Histoire de Sète

Perier, Mercier, Auriol, citoyens de Sète

Les noms de rues à Sète, peut-être plus qu’ailleurs, renvoient à l’Histoire. La discrète rue Mercier, reliant la place de la République à la rue Paul Bousquet et au delà au quai de Bosc, sous le laconisme de sa dénomination, évoque en fait bien es épisodes de l’histoire sétoise et de la grande histoire.

Au début du XVIII° siècle, les terrains compris entre le parc Simone Weil (jardin du Château d’eau), la future rue Caraussane, le quai de Bos et les Métairies étaient la propriété de François Perié dont l’hôtel est visible à Montpellier au 11 de la Grand’ Rue et qui était à la tête d’une fortune considérable. Il aurait pu être appelé « milord Perié » comme un parisien du XIX° siècle : marchand de laine, banquier, propriétaire des bains de Balaruc, armateur, il avait acquis les terrains du Mas des Juges et terres bordant le quai de Bosc. Son puits approvisionnait en eau douce les embarcations venant « faire aiguade » à Sète. Les terrains de Perié passeront par héritage à une famille alliée, les Mercier qui jouèrent un rôle important en « Ile singulière ». Le premier, Charles Borromée Mercier, connu à Sète, venait de Dunkerque et mourut en 1807 dans « l’Isle de la Bordigue ». Puis, l’Histoire de Sète signale un Charles Mercier administrateur de l’hôpital, agronome importateur de tabac fin XVIII° et consul de la ville. Charles et Toussaint Mercier armeront le brick Soleil Levant pour le commerce en mer du Nord et dans la Baltique.

Les Mercier sont liés aux meilleures familles de Sète. Le fils de Toussaint épouse une demoiselle Grangent. On fréquente les Taissié, les Ratyé et tout un monde de négociants, capitaines de navires. La famille fournit des consuls à la communauté, fréquente la « Loge des amis fidèles des treize états Unis ». Dame, on est protestant, ami de la Liberté…et du commerce. La famille tente d’établir une ligne commerciale avec New-York, faisant apprécier le muscat de Frontignan aux « Yankee ». La tourmente révolutionnaire n’affecte pas leur situation. Un Mercier est nommé maire en 1832 et Charles Mercier est maire après la Révolution de 1848. Il sera évincé par l’autoritaire Doumet et quand Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) arrive au pouvoir, il est arrêté, interné à Dunkerque. Leurs biens seront passés à une famille venue de Castres : les Auriols. Le noble Jean-Louis Elysée Auriol (seigneur des Graisses, Cadalens, Sicusac dans le Tarn) se met au commerce des vins et fait fortune : société fondée avec Johann Dietrich Krüger-Hinsh. Elle durera jusque dans les années 1850 ; Auriol, Maurice Charles, multimillionnaire, achètera les terrains Mercier. Ces propriétés seront loties par les héritiers. En 1882, pas moins de 16 voies privées deviendront publiques.

Ce seront les rues Arago, Révolution, de l’Egalité. On a sans doute honoré Charles Mercier, victime du 2 décembre. Le maire du temps voulait « révolutionner les consciences » et baptisa, au cœur du nouveau quartier, la nouvelle esplanade : place de la République.

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Corsaire singulier

Photographe, plongeur, ex-archéologue amateur et inventeur d'épaves, passionné d'histoire maritime, d'histoire locale et de généalogie, Antoine Golf offre au lecteur l'occasion de découvrir la vie de nos ancêtres, il y a deux siècles autour du Bassin de Thau



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Parti d'une vérification sur la date de décès d'un matelot marseillanais pendant les guerres napoléoniennes, l'auteur a découvert l'histoire du navire corsaire sétois "La Comtesse Emeriau" et de son capitaine, Jean-Antoine Ytier (1776-1838).

A travers des documents inédits, issus d'archives françaises et britanniques, il a été possible de faire la lumière sur la vie de ce marin méconnu, natif de Martigues, dont les plus grands exploits furent accomplis en tant que capitaine d'une goélette armée à Sète.

 Du siège de Toulon à la bataille d'Aboukir, puis en mission de Cadix aux Antilles, on suit la carrière du mousse devenu officier, on croise Bonaparte devenant Napoléon, et de grands amiraux français et anglais comme Nelson.
Mais c'est surtout la guerre de course dans le redoutable Golfe du Lion et la Méditerranée occidentale, à l'époque du Premier Empire, qui est révélée ici.
Combats navaux inégaux, années de captivité à Malte, évasion audacieuse, abordages et prises de navires ennemis, cette vie de Jean-Antoine Ytier est digne d'un grand roman d'aventures maritimes!

