Pêche

Les pêcheurs sétois en visite en Italie.

Les pêcheurs « Petits métiers » de la Pointe-Courte et du Barrou de Sète (Denis Talano, Kevin Henri et Robert Rumeau) fort de leur tentative, réussie, de sauvegarder vivantes des daurades sauvages, ont entrepris un voyage, de trois jours, en Italie (en Toscane) à la rencontre de leurs homologues italiens. Ils ont tout d’abord été reçus à la FAO par Valério Crespi coordinateur de la sous-division de l’aquaculture et du développement des pêches. Puis ils se sont rendus sur la lagune d’Orbetello en Toscane, une lagune d’une surface d’environ un tiers de l’étang de Thau.




Ils y ont été accueillis par la coopérative locale des pêcheurs. L’étang a cette particularité d’avoir deux entrées permettant comme dans l’étang de Thau la migration des poissons. Ces deux entrées sont équipées toutes les deux d’un barrage laissant passer l’eau mais pas tous les poissons dont certains sont ainsi « récoltés » en fonction de leur taille.  Les pêcheurs exploitent plusieurs sortes de poissons, deux sortes de muges (l’un pour les filets et l’autre pour la fameuse poutargue* bien connue dans les pays du pourtour méditerranéen), le loup, la daurade, l’anguille, le maigre, et l’ombrine.

La coopérative des pêcheurs d’Orbetello, née en 1946 grâce à l’union de 13 membres associés, en compte aujourd’hui 58 (dont l'âge moyen est de quarante ans) ainsi que 50 salariés.

Particularité de cette lagune, le pré-grossissement des alevins de daurades dans une ferme aquacole. Les jeunes poissons sont ensuite réintroduits dans la lagune. Pour les daurades, leurs homologues italiens se servent de l’étang comme d’une ferme aquacole. Tout ce qui est introduit est enregistré, compté, pesé. L’étang étant très peu profond avec peu de courant (1 mètre d’eau en moyenne), les pêcheurs sont équipés d’un système de pompes.

Cet étang, appartenant à la commune, n’est utilisé que par les pêcheurs qui le gèrent. Les fermes aquacoles sont situées près des berges et là sont conservés les poissons prêts à la vente dans un endroit proche de leur lieu de vente aux particuliers. En plus de ces ventes, la coopérative gère un restaurant qui fait 45.000 couverts par an.  Le poisson, outre cette vente, est transformé, cuisiné et vendu en bocaux ou en conserves. Des expéditions sur la région de Naples sont aussi régulièrement organisées pour la commercialisation du poisson fraîchement pêché.

Leurs techniques de pêche et leurs filets ne sont pas identiques à ceux utilisés sur l’étang de Thau et les pratiques sétoises ont fortement intéressé les pêcheurs locaux.
Les coopérateurs, tous pêcheurs, participent (en contrepartie d’un salaire) à toutes les activités du site et toutes les tâches sont partagées.

De cette rencontre nos trois pêcheurs sétois rapportent quelques éléments de réflexion mais aussi et surtout des sources d’inspiration, comme la possibilité de se monter en groupement avant de pouvoir associer d’autres pêcheurs volontaires. Une réflexion qui a été demandé au juriste du Comité National des Pêches. Nos trois compères reviennent enthousiasmés de ce voyage et un projet de jumelage est envisagé entre la Toscane et la nouvelle région Occitanie.

*La poutargue, ou boutargue en provençal, est une poche d’œufs de muge (ou mulet), salée et séchée qui à l’instar du caviar est devenue un mets recherché et cher.

Actualités récentes sur le « projet Valdora » des trois pêcheurs sétois « petits métiers » , Denis Talano, Kevin Henri et Robert Rumeau :
Le projet désormais dénommé « Projet Valdora », leur projet dans l’étang de Thau, est suivi avec intérêt par tous les pêcheurs du Golfe du Lion.

Les plans des cages sont désormais entre les mains d’un technicien qui travaille aussi pour la société Balarucoise  « Les Poissons du Soleil ». Le projet va nécessiter la fabrication de six cages de capture différentes dans leur forme (rondes et carrées). La densité de poissons reste une priorité, pour toute labellisation future, soit 15 kg maximum de poissons par m3 d’eau. Chaque cage pourra ainsi accueillir entre 300 à 450 kg de poissons tout en restant dans les normes.

Chaque pêcheur concerné par le projet aura ainsi deux cages sous sa responsabilité qu’il devra poser lors de la migration des daurades.
Un partenariat est désormais enclenché avec l’IFREMER pour équiper 3 cages de caméras Go Pro et ceci afin d’observer le comportement des poissons mais aussi pouvoir gérer la densité du poisson capturé. 

Pour la saison prochaine le site principal se trouvera à l’entrée de la Pointe-Courte dans les bassins de l’entreprise aquacole Vital de Sète avec qui un partenariat est là aussi enclenché. Deux grands bassins seront ainsi réservés pour les captures à concurrence d’une tonne et demie de poissons.  Ces deux bassins seront de tailles différentes et pourront pour l’un recevoir des poissons de 300 à 500 grammes (le poisson « portion ») et l’autre des tailles supérieures. Les manipulations se feront toutes au salabre sur des tables de tri mises en eau afin d’éviter de blesser le poisson.

Question alimentation des daurades, le principe est conservé d’en nourrir une partie avec des moules et des crabes et de laisser jeuner l’autre partie et ceci afin de voir le comportement face à ce jeune. Tout le processus se met en place et il ne reste qu’à attendre la prochaine migration des daurades pour encore affiner la faisabilité de ce projet innovent.

La "Noisette de Méditerranée"



  
 

 
Depuis 2010, il y a donc peu de temps, une pêche se développe le long de nos côtes. Il s'agit de la pêche de  "la nasse changeante" (ou Nassarius Mutabilis) un escargot de mer que nos pêcheurs  ont décidé de rebaptiser "noisette de Méditerranée".
On trouve ce gastéropode dans des zones sableuses le long du littoral, à peu de profondeur.

Coquillage connu mais néanmoins, jusqu'à présent, peu pêché, il fait désormais partie des prises de certains pêcheurs de notre littoral, auxquels il assure un revenu non négligeable en complément de ressources.

C'est un escargot de mer apprécié en Espagne et en Italie mais pas ou très peu en France. En effet toutes les prises partent actuellement vers ces deux pays. L'OP du Sud (Organisation Professionnelle basée à la criée du Grau d'Agde) tente d'y remédier.

En liaison avec la criée du Grau d'Agde, cet organisme noue des contacts avec les restaurateurs et anime des opérations de communication / dégustations qui sont destinées aux médias, comme dernièrement la dégustation organisée au lycée de la mer de Sète (voir les photos) et au grand public avec une présence remarquée au Salon de l'Agriculture ainsi qu'aux dernières « Graulinades » du Grau-du-Roi.



Pour limiter les risques de surexploitation de cette nouvelle ressource et mieux la valoriser, l'Organisation de Producteurs (OP) du Sud a sollicité l'appui technique du Cépralmar pour travailler sur l'optimisation des méthodes de tri des captures afin de laisser les plus petits individus dans leur habitat naturel.

Au cours de ces différentes manifestations, cet escargot a été apprécié par un très large public, y compris des enfants. Il ne reste plus qu'à faire connaître la « Noisette de Méditerranée ».

Contacts :
OP du Sud 06 73 53 48 29 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Cépralmar 04 99 02 02 30 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Opération daurades pour les fêtes : le bilan.








 

Le 17 octobre, des pêcheurs professionnels de la Pointe Courte (Kévin, Robert et Denis), le Cépralmar et le Lycée de la Mer Paul Bousquet initiaient avec l'appui technique d'Ifremer un premier essai consistant à conserver vivantes, des daurades de pêche.
L'objectif, à terme, est de pouvoir décaler une partie de la commercialisation sur la période des fêtes de fin d'année . A cet effet, trente kilos de daurades avaient ainsi été prélevées.
En cette fin d’année les pêcheurs ont souhaité communiquer sur cette expérience et en faire le bilan devant les institutionnels, attentifs à cette expérience, les professionnels de la pêche, eux aussi attentifs, ainsi que les médias.

Cette rencontre au lycée de la Mer a débuté par l’excellent film de David Garcia, un film financé par le Crédit Maritime. Et venu ensuite le bilan de cette expérience, un bilan énuméré par Jean-François Holley du Cépralmar.


La première tentative de capture de daurades vivantes a connu quelques soucis de taille, en effet, peu de daurades sont restées vivantes. Il a donc fallu profiter de la fin de la période de migration et recommencer des captures avec plus de « douceur » pour éviter de choquer les poissons. Et fort de leur précédente expérience il s’est avéré que les poissons ont survécus au transbordement dans les bassins du Lycée de la Mer. Une fois installées dans les deux bassins, elles ont été observées afin de déterminer tout changement de leur condition physique. Comme remarqué par les pêcheurs, le mucus est important car il protège des bactéries et les frottements lors du premier prélèvement ont entraîné leur mort. Tout le problème semble être de pouvoir éliminer « l’agression mécanique » lorsqu’elles sont prélevées des eaux et avoir le moins de manipulations possible.
A titre d’exemple, pour leurs captures, les équipes de l’Ifremer de Palavas-les-Flots utilisent, par expérience, des salabres à mailles fines, souples et surtout sans nœud pour éviter toute zone de frottement.
Pour la prochaine saison en 2017, il sera nécessaire de déterminer la définition de la cage qui, après réflexion, sera ajoutée à la capéchade. Cette cage allant permettre aux poissons capturés de ne plus trop se frotter dans verveux trop étroit.
Est-ce que la cage est et restera un engin de pêche ou non ? Les autorités seront attentives à cette définition.
Un autre choix qui a été fait pour l’avenir, c’est de ne pas traiter (contre les bactéries toujours possible) les daurades et de les laisser le plus proche possible de leur état sauvage et donc de limiter tout ce qui ne serait pas naturel.
Pour cette première expérimentation, les daurades capturées ont été exclusivement nourries avec des moules ouvertes et avec des crabes verts. A la satisfaction des pêcheurs, les daurades les ont bien mangés. Le but n’étant pas de les engraisser mais de les maintenir « sauvages » en décalant leur vente jusqu’aux fêtes de Noël en sachant qu’en mars la pêche à la battue reprend.
Aux deux lots basés au Lycée de la Mer est venu se rajouter celui installé chez l’entreprise Murex à Sète. Là, fort d’une expérience confirmée, les poissons déposés seront laissés tout l’hiver dans des bassins qui font 50 m3.
Il sera aussi prévu, en 2017, de créer deux lots distincts dont l’un sera alimenté avec des moules et des crabes verts et l’autre sans aucune nourriture en apport pour voir si d’un point de vue qualitatif de la chair on peut arriver à des choses différentes ou pas. Une étude économique sera aussi entreprise pour essayer de se projeter.

Un groupe d’action locale sur le bassin de Thau est en train de se monter et c’est un projet qui pourrait tout à fait être intégré dedans.
(Dans le cadre du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP) quatre groupes d’Action Locale Pêche et Aquaculture (GALPA) ont été sélectionnés en réponse aux réponses aux candidatures exprimées par les territoires Vidourle-Camargue, Bassin de Thau, Grand Narbonne et Pays Pyrénées Méditerranée dans les Pyrénées-Orientales).
Le challenge pour les professionnels porteurs du projet est de vite et de bien réfléchir à la réalisation de cette cage afin d’être opérationnels pour la prochaine dévalaison d’octobre 2017.

Les pêcheurs porteurs de cette expérimentation ont été invités en Italie pour aller constater les méthodes de leurs confrères. Mais ils ont aussi conscience qu’ils devront se servir de l’expérience des pêcheurs japonais qui pratiquent eux aussi des captures presque identiques. Ils ont cette « culture » des captures vivantes.
Un chercheur aquacole de la FAO, Valério Crespi, est chargé de réfléchir à ce type de captures pour des implantations de fermes aquacoles dans le Monde et il est en contact avec Robert Rumeau l’un des porteurs du projet.

En fin de réunion, un remerciement appuyé a été exprimé par Jean-François Holley (Cépralmar) en direction de tous les partenaires sur cette opération : "Pour moi c’est le bel exemple d’un projet collaboratif et ce n’est pas quelque chose que l’on réussit tout le temps".

Jean-Marc Roger

« Des daurades mises en viviers »

Comme nous l'avions annoncé sur notre précédent article intitulé « Opération daurade 2016  », Robert Rumeau pêcheur « petits-métiers » de la Pointe-Courte associé à deux de ses collègues du Barrou, Denis Talano et Kevin Henry, ont entrepris la capture de daurades. Des daurades qui sont actuellement en pleine migration.

Capturer ou pêcher des daurades c'est ce qu'ils font durant toute l'année mais là il s'agissait de les pêcher vivantes afin d'aller, très rapidement, les mettre dans des viviers au Lycée de la Mer.
Cette expérience unique n'a, à notre connaissance, jamais été réalisée à ce jour et elle vise à conserver (vivantes) des daurades pour les revendre deux mois plus tard, au moment des fêtes de fin d'année.

Ce type de pêche est réalisée pour les thons et les anguilles alors pourquoi ne pas la tenter pour les daurades. Cette réflexion cela fait deux ans que Robert Rumeau y pensait et elle vient de se concrétiser sous nos yeux.

Grâce à un partenariat riche et varié (Lycée de la Mer, CRPMEM, IFREMER et CEPRALMAR) elle a pu se mettre en place et sa première étape vient d'être concluante, toutes les daurades sélectionnées ont rejoint les viviers du Lycée de la Mer (100 daurades pour environ un poids de 40 kg).
C'est sous les regards attentifs des jeunes lycéens qu'elles ont été placées dans deux viviers distincts. Pourquoi deux viviers ? Tout simplement pour tester la meilleure façon de les conserver avec deux sortes de nourritures, des moules et des granulés spécifiques.

Un grand nombre de lycées vont suivre le projet actuel et ce sont essentiellement des étudiants du BTS Maritime Pêche et Gestion de l'Environnement Marin et ceux des filières Cultures Maritimes (CAP et Bac Pro) qui seront en charge de la surveillance (qualité de l'eau, température, salinité, oxygène) mais aussi de l'observation du comportement des poissons. Cette observation est essentielle pour détecter des anomalies.
Ils vont aussi participer au nourrissage et ils effectueront différentes études au cour de l'expérimentation, notamment sur les aspects économiques et réglementaires du projet.

Les pêcheurs professionnels, quant à eux, viendront régulièrement participer aux travaux avec les étudiants.

Au bout des deux mois d'observation les pêcheurs et leurs partenaires pourront se faire une idée sur la faisabilité de cette pratique et donc sur sa reconduction éventuelle. Tous les professionnels de la filière sont eux aussi attentifs car la pêche à la daurade ne se pratique pas que sur l'étang de Thau.

Les regards sont donc désormais tournés vers cette expérience qui à attiré de nombreux « curieux ».

Voici quelques clichés sur cette journée riche en émotion.

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Opération Daurade 2016

«  Essai technique de conservation de daurades de pêche vivantes.»

Hier, la presse était conviée à aller à la rencontre des pêcheurs professionnels de la Pointe-Courte. Ils étaient trois pêcheurs « petits-métiers », Robert Rumeau (porteur du projet), Kevin Henry et Denis Talano. Et ils étaient entourés de leurs partenaires, Clément Calmettes du Lycée de la Mer,Thomas Sérazin du CRPMEM et Jean-François Holley du Cépralmar.

C'est une opération autour de la daurade que Robert Rumeau situe comme une « expérience ». Un projet qu'il mûrit depuis déjà deux ans.

Le principe en est simple mais il fallait y penser et surtout le mettre en œuvre, d'où l'intérêt d'avoir ce partenariat où chacun amène sa compétence dans un but final.

Quand la daurade sort de l'étang (à l'automne selon les conditions climatiques), il y a une grosse quantité de poissons capturés et qui se retrouvent sur le marché d'où une très nette baisse des prix, passant de 17 euros (actuellement) à parfois moins de 5 euros le kilo. Robert Rumeau en observant ce qui se faisait sur le thon et l'anguille, des poissons conservés vivants, a donc eu cette idée de conserver les daurades vivantes durant deux mois (d'octobre à décembre) afin de les proposer jusqu'aux fêtes de fin d'année, une période où il n'y a plus de daurades dans l'étang.

Robert Rumeau nous explique alors la technique et son principe.

« Il faut savoir une chose, c'est que le système de filets que l'on a, notamment les capéchades, les manières, les triangles ou les brandines que l'on utilise, permettent de capturer le poisson vivant.  

Je me suis dit pourquoi on tenterait pas de conserver quelques daurades après la migration et ainsi d'essayer de les commercialiser deux mois après, au moment des fêtes quand il n'y en a pas. Il ne s'agit pas de parler d'engraissement (comme pour le thon) mais juste de les maintenir au même poids. 
Quand les conditions climatiques seront réunies, une chute de température accompagnée d'un fort mistral, toutes les lagunes de méditerranée vont voir la migration débuter. Même des lagunes où jadis il n'y avait pas de grosses daurades en ont désormais et ces lagunes seront elles aussi sur le marché.
« Donc l'idée c'est d'en soustraire une partie afin de la remettre à la commercialisation au mois de décembre en tentant ainsi de stabiliser le cours du marché même pendant la migration. Tout le monde est concerné par ce phénomène là et si cela fonctionne nous pensons que d'autres pêcheurs feront de même ».
« Là on est vraiment sur un essai grandeur nature avec une quantité limitée de poissons, soit 40 kg. Ce qui ne changera rien au cours du marché mais qui nous permettra de cerner toute la problématique à venir. L'idée étant de tester la faisabilité technique  et de voir si ça marche complètement ou si l'on rencontre certains problèmes ».

Jean-François Holley (Cépralmar) tient à préciser que, 

« durant ces deux mois, les daurades seront réparties dans deux viviers au Lycée de la Mer (des viviers de 20 kg chacun) et elles seront nourries de deux façons différentes. Les unes recevront des moules et les autres des granulés spécifiques pour leur maintien en poids. Il ne leur sera administré aucun traitement autre car derrière, l'objectif à terme sera de simplifier au maximum la manipulation pour les pêcheurs et de pouvoir ainsi commercialiser le poisson à moindre coût ».

Pour cette année, les bateaux des trois pêcheurs seront équipés de viviers et ils transporteront les daurades au Lycée de la Mer pour les y débarquer. Une fois sur place les élèves du lycée seront en charge du nourrissement et de l'entretien des viviers, soutenus par les pêcheurs eux-mêmes. Une bien belle façon pour les élèves de toucher du doigt une des problématiques de ces pêcheurs.
Outre l'aspect maintien des daurades vivantes, d'autres questions vont se poser aux partenaires sur la rentabilité du procédé et donc à partir de quel volume cela va paraître intéressant à développer et quel type d'installation doit être envisagée.
Autre problème soulevé, la température de l'eau des viviers qui selon la température de l'eau de l'étang devra pouvoir être chauffée, la daurade ne supportant pas les basses températures elle arrête de s'alimenter.

« On est vraiment sur un premier essai technique ».

Et Robert Rumeau de conclure :

«  Et pourquoi ne pas réfléchir et envisager, avec une telle technique, de développer un marché de poissons vivants comme cela se fait ailleurs. On pourrait alors cibler la grande restauration. Si vraiment ça fonctionne, c'est un bien pour toute la profession et pas seulement pour l'Etang de Thau».

 La prochaine étape se déroulera lors de la migration et nous y serons.

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Côte à côte

Rencontre avec le parc Marin de la côte bleue et ses pêcheurs professionnels petits métiers






 

Huit pêcheurs petits métiers agathois ont accompagné récemment l'équipe de l'Aire Marine Protégée de la côte agathoise gérée par la ville d’Agde pour rencontrer leurs homologues respectifs du côté de la côte bleue (Carro, Carry le Rouet, Sausset les Pins...) qui ont 30 ans d'expérience avec le parc marin.


Une visite fructueuse pour évoquer le métier de pêcheur là-bas, les relations avec le parc et l'avenir.
L'accueil a été très chaleureux par des élus locaux de Martigues et du Rove, très impliqués dans ce parc marin, par le directeur Fred Bachet et l'équipe du parc (6 agents permanents), le prud'homme, les responsables du petit musée de la pêche et de nombreux pêcheurs en activité.
Les pêcheurs provençaux tirent un bilan globalement positif du parc marin et notamment de ses deux réserves marines issues de cantonnements. Un succès bâti sur une implication et une association des pêcheurs dès le départ, en transparence avec le parc marin et en concertation avec les autres usagers maritimes locaux.
C’était aussi l'occasion de visiter les beaux locaux très fonctionnels de ce parc marin, à la fois siège administratif et technique, mais aussi pédagogique avec une salle dédiée aux classes de mer qui ont déjà accueilli…plus de 26 000 enfants ! De quoi nous donner des idées au niveau local… Cette expérience de visite devrait renouvelée du côté du Parc naturel régional de Camargue qui a en charge une partie marine et notamment son récent cantonnement de pêche.

Renaud Dupuy de la Grandrive
Directeur du milieu marin de la Ville d’Agde
Aire Marine Protégée de la côte agathoise

Le CEPRALMAR : coopérer avec les gens de métier

Un entretien avec André Lubrano, Président du Cépralmar

Le Cépralmar (Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes ) est un acteur régional reconnu au niveau national et international. Apprécié des professionnels de la mer comme des élus des collectivités territoriales, il intervient depuis 35 ans pour favoriser le développement durable du secteur des pêches et des cultures marines mais également la gestion intégrée des zones côtières.

Le Cépralmar est néanmoins très peu connu du grand public. Thau-info a voulu en savoir plus sur cette structure associative soutenue par la Région et qui a inspiré nombre de décisions et de réglementations nationales. Son président André Lubrano a bien voulu répondre à nos questions.

 

 

CEPRALMAR

Depuis 2016 le CEPRALMAR est implanté à Sète, la ville-port appelée à jouer un rôle majeur dans la grande région LRMP.

Association loi 1901, créée en1981 le Cépralmar, soutenu par la Région, a pour objet statutaire :

  • de favoriser et de promouvoir les actions visant à sauvegarder l'exercice de la pêche et des cultures marines en mer et dans les étangs et à encourager les tentatives, menées par les professionnels, destinées à une meilleure exploitation du milieu lagunaire et marin,
  • de mettre en œuvre toutes formes d'études techniques pour le compte des maîtres d'ouvrage et d'assurer leur suivi pour la bonne exécution des programmes définis dans le cadre de l'association",
  • de contribuer à la définition d'une politique à long terme concernant la mise en valeur du milieu côtier de la région.

Une originalité structurelle :

Avec sa représentation paritaire élus - professionnels de la mer, le CEP¨RALMAR est une véritable "chambre des métiers de la mer".
Le Cépralmar a un conseil d’administration composé de 12 membres représentant l’ensemble des acteurs de la mer.
Ces membres sont répartis en 2 collèges :

  • collectivités Territoriales et Syndicats mixtes gestionnaires de milieux lagunaires et marins
  • représentants professionnels.

Depuis 2010, le Cépralmar est présidé par André LUBRANO, Conseiller Régional.

   

T.I : A quoi sert le Cépralmar ?

Andre Lubrano :
Le Cépralmar est un outil qui permet d'abord aux professionnels de la mer et aux élus ou gestionnaires de syndicats mixtes de se parler, d'échanger et de construire ensemble. Les professionnels tiennent à son existence car il permet aux gens de métier de s'exprimer librement et de coopérer. C'est leur outil.
Au fait des évolutions économiques, techniques, réglementaires et sociales, le Cépralmar propose une ligne d’actions adaptée aux réalités régionales et la traduit en programmes d’interventions sur le terrain.

T.I Quels sont les grandes missions du Cépralmar?

André Lubrano :
Nous avons trois grands axes:

  • développement des filières maritimes : avec sa vision transversale de la filière des produits aquatiques, le Cépralmar conseille les professionnels et leurs organisations dans la définition stratégique, le montage et l'évaluation de leurs projets de développement. Cette présence quotidienne auprès des exploitations et des entreprises du secteur maritime lui permet de recenser les besoins, de promouvoir la diversification des activités de production, d'encourager les initiatives privées vers une démarche innovante en lien avec les marchés. L'équipe technique travaille au côté des organisations professionnelles dans la conduite de leurs missions et dans la construction de projets collectif.
  • gestion intégrée et durable du territoire littoral : La qualité de l’environnement littoral conditionne le maintien de l’ensemble des activités maritimes. Porte-parole des métiers de la mer, le Cépralmar agit pour faire reconnaître leur importance dans la vie économique régionale et leur contribution au maintien des équilibres de la bande côtière. Il contribue à l’élaboration de documents de planification (SCOT, SAGE, ...), s’implique dans des opérations d’aménagement (récifs artificiels, restauration des lagunes...) et de gestion (contrats d’étang, réseaux de suivi) et intervient dans des programmes de recherche appliquée au niveau national et européen. L’ensemble de ces actions est résolument inscrit dans une approche de gestion intégrée et durable du littoral régional.
  • coopération entre les acteurs : Interface entre le monde scientifique, professionnel et les institutions, le Cépralmar joue un rôle fédérateur dans la mise en œuvre de réseaux de collecte et de transfert des “connaissances” et des “savoirs”. Il organise la concertation entre tous. Enfin, il coordonne l’élaboration de réponses appropriées et concertées à destination des collectivités publiques et des professionnels.

T.I : De quels moyens dispose le CEPRALMAR ?

André Lubrano :
Malgré un très vaste champ d'intervention, l'équipe permanente est très réduite. Elle est constituée de 4 chargés de mission de haut niveau : Erika GERVASONI pour l'aquaculture, Adeline FOURRIER pour la gestion du milieu maritime et la planification, Matthew HEBERT pour la gestion des lagunes et Jean-François HOLLEY pour la pêche. Sylvie MERIC, directrice administrative et Perine CAZORLA responsable du secrétariat complète l'équipe.
Le budget du Cépralmar, de ce fait très raisonnable - 600.000 euros par an - est financé pour environ 80% par la Région.
Les moyens pour lancer les études ou les projets doivent donc être trouvés à l'extérieur auprès de partenaires privés ou institutionnels, régionaux, nationaux ou européens.

 

Un programme riche et dense

 

l'équipe du Cépralmar

 

T.I : Existe-t-il des synergies entre les métiers de la mer et ceux de la terre ?

André Lubrano :
Pour la qualité de l'eau des lagunes, ce qui se passe et se déverse à terre, revient dans l'eau, la coopération et le dialogue entre les deux est  une évidence et une nécessité. Sur les plans des produits, des actions de valorisations complémentaires sont déjà en cours et le seront de plus en plus. Hier par exemple on a fêté à Marseillan les médailles obtenues au concours général agricole par Philippe Ortin, le Président du CRCM,  pour la qualité de ses huîtres et par les Caves de Richemer pour ses vins (voir notre reportage).

Propos recueillis par Jean-Marc-Roger et Jacques Carles

Pêche : un potentiel économique régional à valoriser

Afficher l'image d'origineAvec la seconde flotte de pêche française et une représentation de 3 segmentations d’activités complémentaires (thoniers, chalutiers, petits métiers), la filière pêche en Languedoc Roussillon Midi Pyrénées a un potentiel économique qui mérite d'être valorisé. Dans cette perspective, la Région a défini une stratégie régionale pour la pêche que le Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes  (Cépralmar) basé à Sète, met en œuvre avec l’ensemble des partenaires de la filière.
Thau-info a interrogé Jean-François Holley, responsable du secteur pêche au Cépralmar pour avoir un aperçu des actions menées dans ce domaine par une institution peu connue du grand public mais reconnue au niveau national et international.

 

Jean-François Holley

Ingénieur agro, spécialisé dans l'halieutique, Jean-François Holley, 38 ans,a rejoint le Cépralmar en 2010 où il est responsable sur secteur "pêche".
Avant de se fixer à Sète, Jean-François Holley a réalisé un beau parcours professionnel. D'abord avec l'Ifremer, à Boulogne sur mer puis à Nantes, ensuite au CEMAGREF devenu l'ISTEA (L'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) et un passage de 2 ans en Nouvelle -Zélande.

 

 

 Chiffres clés du Languedoc-Roussillon

  • environ 1400 marins pêcheurs (dont 64% pour la petite pêche, 15% pour la pêche côtière, 1% pour la grande pêche et la pêche au large et  20% pour la conchyliculture

  • Environ 700 navires de pêche en Languedoc-Roussillon
    (dont 87% de petits métiers, 10% de chalutiers et 3% de senneurs)
  •  11 prud’homies en Languedoc-Roussillon

    Le Grau du Roi, Palavas, Sète - étang de Thau, Sète-Mole, Agde, Valras, Gruissan, Bages,- Port la Nouvelle, Leucate, Saint Laurent-de-la-Salanque - Le Barcarès, St Cyprien

    En France, les prud'homies existent depuis le XIVème siècle. Ces institutions sont chargées de la gestion des ressources, de l'organisation des activités, de l'établissement de réglementations et de l'arbitrage des conflits entre pêcheurs.
  • 5 ports principaux
    Port-Vendres, Port la-Nouvelle, Agde, Sète, Grau du Roi

  • 4 criées ( Port la Nouvelle (gestion CCI) - Agde (gestion SEM municipale + coopérative des pêcheurs) - Sète (gestion Port Sud de France) - Grau du Roi (gestion 2 coopératives maritimes)
  • 72 points de débarquements tout le long du littoral du Languedoc-Roussillon
  •  9.300 tonnes (pour une valeur de 45 millions d’euros)

  • Plus de 80 espèces commercialisées :sardine, anchois, merlu, poulpes, dorade, baudroie, bar, rouget barbet, etc.

Fishing nets 

   

Maintien et soutien de la filière anguille

Pour faire valoir les efforts faits par les professionnels pour assurer la durabilité des pêcheries d’anguilles, le CRPMEM LR a entrepris une démarche transnationale pour certifier la pêche de l'anguille à l’aide du Sustainable Eel Group (SEG).  A cette, fin un cahier des charges de la pêcherie lagunaire d’anguille a été entrepris en vue de la labellisée. Le Cépralmar est en appui de ce projet.
Parallèlement, il semble indispensable de diversifier les circuits de distribution, aussi bien pour les mareyeurs que pour les pêcheurs. Avec l’appui de Sud de France, la démarche vise  à développer une consommation régionale de l’anguille puisque si le Languedoc-Roussillon est une région importante en termes de production, la consommation locale y est très faible. La difficulté est de convaincre  les acheteurs en criées et les restaurateurs qui n'ont pas l'habitude de travailler ce poisson. 
Pour faire également connaitre le produit au grand public diverses manifestations  ont été réalisées avec le concours du Cépralmar y a apporté son concours. En ce début juin, par exemple, la 1ère fête de l'anguille a été organisée à Palavas par la Prud’homie des Pêcheurs. Cette manifestation avait pour but de faire découvrir la pêche artisanale de l’anguille sur les lagunes palavasiennes. Très ancienne elle se pratique à l’aide de nasses appelées « capétchades » qui n’ont que très peu évolué avec le temps. Cette pêche artisanale est très respectueuse du milieu lagunaire mais aussi de la sélectivité des espèces. Il est donc très important pour les pêcheurs que cette espèce soit reconnue pour ses qualités gastronomiques mais aussi pour sa pêche responsable et durable. Dan sle même esprit en septembre dernier, Thau Agglo en partenariat avec le Cépralmar et le CRPMEM LR avait  organisé la 1ère fête de l’anguille à Marseillan.

 

Filière anguille : le contexte

Depuis la publication par le Commission Européenne en 2007 d’un règlement instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles, la France a choisi de mettre en oeuvre des plans de gestion triennaux pour atteindre les objectifs de « rechercher l’optimisation de la survie de la civelle jusqu’au stade argentée de retour en mer » et «d’assurer un taux d’échappement vers la mer d’au moins 40% de la biomasse d’anguilles argentées».

Malgré les efforts faits par les professionnels (contingentement de l’activité, PSF, fermeture saisonnière…), la filière anguille se trouve dans une situation critique dû à l’effondrement des élevages aquacoles du nord de l’Europe qui ont déstructuré les marchés traditionnels de la filière régionale.
Fort de ce constat, le CRPMEM LR, avec l’appui du Cépralmar, souhaite engager plusieurs actions pour assurer le maintien de ces activités économiques importantes pour la filière pêche du Languedoc-Roussillon.

 

Projet Golion

Le Syndicat des Petits Métiers du Languedoc-Roussillon (SPMLR) a sollicité le Cépralmar afin de mieux mettre en avant le poisson des petits métiers du Languedoc-Roussillon pêché à la ligne. Les loups, dorades, pageots ou merlus capturés à l’hameçon peuvent afficher un niveau de qualité exceptionnel alors qu'ils sont commercialisés sans distinction particulière.
Avec l’appui financier de la Fondation Daniel et Nina Carasso, de la Région Languedoc-Roussillon, le Cépralmar et le GIE GOLION ont élaboré un tag permettant d'identifier le poisson pêché à la ligne à travers la marque Sud de France. Avec ce tag fixé sur l'opercule qui indique le nom du pêcheur professionnel, l'information atteindra le consommateur final quelque soit le circuit de commercialisation du produit. (» en savoir plus : www.golion.fr)

Golion logo 

tag-poisson-de-ligne

 

Mise en valeur de la pêche régionale avec Sud de France

 Le Cépralmar accompagne  les pêcheurs professionnels faisant de la vente directe qui souhaitent mieux promouvoir leurs produits à l’aide de Sud de France. Il réalise également des outils de communication pour informer le grand public grand public de l’existence de professionnels faisant de la vente à quai et les lieux et horaires pour les trouver. Des plaquettes "venez découyvrir la pêche du jour " ont ainsi été réalisées sur plusieurs sites (Palavas, Carp d'Agde, etc.)

Le projet Galion : mieux gérer pour mieux pêcher

Galion est un projet de 3 ans, porté pat l'AMOP (Association Méditerranéenne des Organisation de Producteurs) en partenariat avec l'IFREMER qui doit permettre de définir de nouveaux modes de gestion pour la pêcherie chalutière du golfe du Lion.
A ce jour, une soixantaine de chalutiers français travaillent sur le golfe du Lion. Ils pêchent entre 10 000 et 15 000 tonnes de poisson par an. Améliorer la gestion des ressources marines est donc un impératif au maintien des entreprises de pêche. Sientifiques, pêcheurs et économistes travaillent ensemble à la collecte des données. Parmi les actions prévues : cartographie de la distribution des captures et rejets, étude de la sélectivité des engins de pêche,  définition des habitats sensibles ou à risque, proposition de stratégies de pêche limitant les rejets (» en savoir plus).  

Soutien à l'aménagement des points de débarquement

 Le Cépralmar accompagne les collectivités territoriale pour aménager leurs points de débarquement, une nécessité avec les mutations en cours : diminution du nombre de chalutiers, disparition de la halle à marée de Port-Vendres, mise en place d’une collecte par la halle à marée de Port la Nouvelle, renforcement des normes sanitaires, détermination d’un nombre de jours de mers pour la flottille chalutière… A cela, il convient d’ajouter les réformes en cours : la politique du zéro rejet, la nécessité de pesé ses captures au point de débarquement. Tout ceci conduit les collectivités à aménager leurs points de débarquement pour mieux prendre en compte l’ensemble de ces évolutions et intégrer la place du port de pêche dans l’ensemble des activités portuaires.

Pour être exhaustif citons encore le Projet Sélectivité Palangres (SELPAL). L'objectif de projet, porté par l'AMOP et qui se termine, était de mieux comprendre les interactions éventuelles de ce métier avec les oiseaux marins et sélaciens sensibles, d’en estimer les taux de mortalité et si de proposer un guide de bonnes pratiques permettant la poursuite du métier en limitant ses effets négatifs. Le Cépralmar s'est surtout attaché à  apporter son appui aux différents partenaires pour mettre en avant le caractère écoresponsable de cette pêcherie.

 

pêche à la palangre

En Languedoc-Roussillon, la pêche à la palangre est globalement peu développée, hormis pour le thon rouge. Ce métier est aujourd’hui l’un des plus rentables économiquement pour les petits métiers. En outre, avec la restauration des stocks, il est raisonnable de croire à une hausse des quotas ces prochaines années.
En lien avec les techniques de pêche à la palangre, la question des captures accessoires est une problématique de plus en plus importante au sein des Organisations Régionales de la Gestion des Pêches. Elle est également mise en avant par certaines ONG sensibles aux captures accidentelles de sélaciens. Malheureusement, les données sur d’éventuelles captures accidentelles sont extrêmement limitées, et même inexistantes dans le cas de la pêche palangrière au thon rouge sur le Golfe du Lion.

 

voir aussi notre article :  Le CEPRALMAR : coopérer avec les gens de métier

 

Pêche à la palangre





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Sortie sur l'étang de Thau avec la famille Cartier, Charles surnommé « Charlou », le père et Frédéric, son fils.

Départ des berges de l'étang avant le lever du soleil pour aller relever les lignes immergées près des tables conchylicoles, en face de Mèze. Frédéric est au moteur et aux rames.
« Charlou » à l'avant du barquet a vite repéré le début de la ligne accrochée à un pieu de l'une des tables d'élevage. Il remonte peu à peu la ligne de fond qui sort progressivement de l'eau
Certains hameçons sont parvenus à capturer des poissons ou des anguilles. Le but de la journée étant de capturer des loups (ou bars) même si au final, en fin de matinée, la quantité d'anguilles pêchées sera supérieure à celle des loups. Au grand désespoir de notre pêcheur mézois.

Charles Cartier est issu d'une famille de pêcheurs. Il perpétue cette tradition avec l'aide de son fils Frédéric.
En plus de pratiquer cette forme de pêche, il pose des capéchades et travaille sur des tables conchylicoles trois mois de l'année, durant l'hiver. Pour cette pêche qu'il pratique une fois par semaine, il dépose au fond de l'eau quelques 30 palangres pour un total de 600 appâts (des clavières et des gobies) disposés sur la ligne de fond.

Comme le décrit si bien Vincent Giovannoni dans son livre Les Pecheurs de l'Etang de Thau : "dans les eaux de l'étang, les pêcheurs utilisent encore aujourd'hui des palangres de fond leur permettant la capture des anguilles vertes et des loups. L'engin est fait d'une ligne principale longue de plusieurs centaines de mètres (200 mètres en général) sur laquelle des lignes secondaires portent un hameçon. Ces hameçons sont amorcés au moyen de poissons de petite taille obtenus grâce à la pêche aux bertoulets.
 On appelle bertoulets , du côté de Sète et de Bouzigues, des petits verveux permettant la capture des appâts. Ces pièges sont calés entre les tables conchylicoles dans des zones herbeuses. Ils sont amorcés avec des débris de moules ou de crabes écrasés. Ces pièges sont appelés jambin du côté de Mèze et de Marseillan".

Jean-Marc Roger

 


Une vidéo de Fenêtre sur le Sud

Les capéchades du "Corse"

Un reportage Fenêtre sur le Sud - Jean-Marc Roger

Robert Isoird, surnommé « Le Corse », actuellement en retraite, a depuis sa prime jeunesse pratiqué professionnellement la pêche sur l'étang de Thau. Il était ce que l'on nomme un pêcheur "petits-métiers". D'une famille de pêcheurs, il a su profiter de l'expérience de son père, René, ainsi que de ses deux frères.
Comme ses collègues « pointus » il a du s'adapter aux temps nouveaux et développer certaines pêches en abandonnant certaines autres devenues peu rentables.
La pêche à la "capéchade" est l'une des pêches subsistant encore de nos jours.
Robert nous amène, dans ce sujet vidéo, sur l'un de ses lieux de pêche situé dans la Crique de l'Angle, près de Balaruc-le-Vieux. Là, dans cette zone peu profonde et en fonction de la saison, il met en place ses filets afin de capturer des jols, des crevettes ou des anguilles.
Ce type de piège est couramment encore appelé des "maniguières" dans le quartier de La Pointe-Courte à Sète.
Robert nous parle de son métier et de sa passion pour ce métier et pour la nature qu'il côtoie tous les jours, qu'il fasse beau ou mauvais. Il se sent privilégié.
Mais comme nous pouvons le constater les captures peuvent être maigres mais comme il le dit si bien « l'important c'est de faire sa petite journée sans trop pêcher pour penser à la reproduction ».
Mais au final, c'est un métier qu'il ne souhaite pas pour ses enfants et il ne fera rien pour les y inciter La relève n'étant plus assuré nous assistons là aux dernières pêches sur l'Etang de Thau.

Jean-Marc Roger

La criée Sètoise

Dès son origine la criée de Sète a été une vitrine du savoir-faire en matière de vente aux enchères des produits de la mer. Elle propose des produits de qualité issus de la pêche artisanale des navires inscrits en criée. La vente des produits se fait aux enchères descendantes, dite enchère hollandaise, elle est réservée à des acheteurs professionnels (mareyeurs locaux, nationaux et internationaux, courtiers, détaillants).

La criée a été créée en 1956 par Georges Azais, un mareyeur réputé de Sète. Elle a été la première, en Europe, à être informatisée, en 1967. Les enchères ne se font plus à la voix (par un « crieur ») mais elles sont désormais informatisées.
Le vendeur, après avoir renseigné le lot (le nom du navire, de l’espèce, de la taille, la qualité, le jour de la pêche, etc.), attribue un prix de départ pour les enchères. Le lot est alors présenté à la vente : le prix diminue.
Les acheteurs, équipés de télécommande, acquièrent le lot en appuyant sur le bouton d'achat : ainsi le produit est attribué au plus offrant.
Il y a dix ans, il y avait 33 chalutiers et 50 petits-métiers concernés par les ventes pour 25 mareyeurs acheteurs.
Aujourd'hui, on ne compte plus que 14 chalutiers et 71 petits-métiers. Il reste 11 mareyeurs et 78 poissonniers, un nombre qui lui est en croissance.
La criée, outre le port de Sète, reçoit aussi les poissons d'autres ports des environs, Palavas-les-Flots, Agde, Le Grau-du-Roi, Marseillan, Mèze..... Les produits vendus, selon les saisons, sont représentés par du merlu, de la baudroie, des daurades, du poulpe, du rouget, de l'anchois, des encornets, de la sole, du loup, entre autre.
Les apports étaient jadis, journellement, de 12 à 18 tonnes de poissons « nobles » pour 20 à 45 tonnes de poissons bleus (anchois/sardines).
Les bateaux inscrits en criée ne sortent qu’à la journée et très tôt le matin, ce qui permet de présenter à la vente des produits de grande qualité et d'une fraîcheur exceptionnelle.

Jean-Marc Roger

Des visites commentées de la criée sont organisées par l'Office de Tourisme de Sète. Réservations directement à l'Office ou au 04 99 04 71 71

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la Criée, il y a 10 ans : un reportage vidéo réalisé par « Fenêtre sur le sud »