Histoire de Sète

Le protestantisme sétois

L'église protestante unie de Sète et bassin de Thau a célèbré les 500 ans de la Réforme, len mai avec une soiré au temple de Sète et une exposition Martin Luther, ainsi qu'une conférence sera donnée par le professeur Michel Miaille de l'Université de Montpellier sur le thème de l'apport du protestantisme dans la société et sa modernité.

La soirée s'était terminée par un récital d'orgue donné par Frédéric Munoz avec la participation des amis de l'orgue qui ont permis la rénovation totale de cet instrument monumental du début du XXème siècle. Seront proposées des œuvres de Böhm, Pachelbel, Bach et Luther. (voir rubrique conférences)
A cette occasion Eva Nocquet, la pasteure de la paroisse de Sète Bassin de Thau,  avait eu la gentillesse de résumer pour les lecteurs de Thau-info l'histoire du protestantisme sétois.

croix du fronton du temple de Sète, tombée lors d'une tempêteSous l’Ancien régime

Après la construction du port commencée en 1666, la ville de Sète naît officiellement en 1673. Elle est exemptée de taxes et attire de ce fait de nouveaux habitants. Jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, elle a compté jusqu’à une trentaine de protestants. Ils ont tous abjuré.

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, de nouveaux protestants arrivent. Ils vivent leur foi en famille, sans aucune institution ecclésiale, et se conforment à une catholicité de façade. Parmi les immigrants, on compte des Italiens, catholiques, actifs dans la pêche, mais aussi des Suisses, des Hollandais et des Allemands, protestants et spécialisés dans le négoce. Les deux tiers des protestants viennent du Languedoc et des Cévennes, et le dernier tiers se répartit entre les autres régions de France et les pays étrangers. Autour de 1750, les protestants sont une centaine. Ils se réunissent dans une grange au bord de l’étang de Thau. En 1754, la communauté commence à tenir un registre. Vers 1770, un pasteur s’installe à Sète. Il dessert aussi Villeveyrac et Cournonterral.

En quarante ans, la population protestante a quadruplé, et en 1789 elle compte 450 individus, soit 6% de la population. Un négociant sur quatre est protestant, en général d’origine étrangère. Les autres protestants, en particuliers ceux originaires du Languedoc et des Cévennes, se sont spécialisés dans la tonnellerie. Les protestants habitent dans tous les quartiers de la ville, mais ils sont plus nombreux sur les quais qui bordent le canal.

Pendant la Révolution

Dans l’ensemble, les protestants sétois font plutôt bon accueil à la Révolution et y participent activement. Les négociants, quant à eux, semblent plus partagés.
Pendant la période révolutionnaire, le pasteur Jacques Vincent quitte le ministère. Le culte, qui se tenait jusque là dans un grenier près de la mer, est suspendu à la fin de l’année 1793. L’année suivante, un négociant protestant, Louis Flickwier, devient maire de la ville, mais pour quelques semaines seulement. Après la Révolution, les protestants de Sète mettront du temps à se réorganiser.

Sous le Concordat

A Sète, les relations avec les catholiques semblent moins problématiques que dans d’autres lieux, pour deux raisons : les protestants ne sont pas menaçants parce qu’ils ne sont qu’une petite minorité, et d’autre part ils jouissent d’une bonne situation économique. Il n’en demeure pas moins qu’en 1811, la liaison amoureuse qu’entretient le pasteur Philippe Juillerat-Chasseur avec une catholique est mal acceptée. On ne conçoit pas qu’il puisse l’épouser. Finalement il s’en va.