Les passionnés de l'histoire maritime de Sète et du Languedoc trouveront aussi une étude sur le chantier naval Raynaud qui, au milieu du 19e siècle se spécialisé dans les navires en métal, propulsés par la vapeur et l'hélice. Un élan brisé par des complications administratives.

 Episode oublié de l'histoire de l'île singulière.

Les salins de Villeroy

Aujourd’hui transformés en zone résidentielle, les salins de Villeroy produisaient du sel marin jusqu’en 1960. Une activité qui procura du travail à de nombreux sétois et fit la prospérité des Salins du Midi.

Le riche amateur et Cette

gambValery Larbaud, le 22 février 1914, était "content d'échapper à Cette". Il trouvait à la ville "un air de provisoire et de perpétuel passage", pas celui d'un lieu où vivre.

Il est vrai que même au bord du golfe du Lion (43° latitude nord), l'hiver est marqué. Et puis, le séjour était difficile pour lui qui, malgré tout, vivait dans l'aisance à la recherche d'impressions devant nourrir son œuvre littéraire.

 

Alors il loge au Grand hôtel. Il se demande d'où viennent les gens bien vêtus qui y dinent et trouve que les employés sont les seules gens polis de la ville. Notation bien digne de celui qui était nanti d'une rente mensuelle de 2 500 francs (une journée de travail était payée 5 F, une secrétaire recevait 200 F par mois).

La ville "est trop pauvrement éclairée" et d'ailleurs, le vent menace les becs de gaz derrière les vitres des réverbères. Et parfois il pleut ! Cette ressemble alors à Cardiff et le mont Saint Clair est tout emmitouflé de nuages. De toute manière, "après Marseille, ça fait terriblement misérable". Certes, il y a des bâtiments à frontons et sculptures, parfois "au milieu des docks". Il arrive même que des portes cochères ouvrent sur des "entrées assez propres avec escalier et perron".gambP1040855

Etonnant ! Les rues voisines du jardin du Château d'eau sont tristes et sales et dans les tourbillons du vent accumulent poussière, papiers, immondices. Le flâneur non salarié apprécie un peu plus la rue Gambetta "qui n'est pas la Grand'rue" (dont il ne nous dit rien). Mais "même les boutiques où l'on vend des accessoires de jeu ne sont pas belles". Il y a bien un magasin de vêtements, mais on s'y fait arnaquer et on y vend de la marchandise de contrebande.

 La rue Gambetta est animée, mais "les gens ont l'air de marcher en rang" (?). Au Grand café, on peut converser tranquillement. Car en ville, ce n'est que brusquerie dans la parole, bousculades. Certes, quai de Bosc, se promènent des bourgeois en chapeau melon. Et parfois une nurse avec des bébés. "Elle est en uniforme, col blanc, voile bleu. Cela surprend ici". Et les autres ? Les porteurs de colis sont des provinciaux aux réflexions naïves. Les travailleurs, comme le laitier, sont hostiles. Ne voilà-t-il pas que ledit laitier traite le bourgeois en inférieur ? Il est vrai qu'il est syndicaliste et "endoctriné de socialisme".

http://blog.ville-poussan.fr/wp-content/uploads/2019/01/gambP1040854.jpg

Mais, les hommes étant ce qu'ils sont, l'insolent laitier se montre par la suite affable et souhaite bon voyage au voyageur. Et Larbaud le nomade garnit son filet à impressions. Il note le jaune des épaulettes des Martiniquais du régiment colonial. Et quai de Bosc, lors de la pause de midi à midi et demi, les petites ouvrières sautent à la corde. Echappées pour un moment de l'imprimerie-papeterie Dumas, rue de la Poste (actuelle rue Gabriel Péri).

 

Le 22 février, la tempête se lève. La mer "toute blanche [semble] bouillir". Alors que les lagunes restent paisibles, "de l'autre côté de la bande côtière, la mer [est] en furie". Nanti des fonds nécessaires, l'écrivain-voyageur prend le train pour Montpellier. Il pleut, mais il n'est plus à Cette.

 

H. Le Blanche

Cette en 1846 : La plus vieille photo de Sète


C’est la première photo prise à Sète. Ce daguerréotype date de 1846 et est l’œuvre de Claude Choiselat et Stanislas Ratel, deux pionniers de la photographie. On voit au premier plan le Pont de la Saunerie (devenu plus tard « de la Savonnerie »), les bateaux de pêche à droite sur le quai de la Marine et, en face, les bateaux de commerce sur le futur quai Aspirant Herber.

Un commentaire explicatif d'Ernest Puerta 

  Cette photographie, assez rare je l’ai découverte dans un ouvrage intitulé « La photographie une passion française » qui a été publié en 1999 par   Roger Théron, né à Sète en 1924   et patron durant de longues années du célèbre journal Paris Match.
 Roger Théron a été également l’un des plus anciens collectionneurs de photographies du XIX ème siècle  et dans cet ouvrage j’ai trouvé cette photographie très émouvante car elle est sans doute le cliché le plus ancien connu de Sète, il date de 1846 alors que l’invention de la photographie n’a été révélée au grand public qu’en août 1839.
Photographe à mes heures j’avais eu l’envie non pas d’essayer de produire à l’identique 168 ans plus tard une image semblable mais plutôt de rendre un hommage photographique à Messieurs Choiselat et Rattel, auteurs de cette photographie, voilà ce que j’ai fait  :

Histoire du Port de Sète

L’histoire du port est le reflet de la vie économique et sociale de la région Languedoc-Roussillon.

Le port de Sète s'est traditionnellement développé de l'Ouest vers l'Est.

Par le Port de Sète sur http://www.sete.port.fr/fr/le-port/un-peu-dhistoire

1666 : La première pierre du Môle Saint Louis est posée, suite à la volonté de Louis XIV de créer un port d'exportation pour les produits du Languedoc. La création de la digue de protection du port, longue de 650 m signe la naissance du port de Sète.

1820 : Au 19ème siècle, le port de commerce se développe avec, comme principaux trafic, le vin, le soufre, le bois, les céréales et le fer. Sète est également un port de transite d'oranges et de citrons en provenance des Baléares et des Canaries puis d'Algérie et du Maroc, vers les autres régions françaises. Ce trafic s'est développé jusqu'en 1970.

Plus vieille photo de Sète : 1845

Aller plus loin sur : http://www.sete.port.fr/fr/le-port/un-peu-dhistoire

1883 - le port - le môle

Cette photo prise en 1883 a été retrouvée par Gustave Brugidou, président de la Société d'études historiques de Sète, dans les collections de la Bibliothèque Natioanel de France. Elle fait partie d'un portfolio de 40 photos titré "les travaux publics de la France" édité par J. Rothschild.

Cette 1698 : un avenir incertain.

Charles de Sainte-Maure, duc de Montausier
par Nicolas de Largilliere

Près de trente ans après sa création, le développement du nouveau port se trouvait sérieusement entravé. Les spéculations et calculs de Louis XIV et de ses prédécesseurs de faire de Cette le débouché du commerce atlantique, ou tout au moins de l’économie du Languedoc, se trouvèrent fortement remises en cause.
En effet, malgré les consultations et précautions de toutes sortes qui avaient précédé la création du port, celui-ci présentait un grave inconvénient : le risque de comblement. Les conséquences de l’ensablement de la côte avaient été mal évaluées et les moyens d’y parer étaient insuffisants. Ainsi, en 1693, les Etats du Languedoc en accord avec les commissaires royaux signaient un bail de trente ans avec un sieur Charles Sainte Maure pour « les jetées à faire au port de Cette, creusement et désensablement du dit port. » Il en coûte au roi 15 000 livres et au Languedoc 30 000 livres par an. Plus d’un million au total sous peine de voir le port inutilisable. Et puis, malgré l’appellation de « canal des deux mers », le chef-d’œuvre de Riquet ne vit pas débarquer les trésors atlantiques. Bordeaux, exportateur de vin, concurrençait Cette en « baptisant » les vins du Languedoc. Il fallait aussi compter avec des ports concurrents Agde et, signale l’Intendant Basville dans son mémoire de 1698, « le grau d’Aigues-Mortes ». D’après son enquête, le Languedoc importait pour 6 millions de livres par an et exportait pour 16,49 millions de marchandises.
Or, le pactole ne se déversait pas à Cette. Pour une part, à cause du système fiscal. Les taxes étaient levées par un « fermier » qui avançait les sommes au roi, à charge pour lui de se rembourser (et si possible au delà) auprès des contribuables. A Cette, celui qui levait les taxes royales sur les marchandises du port avait disposé des postes de douane autour de l’Etang. Et quand les marchandises étaient réellement embarquées, il se pouvait qu’elles soient à nouveau taxées. Les bénéfices du « fermier » ne favorisaient pas l’activité. Une solution sera plus tard mise en œuvre après les plaintes des Etats du Languedoc. Les impôts entravaient aussi la production d’une des principales ressources de la province : la production de draps. L’Espagne taxe les exportations françaises et la France les laines espagnoles, renchérissant les draperies de Montpellier, grand centre de production. Et puis, Marseille achète des laines en Espagne, jusqu’à Constantinople et Smyrne et les revend directement en Italie, en Allemagne. Les mêmes marseillais dominent le commerce avec les « Echelles du Levant ». C’est à Marseille que sont acheminés, conditionnés, taxés « les londrines… et autres draps qui seront portés au Levant ». Les Etats du Languedoc demandent que le port de Cette soit « franc et libre comme celuy de Marseille » et les marchandises soient « portées en droiture au Levant ».
Cette plainte reviendra, récurrente, jusqu’en …1789. Cette devait être « la marine de Montpellier » (la ville la plus active de la province), le débouché des campagnes de l’ouest du Languedoc. Mais, que d’obstacles à surmonter !

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de  "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

1709. Cette et le « Grand Hyver »

En cette année 1709, l’édifice de l’Etat monarchique vacille. Le royaume est envahi. Les caisses du Trésor royal sont vides. C’est alors que se déchaîne une des pires calamités climatiques que la France ait subi depuis les années 1690. Cette, en Languedoc, connut le froid et la faim.

Grand Hyver - Chasse dans la neige - Pieter Bruegel l'ancien

Chasse dans la neige - Pieter Bruegel l'ancien

grand hyver - les émeutes de la faim

Les misères du temps.

La guerre sur terre s’éternisait et le sort des armes était défavorable aux armées du Grand Roi. Celui-ci devait faire face en Flandre, en Italie et en Espagne, où le patriotisme de la population permit de chasser les Autrichiens. Au Nord, les Français sont battus à Ramilies (1706), Oudenarde (1708) et, en 1709, Lille, la capitale des Flandres, une des plus grandes citadelles construites par Vauban, tombe. Dans le Sud, le prince Eugène ravage la Provence. Et la « malchance climatique » du terrible hiver de 1709 vient s’ajouter aux misères du temps. Le froid, ennemi sans merci, tue les châtaigniers, brule les vignes, fait périr les oliviers. Dans les grandes villes, les municipalités faisaient allumer de grands feux sur les places publiques. Or, le froid, attisé par un vent violent, gèle rivières et canaux, paralysant la vie économique. Les masses misérables grelottent et sont privées de nourriture : une grande partie des récoltes est perdue. L’Histoire du Languedoc (Devic et Vaissette) se fait alors évasive, « On dut envoyer quelques navires charger des grains dans les ports du Levant ».

Du pain, du pain !

A Cette, « le besoin des pauvres » a consommé par avance une année de revenu de l’hôpital. « On a même fait des quêtes extraordinaires qui n’ont pas été suffisantes pour pourvoir aux besoins pressants où sont les pauvres » et, note le registre des délibérations communales, « une grande partie des habitants de Cette n’ont pas d’autre ressource que leur travail » et, chargés « de grosses familles », « sans vivres et sans feu sont en danger de mourir ayant épuisé tous les secours auxquels on a coutume de recourir ». Le Bureau de charité est impuissant. Certes, les boulangers fournissent du pain : on leur a garanti deux ans de revenus au plus haut cours. Mais on réduit le poids des miches. Et à quel prix ? Les consuls ne l’indiquent pas, mais rendent compte de leur action. Le sieur Cornut, consul, et son collègue Aubenque vont à Agde, port des grains au débouché du canal du Midi. « Ils font la visite de tous les lieux ». Ils vont à Béziers. Il y a du blé dans les magasins de certains négociants, mais il est vendu, destiné à Montpellier, à Marseille. Au surplus, l’évêque-comte et le maire d’Agde ont interdit toute sortie des grains du diocèse. Ils doutent « de pourvoir aux besoins du diocèse dans une aussi fâcheuse conjoncture ».

Le consul Cornut note aussi « l’extrême cherté de la viande » et que la Communauté défend de vendre du pain aux étrangers « au delà du nécessaire », aux patrons de bâtiments étrangers, appelle à la délation contre ceux qui stockent farine ou pain.  Car « la Communauté a été menacée d’un mauvais pas », avec deux jours de pain pour tout viatique. Alors, le roi, ses guerres et sa gloire…

Hervé Le Blanche

La légende de la montagne de Cette

Aux temps mythologiques, inseré dans le golfe du lion, se trouvait un golfe plus petit, le Golfe de Thau. Sur l'emplacement de ce golfe, une ville, la ville de Thau, s'etait elevé autrefois avant d'etre submergée par les flots de la mer car Neptune prenait ombrage de sa fierté. Neptune fronça les sourcils, plongea son trident dans les profondeurs marines, en remonta un cetacé enorme, et le disposa à l'entrée du petit golfe, le transformant ainsi en etang desormais à l'abri des vents d'Est. Le cetacé, espece de baleine à bec de dauphin fut petrifié sur place en voyant le dieu de la mer, ainsi naquit la montagne de Cette.

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon