdurer. Aujourd'hui, nous sommes les témoins de leur disparition. Elle nous ramène 300 ans en arrière. Bientôt, comme au tout début de son histoire, le canal ne sera plus qu'un long chemin d'eau, enserré entre deux terriers ou francs-bords massifs dégarnis, peu visible dans le paysage.
Est-ce un drame ? Certainement pas. Une déception sûrement pour ceux qui ne l'imaginent pas sans l'alignement tortueux de quelques dizaines de milliers de sujets figés dans un garde-à-vous  ennuyeux par son uniformité. L'ombre épaisse de ces vieux platanes faisait le bonheur des randonneurs pendant les journées caniculaires de l'été.
Une page est tournée. Que l'on se rassure ! Avec le temps, les nouvelles plantations, réalisées et à venir, redonneront à notre canal la diversité passée, inconnue de nous tous, et une cohérence esthétique inédite offerte aux générations futures.

 

Les séquelles d'un long désintérêt.

 Le joyau de notre patrimoine est-il menacé par la disparition des platanes ? Je ne le pense pas. Ils ne sont que l'écrin qui cache le monument. Le choc visuel de leur abattage détourne notre attention de l'état préoccupant du chef-d'œuvre créé par Pierre Paul Riquet il y a 350 ans. L'intérêt récent pour la disparition des platanes efface le long désintérêt pour le canal lui-même et ses ouvrages.

Comment en est-on arrivé là ? Le chemin de fer puis la route ont privé cette voie d'eau de toute activité commerciale. Les barques lourdement chargées ont été remplacées par les pénichettes de la navigation de plaisance. Depuis lors, l'absence de gouvernance a favorisé la recherche désordonnée d'une mise à niveau pour un sursaut économique au mépris de la protection de l'ouvrage.

Comment a-t-on pu mépriser à ce point ce chef-d'œuvre du XVIIe siècle, immense ouvrage hydraulique, toujours fonctionnel qui est à lui seul un véritable musée vivant de plein air ouvert à la curiosité de tout un chacun, librement, gratuitement. Certes, on peut découvrir ses nombreuses merveilles architecturales ou techniques ; encore faut-il affronter les difficultés du déplacement sur le chemin de halage envahi d'herbes folles et parsemé d'obstacles cachés. Trop peu de panneaux d'information éclairent les curieux sur le rôle ou la place d'un ouvrage dans le grand système de la gestion des eaux.

Le laisser-aller a prévalu. Au fil des ans, le canal est devenu l'égout naturel où se déversent sans contrôle les eaux usées et les déchets de marins d'eau douce et de promeneurs peu soucieux de l'environnement. Le plaisir esthétique est souvent pollué par la présence de vieilles barques pourrissantes, à demi-immergées, abandonnées par des propriétaires inconnus.

Chaussée d'Orbiel

Quelques exemples. La magnifique chaussée d'Orbiel, à Trèbes, sur laquelle les chevaux du halage franchissaient autrefois la rivière, est envahie par une végétation arbustive dont les racines descellent les pierres mises en place au XVIIe siècle (photo 2). Le splendide bâtiment de l'administration dit « hôtel Riquet » à Agde attend depuis longtemps la restauration qui lui est due. On a amputé le canal de ses deux extrémités, aux Ponts Jumeaux à Toulouse, pour permettre le passage de voies de circulation automobile, et tout récemment à Béziers. L'écluse ronde d'Agde a été irrémédiablement défigurée.

Les dégradations empirent chaque année. Elles entraînent l'ouvrage vers une ruine proche. Le dernier platane n'a pas encore disparu, la grande misère du canal nous saute déjà aux yeux.

 

Un enjeu à la hauteur de la Région
2016, deux anniversaires, un avènement.

Cette année particulière devrait être l'occasion d'une prise de conscience collective.

Le canal fête son 350e anniversaire. Le 7 octobre de l'an de grâce 1666, Louis XIV signait à Saint-Germain-en-Laye l'Edit pour la construction d'un Canal de communication des Deux Mers Océane et Méditerranée, pour le bien du Commerce et autres avantages y contenus. Notre région lui doit l'essor de son développement économique. Ne serait-il pas opportun de manifester officiellement notre reconnaissance ? L'édition d'un timbre-poste commémoratif serait un signe positif.

L'ouvrage de Riquet, tel un tableau de maître amoureusement conservé dans un musée, mérite lui aussi protection, promotion, valorisation. Il est un élément, et non des moindres, de notre patrimoine architectural et culturel.

Autre anniversaire. Il y a vingt ans, en décembre 1996, la convention de l'UNESCO inscrivait le canal du Midi sur sa prestigieuse liste du Patrimoine mondial de l'Humanité. Cette promotion a favorisé un engouement pour la voie d'eau mais, inexplicablement, n'a pas fait naître le sursaut d'orgueil qui aurait porté l'ouvrage à l'admiration d'un large public. On aurait aimé voir les institutions concernées prendre à bras le corps la réhabilitation et la promotion du monument classé. Leurs obligations à l'égard de l'ouvrage ont-elles été remplies ? Le résultat s'étale tristement sous nos yeux. Il est encore temps d'éviter le déclassement.

Néanmoins, des associations n'ont pas attendu cette année particulière pour œuvrer modestement mais efficacement à la promotion du canal et à la reconnaissance de son illustre créateur. Je citerai Riquet et son canal dont plusieurs membres ont publié récemment des ouvrages majeurs sur le personnage ; Clairsud Productions qui, à l'initiative de l'association Un film sur Riquet, a réalisé un documentaire de qualité et se lance cette année dans le tournage d'un film de fiction. La Barque de poste 1818 incite les communes riveraines à s'approprier la voie d'eau pour redonner du sens au canal de Riquet.

la fabuleuse histoire de Monsieur Riquet

Ces activités, aussi variées qu'utiles, créent un mouvement d'intérêt et de curiosité mais elles ne peuvent suppléer le rôle des institutions officielles qui ont en charge nos biens patrimoniaux.

2016, c'est l'An I de notre nouvelle grande région. Languedoc, Occitan, sont les liens historiques et linguistiques qui unissent les deux composantes de l'ancienne province qui s'étendait de Toulouse jusqu'au Rhône. Le canal de la jonction des mers en Languedoc, rebaptisé canal du Midi, en est le lien physique, avec son prolongement jusqu'à Beaucaire.

Gageons que nos nouveaux élus ne manqueront pas de manifester efficacement leur intérêt pour ce patrimoine exceptionnel, œuvre d'un enfant du pays. L'effort attendu portera sur les volets technique, historique et culturel de la voie d'eau pour redonner au chef-d'œuvre la respectabilité historique et l'attractivité qu'il a perdues.

Pour réussir ce pari ambitieux, une cellule dédiée est souhaitable. Composée de représentants de toutes les parties concernées (VNF, région, départements, communes mouillées, utilisateurs, associations), elle aura pour tâche de fédérer toutes les bonnes volontés et de conduire une politique globale de gestion, de restauration et de dynamisation sur la totalité du linéaire du canal. Son action sera le prolongement, longtemps attendu, de l'engagement pris par l'équipe qui a établi et défendu le dossier d'inscription à l'Unesco.

 Souhaitons que l'effort de la Région soit soutenu par l'attitude citoyenne respectueuse que l'on attend de tous ceux qui approchent, côtoient, fréquentent ou utilisent le canal.

Colbert voulait que le canal fût beau, solide, et d'une éternelle durée. Montrons-nous les dignes mainteneurs de cette voie historique. L'œuvre monumentale de Riquet mérite de redevenir le grand ouvrage patrimonial visible et envié de notre Languedoc..

J.-M. Sicard

Une initiative pour le patrimoine de notre région ... à New York

Après dix ans de travaux de numérisation, la Bibliothèque publique de New York met en ligne plus de 187.000 images, sur de magnifiques interfaces. Elle offre un accès libre et gratuit à ses collections de gravures, manuscrits, photographies, atlas selon ces principes: "Chacun a la liberté de réutiliser cette documentation de façon presque illimitée. La bibliothèque autorise le téléchargement dans la plus haute résolution, sans aucune autorisation, sans restriction sur l'utilisation". Elle encourage par ailleurs les internautes à les réutiliser de manière créative, par le biais du hastag #nyplremix. La bibliothèque n'hésite pas à montrer l'exemple en proposant un jeu vidéo dans les rues d'un New York reconstitué.
L'ouverture au domaine public de ce fonds patrimonial traite non seulement des Etats-Unis (régions, New York, les migrants,  années trente, partitions de vieilles chansons), mais aussi du monde entier, avec une impressionnante collection de gravures d'oiseaux et d'animaux, une série rare due à la première femme photographe, Anna Atkins, en 1843, aussi bien que des miniatures de la Renaissance ou une vaste collection de cartes anciennes. Parmi ces dernières, figurent une carte du Languedoc du XVIIe siècle, aux représentations encore tâtonnantes, ainsi qu'une carte du Cap et du port de Cette (1672). A noter également, la numérisation de la correspondance privée de Thomas Jefferson qui, avant d'être Président des Etats-Unis, fut Ambassadeur en France (1785-1789). Grand connaisseur et acheteur de vins, il laissa une empreinte mémorable de ses séjours en Languedoc, en particulier à Frontignan d'où il importa les Muscats.
De New York jusqu'à nous, cette initiative ouvre les portes de la connaissance iconographique de lieux de vie proches comme des plus lointains, et creuse la voie d'un savoir sur nos patrimoines partagé par tous via le net.

Florence Monferran


Un canal, des canaux.

Beaucoup apprécient le charme des canaux de Sète. Et maints touristes sont désorientés, en Ile singulière, lorsqu’ils passent d’une « île » à un pont qui franchit un canal, après avoir vu un semblable paysage urbain. A l’est de la ville, le pont des Dockers surplombe une voie d’eau déclassée où dorment de petites embarcations. Cette vénérable branche du canal du Rhône à Sète a peu d’intérêt économique. Le débouché du canal du Rhône est à Sète et le chemin d’eau qui mène de Frontignan au port languedocien est protégé par « la digue à la mer ».

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De la Champagne au Languedoc.

Après la halte des Aresquiers, c’est par là que cheminent de modernes vaisseaux fluviaux de 1200 tonnes qui acheminent au terminal portuaire 150 000 tonnes de fret par an. L’Evasion ou le Graciosa viennent de Mâcon ou du port Edouard Herriot de Lyon, lourds d’un fret qui gagnera ensuite Barcelone, la Lybie, l’Egypte. Au retour, ils « remontent » par exemple la houille à destination des centrales électriques de la vallée du Rhône (Laudun-L’Ardoise) ou de la métropole lyonnaise. D’Arles à Sète, par Saint Gilles, Aigues-Mortes, Lunel, Palavas, Frontignan (halte des Aresquiers), les automoteurs s’activent sur cette branche méridionale de la grande méridienne fluviale qui, à partir d’Arles, permet de joindre Avignon, L’Ardoise, Lyon et, au delà, Châlons-sur-Saône, Dijon au nord (et l’agglomération parisienne), Mulhouse à l’est (et la voie rhénane), le canal latéral de la Loire à l’ouest. La voie fluviale pourrait jouer un rôle économique majeur, mais le rail et la route la concurrencent. Au delà des possibilités qu’elle offre à la plaisance (1 500km de fleuves, rivières et canaux), le réseau français est un atout pour le futur.

Economie et environnement.

Voies Navigables de France contribuent à la gestion du patrimoine hydraulique et gère cet outil de transport qui s’avère le plus respectueux de l’environnement : peu énergivore, le transport fluvial est le mode de déplacement qui émet le moins de gaz à effet de serre. Aussi, le canal est-il l’objet de soins attentifs. M. Louafi, directeur de la station des Aresquiers, le démontre chiffres en main : chaque année, on débarrasse le canal de près de 80 000m3 de sédiments, traités ensuite comme dans une station de lagunage. Des analyses déterminent la teneur en CO2, en métaux lourds, en produits dangereux (PCB). Et le préfet fait appliquer les directives de la loi sur l’Eau. Pour mener ces campagnes d’entretien, VNF est en contact avec les communes, les associations, les prudhommies. Il y a tout un mode de vie à respecter. Mais on peut améliorer encore les performances. Depuis cet été, des travaux visent à rectifier le cours du canal qui pourra accueillir des navires de 2 000 à 2 500 tonnes. Il faut plus de postes de chargement-déchargement et, par exemple, aménager celui de Palavas. Cela nécessite deux ans d’étude, une mise en œuvre soignée et … des crédits. L’entretien à lui seul coûte 400 000 € par an. Et quand les cordons de la bourse restent serrés, on étale les travaux.

Aux Aresquiers comme à VNF, on travaille pour le futur. On doit ralentir, mais on prend patience. Près de Frontignan, d’importants travaux ont été réalisés : un méandre rectifié pour faciliter le déplacement des navires. Restent à adapter 10km à un plus grand gabarit. Car il faudra bien que cessent les processions de poids lourds sur les axes routiers, la pollution et son coût sociétal. Demain, c’est aujourd’hui

Hervé Le Blanche

 

Le trafic fluvial se porte bien

Le trafic fluvial sur le port de Sète connait une forte augmentation à fin juin (+ 46%) passant de 111 304 tonnes à 162 558 tonnes. Cette tendance s'explique par le dynamisme du groupe Saipol-Avril dont l'unité de trituration réceptionne de plus de plus de graines oléagineuses, dont une bonne partie descend par voie fluviale depuis le centre de la France. A fin juin Saipol aura réceptionné plus de 29 625 tonnes contre 3 945 tonnes l'an passé.
La croissance du trafic fluvial s'explique également par le démarrage en 2014 d'un nouveau trafic de ballast qui descend de carrières situées dans la haute vallée du Rhône. Il s'agit de ballast, 80 000 tonnes/ans et destiné à la rénovation des voies ferroviaires entre Montpellier et Narbonne. On enregistre à fin juin 45 493 tonnes de ce produit qui ont transité par le port de Sète. Enfin il faut souligner le retour du trafic de houille destiné à l'usine Feropem de Laudun Lardoise qui a enregistré un tonnage à fin juin de 27 112 tonnes. Seuls les engrais en remontée ainsi que les tourteaux de Soja accusent une baisse des volumes par rapport à 2014.
Il faut également souligner la confirmation, par la Région de la poursuite des travaux en cours sur le Canal du Rhône à Sète dans le cadre du prochain CPIER. Un accord financier ayant été trouvé entre les partenaires, ce sont ainsi 25 millions qui seront réinjectés dans ces travaux pour la période 2015-2020..



Le Canal du Rhône à Sète, long de 63 km permet d'acheminer des marchandises jusqu'au grand Rhône via l'écluse de Saint Gilles et ainsi élargir l'arrière-pays du port de Sète jusqu'au nord-est de la France (Franche-Comté et Bourgogne).

 

Le Creux de Miège, un patrimoine naturel et plus encore

Falaise et mare curetée. photo: Alain Campos

 

Pour se repérer dans la jungle des sigles, dispositifs protégeant et gérant le Massif de la Gardiole, les garrigues et les zones humides entre Palavas et Sète:

SC: Site Classé. Ex: Massif de la Gardiole
SIC: Site d'Intérêt Communautaire. Ex: Etangs Palavasiens
ZPS: Zone de Protection Spéciale. Ex: Etangs Palavasiens et Etang de l'Estagnol
ZNIEFF: Zone d'Intérêt Ecologique Faunistique et Floristique. Ici: des Garrigues de la Madeleine

RAMSAR: Traité international pour la conservation et l'utilisation des zones humides
Natura 2000: Réseau de sites naturels européens identifiés pour la rareté ou la fragilité d'espèces animales ou végétales

SIEL: Syndicat mixte des Etangs et des Lagunes
SCOT: Schéma de Cohérence Territoriale
SAGE: Schéma d'Aménagement et de Gestion de l'Eau

 



La tenue de la 14e édition des Chantiers d'Automne des Conservatoires des espaces naturels, du 22 septembre au 21 décembre 2015, nous permet de rappeler que, entre Sète et Montpellier, le cordon littoral, les garrigues ou les hauteurs du Massif de la Gardiole sont protégés et gérés par différents dispositifs légaux (voir encadré).
Dernier en date, le classement du "Creux de Miège" en zone de protection de biotope conforte le caractère exceptionnel du lieu en tant que patrimoine naturel. Il couronne des années d'effort, en particulier deux campagnes de curetage et débroussaillage en 2005 et 2010, pour remettre en état un site très dégradé, qui offre ses reliefs à une riche faune et flore.

Un patrimoine naturel préservé

Cirque effondré de 100 à 200 mètres de diamètre, aux hautes corniches calcaires truffées de cavités, le Creux de Miège draine les eaux souterraines du sud de la Gardiole et abrite en son fond une mare, résurgence karstique bordée de chênes verts et alimentée par une source, la Miège. L'Arrêté préfectoral du 18 novembre 2014 délimite sur 32 ha la protection des falaises, garrigues, zone humide et chênaie, qui hébergent une plante vivace, la lavatère maritime, ainsi que des amphibiens (tritons, rainettes), petits oiseaux et reptiles. Il vise à encadrer les pratiques agricoles, limiter les pollutions  - l'emploi de produits chimiques y est proscrit, tout comme le dépôts d'ordures - et canaliser la circulation des personnes.
Plus encore que la curiosité de l'effondrement rocheux ou la rareté d'une petite zone humide au milieu de garrigues, le lieu éveille, chez les Mirevalais, bien des souvenirs.

Un patrimoine mémoriel vivace

Au XXe siècle encore, ils étaient nombreux à se baigner l'été dans l'eau rafraîchissante de la mare, improvisée piscine collective. Les anciens se plaisent à rappeler comment, enfants, ils occupaient leurs jours de congés pour parcourir les rives de l'Etang de Vic, traverser vignes et garrigue pour arriver au Creux de Miège "ce terrain de jeu privilégié où nous faisions nos premières armes d'alpinistes, de spéléologues ... et de fumeurs clandestins" raconte Henri Cailhol.
Abandonné aux décharges sauvages et aux broussailles, le site est entré peu à peu dans la mémoire collective comme un lieu emblématique, repère géographique et mémoriel chargé d'histoire.

Un patrimoine préhistorique enfoui

Le Creux de Miège s'inscrit en effet dans un ensemble datant du néolithique et du chalcolithique qui s'étend entre Frontignan et Villeneuve-lès-Maguelone. L'humanité s'éveille sur cette zone proche de la mer et de ses ressources, abritée des vents, alimentée de points d'eau pérennes comme la source de la Miège.
Le Creux sert d'abri sous roche, à flanc de falaise et de station de plein air aux hommes préhistoriques jusqu'à l'Age de Fer. Il permet une halte pour les pasteurs et les troupeaux entre les habitats de la Roubine à Vic-la-Gardiole et de la Madeleine à Villeneuve-lès-Maguelone.

Fouillé par les archéologues, comme Jean Arnal, les géologues et spéléologues comme Bernard Geze, il a pu être étudié encore dans les années 1970 par Marcel Soulier, Directeur d'école passionné d'histoire. Le site nous a légué un outillage perfectionné, apporte des témoignages de vie (restes culinaires, éléments de parures, petits vases), de travail agricole (morceau de meule en basalte) et de rites funéraires dans une grotte sépulcrale. Aux origines du peuplement de la commune actuelle de Mireval, il conjugue histoire, mémoire et identité locale.
Mais les vestiges, dégradés par des fouilles intempestives, la grotte avec siphon et lac souterrain, d'accès dangereux, ne sont plus accessibles. Se pose aujourd'hui au Creux de Miège le dilemme de toute conservation: comment concilier la mise à disposition des publics d'un patrimoine exceptionnel et la préservation du lieu et de ses richesses enfouies?

Florence Monferran

La Barque de Poste 1818 - Le Cairol

« Un projet longtemps rêvé, qui a enfin pris forme et qui finalement, flotte majestueusement sur le canal du Midi ! » Voilà « la folie » d'un homme que pourtant rien ne prédestinait à ça. Robert Mornet est cet homme là.

« Les Barques de Poste, halées par des chevaux, naviguaient entre 1673 et 1858, sur le Canal du Midi de Toulouse à Cette (Sète) puis Beaucaire, pour transporter durant une dizaine de jours passagers et bagages et assurer une correspondance administrative » pourrait nous relater Robert Mornet.

Les plans de cette barque ont longtemps été « oubliés » dans les archives du Canal et son « créateur », amoureux du canal du Midi, l'a reconstruite à l'identique. Les travaux ont démarré fin 2007.
Tout s'est passé au Vigan, une petite commune gardoise, « sur le site du Cairol, dans un pré mis à disposition par un voisin, Robert Mornet, aidé par quelques copains, a bâti une serre-tunnel, pour accueillir le chantier naval cévenol de la barque ».
Le Coche d’eau, une forme de diligence ou « le premier TER » comme il le dit si bien, est long de 15 mètres et il a 4 m de large
« Le trajet initial de ce coche d'eau durait 4 jours au début, en changeant de barque à chaque écluse pour gagner du temps, et elle naviguait à 8 km/h. Le parcours comportant près de vingt cinq écluses, c’est donc une flotte de 40 Barques de Poste qui devaient circuler sur le canal ». « En 1858 le service des coches d'eau ne pouvant plus rivaliser avec la compagnie des chemins de fer, ce service fut supprimé ».
Aujourd'hui la barque de poste est seule mais bien présente car son « patron » la fait participer à de nombreux événements liés au canal du Midi et au monde maritime dans son ensemble.

Vous pourrez dès le 13 octobre la retrouver amarrée sur le quai de La Pointe-Courte. Elle participera à une animation orchestrée par l'association Filomer de Sète, lectures, contes, musique, chansons seront mis à l'honneur. Les réservations sont conseillées.

La Barque ira ensuite passer ses quartiers d'hiver à Capestang. Ce qui n'empêchera pas Robert Mornet de lancer son grand projet de l'hiver avec la construction, dans le cadre d'un chantier d'insertion, d'un bateau dessiné par Pierre-Paul Riquet en date de l'année 1673. Là encore un coche d'eau.  La construction devrait être achevée pour l'été 2016.

Escale à Sète, en mars 2016, accueillera aussi la barque qui servira, pour l'occasion, de point de presse. Robert Mornet profitera de cette escale pour donner une conférence sur la vie de Pierre-Paul Riquet à Cette (orthographe à l'époque) lors de la construction du port.

Un autre grand projet est à l'étude, la construction d'un bateau fluvial de 1813, avec comme partenaires la Communauté des Communes Agde/Béziers/Narbonne.
Tout cette activité ne semble pas faire peur à ce constructeur infatigable dont le slogan est « Défendre une certaine culture du canal donc son patrimoine flottant ».

Jean-Marc Roger

Les Amis de la Barque de Poste - Robert Mornet
« Le Cairol » 06 47 74 30 50 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

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