Pêche

Immersion dans la criée de Sète

La criée de Sète a été construite en 1966. Elle est le fruit de l’imagination de l’architecte Jean LE COUTEUR à la demande de l'ex CCI de Sète, alors gestionnaire du port.criDSC_0309 (16)

Jean Le Couteur est l’urbaniste et l’architecte en chef de la station balnéaire du Cap d’Agde, issu du projet interministériel décidé par le général de Gaulle pour l’aménagement du littoral du Languedoc-Roussillon.

Ce jeudi 20 juillet, la Région Occitanie Languedoc-Pyrénées qui a en charge le Port de Sète-Frontignan Méditerranée proposait une visite de la criée commentée par son Directeur des quais de débarquements au départ des lots retenus par les acheteurs du jour. La criée peut être visitée quelquefois au moment de la vente via l’Office du tourisme de Sète.

La particularité de Le Couteur ayant été une prédilection pour l’utilisation du béton en s’inspire également des lieux pour la réalisation de ce monument, la criée de Sète s'inspire de l'envol d'une mouette, oiseau emblématique d’un port de pêche. Le port de Sète est le 1er port de pêche de méditerranée française et le 20ème en France sur 43 ports. Afin de répondre aux besoins des professionnels de la pêche, il est équipé de structures et d’infrastructures spécifiques : une halle à marée et du matériel permettant la mise en vente des produits de la mer conformément aux différentes dispositions réglementaires ainsi que l’accueil de ses clients des quais d’amarrage, avec alimentation en fluides et zone de stockage d’équipement, dédiés aux professionnels de la pêche. Une aire de carénage pour des navires allant jusqu’à 180 tonnes. Un système de production et de vente de glace paillette alimentaire.

La criée emploie 8 salariés permanents et quelquefois des intérimaires sur le site. Elle est une criée publique et son statut juridique est un établissement public à caractère administratif.

Le port de pêche a la particularité d’être dans le centre-ville de Sète, résultat de la culture de l’activité halieutique de la ville depuis plusieurs siècles. Cela est pratique dans ce sens mais pose de multiples problèmes aux acheteurs qui sont pris plusieurs fois dans la journée, dans le flot de la circulation. Comme le précise le Directeur "L'idée fera peut-être son chemin mais le premier essai a eu pour résultat un centre de traitement surtout réservé aux ostréiculteurs, entre Sète et Frontignan." Il s'agit d’une zone d’activité, située dans la ZIFMar, sur laquelle cohabitent des établissements conchylicoles, aquacoles, mareyeurs, centre de congélation, transporteurs ou encore une pépinière d’entreprise. Une partie des terrains de cette zone est alimentée en eau de mer brute. Les lots sont attribués suite à des appels à projet à des établissements travaillant les produits de la mer.

Quant à la criée, dès 1967, celle de Sète a été une vitrine du savoir-faire en matière de vente aux enchères des produits de la mer. Première criée d'Europe à être informatisée en 1967. Les enchères ne se font plus à la voix et à la main levée mais à l'aide d'un écran d’affichage pour le vendeur et d'un bouton d’achat pour chaque acheteur. Elle a servi d'exemple pour d'autres criées (Port de Bouc, Arcachon, etc.), Il s'agit d'enchères descendantes et remontantes partir d'un prix relatif de départ (souvent celui de vente de la veille).

Elle fut la première à gérer en temps réel l'encours des acheteurs (en montant avec délai de paiement) puis le système de vente a continué d’être amélioré, notamment en 2009 en offrant la possibilité de faire remonter les enchères, afin de garantir le prix le plus juste, avec une cadence rapide de 700 lots à l'heure. Pour l'achat à distance, la criée a mis en place l'achat programmé en temps réelle ou en temps différé suite à de nouvelles réglementations Le vendeur, après avoir qualifié un lot (nom du navire, de l’espèce, de la taille, la qualité, le jour de la pêche, etc.), attribue un prix de départ pour les enchères.

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Le lot est alors présenté à la vente : le prix diminue. Les acheteurs, équipés de télécommande, acquièrent le lot en appuyant sur le bouton d'achat : ainsi le produit est attribué au plus offrant. Si il y a égalité entre 2 ou plusieurs acheteurs, le prix remonte. Le lot est vendu au plus offrant. Car la Criée de Sète a beaucoup de succès avec ses produits frais. On peut y trouver 90 espèces dont merlus, Daurades et poulpes.... Pour acheter, pas besoin d'agrément, il faut juste une caution. Que l'on soit Restaurateur, Mareyeur, Poissonnier, détaillant, de Sète ou d'ailleurs l'on peut s'inscrire et opter pour une option d'achat. La plupart des villes de France sont desservies avec 3 sociétés de transport pour les acheteurs à distance. En cas de « collision », c’est-à-dire si plusieurs acheteurs veulent un lot au même prix : l'enchère devient montante (le prix remonte). L'acheteur qui appuie le plus longtemps sur son bouton d'achat remporte l’enchère, à un prix plus élevé.

Ce principe de vente à la particularité de permettre une cadence de vente très rapide. Ainsi, la halle à marée de Sète vend par heure, pour un total d'environ 2000 lots par jours. La qualité et la fraîcheur des produits vendus sont ainsi garanties.