A partir de 1835, Coraly Hinsch, qui s’inscrit dans le mouvement revivaliste, fonde une église indépendante, qui essaime dans les régions environnantes. Elle reproche aux membres de l’Eglise concordataire de ne pas être vraiment chrétiens, de sorte que les relations deviennent vite conflictuelles. En 1847, elle ouvre à Sète un établissement de bains de mer. Le mouvement hinschiste sera actif pendant tout le XIXe siècle et disparaîtra seulement au milieu du XXe.
Pendant cette période, le protestantisme s’inscrit dans le paysage de la ville : en 1832, on commence la construction d’un premier temple, inauguré en 1834.
L’Eglise de Sète se reconnaît dans le courant évangélique, dans un consistoire de tendance libérale. Ainsi en 1862, elle refuse un suffragant libéral. Il est remplacé par un évangélique : le pasteur Lucien Benoît.
En 1865, Lucien Benoit fonde sur la Corniche la société des bains de mer du Lazaret, qui au début utilise des baraquements militaires. En 1876, il crée un comité sétois en faveur du repos et de la sanctification du dimanche, et il organise des réunions de quartier pour toucher les employés qui ne peuvent pas venir au culte parce qu’ils travaillent, le dimanche n’étant pas encore un jour férié. En 1884, il organise un diaconat. A cette époque, les protestants qui arrive à Sète ont une origine plus modeste : il s’agit souvent de viticulteurs touchés par la crise du phylloxéra.
L’Eglise emploie un concierge, un lecteur et un chantre. Durant cette période, la population protestante croît régulièrement, jusqu’à compter près de 2 400 personnes en 1886, soit 6, 3 % de la population sétoise. En 1890, un deuxième poste pastoral est ouvert : Pierre Médard vient seconder Lucien Benoît, très apprécié mais vieillissant. C’est alors que la population protestante de Sète commence à diminuer.
En 1892, un médecin protestant du parti radical, Ernest Scheydt, devient maire de la ville pour trois ans.

Au XXe siècle

En 1905, les protestants de Sète accueillent avec une certaine réserve la loi de séparation. L’Eglise connaîtra effectivement, pendant la période qui suivra, quelques difficultés financières.
Cela ne l’empêche pas cependant de s’équiper. En 1913, on installe un orgue au-dessus de la chaire. En 1932 on construit des salles annexes derrière le temple, qui servent en particulier aux Eclaireurs. Le Lazaret est agrandi dans les années 1920. En 1927, un directeur autonome remplace le pasteur, qui avait jusque là la responsabilité de gérer l’établissement.
De 1925 à 1951, la publication d’un bulletin paroissial, « Le lien », informe et soude la communauté.
Dans les premiers temps, l’Eglise de Sète ne rejoint aucune union et reste autonome. C’est seulement en 1921 qu’elle adhérera aux Eglises Réformées Evangéliques. En 1938, elle rejoint la nouvelle Eglise Réformée de France, mais gardera son autonomie financière jusqu’en 1945.

En 1943, elle accueille Elisabeth Schmidt pour seconder le pasteur Van den Perk. Elle sera la première femme pasteur de l’Eglise réformée. Elle sera consacrée en 1949.

Sources :
J.-C. GAUSSENT, Les protestants et l’Eglise réformée de Sète, Nîmes : C. Lacour, 1993 fait par Bernard Mourou, juin 2011

La Croix des Bédouins

La montée des Bédouins ou rampe des Arabes fut réalisée entre 1844 et 1845 par des prisonniers algériens. Ils creusèrent aussi la montagne pour ouvrit une route vers la Corniche, accessible jusqu’alors par la route d’Agde, actuelle rue Jean Vilar. Une Croix de fer fut posée en 1743. Elle fut détruite en 1944 par le bombardement de Sète, reconstruite en 1949 et changée en 1987.

Le Fort Richelieu en 1900

En 1900, le Fort Richelieu était seul au bas de Saint Clair, complètement dénudé. Il est toujours là mais aujourd’hui cerné par les habitations et le Musée.

Histoire du protestantisme sétois

L'église protestante unie de Sète et bassin de Thau a célèbré les 500 ans de la Réforme, len mai avec une soiré au temple de Sète et une exposition Martin Luther, ainsi qu'une conférence sera donnée par le professeur Michel Miaille de l'Université de Montpellier sur le thème de l'apport du protestantisme dans la société et sa modernité.

La soirée s'était terminée par un récital d'orgue donné par Frédéric Munoz avec la participation des amis de l'orgue qui ont permis la rénovation totale de cet instrument monumental du début du XXème siècle. Seront proposées des œuvres de Böhm, Pachelbel, Bach et Luther. (voir rubrique conférences)
A cette occasion Eva Nocquet, la pasteure de la paroisse de Sète Bassin de Thau,  avait eu la gentillesse de résumer pour les lecteurs de Thau-info l'histoire du protestantisme sétois.

croix du fronton du temple de Sète, tombée lors d'une tempêteSous l’Ancien régime

Après la construction du port commencée en 1666, la ville de Sète naît officiellement en 1673. Elle est exemptée de taxes et attire de ce fait de nouveaux habitants. Jusqu’à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, elle a compté jusqu’à une trentaine de protestants. Ils ont tous abjuré.

Pendant la première moitié du XVIIIe siècle, de nouveaux protestants arrivent. Ils vivent leur foi en famille, sans aucune institution ecclésiale, et se conforment à une catholicité de façade. Parmi les immigrants, on compte des Italiens, catholiques, actifs dans la pêche, mais aussi des Suisses, des Hollandais et des Allemands, protestants et spécialisés dans le négoce. Les deux tiers des protestants viennent du Languedoc et des Cévennes, et le dernier tiers se répartit entre les autres régions de France et les pays étrangers. Autour de 1750, les protestants sont une centaine. Ils se réunissent dans une grange au bord de l’étang de Thau. En 1754, la communauté commence à tenir un registre. Vers 1770, un pasteur s’installe à Sète. Il dessert aussi Villeveyrac et Cournonterral.

En quarante ans, la population protestante a quadruplé, et en 1789 elle compte 450 individus, soit 6% de la population. Un négociant sur quatre est protestant, en général d’origine étrangère. Les autres protestants, en particuliers ceux originaires du Languedoc et des Cévennes, se sont spécialisés dans la tonnellerie. Les protestants habitent dans tous les quartiers de la ville, mais ils sont plus nombreux sur les quais qui bordent le canal.

Pendant la Révolution

Dans l’ensemble, les protestants sétois font plutôt bon accueil à la Révolution et y participent activement. Les négociants, quant à eux, semblent plus partagés.
Pendant la période révolutionnaire, le pasteur Jacques Vincent quitte le ministère. Le culte, qui se tenait jusque là dans un grenier près de la mer, est suspendu à la fin de l’année 1793. L’année suivante, un négociant protestant, Louis Flickwier, devient maire de la ville, mais pour quelques semaines seulement. Après la Révolution, les protestants de Sète mettront du temps à se réorganiser.

Sous le Concordat

A Sète, les relations avec les catholiques semblent moins problématiques que dans d’autres lieux, pour deux raisons : les protestants ne sont pas menaçants parce qu’ils ne sont qu’une petite minorité, et d’autre part ils jouissent d’une bonne situation économique. Il n’en demeure pas moins qu’en 1811, la liaison amoureuse qu’entretient le pasteur Philippe Juillerat-Chasseur avec une catholique est mal acceptée. On ne conçoit pas qu’il puisse l’épouser. Finalement il s’en va.

A partir de 1835, Coraly Hinsch, qui s’inscrit dans le mouvement revivaliste, fonde une église indépendante, qui essaime dans les régions environnantes. Elle reproche aux membres de l’Eglise concordataire de ne pas être vraiment chrétiens, de sorte que les relations deviennent vite conflictuelles. En 1847, elle ouvre à Sète un établissement de bains de mer. Le mouvement hinschiste sera actif pendant tout le XIXe siècle et disparaîtra seulement au milieu du XXe.
Pendant cette période, le protestantisme s’inscrit dans le paysage de la ville : en 1832, on commence la construction d’un premier temple, inauguré en 1834.
L’Eglise de Sète se reconnaît dans le courant évangélique, dans un consistoire de tendance libérale. Ainsi en 1862, elle refuse un suffragant libéral. Il est remplacé par un évangélique : le pasteur Lucien Benoît.
En 1865, Lucien Benoit fonde sur la Corniche la société des bains de mer du Lazaret, qui au début utilise des baraquements militaires. En 1876, il crée un comité sétois en faveur du repos et de la sanctification du dimanche, et il organise des réunions de quartier pour toucher les employés qui ne peuvent pas venir au culte parce qu’ils travaillent, le dimanche n’étant pas encore un jour férié. En 1884, il organise un diaconat. A cette époque, les protestants qui arrive à Sète ont une origine plus modeste : il s’agit souvent de viticulteurs touchés par la crise du phylloxéra.
L’Eglise emploie un concierge, un lecteur et un chantre. Durant cette période, la population protestante croît régulièrement, jusqu’à compter près de 2 400 personnes en 1886, soit 6, 3 % de la population sétoise. En 1890, un deuxième poste pastoral est ouvert : Pierre Médard vient seconder Lucien Benoît, très apprécié mais vieillissant. C’est alors que la population protestante de Sète commence à diminuer.
En 1892, un médecin protestant du parti radical, Ernest Scheydt, devient maire de la ville pour trois ans.

Au XXe siècle

En 1905, les protestants de Sète accueillent avec une certaine réserve la loi de séparation. L’Eglise connaîtra effectivement, pendant la période qui suivra, quelques difficultés financières.
Cela ne l’empêche pas cependant de s’équiper. En 1913, on installe un orgue au-dessus de la chaire. En 1932 on construit des salles annexes derrière le temple, qui servent en particulier aux Eclaireurs. Le Lazaret est agrandi dans les années 1920. En 1927, un directeur autonome remplace le pasteur, qui avait jusque là la responsabilité de gérer l’établissement.
De 1925 à 1951, la publication d’un bulletin paroissial, « Le lien », informe et soude la communauté.
Dans les premiers temps, l’Eglise de Sète ne rejoint aucune union et reste autonome. C’est seulement en 1921 qu’elle adhérera aux Eglises Réformées Evangéliques. En 1938, elle rejoint la nouvelle Eglise Réformée de France, mais gardera son autonomie financière jusqu’en 1945.

En 1943, elle accueille Elisabeth Schmidt pour seconder le pasteur Van den Perk. Elle sera la première femme pasteur de l’Eglise réformée. Elle sera consacrée en 1949.

Sources :
J.-C. GAUSSENT, Les protestants et l’Eglise réformée de Sète, Nîmes : C. Lacour, 1993 fait par Bernard Mourou, juin 2011

Kiosque disparu

Place Stalingrad, était autrefois un kiosque à musique placé devant l’ecole Victor Hugo. Il fut détruit pour permettre l’installation des cirques…

Juillet 1756 : Cette fête le succès des armes du Roi.



prise de Port Mahon à Minorque

 

 

Au milieu du XVIIIème siècle, la monarchie (toujours de droit divin et en théorie absolue) est devenue administrative. Nous sommes ainsi mieux renseignés en particulier sur les fêtes dont la ville était le théâtre. Ces réjouissances célébraient des évènements importants de la vie du royaume. Souvent à l'initiation des autorités de la province.

Le "corps politique" de Cette semble bien à l'origine des festivités qui marquent la naissance des enfants ou petits-enfants du monarque. Mais c'est le gouverneur du Languedoc qui a demandé, en juillet 1756, que sur ordre de Louis XV soit fêté un succès militaire : la prise de Port-Mahon et l'occupation de l'île de Minorque. On était au début d'une nouvelle conflagration européenne (guerre de Sept ans 1756-1763) où se jouerait le second épisode de l'affrontement franco-anglais, si déterminant pour la prépondérance européenne. L'affrontement précédent, lors de la guerre de Succession d'Autriche (1741-1748), avait fourni aux Anglais deux points d'appui importants en Méditerranée : Gibraltar et Minorque. L'île était bien placée pour surveiller les "routes" vers la Méditerranée orientale et l'itinéraire Marseille-Gibraltar. Et de l'île, les corsaires britanniques inquiétaient les côtes espagnoles…et languedociennes. Aussi, l'action contre la plus petite des îles Baléares présentait un intérêt stratégique. Et elle fut couronnée de succès.

Un convoi de 193 navires, dont douze vaisseaux de ligne et cinq frégates, amena 12 000 hommes qui s'emparèrent de la capitale, Port-Mahon et, au prix de prodiges d'héroïsme de sa citadelle, fort Saint Philippe. Au large, l'escadre de La Galissonnière se heurte à celle de l'amiral Byng. Après quelques heures d'une canonnade indécise, celui-ci regagna Gibraltar. Victoire ! Et cette victoire doit être célébrée. On ne sait si les Cettois étaient bien au fait de la signification de ce succès. Peut-être avaient-ils le sentiment de l'éloignement d'une menace ? On n'avait pas oublié le débarquement de 1710. Chaque année, la Communauté payait une confrérie pour qu'elle brûle un cierge de fort volume (de la valeur de 5 livres, environ une journée de travail) pour remercier le ciel d'avoir été délivrée de l'invasion anglaise. Alors, une victoire sur les Britanniques en Méditerranée devait être bien ressentie. Que les Cettois s'enthousiasment pour la gloire du roi de France est plus problématique. Certes, maires et consuls défèrent aux ordres du gouverneur. Ils engagent des dépenses supplémentaires en vue de fêter ce grand évènement "dont le peuple ressent un si grand avantage". Il y aura un "jour de joye", des fusées, des boëtes comme à l'accoutumée. Et puisque le roi le veut, un Te Deum sera chanté dans l'église de la paroisse.

Une brève incise dans la lettre du gouverneur fait soupçonner que cette fête avait un aspect formel : le représentant du pouvoir militaire en Languedoc avise maire et consuls de Cette "de ne pas manquer d'y assister". Les Cettois avaient-ils des raisons de bouder le succès des armes du Roi ?

Hervé Le Blanche

 

Histoire(s) du Barrou.


Gustave Brugidou, président de la Société des Etudes Historiques
et Scientifiques de Sète et de sa région.
 

Vendredi 25 novembre, un parterre de deux cent personnes a assisté à l'évocation de l'histoire du quartier du Barrou par M. Brugidou, président de la Société des Etudes Historiques et Scientifiques de Sète et de sa région.

Têtes chenues et boucles brunes ont assisté à cette projection commentée de documents plus proche de l'exercice de mémoire.

 Il est vrai que la Société historique avait été épaulée par l'Amicale du Barrou qui a fourni un gros contingent de spectateurs. Le Barrou, dont l'occupation est antérieure à la fondation de la ville de Sète. Mais qu'est-ce que le Barrou ? Là, Clio fut traitée avec quelque désinvolture, ainsi que son auxiliaire la Géographie. Ce que l'on connaît bien, c'est la pointe du Barrou. Mais pourquoi ne pas retenir la définition la plus couramment admise du nom de "Barrou" : amas de rocailles ? Cet amas aurait favorisé les atterrissements formant la pointe…du Barrou. Par ailleurs, l'histoire de la paroisse Saint Joseph est bien plus riche et complexe que l'évocation de la présence "d'une église autrefois". La délimitation des propriétés de l'abbaye d'Aniane et de l'évêché d'Agde fut bien évoquée, mais cela apportait-il quelque chose à la compréhension de la mémoire du quartier ? L'occupation préhistorique ne fut qu'incidemment signalée et les traces de l'occupation gallo-romaine auraient pu être mieux utilisées. Si la présence de monnaies atteste un courant d'économie monétaire, les indications diffèrent totalement selon qu'elles sont datées du haut ou du bas empire. Les amphores sont-elles antérieures au Ier siècle après JC ?

Avec l'époque contemporaine, on était sur un terrain plus solide. Le quartier du Barrou, tel qu'on le conçoit aujourd'hui, c'est l'espace entre la voie de chemin de fer (ligne Tarascon-Bordeaux 1849) et l'Etang. Sur sa rive ont vécu des pêcheurs (opérant à la maniguière), des agriculteurs dont l'activité prit de l'importance à la fin du XIXème siècle (jardins potagers) et, photographies à l'appui, on évoque les vignes (labour avec cheval) qui tenaient une grande place dans le terroir au début du XXème siècle. Et, en ce premier après guerre, le Barrou, ce sont aussi les fêtes, les bals populaires qui trouveront un écho dans une époque plus proche de nous avec les corsos fleuris et les très appréciées majorettes du Barrou. Mais, la grande affaire de l'entre deux guerres fut l'installation des Chantiers Généraux sur 12 ha gagnées sur l'étang. Les documents montrent des installations permettant de fabriquer des wagons-foudres, des grosses péniches pinardières de 350 t naviguant sur le canal du Midi et les navires de près de 100 m de long. Les bâtiments de la Société, la rampe de lancement des navires, la cité ouvrière qui naquit auprès des Chantiers font partie de la mémoire du quartier.

 Tout autant que la plage et la pêche aux crevettes. D'ailleurs, après la séance, chacun avait sa version des causes de l'abandon des Chantiers Généraux. "Et c'est la vérité!" s'exclamait un participant. Peut-être, mais est-ce là de l'Histoire ?

Hervé Le Blanche

La sétoise devenue La Begum


Yvette Labrousse, miss France 1930
devenue Om Habibeh, la bégum des ismaéliens

 

Née à Sète en 1906, fille d'un conducteur de tramway et d'une couturière installés dans la Grand-Rue, Yvonne Labrousse, changea son prénom en Yvette en étant élue Miss France en 1930. Sa beauté la fit remarquer par le richissime Aga Khan qui l'épousa en 1944. En 1959, invitée par municipalité de Gaston Escarguel, elle revint à Sète, retrouvant les lieux de sa jeunesse. Elle est décédée en 2000 à l'âge de 94 ans dans sa somptueuse villa de la Cote d'Azur où elle avait reçu en 1958 les jouteurs de la Lance Sportive venus jouter à Monaco.

La Begum en 1959 reçue dans  sa ville natale

La S.E.H.S.S.R a son site

La Société d’Etudes Historiques de Sète et sa Région vient d’innover en créant un site internet où on retrouve toutes ses activités et ses parutions. Un site riche et bien conçu, une vraie référence pour tous les passionnés d'histoire locale. Se connecter sur : www.histoiredesete.fr 

Chaque 2 ou 3 ans environ, la Société d'études historiques de Sète et de sa région publie un épais Bulletin abondamment illustré de documents rares dans lequel amateurs, professionnels de l’archéologie, de l’histoire, chercheurs, étudiants, universitaires font état de leurs travaux sous la forme d’articles. Depuis 1969, date de la première publication, c’est encore et toujours un instrument capital d’information et de promotion de la recherche archéologique et historique de notre région. Toujours très apprécié du grand public lors de sa sortie (pour preuve de nombreux numéros sont aujourd’hui épuisés, mais disponibles en PDF via notre boutique), il faut souligner que cette publication est aussi largement sollicitée par diverses universités :

  • Montpellier
  • Toulouse
  • Bordeaux

Ainsi que des bibliothèques et des écoles prestigieuses :

  • la Bibliothèque Nationale de France
  • la Bibliothèque d’Art et d’Archéologie à Paris
  • l’Ecole française de Rome
  • le CIRDOC à Béziers…

Mais également des organismes régionaux :

  • la DRAC
  • l’ODAC…

Montpellier, Cette et les marquis de Castries.

Fontaine des licornes  (Montpellier)

» lire aussi en page Patrimoine/Bâti et architecture :
Les chimères du marquis de Castries

 

L'histoire de la famille de Castries est liée à celle de Montpellier et de Sète. Charles Eugène Gabriel, marquis de Castries, était gouverneur des deux villes. Son fils, issu d'un premier mariage, Armand Charles Augustin fut honoré du titre de duc de Castries et ne fut pas oublié en son temps en Languedoc.

Pourtant, elle semble bien parisienne cette aristocratique famille. Charles Eugène, le vainqueur de Klosterkamp, naquit à Paris et mourut en émigration en Allemagne. Son fils, Armand Charles Augustin (1752-1842), naquit et mourut à Paris. Peut-être dans l'hôtel de Castries (72 rue de Varennes à Paris) ou dans le château d'Ollainville que possédait le marquis. Un héritage le mit à la tête d'une belle fortune qui lui permit d'embellir son hôtel, d'acquérir une autre propriété à Antony et de tenir son rang. Car Charles Eugène, marquis de Castries, devint un des principaux personnages du royaume. La gloire du combat de Klosterkamp, gravée dans le marbre à Montpellier, le servit sans doute, mais sa naissance et ses talents en firent un des dirigeants du pays. Notons pour l'anecdote que "la fontaine aux licornes" et ses étranges quadrupèdes ne gagneront la place de la Canourgue qu'en 1865, après son agrandissement en 1860. Mais le marquis devint maréchal de France et un ministre de la Marine travailleur et efficace. Sont action sera déterminante dans la guerre d'Indépendance américaine. A la paix, il mènera un important effort de législation et de réorganisation. Il fut un grand ministre de la Marine.

Et Cette ? Et bien, dans ce "port royal", compte tenu du poids des hiérarchies sociales et des coutumes d'Ancien Régime, on fêtait les de Castries quand cela paraissait nécessaire. Le 20 mars 1781, la Communauté cettoise offrit au fils du ministre et désormais duc une belle fête pour l'entrée solennelle de Charles  André Augustin de la Croix de Castries dans la bonne ville de Cette. On dressa des arcs de triomphe, on illumina la cité. Les invités furent accueillis par force "décharges de boëtes" (nos bombes à poudre actuelles). Et puis, on a soupé, arrosant le repas de vin de Malaga, on a admiré les "fuzées" du feu d'artifice et l'on a dansé. Bal, feu de joie, fontaines de vin. La fête est belle pour la jeunesse. Et puis, l'on n'oublie pas le père, le gouverneur. Certes, il ne réside pas. Mais ceux qui signent leurs lettres aux autorités "vos humbles et obéissants serviteurs" fêtent l'accession du marquis au maréchalat le 21 septembre 1783. On organise des joutes, bien sûr! On fait repeindre les pavois. Le sieur Lambe, serrurier, ferre les lances. La veuve Marie Gachon apprête drapeaux et écharpes. Un sieur Humbert offre deux montres aux jouteurs (le tiers de la dépense totale tout de même!).

On ne sait qui remporta le tournoi. Ce que l'on sait, c'est que quand le marquis de Castries fut fait maréchal, un grave conflit de préséance, et en fait de pouvoir, opposa les consuls et les officiers de l'Amirauté. On en référa au Parlement de Toulouse, loin de Paris et de M. le marquis

Hervé Le Blanche

 

Médiathèque news médias

CETTE ILLUSTRé, période de 1876 à 1877 LE NOUVEAU CETTOIS, période de 1879 à 1880

Deux anciens titres de presse, "Le Nouveau Cettois" et "Cette illustré", viennent d’être numérisés à la médiathèque et sont accessibles à tous sur l'internet en suivant ce lien.
Ces numérisations sont réalisées dans le cadre du pôle associé régional, partenariat réunissant la Bibliothèque nationale de France, la DRAC, la région Occitanie, Montpellier Méditerranée Métropole, la Ville de Nimes, la Bibliothèque inter-universitaire de Montpellier et Languedoc Roussillon Livre et Lecture (LR2L).
Ces archives numériques s'ajoutent à celles du "Journal de Cette" et du "Petit Cettois" déjà en ligne via le portail des médiathèques de la Communauté d’agglomération du Bassin de Thau.

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon