Histoire de Sète

La piété active du curé Gaffino.

Henri Gaffino fut curé de Saint Louis de 1857 à sa mort en 1899. Son action à Sète a contribué à modeler le visage de la ville. Il a incarné les idées de son époque par sa dévotion à la Vierge Marie et, au moment où l'église catholique comptait dans la société, il a mené une vigoureuse action dans le siècle.

 

hvhvCaptureCelui qui a tant marqué, à Sète, l'avant première guerre mondiale était originaire de Haute-Loire, d'un petit village à une trentaine de kilomètres du Puy-en-Velay. Son père était percepteur du canton. Il commença son cursus au petit séminaire du Puy et, à 14 ans, au petit séminaire de Saint-Pons (Hérault). C'est en 1841 que s'affirme sa vocation religieuse et il entre au grand séminaire de Montpellier où il restera jusqu'en 1845. il poursuit sa formation à Rome, au séminaire de Saint Louis des Français. En 1848, reçu docteur en théologie, ordonné prêtre, il fut aumônier de l'armée d'occupation à Rome. Il ne rentrera en France qu'en 1852 après des pèlerinages aux lieux saints du Levant et à des sanctuaires en Italie. Il manifeste son esprit d'entreprise lors de son premier ministère à Saint-Nazaire de Ladarès. Il y fait édifier une très belle église paroissiale et y restera jusqu'en 1857 quand il fut nommé curé de Saint Louis à Sète. On sait peu qu'il fut à l'origine de l'école Saint Joseph. On sait mieux qu'il initia le culte de Notre Dame de la Salette (1864) à Saint Clair et qu'on lui doit la statue de la Vierge qui couronne, depuis 1869, le clocher de l'église Saint Louis.

 

Henri Gaffino donnait corps aux croyances de son temps et en particulier au culte marial qui se développait en France depuis les années 1840. En effet, les apparitions de la Vierge étaient plus fréquentes. l’Église en reconnut quelques unes, dont La Salette (1840), Lourdes (1858), Pontmain (1871). C'est en 1854 que Pie IX proclama le dogme de l'Immaculée Conception.

Cette dévotion à la Vierge était portée par l'évêque du diocèse de Montpellier, Mgr de Cabrières depuis 1874.

Marie était son second prénom (G. Cholvy, Mgr de Cabrières, Cerf, 2007) et dans sa jeunesse, chaque été, il faisait un pèlerinage à Notre Dame de Rochefort du Gard.

Dans une lettre à son clergé du 2 juillet 1904, il expliquera la naissance de cette piété particulière par la présence, en collège, d'une statue de Marie à qui il ne manquait pas d'offrir des fleurs ou dédier des prières. Jeune prêtre (secrétaire de Mgr Plantier), il avait rencontré Bernadette Soubirous à Lourdes et avait été frappé par son accent de sincérité. Monseigneur de Cabrières multiplia les gestes symboliques et les initiatives en faveur du culte marial. "Les processions du 15 août à Montpellier revêtirent un caractère de solennité générale dès la première année de son épiscopat".

 

Telles étaient les formes de piété développées dans le diocèse de Montpellier et qui ont pu inspirer le curé Gaffino. De fait, il déploya à "Cette" cet esprit d'entreprise qui avait marqué les débuts de son sacerdoce, malgré les difficultés de l'époque.

Hervé Le Blanche

Photo HLB

La montée au sommet du phare du môle Saint Louis de Sète

Une expérience insolite avec Plaisirs d'Hérault à partager avec vous, amoureux de Sète ! La montée au sommet du phare de Sète, avec un panorama à couper le souffle. 

C’est au bout du môle Saint Louis, cette chaussée empierrée longue de 650 mètres construite lors de la fondation de la ville, que trône le phare Saint-Louis. Construit vers 1680, démoli en 1944 par des mines allemandes, il a été reconstruit en 1948.
Aujourd’hui, il continue de signaler par sa lumière rouge l'entrée du chenal il est désormais ouvert au public. Venez gravir les marches de cet incroyable belvédère et profitez d'une vue à 360° sur le port de commerce, le port de plaisance et la vieille ville.
Quelques chiffres : 2297 pierres, 310 m3 de pierre de taille, 126 marches,  25,78 m de hauteur, 6,50m de diamètre à la base et 4,55m au sommet, 3m de diamètre intérieur.
 

 

Les vaisseaux fantômes de Sette.

En juillet-août 1793, la France révolutionnaire devait faire face à de nombreux périls. L'un d'eux était le manque de grains, pouvant engendrer disette et famine. "Sette" en était menacée, malgré les secours extérieurs et le rôle du port.

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L'examen des délibérations municipales de l'été 1793 nuance fortement les affirmations de l'Histoire de Sète (Privat 1986), selon lesquelles Sète ne manqua jamais de grains pendant la Révolution. Le port permettait sans doute d'approvisionner un "vaste hinterland méridional allant du piémont pyrénéen à l'Auvergne et au Dauphiné" (p.151). L'incontestable sérieux de l'ouvrage ne permet pas de douter de cette affirmation. Mais les Sétois, eux, étaient apparemment très mal servis par ce flux commercial. Le 15 juillet 1793, les documents municipaux notent que "la municipalité a été souvent dans des transes affreuses"..."nous avons été sur le point, la semaine dernière, de manquer totalement de pain" et le 16 juillet, il est noté la difficulté d'approvisionnement en grains dont cette ville est sur le point de manquer. Le 26 juillet, "pas de bleds au marché de Béziers". De même le 5 août, constatent les boulangers qui se sont déplacés en personne.

 Le 9 août, le scribe municipal consigne "le manque total de grains et farines". Pourtant, l'agglomération avait reçu de l'aide du département prise sur le fonds des "bleds nationaux". Mais la ville mettait ses espoirs dans le port qui commerçait avec Gênes. Certes, il fallait "payer les cargaisons des neutres" soit en vins, soit en numéraire. Cela rendait le blé fort cher, mais éloignait le spectre de la famine. Au début d'août 1793, on attendait l'arrivée de deux navires génois chargés de grains.

Or, ces vaisseaux étaient retenus à Marseille depuis plus de deux mois. Et les producteurs du département refusent de livrer leurs récoltes au demeurant fort réduites. L'année avait été mauvaise, la soudure difficile. Les Sétois en appellent au tribunal de commerce de Marseille. Cette instance rend son verdict : les cargaisons sont déclarées libres. Mais, arguent les Marseillais, elles risquent d'être saisies par les navires ennemis. Et puis, on manque aussi de blé à Marseille. La ville veut garder les grains et offre de payer leur valeur.

 Bien embarrassés, les édiles sétois écrivirent au ministre de la guerre. On ne sait ce que celui-ci décida, mais, décidément, face aux difficultés concrètes, ils paraissaient bien irréels ces navires génois.

Hervé Le Blanche.