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Pour répondre aux besoins des pêcheurs et des acheteurs, la criée de Sète vend la production par lots qui sont identifiés. Dès qu'ils ont été triés, les produits de la pêche sont déposées en chambre de congélation et sont proposées dans des bacs de 30 l. Une fois la vente effectuée, les lots seront couverts de glace, préparées pour les acheteurs qui n'auront plus qu'à récupérer les lots achetés sur des palettes. Pas de temps perdu, que des produits frais. Car le port de pêche de Sète c'est le port d'attache d'une flotte diversifiée : des thoniers, plus de 17 chalutiers qui ramènent 200 jours par an, maximum, entre 500 kg et 1 tonne de poissons, chacun.

Mais quotidiennement, la criée vend le produit de la pêche des chalutiers ainsi que plus d'une cinquantaine de petits métiers. Il faut savoir que les patrons pêcheurs sétois sont organisés :

En prud’homie : spécificité méditerranéenne. A la tête de la prud’homie sont élus des prud’hommes pour des mandats de 3 ans (2 prud’hommes par type de métier : thonier, chalutier, petits métiers) avec à leur tête un prud’homme Major. Ceux-ci jugent des différends et des contestations qui naissent entre pêcheurs dans l’exercice de leur métier, sans qu’il y ait lieu de faire un procès.cri

En coopératives maritimes : d’avitaillement et de matériel, mais aussi en coopérative maritime de pêche. Ces coopérations permettent aux professionnels de pouvoir répondre à leur besoins collectifs et favorisent un fonctionnement optimal de leurs professions par une centralisation des achats

En organisation de producteurs : la Sa.Tho.an. A un rôle de porte-parole/représentation politique auprès des partenaires institutionnels, gestion des quotas de pêches pour le thon rouge, aide à la valorisation des produits de la pêche, aide dans la recherche d’innovation des techniques de pêche.

Il faut savoir que Sète a vécu une époque de gloire pour la pêche dans les années 95 avec 21 millions d'euros de vente, du poisson et de nombreux chalutiers. Avec la raréfaction des espèces, avec les contraintes européennes, après des difficultés, il semblerait que le monde de la pêche devienne plus optimiste. Tous produits confondus la moyenne des prix est de 5€ par Kilo, à la criée qui tourne à 11 millions d'euros par an.

La criée propose donc, le plus souvent, des produits issus de la pêche artisanale. Les bateaux inscrits en criée ne sortent qu’à la journée, ce qui permet de présenter à la vente des produits de grande qualité et de fraîcheur exceptionnelle. En principe les produits les plus vendus en criée sont : Merlu, Baudroie (lotte), Daurade, Poulpe, Rouget, Anchois, Encornet/calamar, Capelan, Sole, Loup (bar).

Grâce à son emplacement singulier, entre mer et étang, certains produits ont une saisonnalité bien marquée. Aux mois d’octobre et novembre, les poissons sortent de l’étang de Thau pour aller frayer au large, après s'être engraissé pendant quelques mois. Le plus connu des poissons pratiquant cette migration est la daurade.

L’offre est alors forte en criée pour ce produit. Le retour dans l’étang de ces poissons a lieu courant Août. Les poissons ont alors passé du temps en mer et reviennent s'engraisser dans l'étang.

Le printemps est la saison des sars, produit recherché par les restaurateurs. Il s'agit d'un poisson réputé pour la finesse de sa chair.

De façon générale il y a un pic d’apport, toutes espèces confondues, à l’automne, c'est à dire de mi-septembre à mi-décembre.

Pour le thon rouge, c'est particulier. Les thoniers senneurs et des petits métiers sétois pêchent le thon rouge dans le strict respect de la réglementation internationale. Ainsi leurs saisons de pêche sont encadrées par des arrêtés ministériels, des observateurs sont embarqués sur les senneurs, les contrôles en mer et à quais sont quotidiens, etc. Chaque année, le comité scientifique de l'ICCAT fixe les quotas de pêche en fonction de l'état du stock de thon rouge. Chaque thon pêché est identifié par une bague de marquage attachée au niveau de la queue du poisson. Cette bague gage que le poisson a bien été pêché dans le total respect de la règlementation. Grâce à la mise en place de ces quotas de pêche et à leur respect, les stocks de thon rouge sont aujourd'hui reconstitués. Les pêcheurs, senneurs et petits métiers, sont les premiers impactés par cette évolution. La pérennité de leur métier est ainsi assurée. La marque collective Thon Rouge de Ligne est une preuve de la prise de conscience des pêcheurs et de leur volonté de s'engager dans une pêche durable et responsable.

Aujourd'hui, suite au bon état des stocks, les grandes surfaces commercialisent à nouveau le thon rouge.

Actuellement la criée de Sète accueille quotidiennement plus de 50 acheteurs. (ouverte entre 15 h 30 et 19 h, à l'heure à laquelle les bateaux sont de retour de la pêche). La première moitié est constituée de détaillants et la seconde de grossistes et courtiers. Une fois les lots achetés, ils sont pris en charge par les acheteurs eux-mêmes ou par des sociétés de transport spécialisés dans les produits de la mer. La qualité des produits vendus est ainsi conservée, ce qui permet aux acheteurs de la criée d'expédier à leur clientèle des produits pêchés le jour même.

Une autre vente possible, celle sur sur convoyeur de bacs de 30 litres (un bac = un lot) avec vente en chambre froide de palette de plusieurs bacs 30 l ou de plusieurs caissettes (dédiées au poisson pélagique). Ce système permet de répondre à la demande des mareyeurs et courtiers en matière de vente de poisson pélagique dont le marché s’organise autour de lots de plus d'une centaine de kilos. Cela permet par ailleurs de fluidifier la vente de poisson sur convoyeur en cas de forte prise d’une seule et même espèce (bogue, capelan, maquereau, daurade).

On le voit, tout en s'adaptant aux contraintes et aux lois, la criée fait au mieux en respectant les lois et en essayant de tenir compte de la protection des espèces, pour garantir aux pécheurs avec les nombreux petits métiers des revenus convenables. Il en va de la bonne santé de la pêche à Sète.

Très belle Saint-Pierre 2017 à Sète

Cette année encore la Saint-Pierre à Sète fut un belle occasion de célébrer les pêcheurs et le monde de la mer. Nombreux étaient les Sétois et les touristes venus accompagner les pêcheurs en mer pour un moment de communion et de partage. Tout au long du week-end une fête foraine et des joutes traditionnelles, de l'Amicale des Pêcheurs Sète Môle, ont animé les canaux, le quartier de la Marine et le Vieux Port. Au-delà des discours habituels, cette Saint-Pierre 2017 avait l'accent de la sincérité, loin de la langue de bois, pour les représentants des pêcheurs.
Quant aux élus, notamment François Commeinhes, Sénateur-Maire de Sète et André Lubrano, Conseiller régional, ils n'ont pas manqué pour leur part de souligner leur engagement pour soutenir une filière si importante pour notre économie locale.
Notre confrère Stéphane Bonnet-Eymard de Sèteavoir résume ci-dessous l'événement en vidéo.

Murex à Sète, un soutien pour "Valdora"

L’entreprise de Jean-Marc Vitale a été créée en 2000 et ses bâtiments sont basés à l’entrée de Sète, au bord de l’étang de Thau. OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Ce lieu permet l’épuration des coquillages. Lors de la saison de pêche, des anguilles y sont regroupées pour une société du pays basque mais on y élève aussi des poissons pour les aquariums. La collecte des anguilles se fait désormais avec des camions viviers qui sillonnent la côte. Elles sont ensuite stockées dans de grands bassins avec un renouvellement constant de l’eau.

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Elles ne sont pas nourries pour qu’elle garde leur spécificité de « poisson sauvage ». Une fois dans les bassins elles sont réparties par tailles. Les grosses sont plutôt destinées au marché hollandais pour de l’anguille fumée. L’anguille moyenne est destinée au marché français, italien et espagnol. Les anguilles de petites tailles sont destinées au marché portugais.

Les locaux actuels datent de 1961 mais ils ont été depuis modifiés selon l’évolution des besoins en purification avec l’installation de l’ultra-violet, depuis 2006. Un forage a même été réalisé pour capter de l’eau fraîche pour les anguilles qui en ont besoin l’été. Au bout de 35 m ils ont découvert de l’eau saumâtre favorable à ce genre de poisson qui a besoin d’une température entre 14 et 16°. Les bassins de coquillages (palourdes) jouxtent ceux des anguilles.

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L’entreprise, dans le cadre de ses partenariats privés avec des aquariums ainsi qu’avec le lycée de la Mer de Sète a lancé des petits programmes d’élevage d’oursins, de blémie, de loups que la société livre à la demande. Et c’est dans cette partie des bâtiments que sont stockées les daurades pêchées en octobre 2016 dans le cadre du projet « Valdora ».

Pour les prochaines captures de daurades d’octobre 2017, deux bassins sont destinés à l’expérimentation. Jean-Marc Vitale tient à ce partenariat et il exprime cette pensée : « Je souhaite donner un coup de pouce à ces pêcheurs et prouver que les pêcheurs ne sont pas que des irresponsables. Ils ont envies de faire durer leur travail, de faire durer leur métier et ce ne sont pas que des gens qui pillent la mer ». Ce soutien sera effectif pour la saison des daurades d’octobre 2017.

Jean-Marc ROGER.

Du côté de Sète, le projet Valdora avance

Une expérimentation intitulée : « Valorisation des daurades sauvages dans l’étang de Thau ».point 10 07 17DSC_0288 (17)

Invité par les 3 pêcheurs sétois associés dans cette expérience (Robert Rumeau, Kévin Henri et Denis Talano), un parterre de partenaires s’est retrouvé dans le quartier de la Pointe Courte pour une information sur l‘avancée du projet, chez André Lubrano.

Ce fut aussi l’occasion de rencontrer 3 pêcheurs venus tout droit d’Italie, de Toscane, précisément d’Orbetello, afin de réfléchir à un programme de jumelage. Après toute une série de remerciements adressés à leurs partenaires, sans qui le projet n’aurait jamais pu exister, Robert Rumeau a défini les avancées du projet Valdora.

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"Après les captures de daurades d’octobre 2016 et leur transfert dans des bassins de la société Murex de Sète, il s’avère que les poissons ont bien supporté la transplantation. Il n’a été remarqué aucune mortalité depuis cette date. Dorénavant tous les efforts sont tournés vers la fabrication de cages de capture (et non de stockage). La prochaine étape à venir sera de renouveler les captures en octobre prochain, lors de la migration annuelle des daurades. Les poissons capturés seront aussitôt dirigés vers les bassins de la société Murex pour une meilleure efficacité."

Il a été prévu d’adopter une densité maximum de 15 kilos de poissons par mètre cube, aussi bien dans les cages de capture que dans les bassins.

D’ores et déjà il a été déterminé un nombre de 6 cages avec différents paramètres permettant ainsi de continuer à tester la faisabilité du projet.

Il ne reste plus qu’à attendre octobre 2017 pour renouveler l’expérience qui feront avancer « Valdora ».

« Thau-infos » sera naturellement présent pour couvrir la poursuite de cette expérience.

La visite que les 3 pêcheurs associés de Sète ont réalisé chez leurs homologues d’Orbetello leur a permis de mieux cerner ce qu’il serait possible de faire du côté de l’étang de Thau. (Relire « Les pêcheurs sétois en visite en Italie » sur http://thau-infos.fr/index.php/edito-du-mois/anciens-editos/23721-les-pecheurs-setois-en-visite-en-italie).

Car située en pleine Maremme, depuis 1971 la lagune est devenue une aire protégée gérée par le Fond mondial pour l’Environnement, qui en défend l’écosystème nécessaire à la survivance de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. La Lagune d'Orbetello. Cette magnifique aire naturelle est en grande partie revêtue de maquis méditerranéen et est dominée par le mont Argentario de 635 mètres de haut. Trois fines bandes de sable entourent le refuge d’oiseaux d’Orbetello et relient la côte au promontoire de l’Argentario, un endroit enchanté offrant des cadres naturels exceptionnels.Schermata 2015-09-16 alle 21.40.11

Les pêcheurs sont plus de 58, associés dans une coopérative, ils ont un laboratoire pour la transformation, ils gèrent un magasin, un marché aux poissons, un couvoir de bars et dorades pour le repeuplement et ils produisent la boutargue, filets fumés de mulet lippu et d’anguille, et le soir ils ouvrent le petit restaurant au bord de la lagune où ils servent le poisson pêché pendant la journée et cuit façon Orbetello. Depuis quelques années, ils offrent un service de pêchetourisme : avec un navire ad hoc on peut explorer la lagune jusqu’aux bordigues, point d’intersection entre les eaux marines et les eaux lagunaires où l’on pêche les mulets lippus.a coopérative des pêcheurs d’Orbetello.point 10 07 17DSC_0297 (13)

La coopérative des pêcheurs d’Orbetello gère aussi le restaurant «I Pescatori » qui a été construit dans les écuries de la forteresse espagnole du 18ème siècle. Dans la cuisine et dans la salle, il y les membres de la coopérative: la carte, qui change selon les produits de la saison de pêche, prévoit des spécialités avec la boutargue de mulet lippu, anguille fumée, bonite commune. La Boutargue d’Orbetello a été inscrite parmi les Produits de l’Arche du Goût de la Fondation Slow Food pour la Biodiversité Onlus. Cette reconnaissance veut supporter la valorisation des produits et sauvegarder vivant et sain l’habitat de la lagune.

Le contexte italien est particulier avec un étang bien plus petit ainsi que des profondeurs d’eau moindre mais la vision de la valorisation des poissons a donné quelques idées à nos pêcheurs locaux.

Il découle de cette rencontre que les pêcheurs italiens et sétois envisagent un jumelage qui sera profitable aux deux groupes de pêcheurs.

 

Comme le dit si bien l’adage « L’Union fait la Force » et nos pêcheurs l’ont bien compris dans ces temps difficiles où la pêche traditionnelle est menacée.

Pour en savoir plus sur la pêcherie d'Orbotello en Toscane : https://www.gourmethica.com/collections/pescatori-di-orbetello et http://www.fisheat.it/toscane-lagune-dorbetello-peche-et-bien-plus-encorepoint 10 07 17DSC_0262 (41)

 

La pêche au « bouletchou » de Mèze.

Drapeau du Royaume-Unienglish version available : follow this link





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A l'occasion de sa désormais traditionnelle fête annuelle du Patrimoine la ville de Mèze a organisé une reconstitution de la pêche au « bouletchou » (transcription en français de la prononciation de l'occitan "Bolejon"). Une pêche qui ailleurs porte d'autres noms mais dont le principe reste le même sur toutes nos côtes sablonneuses.
Ayant laissé une corde sur la plage, les pêcheurs vont, à la rame, étirer un filet loin de la plage puis ils reviennent avec le second bout de la corde. Ils unissent alors leurs efforts pour tirer le filet à terre. La poche qui termine le filet fait fonction de piège.
Certaines pêches à la traîne (à l'identique) utilisaient, jadis, la force de plus
de quatre vingt personnes, du côté de Gruissan (Aude).
Ce mode de pêche a aujourd'hui disparu mais il a survécu jusqu'aux années soixante dix. On ne la pratique plus que dans de rares occasions pour des reconstitutions ou des animations ponctuelles.
Toute la population mézoise a encore en mémoire le dur labeur de ces familles de pêcheurs qui durant trois mois allaient dormir sur les plages voisines pour y attendre le poisson.


Le public ayant répondu présent a pu par la suite déguster une « énorme » brasucade (250 kg de moules).

 

La Brasucade ou marinade.

La brasucade de moules est une tradition du côté de Sète et sur tout le pourtour du l’étang de Thau.
Son principe ? Faire cuire des moules dans une grande poële au-dessus d’un feu de bois en les arrosant d’une sauce dont chaque cuisinier détient sa propre recette. Il est parfois très dur de connaître la composition de cette marinade qui reste souvent un secret de famille.
Selon les personnes que j’ai pu rencontrer et solliciter il s’avère que l’on peut utiliser tous ces ingrédients pour la réaliser :
de l’huile d’olive, des carottes râpées, des gousses d’ail, des oignons émincés, du thym, du laurier, des clous de girofle, de l’harissa, du piment doux, des herbes de Provence, de la noix de muscade, du poivre blanc, des piments de Cayenne, du cumin et du gingembre …… Ouf !
Le tout est à mélanger dans un grand bidon et à laisser mariner quelques jours avant son utilisation sur les moules.
Au moment de la cuisson des moules, ne pas oublier de vider la première eau des moules avant d’ajouter cette marinade.
Si vos dosages sont bons……. C’est un vrai régal.

 

 

Jean-Marc Roger

Les pêcheurs sétois en visite en Italie.

Les pêcheurs « Petits métiers » de la Pointe-Courte et du Barrou de Sète (Denis Talano, Kevin Henri et Robert Rumeau) fort de leur tentative, réussie, de sauvegarder vivantes des daurades sauvages, ont entrepris un voyage, de trois jours, en Italie (en Toscane) à la rencontre de leurs homologues italiens. Ils ont tout d’abord été reçus à la FAO par Valério Crespi coordinateur de la sous-division de l’aquaculture et du développement des pêches. Puis ils se sont rendus sur la lagune d’Orbetello en Toscane, une lagune d’une surface d’environ un tiers de l’étang de Thau.




Ils y ont été accueillis par la coopérative locale des pêcheurs. L’étang a cette particularité d’avoir deux entrées permettant comme dans l’étang de Thau la migration des poissons. Ces deux entrées sont équipées toutes les deux d’un barrage laissant passer l’eau mais pas tous les poissons dont certains sont ainsi « récoltés » en fonction de leur taille.  Les pêcheurs exploitent plusieurs sortes de poissons, deux sortes de muges (l’un pour les filets et l’autre pour la fameuse poutargue* bien connue dans les pays du pourtour méditerranéen), le loup, la daurade, l’anguille, le maigre, et l’ombrine.

La coopérative des pêcheurs d’Orbetello, née en 1946 grâce à l’union de 13 membres associés, en compte aujourd’hui 58 (dont l'âge moyen est de quarante ans) ainsi que 50 salariés.

Particularité de cette lagune, le pré-grossissement des alevins de daurades dans une ferme aquacole. Les jeunes poissons sont ensuite réintroduits dans la lagune. Pour les daurades, leurs homologues italiens se servent de l’étang comme d’une ferme aquacole. Tout ce qui est introduit est enregistré, compté, pesé. L’étang étant très peu profond avec peu de courant (1 mètre d’eau en moyenne), les pêcheurs sont équipés d’un système de pompes.

Cet étang, appartenant à la commune, n’est utilisé que par les pêcheurs qui le gèrent. Les fermes aquacoles sont situées près des berges et là sont conservés les poissons prêts à la vente dans un endroit proche de leur lieu de vente aux particuliers. En plus de ces ventes, la coopérative gère un restaurant qui fait 45.000 couverts par an.  Le poisson, outre cette vente, est transformé, cuisiné et vendu en bocaux ou en conserves. Des expéditions sur la région de Naples sont aussi régulièrement organisées pour la commercialisation du poisson fraîchement pêché.

Leurs techniques de pêche et leurs filets ne sont pas identiques à ceux utilisés sur l’étang de Thau et les pratiques sétoises ont fortement intéressé les pêcheurs locaux.
Les coopérateurs, tous pêcheurs, participent (en contrepartie d’un salaire) à toutes les activités du site et toutes les tâches sont partagées.

De cette rencontre nos trois pêcheurs sétois rapportent quelques éléments de réflexion mais aussi et surtout des sources d’inspiration, comme la possibilité de se monter en groupement avant de pouvoir associer d’autres pêcheurs volontaires. Une réflexion qui a été demandé au juriste du Comité National des Pêches. Nos trois compères reviennent enthousiasmés de ce voyage et un projet de jumelage est envisagé entre la Toscane et la nouvelle région Occitanie.

*La poutargue, ou boutargue en provençal, est une poche d’œufs de muge (ou mulet), salée et séchée qui à l’instar du caviar est devenue un mets recherché et cher.

Actualités récentes sur le « projet Valdora » des trois pêcheurs sétois « petits métiers » , Denis Talano, Kevin Henri et Robert Rumeau :
Le projet désormais dénommé « Projet Valdora », leur projet dans l’étang de Thau, est suivi avec intérêt par tous les pêcheurs du Golfe du Lion.

Les plans des cages sont désormais entre les mains d’un technicien qui travaille aussi pour la société Balarucoise  « Les Poissons du Soleil ». Le projet va nécessiter la fabrication de six cages de capture différentes dans leur forme (rondes et carrées). La densité de poissons reste une priorité, pour toute labellisation future, soit 15 kg maximum de poissons par m3 d’eau. Chaque cage pourra ainsi accueillir entre 300 à 450 kg de poissons tout en restant dans les normes.

Chaque pêcheur concerné par le projet aura ainsi deux cages sous sa responsabilité qu’il devra poser lors de la migration des daurades.
Un partenariat est désormais enclenché avec l’IFREMER pour équiper 3 cages de caméras Go Pro et ceci afin d’observer le comportement des poissons mais aussi pouvoir gérer la densité du poisson capturé. 

Pour la saison prochaine le site principal se trouvera à l’entrée de la Pointe-Courte dans les bassins de l’entreprise aquacole Vital de Sète avec qui un partenariat est là aussi enclenché. Deux grands bassins seront ainsi réservés pour les captures à concurrence d’une tonne et demie de poissons.  Ces deux bassins seront de tailles différentes et pourront pour l’un recevoir des poissons de 300 à 500 grammes (le poisson « portion ») et l’autre des tailles supérieures. Les manipulations se feront toutes au salabre sur des tables de tri mises en eau afin d’éviter de blesser le poisson.

Question alimentation des daurades, le principe est conservé d’en nourrir une partie avec des moules et des crabes et de laisser jeuner l’autre partie et ceci afin de voir le comportement face à ce jeune. Tout le processus se met en place et il ne reste qu’à attendre la prochaine migration des daurades pour encore affiner la faisabilité de ce projet innovent.

La "Noisette de Méditerranée"



  
 

 
Depuis 2010, il y a donc peu de temps, une pêche se développe le long de nos côtes. Il s'agit de la pêche de  "la nasse changeante" (ou Nassarius Mutabilis) un escargot de mer que nos pêcheurs  ont décidé de rebaptiser "noisette de Méditerranée".
On trouve ce gastéropode dans des zones sableuses le long du littoral, à peu de profondeur.

Coquillage connu mais néanmoins, jusqu'à présent, peu pêché, il fait désormais partie des prises de certains pêcheurs de notre littoral, auxquels il assure un revenu non négligeable en complément de ressources.

C'est un escargot de mer apprécié en Espagne et en Italie mais pas ou très peu en France. En effet toutes les prises partent actuellement vers ces deux pays. L'OP du Sud (Organisation Professionnelle basée à la criée du Grau d'Agde) tente d'y remédier.

En liaison avec la criée du Grau d'Agde, cet organisme noue des contacts avec les restaurateurs et anime des opérations de communication / dégustations qui sont destinées aux médias, comme dernièrement la dégustation organisée au lycée de la mer de Sète (voir les photos) et au grand public avec une présence remarquée au Salon de l'Agriculture ainsi qu'aux dernières « Graulinades » du Grau-du-Roi.



Pour limiter les risques de surexploitation de cette nouvelle ressource et mieux la valoriser, l'Organisation de Producteurs (OP) du Sud a sollicité l'appui technique du Cépralmar pour travailler sur l'optimisation des méthodes de tri des captures afin de laisser les plus petits individus dans leur habitat naturel.

Au cours de ces différentes manifestations, cet escargot a été apprécié par un très large public, y compris des enfants. Il ne reste plus qu'à faire connaître la « Noisette de Méditerranée ».

Contacts :
OP du Sud 06 73 53 48 29 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Cépralmar 04 99 02 02 30 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Opération daurades pour les fêtes : le bilan.








 

Le 17 octobre, des pêcheurs professionnels de la Pointe Courte (Kévin, Robert et Denis), le Cépralmar et le Lycée de la Mer Paul Bousquet initiaient avec l'appui technique d'Ifremer un premier essai consistant à conserver vivantes, des daurades de pêche.
L'objectif, à terme, est de pouvoir décaler une partie de la commercialisation sur la période des fêtes de fin d'année . A cet effet, trente kilos de daurades avaient ainsi été prélevées.
En cette fin d’année les pêcheurs ont souhaité communiquer sur cette expérience et en faire le bilan devant les institutionnels, attentifs à cette expérience, les professionnels de la pêche, eux aussi attentifs, ainsi que les médias.

Cette rencontre au lycée de la Mer a débuté par l’excellent film de David Garcia, un film financé par le Crédit Maritime. Et venu ensuite le bilan de cette expérience, un bilan énuméré par Jean-François Holley du Cépralmar.


La première tentative de capture de daurades vivantes a connu quelques soucis de taille, en effet, peu de daurades sont restées vivantes. Il a donc fallu profiter de la fin de la période de migration et recommencer des captures avec plus de « douceur » pour éviter de choquer les poissons. Et fort de leur précédente expérience il s’est avéré que les poissons ont survécus au transbordement dans les bassins du Lycée de la Mer. Une fois installées dans les deux bassins, elles ont été observées afin de déterminer tout changement de leur condition physique. Comme remarqué par les pêcheurs, le mucus est important car il protège des bactéries et les frottements lors du premier prélèvement ont entraîné leur mort. Tout le problème semble être de pouvoir éliminer « l’agression mécanique » lorsqu’elles sont prélevées des eaux et avoir le moins de manipulations possible.
A titre d’exemple, pour leurs captures, les équipes de l’Ifremer de Palavas-les-Flots utilisent, par expérience, des salabres à mailles fines, souples et surtout sans nœud pour éviter toute zone de frottement.
Pour la prochaine saison en 2017, il sera nécessaire de déterminer la définition de la cage qui, après réflexion, sera ajoutée à la capéchade. Cette cage allant permettre aux poissons capturés de ne plus trop se frotter dans verveux trop étroit.
Est-ce que la cage est et restera un engin de pêche ou non ? Les autorités seront attentives à cette définition.
Un autre choix qui a été fait pour l’avenir, c’est de ne pas traiter (contre les bactéries toujours possible) les daurades et de les laisser le plus proche possible de leur état sauvage et donc de limiter tout ce qui ne serait pas naturel.
Pour cette première expérimentation, les daurades capturées ont été exclusivement nourries avec des moules ouvertes et avec des crabes verts. A la satisfaction des pêcheurs, les daurades les ont bien mangés. Le but n’étant pas de les engraisser mais de les maintenir « sauvages » en décalant leur vente jusqu’aux fêtes de Noël en sachant qu’en mars la pêche à la battue reprend.
Aux deux lots basés au Lycée de la Mer est venu se rajouter celui installé chez l’entreprise Murex à Sète. Là, fort d’une expérience confirmée, les poissons déposés seront laissés tout l’hiver dans des bassins qui font 50 m3.
Il sera aussi prévu, en 2017, de créer deux lots distincts dont l’un sera alimenté avec des moules et des crabes verts et l’autre sans aucune nourriture en apport pour voir si d’un point de vue qualitatif de la chair on peut arriver à des choses différentes ou pas. Une étude économique sera aussi entreprise pour essayer de se projeter.

Un groupe d’action locale sur le bassin de Thau est en train de se monter et c’est un projet qui pourrait tout à fait être intégré dedans.
(Dans le cadre du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP) quatre groupes d’Action Locale Pêche et Aquaculture (GALPA) ont été sélectionnés en réponse aux réponses aux candidatures exprimées par les territoires Vidourle-Camargue, Bassin de Thau, Grand Narbonne et Pays Pyrénées Méditerranée dans les Pyrénées-Orientales).
Le challenge pour les professionnels porteurs du projet est de vite et de bien réfléchir à la réalisation de cette cage afin d’être opérationnels pour la prochaine dévalaison d’octobre 2017.

Les pêcheurs porteurs de cette expérimentation ont été invités en Italie pour aller constater les méthodes de leurs confrères. Mais ils ont aussi conscience qu’ils devront se servir de l’expérience des pêcheurs japonais qui pratiquent eux aussi des captures presque identiques. Ils ont cette « culture » des captures vivantes.
Un chercheur aquacole de la FAO, Valério Crespi, est chargé de réfléchir à ce type de captures pour des implantations de fermes aquacoles dans le Monde et il est en contact avec Robert Rumeau l’un des porteurs du projet.

En fin de réunion, un remerciement appuyé a été exprimé par Jean-François Holley (Cépralmar) en direction de tous les partenaires sur cette opération : "Pour moi c’est le bel exemple d’un projet collaboratif et ce n’est pas quelque chose que l’on réussit tout le temps".

Jean-Marc Roger

« Des daurades mises en viviers »

Comme nous l'avions annoncé sur notre précédent article intitulé « Opération daurade 2016  », Robert Rumeau pêcheur « petits-métiers » de la Pointe-Courte associé à deux de ses collègues du Barrou, Denis Talano et Kevin Henry, ont entrepris la capture de daurades. Des daurades qui sont actuellement en pleine migration.

Capturer ou pêcher des daurades c'est ce qu'ils font durant toute l'année mais là il s'agissait de les pêcher vivantes afin d'aller, très rapidement, les mettre dans des viviers au Lycée de la Mer.
Cette expérience unique n'a, à notre connaissance, jamais été réalisée à ce jour et elle vise à conserver (vivantes) des daurades pour les revendre deux mois plus tard, au moment des fêtes de fin d'année.

Ce type de pêche est réalisée pour les thons et les anguilles alors pourquoi ne pas la tenter pour les daurades. Cette réflexion cela fait deux ans que Robert Rumeau y pensait et elle vient de se concrétiser sous nos yeux.

Grâce à un partenariat riche et varié (Lycée de la Mer, CRPMEM, IFREMER et CEPRALMAR) elle a pu se mettre en place et sa première étape vient d'être concluante, toutes les daurades sélectionnées ont rejoint les viviers du Lycée de la Mer (100 daurades pour environ un poids de 40 kg).
C'est sous les regards attentifs des jeunes lycéens qu'elles ont été placées dans deux viviers distincts. Pourquoi deux viviers ? Tout simplement pour tester la meilleure façon de les conserver avec deux sortes de nourritures, des moules et des granulés spécifiques.

Un grand nombre de lycées vont suivre le projet actuel et ce sont essentiellement des étudiants du BTS Maritime Pêche et Gestion de l'Environnement Marin et ceux des filières Cultures Maritimes (CAP et Bac Pro) qui seront en charge de la surveillance (qualité de l'eau, température, salinité, oxygène) mais aussi de l'observation du comportement des poissons. Cette observation est essentielle pour détecter des anomalies.
Ils vont aussi participer au nourrissage et ils effectueront différentes études au cour de l'expérimentation, notamment sur les aspects économiques et réglementaires du projet.

Les pêcheurs professionnels, quant à eux, viendront régulièrement participer aux travaux avec les étudiants.

Au bout des deux mois d'observation les pêcheurs et leurs partenaires pourront se faire une idée sur la faisabilité de cette pratique et donc sur sa reconduction éventuelle. Tous les professionnels de la filière sont eux aussi attentifs car la pêche à la daurade ne se pratique pas que sur l'étang de Thau.

Les regards sont donc désormais tournés vers cette expérience qui à attiré de nombreux « curieux ».

Voici quelques clichés sur cette journée riche en émotion.

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Opération Daurade 2016

«  Essai technique de conservation de daurades de pêche vivantes.»

Hier, la presse était conviée à aller à la rencontre des pêcheurs professionnels de la Pointe-Courte. Ils étaient trois pêcheurs « petits-métiers », Robert Rumeau (porteur du projet), Kevin Henry et Denis Talano. Et ils étaient entourés de leurs partenaires, Clément Calmettes du Lycée de la Mer,Thomas Sérazin du CRPMEM et Jean-François Holley du Cépralmar.

C'est une opération autour de la daurade que Robert Rumeau situe comme une « expérience ». Un projet qu'il mûrit depuis déjà deux ans.

Le principe en est simple mais il fallait y penser et surtout le mettre en œuvre, d'où l'intérêt d'avoir ce partenariat où chacun amène sa compétence dans un but final.

Quand la daurade sort de l'étang (à l'automne selon les conditions climatiques), il y a une grosse quantité de poissons capturés et qui se retrouvent sur le marché d'où une très nette baisse des prix, passant de 17 euros (actuellement) à parfois moins de 5 euros le kilo. Robert Rumeau en observant ce qui se faisait sur le thon et l'anguille, des poissons conservés vivants, a donc eu cette idée de conserver les daurades vivantes durant deux mois (d'octobre à décembre) afin de les proposer jusqu'aux fêtes de fin d'année, une période où il n'y a plus de daurades dans l'étang.

Robert Rumeau nous explique alors la technique et son principe.

« Il faut savoir une chose, c'est que le système de filets que l'on a, notamment les capéchades, les manières, les triangles ou les brandines que l'on utilise, permettent de capturer le poisson vivant.  

Je me suis dit pourquoi on tenterait pas de conserver quelques daurades après la migration et ainsi d'essayer de les commercialiser deux mois après, au moment des fêtes quand il n'y en a pas. Il ne s'agit pas de parler d'engraissement (comme pour le thon) mais juste de les maintenir au même poids. 
Quand les conditions climatiques seront réunies, une chute de température accompagnée d'un fort mistral, toutes les lagunes de méditerranée vont voir la migration débuter. Même des lagunes où jadis il n'y avait pas de grosses daurades en ont désormais et ces lagunes seront elles aussi sur le marché.
« Donc l'idée c'est d'en soustraire une partie afin de la remettre à la commercialisation au mois de décembre en tentant ainsi de stabiliser le cours du marché même pendant la migration. Tout le monde est concerné par ce phénomène là et si cela fonctionne nous pensons que d'autres pêcheurs feront de même ».
« Là on est vraiment sur un essai grandeur nature avec une quantité limitée de poissons, soit 40 kg. Ce qui ne changera rien au cours du marché mais qui nous permettra de cerner toute la problématique à venir. L'idée étant de tester la faisabilité technique  et de voir si ça marche complètement ou si l'on rencontre certains problèmes ».

Jean-François Holley (Cépralmar) tient à préciser que, 

« durant ces deux mois, les daurades seront réparties dans deux viviers au Lycée de la Mer (des viviers de 20 kg chacun) et elles seront nourries de deux façons différentes. Les unes recevront des moules et les autres des granulés spécifiques pour leur maintien en poids. Il ne leur sera administré aucun traitement autre car derrière, l'objectif à terme sera de simplifier au maximum la manipulation pour les pêcheurs et de pouvoir ainsi commercialiser le poisson à moindre coût ».

Pour cette année, les bateaux des trois pêcheurs seront équipés de viviers et ils transporteront les daurades au Lycée de la Mer pour les y débarquer. Une fois sur place les élèves du lycée seront en charge du nourrissement et de l'entretien des viviers, soutenus par les pêcheurs eux-mêmes. Une bien belle façon pour les élèves de toucher du doigt une des problématiques de ces pêcheurs.
Outre l'aspect maintien des daurades vivantes, d'autres questions vont se poser aux partenaires sur la rentabilité du procédé et donc à partir de quel volume cela va paraître intéressant à développer et quel type d'installation doit être envisagée.
Autre problème soulevé, la température de l'eau des viviers qui selon la température de l'eau de l'étang devra pouvoir être chauffée, la daurade ne supportant pas les basses températures elle arrête de s'alimenter.

« On est vraiment sur un premier essai technique ».

Et Robert Rumeau de conclure :

«  Et pourquoi ne pas réfléchir et envisager, avec une telle technique, de développer un marché de poissons vivants comme cela se fait ailleurs. On pourrait alors cibler la grande restauration. Si vraiment ça fonctionne, c'est un bien pour toute la profession et pas seulement pour l'Etang de Thau».

 La prochaine étape se déroulera lors de la migration et nous y serons.

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Côte à côte

Rencontre avec le parc Marin de la côte bleue et ses pêcheurs professionnels petits métiers






 

Huit pêcheurs petits métiers agathois ont accompagné récemment l'équipe de l'Aire Marine Protégée de la côte agathoise gérée par la ville d’Agde pour rencontrer leurs homologues respectifs du côté de la côte bleue (Carro, Carry le Rouet, Sausset les Pins...) qui ont 30 ans d'expérience avec le parc marin.


Une visite fructueuse pour évoquer le métier de pêcheur là-bas, les relations avec le parc et l'avenir.
L'accueil a été très chaleureux par des élus locaux de Martigues et du Rove, très impliqués dans ce parc marin, par le directeur Fred Bachet et l'équipe du parc (6 agents permanents), le prud'homme, les responsables du petit musée de la pêche et de nombreux pêcheurs en activité.
Les pêcheurs provençaux tirent un bilan globalement positif du parc marin et notamment de ses deux réserves marines issues de cantonnements. Un succès bâti sur une implication et une association des pêcheurs dès le départ, en transparence avec le parc marin et en concertation avec les autres usagers maritimes locaux.
C’était aussi l'occasion de visiter les beaux locaux très fonctionnels de ce parc marin, à la fois siège administratif et technique, mais aussi pédagogique avec une salle dédiée aux classes de mer qui ont déjà accueilli…plus de 26 000 enfants ! De quoi nous donner des idées au niveau local… Cette expérience de visite devrait renouvelée du côté du Parc naturel régional de Camargue qui a en charge une partie marine et notamment son récent cantonnement de pêche.

Renaud Dupuy de la Grandrive
Directeur du milieu marin de la Ville d’Agde
Aire Marine Protégée de la côte agathoise

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe, les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.
Selon l’INSEE, la France compte près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%. .Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans sont prêts à un mouvement de révolte de grande ampleur...

» suite de l'édito