Vigne

Changements mais toujours qualité pour les 80 ans de la cave coopérative

 

 

Cette année 2018 sera celle des 80 ans de cette coopérative, née en 1938, et toujours au top niveau. Cet anniversaire sera d'ailleurs dignement souhaité le 16 juin, avec un programme varié que les coopérateurs son déjà en train de mettre au point : exposition, portes ouvertes, bal…

Dès ce mois d’avril, Delphine Berruezo, originaire d’Alignan-du-Vent et déjà très expérimentée, a pris la direction de la cave coopérative de Bessan, à la suite de Robert Crabol, désormais retraité, avec qui elle collaborait depuis les dernières vendanges.

L’attractivité des vins bessanais ne se démentant pas au fil des années, bien au contraire, grâce au travail des dirigeants et des coopérateurs centré sur la qualité des récoltes et de la vinification, des modernisations sont régulièrement entreprises pour s’adapter aux besoins : par exemple, des locaux de stockage ont été récemment construits derrière le bâtiment principal, et en ce moment le caveau de vente, désormais trop exigu pour accueillir une clientèle de plus en plus nombreuse, s’agrandit et se modernise, et les importants travaux qui se termineront d’ici quelques jours donnent déjà belle allure à ce lieu.

 

Quant aux médailles remportées par les vins 2017 dans tous les concours régionaux, nationaux et internationaux, elles sont à cette date (mais les résultats ne sont pas encore tous connus !) au nombre de dix-huit ; sans surprise les rosés, spécialité reconnue depuis toujours de la cave coopérative du Rosé de Bessan, sont au premier plan, mais les blancs  sont également très appréciés des divers jurys.

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Une partie des médailles comptabilisées à ce jour :

Le rosé Cuvée Spéciale, 2 médailles d’or (Concours général agricole, Concours national des IGP), et 2 d’argent (Concours international de Lyon, Frankfurt international Trophy).

Le cinsault rosé Libellule, 1 médaille d’or (Féminalise) et 1 d’argent (Concours international de Lyon).

Le chardonnay blanc Rébus, 3 médailles d’or (Top 10 des Chardonnay du monde, Concours général agricole, Concours international de Lyon).

Le sauvignon blanc Arabesque, 1 médaille d’or (Foire de Brignoles).

Une Charte d’Engagement en faveur d’une Consommation Responsable du Vin

Sète agglopôle Méditerranée et l’Agglo Hérault Méditerranée ont travaillé à la mise en œuvre d’une destination oenotouristique, Thau en Méditerranée, candidate au label national Vignobles & Découvertes. Cette démarche de réseau et de progrès a permis de fédérer plus de 80 professionnels inter-filières dans une dynamique d’appartenance et de reconnaissance territoriale. Le vignoble sur mer de Thau en Méditerranée a tout naturellement conduit à un positionnement et un ancrage oenotouristique basé sur l’Alliance des Vins et des Coquillages.

Les professionnels, acteurs de la destination, souhaitent s’engager en faveur d’une consommation responsable du vin …. Ils sont nombreux aux côtés des membres du Comité de Pilotage du label Vignobles & Découverte à soutenir cette démarche civique et citoyenne.indissociables de la destination, le sont partiellement comme l'AOC Picpoul de Pinet ou les IGP Côtes de Thau et Collines de la Moure. Assises de l'oenotourisme :  
vers un label « Thau en méditerranée »
 
Depuis 2011, Sète agglopole Méditerranée organise les "Assises de l'Oenotourisme",  une journée entièrement dédiée aux professionnels qui prend place tous les ans de façon itinérante sur l'ensemble de la destination. Ce rendezvous participe chaque année à la mise en réseau des professionnels, les différents échanges permettant de co-construire une stratégie oenotouristique.  La 8ème édition s’est tenue mardi 10 avril à Mèze, au château Girard. Cette rencontre a été ouverte par François Commeinhes, Président de Sète agglopôle méditerranée et Michel Garcia, Vice-président délégué aux activités agricoles et viticoles et à l’agro-écologie.  


Le Pays de Thau, à travers son alliance vins et coquillages, a été la première destination de l'Hérault à bénéficier du label en 2013, et la 2nde destination de la région LR après la Narbonnaise. Attribué pour une durée de 3 ans par Atout France sur recommandation du Conseil Supérieur de l'Oenotourisme, ce label vise à récompenser une destination touristique viticole qui propose une offre de produits touristiques multiples et complémentaires.


Aujourd'hui, on dénombre en France 64 destinations labellisées V&D. Mais le label n'est pas une fin en soi, c'est au contraire le début d'une démarche de réseau et de progrès où l'animation est primordiale. Avec le soutien des partenaires de l'agglopôle (Hérault Tourisme et le Conseil interprofessionnel des Vins du Languedoc, ou la Chambre d'Agriculture), de nombreux dispositif d'animations sont donc proposés dans ce cadre : les Assises mais aussi des Eductours, des formations, des animations, des événementiels, des outils promotionnels et supports de communication… Avec toujours l'objectif prioritaire que chaque professionnel membre du Label soit un véritable Ambassadeur de la destination.


C'est fort de ce bilan que le Pays de Thau a obtenu le renouvellement du label, en 2016. Mais si notre destination couvre intégralement les AOC Muscats de Frontignan et de Mireval, d'autres appellations et indications de renom,
Conscients de la nécessité d'offrir à cette destination toute la cohérence géographique viticole qu'elle mérite à travers son positionnement oenotouristique, en partenariat avec l'agglo Hérault Méditerranée, nous avons travaillé à l'élargissement du périmètre de destination. C'est ainsi que déjà en 2017, les Assises étaient organisées de façon itinérante avec 2 circuits de visites et de découvertes du nouveau territoire et de ses prestataires.


Ensemble, une nouvelle destination Oenotouristique candidate au label Vignobles & découvertes a été élaborée :  la destination "Thau en Méditerranée". La candidature a été déposée au 1er janvier 2018 à Atout France. Les résultats sont attendus mi-mai. Cette 8ème édition a été l’occasion de signer la Charte officielle d’engagement de Thau en Méditerranée en faveur d’une consommation responsable.

 
Thau en Méditerranée, en quelques chiffres, c'est :


 33 communes ; 197 300 habitants, 74 100 hectares

5 AOC 
7 IGP
82 partenaires éligibles : o 30 caves ou domaines viticoles  o 4 mas conchylicoles o 14 hébergeurs o 11 restaurateurs o 5 sites patrimoniaux o 5 offices de tourisme o 4 agences réceptives o 9 structures de loisirs.

La circulade des vins à Saint-Pons de Mauchiens

Le petit marché aux vins bio
dimanche 27 mai 2018 de 10h à 18h


La Circulade des vins de Saint-Pons-de-Mauchiens est une nouvelle manifestation, lancée par deux professionnels passionnés par les vins bio : Patrick Suat, caviste dans le village, et Philippe Poitevin, agent de plusieurs domaines languedociens. Les vins bio sont des vins produits sans engrais chimiques et sans pesticides de synthèse, conformément à un cahier des charges européen.


7 Vignerons présents

Pour cette première édition, le grand public pourra rencontrer sept vignerons du Languedoc et en déguster les vins : le Mas Coris (AOC Languedoc Cabrières), le Mas des Rompudes (IGP Hérault), Guillaume Chamboredon (IGP Coteaux de Béziers), le Domaine de Bassac (IGP Côtes de Thongue), le Domaine de Bon Augure (IGP Haute Vallée de l’Orb), le Domaine de Campaucels (AOP Picpoul de Pinet) et le Domaine de Roquemale (AOC Languedoc Grès de Montpellier). Un verre sérigraphieé sera mis à la disposition des visiteurs, soit à l’achat, soit avec caution.

Nombreuses animations

À 12h et 14h, Patrick Suat proposera deux ateliers d’initiation à la dégustation à partir d’expériences ludiques à base de fioles odorantes et de dégustation à l’aveugle dans des verres opaques. Un questionnaire sera également remis aux participants avec des questions concernant l’ensemble des vignerons présents pour tenter de gagner des bouteilles de vin. Enfin, il sera possible de se restaurer sur place.

Vinisud, une invitation au voyage

A l’intérieur de Vinisud, salon professionnel des vins de la Méditerranée où se brassent des affaires à l’international, s’immisce, à travers stands et halls, une invitation au voyage. Tout autour de Mare Nostrum, notre mer commune fondatrice d’une civilisation du vin, nous voguons, dans le sillage d’Ulysse, du Portugal au Liban, de la Slovénie au Maroc, faisant halte dans les îles de Chypre et de Malte.
Le voyage se fait invitation à une découverte touristique, vins, art, gastronomie, histoire entremêlés, dans une dimension plus culturelle du vin, portée par le développement de l’oenotourisme. Un large espace dédié appuie et suscite des démarches pour asseoir les régions viticoles comme destination de choix, à l’instar de l’Occitanie.
Avec les master classes, conférences et Talk and Taste qui se succèdent, le voyage part à la découverte de terroirs et de cépages, éclaire des pratiques et des choix. Les sommelières Elizabeth Gabay et Sarah Abbott, Master of Wine, Adriano Zago, ingénieur agronome, nous ouvrent des portes inconnues sur la plaine argilo-calcaire de la Bekaa au Liban, les terroirs volcaniques de l’ile de Santorin, les montagnes de l’Atlas ou de Turquie, les sols littoraux de Bandol (Var), les terres grillées de soleil des Pouilles ou argileuses du nord de l’Italie. Nés de cépages importés ou autochtones, des goûts très divers libèrent des fraicheurs insoupçonnées sur des vins blancs grecs, libanais, marseillais, une élégance inattendue sur d’anciens cépages rouges italiens[1].

   

Voguer à Vinisud procède également d’un voyage dans les temps. C’est le futur qui s’invite, études de marchés, de modes de consommation, outils numériques ou neurœnologie en tête.
Omniprésent dans les esprits, le changement climatique interpelle nos pratiques culturales, menace la pérennité de nos terroirs, redessine la carte des vignobles. Une migration vers les pôles - le vin progresse à pas de géants en Pologne, par exemple- et vers des vignobles en altitude est envisagée.

 Migration vers le nord? Master class,Sarah Abbott

La question de l’eau, cruciale sur le pourtour de la Méditerranée promis à un assèchement, l’augmentation des degrés alcooliques des vins font de la biodiversité un enjeu, imposent des pratiques éco-responsables dont Vinisud se fait l’écho. Les bouleversements conditionnent des adaptations novatrices, comme celles de la propriété de Pierantonio Fiorentino dans les Pouilles, à l’extrémité sud de l’Italie. Entrepreneur pionnier dans les énergies renouvelables, il a développé à la vigne un programme de développement durable complet.[2]  Sur une zone très ensoleillé et très sèche, il donne l’exemple d’une culture de cépages anciens adaptés au lieu et sans irrigation. Car gestion de l’eau – il faut 632 litres d’eau pour concevoir une bouteille de vin – et arrosage des vignes font débat, tandis que les pratiques biologiques et en biodynamie, versant de la bio travaillant en accord avec la nature et le cosmos, s’installent dans les stands et les discussions.

  Elizabeth Gabay et Sarah Abbott

Jusqu’à quel point nos cépages seront-ils capables de s’adapter? Quel rôle joueront les cépages résistants en cours de création ? Quelle part prendront les cépages anciens ?[3] Dans cette interrogation sur le devenir de la viticulture, Vinisud nous emporte au cœur d’une vinodiversité ancienne, de pratiques viti-vinicoles que l’association Wine Mosaic s’attache depuis 2013 à mettre en lumière. On assiste dans le monde depuis une quinzaine d’années à une  réappropriation  de ses cépages locaux, porteurs de vins d’un lieu, d’histoire et de fiertés. La terminologie varie, tâtonne encore. Cépages rares, oubliés, autochtones, historiques, modestes reflètent le continuum que seul une viticulture industrielle, appuyée par la destruction des vignobles par le phylloxéra ,a mis à mal pendant plus d’un siècle. Préservation de souches identifiées, remise en culture sans repère, micro vinifications, les patients pionniers ont travaillé à l’aveugle. La vinodiversité qu’ils ont retrouvée s’expose dans la richesse de ses noms, barbera italienne, bogazkere « gratteur de gorge » turc, ribairenc et œillade languedociens, comme dans la richesse de ses gouts, ressurgis, surprenants, loin de la standardisation opérée les trente dernières années. Elle s’accompagne d’usages fort anciens, dans la gestion de la canopée[4] ou la protection millénaire contre les vents asséchants qu’Elizabeth Gabay et Sarah Abbott observent tout autour de la Méditerranée.

Photo: vignes dans des nids à Santorin (S.Abbott)

L’élaboration actuelle de vins en amphores, dont la plus ancienne a été retrouvée … au Portugal, illustre cette réinterprétation de traditions anciennes. Nés de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, ces contenants sont encore fabriqués de la main de l’homme en Géorgie (qvevris), Espagne et Italie, à l’identique des pots des Médicis, à base d’argile bleue. Le travail en amphores n’a rien de spécifique, c’est le travail avec l’amphore qui amène une spécificité. On utilise l’œnologie différemment, avec des macérations longues pour affiner les vins. La dimension artisanale de l’amphore, et sa dimension comme un fil rouge pour raconter une histoire, un vigneron   » prédominent, explique Adriano Zago, spécialiste des vins bio et biodynamiques

  Adriano Zago

Les vignerons qui mènent ce travail de réappropriation posent eux-mêmes la question du prix et de la viabilité économique des vins élaborés. Jean-Luc Etievent, co-fondateur de Wine Mosaic, en rappelait la pertinence aux AOC Languedoc réunis à Montpellier. Ces vins portent une différenciation, appréciée notamment par les Anglo-saxons, ouvrent des marchés de niche, sur lesquels l’Espagne et Italie ont pris de l’avance, dans un processus mondial lui aussi.
Quelques cépages se distinguent : assyrtico blanc de Grèce, barbera et sangiovese du nord et negroamaro des Pouilles, cinsault, star actuelle des dégustateurs. Le Liban le redécouvre, il fait figure d’ancien en Argentine et au Chili, le Languedoc le remet au goût du jour, sur la base de résultats splendides, en rosé comme en rouge.

Les patrimoines viti-vinicoles interprétés dans leur dimension historique et culturelle, agronomique et œnologique insufflent un nouveau regard sur nos vignobles. André Deyrieux, spécialiste de l’oenotourisme, propose un retour à l’esthétique des vignobles, qui s’appuie sur la vision du monde de Virgile et des auteurs romains. « Pour faire un bon vin, il faut un beau vignoble, qui corresponde à un ordre du monde, une richesse, une vitalité, une fertilité ». A son avis, les chartes paysagères établies par des domaines viticoles, la biodynamie, se mettent en accord avec cette harmonie du monde.
Le même angle est développé dans le projet Méditerranée, terroir divin du photographe Claude Cruells, de Laurence Crinquant et l’équipe de Ca CarttooN Spirit, qui livre sur cinq ans, à travers 19 pays de la Méditerranée, un instantané de la viticulture pour les générations futures. « Parcours à la fois artistique, mémoriel et initiatique » à l‘écoute des terroirs et des hommes, de « la vivance de la terre » qu’ils laisseront en héritage, la transmission patrimoniale se fait par la beauté des paysages photographiés, remarquables tout autant que les hommes qui les façonnent.

 

Vinodiversité et pratiques patrimoniales sources d’innovation ? Joëlle Brouard, qui a défendu pendant dix ans le dossier des Climats de Bourgogne à l’Unesco, cite Marguerite Yourcenar : « la tradition est une innovation qui a réussi ». L’éminent agronome et chercheur Alain Carbonneau rappelle que, dans tous les cas, la tradition ne signifie pas le conservatisme. Il place « le retour à une grande vertu : celle de l’observation » comme essentielle pour la vigne, ainsi qu’une plus grande diversité dans les modes de conduite, de taille par exemple, l’introduction de nouvelles technologies pour épauler le vigneron, et de réflexion sur la génétique : pourquoi ne pas sélectionner des cépages anciens comme nouveaux géniteurs ?

Cet aller-retour entre les temps a enrichi les débats, nourri les pistes pour le futur à un moment où l’histoire viticole, convoquée comme source de connaissance du passé et d’enseignement pour innover, connaît un engouement non démenti sur le salon. La conclusion appartient à Adriano Zago, dont la jeunesse n’a d’égal que la sagesse: ne pas refuser le progrès, y compris dans les pratiques biologiques et biodynamiques qui gagnent du terrain. « Il faut oser, aller vite et loin ».
Florence Monferran

Des vins en amphores, en bio et biodynamie
Sept vins présentés, sept vins différents confortent cette idée simple: c’est le vigneron qui fait le vin, et son mode de conduite, ici en biodynamie, qui imprime sa marque. Un Château Gand Boise près de Marseille à la salinité, la minéralité, la complexité remarquables sur un Vermentino-sémillon, ou un mélange d’anciens cépages du Valais (Suisse) sur un blanc de la brillante Valentina Andrei, des cépages anciens italiens longuement macres, avec ou sans leurs peaux, produisent des vins intenses, qui demandent du temps avant de s’affiner (barbera , sangiovese, negroamaro)
1701 Franciacorta, Surnat 2016, Cazzago San Martino (Lombardie)
Château Grand Boise, cuvée 1610, 2016, à Trets (13)
Domaine Zénitude, Solstice 2016 à Saint Jean de Fos (34)
Valentine Andrei 2016, Valais (Suisse)
Al di là del Fiume, Dagamo 2016 (Emilie-Romagne)
Merriggio, Corte d’Aibo 2016, Monteveglio (Emilie-Romagne)
Montalcino, Sileo 2016 (Toscane)



[1] Vins dégustés : 
[2] leds, utilisation des reflets du soleil, nettoyage à la vapeur, toits thermiques, recyclage de l’eau par exemple
[3] Voir l’article de novembre 2017 « La vigne à la croisée des chemins » http://montpellier-infos.fr/index.php/terroirs/vigne/les-nouvelles-de-la-vigne/13358-la-vigne-a-la-croisee-des-chemins-quels-cepages-demain-en-occitanie
[4] Taille créant de l’ombre, soin à éviter l’évaporation

Voguer à Vinisud avec les vins de la Méditerranée

 

Telle est l’invitation au voyage que propose Vinisud, salon professionnel des vins de la Méditerranée les 18, 19 et 20 février au Parc des Expositions de Montpellier. Vignerons, négociants et distributeurs de l’ensemble du bassin méditerranéen s’y donnent rendez-vous, pour mettre à l’honneur le premier vignoble au monde (près de 29 % de la production et 28 % des exportations).


1 400 producteurs, 26 000 références de vins, 30 000 visiteurs de tous les continents attendus,  une importante colonie de bodegas espagnoles et une démarche durable en fil rouge, le salon 2018 annonce la couleur : efficacité commerciale, découverte de nouvelles pépites grâce à des zones élargies de dégustation libre, et exploration des nouvelles tendances de consommation, études menées à l’international à l’appui, sont à l’ordre du jour. La vitrine des vins du sud entend présenter de nouvelles grilles de lecture sur le monde viticole, par le biais de multiples conférences, d’espaces mettant en avant l’innovation, avec les acteurs de demain, ou encore l’économie numérique, autant que l’identité des vins et des terroirs, leur valorisation possible, avec l’oenotourisme ou les cépages anciens.

Vinisud, révélateur de tendances, et éclaireur de pratiques sur le pourtour de Mare Nostrum, notre mer commune, dispose pour se faire de trois jours, avant de voguer l’année prochaine jusqu’à Paris.
Florence Monferran

Clap de fin à Millésime Bio : regard dans le rétro et cap sur l’avenir

Millésime Bio, salon mondial des vins biologiques, a fermé ses portes le 31 janvier sur un franc succès, avec une fréquentation en hausse de 17 %. 5 700 acheteurs, dont 25 % d’étrangers, en majorité européens et nord-américains, se sont déplacés à Montpellier. Sudvinbio, son organisateur, qui promeut les productions et les valeurs de la viticulture bio, y voit le symbole de la réussite de cette filière en plein essor, véritable locomotive de l’ensemble des productions biologiques en France.
Aujourd’hui, surfaces et volumes de production, ventes et  tendances de consommation, revenus des vignerons, emploi, tous les indicateurs signalent un marché bio en hausse structurelle, tant en France que dans le monde. Dans ce bond en avant, l’Occitanie prend toute sa place. « La vigne est notre identité. Elle existe depuis l’Antiquité » rappelle d’emblée Carole Delga dans son discours inaugural. Une place de leader aussi, l’Occitanie se prévaut d’être la plus grande région viticole du monde, la première de France et la première région bio, ce qui fait dire à Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’Agriculture que  « L’agriculture bio est un atout certain dans le développement économique régional, car elle est créatrice de valeur, d’innovation et d’emploi. »

 

Carole Delga (au centre), Denis Carretier (à droite).

 

Dans un contexte où la question alimentaire est décrétée grande cause 2018 en Occitanie, pas le temps de se reposer sur ses lauriers : il est déjà demain. Les défis pointent de toutes parts  pour les vins biologiques. Faire face à la hausse de la consommation implique une hausse de la production, donc une progression nécessaire des conversions de viticulteurs en bio. Il s’agit aussi de trouver des solutions techniques pour un mode de production moins enclin aux rendements, plus sensible aux aléas climatiques. Des chantiers structurels surgissent, comme disposer de services statistiques renseignant mieux sur l’évolution des marchés et les capacités à y répondre. Mobiliser tous les tous les acteurs de la filière,  dans un souci d’efficacité, a conduit d’ores et déjà à la création d’InterBio, association interprofessionnelle qui fédère 5 structures régionales[1].

Il est déjà demain avec le plan Bi’O 2018-2020 pour « produire, consommer et vivre bio en Occitanie », plan de valorisation des produits de qualité dans la restauration des lycées, d’accompagnement à l’installation - transmission en agriculture, à la conversion et d’aide aux investissements spécifiques des exploitations bio. Un prochain projet de loi va demander 50 % de produits locaux et bio dans la restauration collective pour le 1er Janvier 2022. Dans son discours de clôture des Etats Généraux de l’alimentation, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a esquissé le 21 décembre 2017 un onjectif assez spectaculaire de 15 % de la surface agricole cultivée en bio en 2022 en France, alors qu’elle n’est actuellement que de 6,5 %.
Produire plus, convertir plus, pour tendre vers quelle(s) forme(s) de consommation de vins biologiques? L’attente des consommateurs est forte, tant en termes d’information sur les différents vins bio, leurs modes d’élaboration que de qualité et de bienfait pour leur santé.
Pour répondre à plus long terme, Millésime Bio s’est projeté après-demain, alors que la région Occitanie bâtit un plan à 30 ans autour de trois enjeux majeurs, dont la préservation du foncier agricole et des ressources en eau. Un travail collaboratif sur les prospectives pour la filière viticole bio à 20-25 ans était présenté en conférence par SupAgro et France AgriMer. Cinq scénarios possibles retenus parmi une cinquantaine, du plus défavorable au plus florissant, ont été élaborés afin de réfléchir et d’agir, de pouvoir peser sur cet avenir[2].

Le monde du vin biologique est arrivé à un carrefour, générationnel – les pionniers parachèvent leur travail de défricheurs - et structurel. Vers quel type de production va s’orienter la culture biologique ? Autour de réglementations souples ou contraignantes (avec ou sans OGM, des cépages résistants, hors sol) intégrant ou refusant des innovations techniques ? Dans quels contextes économiques, climatiques, législatifs ?
Les prospectives remettent également en perspective le chemin parcouru. Présents dans les stands, piliers de ce salon qu’ils ont forgé de leurs mains, quand ils n’étaient qu’une poignée, vignerons bio de la première heure, c’est à eux qu’il revient de donner d’abord la parole.
Florence Monferran


[1] Coop de France, Chambre régionale d’agriculture, Sudvinbio,Bio Occitanie (afédération régionale d’agriculture biologique) et OCEBIO, Occitanie Entreprises Bio
[2] 1. La filière bio essaie de survivre : contexte peu favorable et impasses techniques, le marché régresse.
     2. la filière bio gère sa rente de situation : contexte plus favorable, une viticulture bio qui va bien mais ne cherche pas à prendre toute la place. La filière contrôle son développement de manière restrictive
     3. disparaître pour renaître : contexte hostile, la bio victime de son succès, rejoint la production à Identité Géographique pour créer une IG-Bio ; une tendance plus bio que le bio sort de sa  marginalité  avec des refondateurs
     4. croissance quantitative assumée : la filière bio sort de sa niche dans un contexte où le vin est devenu un produit agro-industriel. La réglementation s’assouplit : Hors OGM et systémiques, tout est possible, le développement est quantitatif et conséquent
     5. filière réduite au segment premium « Vin Bio et Santé »: dans un contexte économique difficile, une réglementation contraignante, les surfaces baissent, la productivité augmente. Supplanté par d’autres labels, le bio joue sur l’argument santé. Ce sont les grandes entreprises qui développent ce segment et jouent perso sur leur marques

Synthèse disponible: http://www.franceagrimer.fr

   

Parole de pionniers

Thierry Julien, Mas de Janiny à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, fondateur et actuel Trésorier de Sudvinbio

« A la fin des années 1980, nous voyions des gens malades, la toxicité de produits chimiques, interdits depuis. C’est ce qui nous a alertés et nous a fait peur : c’était un poison pour nous, notre famille, notre environnement (…) Le but ultime serait que toute la viticulture passe en bio. Ce n’est pas possible. Nous avons  aidé à gagner du terrain.

L’enjeu maintenant réside dans une bio pour tous, ne pas rester cloisonné, ne pas rester dans une niche ». 

 

 

 

 

Jacques Frelin, vigneron et négociant en vins bio à Terroirs Vivants, fondateur et actuel Vice-Président de Sudvinbio

« J’ai démarré par hasard en bio, en 1983, car mon beau-père l’était déjà. Peut-être trop tôt. Le respect de l’environnement est une priorité aujourd’hui, pas alors (…) Le plus dur est fait. Une prise de conscience a eu lieu de diminuer l’utilisation de produits chimiques. Cela ne veut pas dire que c’est gagné. Seulement 10 % de l’agriculture est en bio aujourd’hui ».

 

 
Louis et François, fils de Louis Delhon, fondateur de Sudvinbio, Domaine de Bassac à Puissalicon
« Notre père s’est converti en 1985-1986, par éthique et pour lutter contre les résistances de la vigne aux produits chimiques. La réunion de deux domaines a permis le passage en bio. Notre père s’est lié d’amitié avec un acheteur allemand pour mettre en bouteille Lo Bartas (le buisson en occitan), cuvée qui existe toujours ».

 Olivier Azan, Domaine du Petit Roubié à Pinet (Hérault), fondateur et actuel Secrétaire de Sudvinbio

« Tout au début, en 1985, peu de gens consommaient bio. Il a fallu tout de suite faire de l’export, vers l’Allemagne, le Danemark, plus tard la Belgique et la Hollande. (…) Nous sommes la caution morale du salon, nous, les vieux grognards. Un développement de la bio est indispensable dans l’avenir ».

 

 Françoise et Vincent Costes, Domaine Costeplane à Cannes-et-Clairan (Gard)

« Peu de monde était intéressé. Les conseillers poussaient au désherbage total. La pression était très importante, mais nous n’en voulions pas. Nous ne voulions pas d’un sol mort. Nous avons quitté la cave coopérative et sommes passés au bio en 1990. Le domaine n’a jamais grandi et on se porte bien, sans aller jusqu’à la décroissance. Nous sommes passés d’écolo à bio, et à la biodynamie ».  

 

 Jean-Paul Cabanis, Domaine Cabanis à Vauvert (Gard)

« J’ai toujours adoré la nature. Travailler la terre, c’était la respecter, respecter les oiseaux, les fleurs, les plantes. Travailler en conviction, en conscience aussi. Je suis fier de ce que je fais depuis 1986.
Le but est de travailler en équilibre, dans un fonctionnement raisonnable, qui fait que cela marche, avec l’environnement sans prendre de risque financier. L’engouement actuel envers le bio me touche, comme une reconnaissance.

L’avenir sera-t-il bio ? Il sera responsable et citoyen : on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit  ».      

 Olivier Durand, Domaine de la Triballe à Guzargues (Hérault), président de l'AOC Languedoc-Grés de Montpellier

"Quand j'ai passé mon diplôme pour devenir vigneron, en 1987-1988, j'étais le seul à être bio, le seul qui décavaillonnait. On était montré du doigt. Alors que la chimie, ça marchait tout seul dans les années 1980, ça ne coûtait pas cher, tu étais tranquille en deux coups de désherbant, deux coups d'engrais chimiques. Pour nous, c'était du travail intense (...) Je pense qu'aujourd'hui, il faut que le bio rejoigne les locavores. Cela paraît logique."  

 JC Daumond, vigneron à la retraite au domaine Folle Avoine à Vendargues

« Intoxiqué en 1984 par un insecticide, je suis passé à une pratiqué bio pour me protéger, puis protéger la terre, pour prendre soin de son corps et de la terre qui nourrit le corps. Il fallait avoir la foi pour le bio. Et pourtant, s’il fallait recommencer, je courrais ! »


FM

Vinifilles et Femmes de vin illuminent le soir montpelliérain

En avant-première de Millésime Bio, les fées se sont penchées sur la soirée des Vinifilles, association de 18 femmes vigneronnes du Languedoc et du Roussillon, à l’image de Caelia et Abonde qui ont donné leur nom à deux cuvées solidaires pour leur consœur du Mas Thélème.

 Délaissant les ambiances intimistes et culturelles des dernières années, elles recevaient en grand, dans la Salle des Rencontres de la Mairie de Montpellier, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle du Cercle des Femmes de vin. 10 associations régionales, 70 vigneronnes, des terroirs d’Alsace à la Provence, de la Loire au Sud-Ouest, des Appellations prestigieuses de Bourgogne, Champagne  ou de Bordeaux… le monde du vin s’est écrit au féminin pluriel pour une soirée tout feu, tout flammes.

Des stands qui n’ont pas désempli, des vigneronnes difficiles à approcher, la présence des AOC Languedoc, des medias, France Télévisions, tous les projecteurs étaient braqués sur ces vins de filles, de copines, de vigneronnes. Carole Delga, s’est  déplacée pour passer un long moment parmi elles « C’est la première fois qu’une Présidente de la région Occitanie, vient – peut-être parce que c’est une présidente » souligne Pascale Rivière, de la Jasse de Castel (Saint-Jean-de-Fos).


Fabienne Bruguière

Ces vigneronnes ont décidé de mettre en commun des idées, des moyens, commerciaux ou communicants, des réflexions, sur leurs pratiques techniques par exemple. « Nous avons une belle dynamique. L’association est une bouffée d’oxygène, on peut tout se dire » explique la Présidente des Vinifilles, Valérie Tabariès-Ibanez, du Domaine de Roquemale (Villeveyrac).

Valérie et Dominique Ibanez

Ainsi, l’assemblée générale  des Femmes de vin tenue le matin a dégagé trois projets d’action. La transmission et la formation, présentées par les Femmes de Loire, s’attache à répertorier toutes les formations pour que les jeunes puissent s’investir dans un métier de la vigne et du vin, en particulier en viticulture biologique où les besoins en personnel sont importants. Les Femmes du Sud-Ouest proposent un volet éducatif  de formation ludique sur la vigne et le vin pour les écoles élémentaires. Quant aux Vinifilles, elles ont apporté leur expérience sur une action de solidarité, menée à l’égard de Fabienne Bruguière, entièrement grêlée en Aout 2016 en Pic Saint Loup. Comment mettre en route une action dans des cadres contraignants (administratif, technique) ? Don de vin, assemblage de plusieurs cépages, commercialisation aujourd’hui concrétisent cet élan.
Elle regardent le mouvement Women do Wine, initié en 2017 contre l’absence de visibilité des femmes dans l’ensemble du monde du vin, comme « une mise au point nécessaire, qui libère la parole ». Valérie Tabariès-Ibanez ajoute : « Nous, nous militons pour le bien boire, bien manger, la formation. Plus qu’une entraide de femmes, les Vinifilles sont une entraide de vigneronnes ». Ce que confirme Fabienne Bruguière : « Sans elles, je n’y serai pas arrivée. Je n’ai reçu aucune aide du Syndicat ». En écho, sur un autre salon, le vigneron Vincent Bonnal envoie un message : « Le vin est là pour séduire, qu’on soit homme ou femme. C’est un art, un artisanat. Est-ce qu’on se préoccupe du sexe d’un artiste, plutôt que de son œuvre ? Cela ne changera pas le goût du vin ».

Le vin, l’essentiel. Un niveau qualitatif irréprochable, grimpant à des sommets avec quelques grands crus, une présence non négligeable de vins biologiques – beaucoup enchaînaient avec le salon Millésime Bio, les dégustateurs ne savaient plus où donner de la tête et des papilles.

L’an prochain, le Cercle des Femmes, créé en 2009, fêtera ses 10 ans. Les Vinifilles du Languedoc aussi. Que nous réserveront-elles ? « Nous allons y réfléchir très vite », répond Françoise Ollier ci-contre, du Domaine Ollier-Taillefer (Fos).

Auréolé d’une Médaillé d’or au concours Challenge Bio, l’Allegro, produit sur une terre de schistes chère à sa famille, prouve encore une fois la qualité des vins blancs du Languedoc.

Délaissera –t-on en 2019 la notion de vin de femme pour parler enfin de femmes de vin, comme le nom de l’association nationale réunie à Montpellier nous y invite ? Voilà qui serait un beau cadeau d’anniversaire.
Florence Monferran


 

Les dix associations régionales du Cercle des Femmes de vin

 Aliénor du vin de Bordeaux ( créée en 1994)
 Etoiles en Beaujolais ( créée en 1998)
  Femmes et Vins de Bourgogne ( créée en 2000)
 Femmes Vignes Rhône ( créée en 2004)
 Eléonores de Provence ( créée en 2008)
 Vinifilles (créée en 2009)
 diVINes d’Alsace ( créée en 2011)
 SO Femme & Vin ( créée en 2014)
 Fa’bulleuses ( créée en 2015)
 Dames de Cœur de Loire (créée en 2015)

3/ Un goût, différents vins: pour se retrouver dans la culture biologique

Le consommateur doit se frayer un chemin au milieu des labels, normes et expressions propres aux vins biologiques, qui dessinent la famille d'une viticulture propre en plusieurs branches interactives : un vin peut appartenir à plusieurs groupes

Les vins biologiques

Pour obtenir le label, il est obligatoire d'être certifié par un organisme agréé, après trois campagnes de conversion de son vignoble. Le vin peut alors revendiquer la mention vin biologique sur l'étiquette.
Vins de raisins issus de l'agriculture biologique jusqu'en 2012, c'est-à-dire cultivés sans produits chimiques de synthèses (pesticides, désherbants, engrais) ni OGM, protégeant le vignoble par des procédés ou produits naturels (sélection des plants, prédateurs naturels contres les insectes), les vins sont devenus vins biologiques avec la charte européenne qui remplace le label AB par l'eurofeuille, et étend la réglementation à la vinification. Raisin, sucre (en cas de chaptalisation), alcool pour les mutages, moûts concentrés doivent être 100 % bios, les produits oenologiques et levures également. Les teneurs maximales en SO2, antioxydant et antiseptique, sont limitées par rapport à la viticulture conventionnelle pour réduire l'ajout de sulfites dans le vin. Certains intrants (additifs) sont interdits, comme l'acide malique, ainsi que des procédés comme la flash-pasteurisation ou la cryo-extraction. 
"La certification vin biologique est une sécurité pour le consommateur. Tous les producteurs sont soumis aux mêmes règles, à la vigne et au chai. En cas de manquement au cahier des charges, ils doivent recommencer toute la certification à zéro » rappelle l’association Sudvinbio.

Les vins en biodynamie 
Le vigneron peut choisir d'aller plus loin dans sa démarche. Inspirée par le penseur Rudof Steiner, la biodynamie se soucie d’intensifier la vie du sol afin qu’il y ait un meilleur échange entre la terre et la vigne.  En favorisant une plus grande biodiversité des sols et en renforçant la santé des plantes, la biodynamie se définit comme une agriculture agissante et durable. Elle travaille dans le respect des cycles naturels, des rythmes lunaires et planétaires, fertilise et traite la terre par des compostages, infusions, décoctions naturelles. Elle restreint la mécanisation des tâches. Les labels Déméter et Biodyvin certifient la pratique par un cahier des charges plus strict qu’en vins biologiques, notamment dans les dosages de SO2.

 

 
Les labels, Source: Sudvinbio

Les vins naturels, les vins sans sulfites ajoutés
Poussant dans ses limites la démarche, le vigneron peut choisir de produire un vin naturel, pour lequel il n'existe aucun cahier des charges, ni dénomination officielle, ni label. Après une démarche bio ou biodynamique à la vigne, le vigneron travaille en vinification sans technique visant à modifier le moût et sans intrant, même des levures. Un exception est faite pour l’usage de sulfites. Si le vin peut en contenir naturellement des sulfites, l’ajout de SO2, issu aujourd’hui de produits de synthèse, est dicté par la nécessité de stabilisation et de conservation du vin, comme bien d’autres aliments (fruits secs, gâteaux, crevettes, etc). L'association des Vins Naturels autorise les sulfites ajoutés dans des doses minimales, si possible en soufre naturel, produit par les volcans. La charte des vins Sans Aucuns Intrants Ni Sulfites (S.A.I.N.S.) vins  pousse la démarche jusqu’au bout en les excluant de l’élaboration des vins.   


Source: Sudvinbio

Les vins vegan

 

L’apparition en 2016 de labels, tels Label V, E.V.E. Vegan, gérés par différentes associations internationales, certifie l’absence d’intrants d’origine animale dans le vin, lors de sa clarification (collage) avant mise en bouteille. Le vin est garanti 100% d’origine végétale par un logo sur l’étiquette, à l’usage de consommateurs végétariens toujours plus nombreux.

 

 

Les vins Bee friendly
Ce type de vin encourage une production respectueuse des abeilles, par des pratiques agricoles en harmonie avec les pollinisateurs (contrôle des produits utilisés, mise en place de zones de préservation de la biodiversité, soutien à des projets de recherche). Un cahier des charges rigoureux est géré depuis 2011 par des organisations d’apiculteurs européens.

Labellisés ou pas, avec ou sans sulfites ajoutés, entre sécurité de certification et liberté de création, c'est ensuite au consommateur de faire son choix parmi toutes ces directions prises par des vignerons, travaillant tous dans le respect de la terre et du vivant.

2/ Le grand bond en avant, Dossier Les vins bio en 2018

Terroir de Cabrières (Hérault). Ph. AOC Languedoc

Alors que Millésime Bio, le salon mondial créé par l’association Sudvinbio, s’apprête, de  retour à Montpellier, à fêter sa 25e édition, tous les signaux clignotent en faveur de la culture biologique. Elle gagne toutes les filières de production, se répand telle une vague verte sur la planète. Elle trouve en la viticulture son fer de lance et des terres de prédilection dans les vignobles du sud (Espagne, Italie, sud de la France) moins sujets aux maladies avec leurs climats secs, leurs vents asséchants. L’Occitanie se place ainsi en leader, première région productrice de bio tous secteurs confondus, avec plus de 25 000 ha certifiés ou en conversion, soit un tiers de la surface bio en France, et 700 000 hl de vin biologique produits. Près de 1 600 producteurs se sont réunis sous la même bannière dès la fusion des anciennes régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, prenant l’aspiration d’un Languedoc pionnier en la matière.


Source: Agence Bio

Exempte de pesticides, tel le glyphosate qui défraie l’actualité, soucieuse d’une alimentation saine et respectueuse de son environnement, la culture en vins biologiques ne cesse, en France, de conquérir des consommateurs. Elle confirme son expansion à l’export, la viabilité des modes de production et la pertinence de ses choix.
Ce véritable boom sur le bio dans nos verres se mesure d’abord à l’aune des indicateurs économiques. Le secteur affiche un taux de croissance moyen de 20 % par an. La filière a triplé en seulement 7 ans son chiffre d’affaire, à 1,2 milliard d’euros, et ses ventes à l’étranger[1]. Pour faire face à une demande croissante chaque année, l’offre progresse également : + 35 % de vins biologiques entre 2010 et 2016. Les conversions en vin bio grimpent en flèche, passant de 170 en 2014 à 467 pour le seul premier semestre en 2017.
« Nous ne sommes plus une niche, mais bien une filière organisée avec des volumes » démontre Sudvinbio avec près de 2 millions d’hectolitres produits en France en 2016. Une filière plus créatrice d’emplois[2], plus performante dans ses résultats d’exploitation, avec un chiffre d’affaire supérieur de 46% aux viticulteurs conventionnels,  valorise mieux les vins, offrant des prix supérieurs de 10 à 40 %, notamment par une plus forte présence d’AOP dans sa production.[3]


C
ircuit du vin bio produit en France. Source: Sudvinbio

Des consommateurs soucieux de l’origine des vins, de la préservation de l’environnement, de la biodiversité et de leur santé, attentifs au goût se tournent plus facilement vers le bio. Plus de femmes, plus de jeunes, ces moins de 35 ans sensibles à l’éthique portée par le bio, de locavores modifient les données de consommation. Ils achètent en majorité par vente directe (41%), magasins spécialisés et cavistes, peu en supermarchés (17 %), ce qui fait dire à Patrick Guiraud, président de Sudvinbio, que la consommation bio relève aussi d’un acte militant.  

Une marge de progression s’ouvre encore: la France n’est que le 3e vignoble bio du monde,  avec plus de 70 000 ha [4], distancée et fortement concurrencée par l’Espagne et ses 106 000 ha, puis par l‘Italie. L’offre encore déficitaire par rapport à le demande en France incite Sudvinbio à fixer un objectif ambitieux : 50 % de vignes certifiées bio en 2025. Les aléas climatiques de 2017, qui ont entrainé une baisse de production de 25%, n’entravent pas ce désir de  marche en avant.
Une génération prépare le passage de témoin. Arrivée au moment des arrachages massifs en Languedoc-Roussillon, ces vignerons ont fait le choix de replanter et de travailler différemment. Ils ont structuré la production biologique à partir des années 1980. Avec l’objectif 2025, qui n’est que le premier volet d’un plan pour les 25 prochaines années, se profile l’arrivée d’une génération nouvelle. C’est elle qui aura en charge de transformer la vague verte qui déferle en lame de fond, avec quelques enjeux majeurs: la gestion du développement des vins biologiques, les prix, la concurrence.
2025, 25 ans à venir, 25e anniversaire, le chiffre s’affiche dans toutes ses dimensions. Regard sur tout ce qui a été fait, célébration actuelle et cap sur le futur sont à l’ordre du jour.
Florence Monferran


[1] Etude Sudvinbio, juin 2017. En 2016, en un an, les ventes ont progressé de 18 % en France et 32 % à l’export.
[2] Les domaines certifiés bios emploient 1,5 fois plus de salariés, plus permanents et au niveau de technicité plus élevé. étude INRA et Sup Agro Montpellier 2016 
[3] Avec le maraîchage et la production laitière, le vin est le secteur qui affiche les meilleurs résultats d’exploitation : CA moyen de 17 000 €/ha, excédent but d’exploitation double du conventionnel. Le vin bio est plus rémunérateur, de 8 à 10 000 /ha, contre 1300 €/ha pour les céréales par exemple.  Etude INSEE, 5 décembre 2017. 82 % des vins vendus chez les cavistes sont en AOP. Etude Sudvinbio, juin 2017
[4] 70 740 ha certifiés ou en conversion 

1/ La planète bio se donne rendez-vous à Montpellier, Dossier Les vins bio en 2018


Du 29 au 31 janvier 2018, le cœur de la Métropole bat pour les vins biologiques venus du monde entier. Le salon Millésime Bio donne rendez-vous, sur 3 halls, à 1 000 exposants, 5 000 acheteurs professionnels attendus, 15 pays européens et du Nouveau Monde. 40 % de la production française y sera représentée. Fidèle à sa philosophie, il n’accueille que des vins labellisés biologiques, loge tout le monde à la même enseigne, sur de simples tables, deux mètres sur un. Il célèbre cette année ses 25 ans, en mesurant le chemin parcouru depuis la première édition, à Saporta (Lattes). Avec une poignée de précurseurs,  peu pris au sérieux, venus déguster ensemble leur nouveau millésime, est né le nom de Millésime Bio.  Un anniversaire au goût du succès pour la viticulture bio dans le monde, au gout de l’ambition pour son organisateur, Sudvinbio, qui met le cap sur un avenir vert, tout en gérant la croissance du salon. Créée en 1991, l’association fait figure d’expert de la filière bio en Occitanie, organise des évènements, tels Millésime Bio et son concours mondial Challenge Bio, et a même créé une chaine You tube.

Des vins biologiques, toujours plus de vins biologiques
Très stricts sur la certification des vins, effectuant des contrôles pendant le salon, Sudvinbio se veut le garant d’une sécurité d’achat pour le consommateur. Sont également admis des vins qui, outre le label vins biologiques, proposent une certification en biodynamie (Demeter ou Biodyvin). L’édition 2017 a vu apparaître le premier vin vegan, au Château Beaubois à Franquevaux (Gard). Le label Bee Friendly « respectueux de l’abeille » est à ce jour proposé par deux entreprises dans le sud de la France: l’opérateur languedocien Gérard Bertrand, par le biais de partenariats avec les viticulteurs, et Les Vignerons de Buzet (Lot-et-Garonne).
Millésime Bio n’accueille pas de vins nature ou en biodynamie s’ils ne sont pas certifiés en vins biologiques. 

Dans les off, de retour sur Montpellier et ses environs, des vignerons s’expriment en toute liberté, sans obligation de label mais avec le même respect de la terre, dans une relation humaine privilégiée (pas plus d'une cinquantaine d'exposants) et une ambiance décontractée, Vins des amis, Affranchis, Roots 66, BioTop Wines, Vignerons de l’Irréel affichent leur philosophie.
En avant-première de Millésime Bio, auquel elles participeront en nombre, les Vinifilles, association de 18 femmes vigneronnes du Languedoc-Roussillon, organisent une dégustation professionnelle  de vins de 70 femmes vigneronnes en France, à l’occasion de l’Assemblée générale annuelle de l’association Femmes de vin à Montpellier.
L’année 2018 sera bio, et se conjuguera au féminin.

Challenge Bio, concours international des vins de Millésime Bio, livre son Palmarès

Le concours a accueilli cette année 1516 échantillons. Près de 29 % des vins (434) ont été récompensés de 136 médailles d’or, 201 d’argent et 97 de bronze, par un jury présidé cette année par Klaus Hermann, Directeur de la publication du magazine professionnel allemand WEIN+MARKT.
50 médailles d’or ont été décernées à l’Occitanie. Quelques grands traits ressortent du palmarès : une prédominance des AOP (60 %), des vins rouges (60%), des cépages régionaux, d’origine languedocienne ou rhodanienne. Syrah, grenache, carignan mourvèdre en rouge, grenache blanc, vermentino (rolle), viognier, roussanne en blanc, côtoient des cépages historiques: bourboulenc et muscats, en de l’el gaillacois, seul représentant de l’ancien Midi-Pyrénées. Les piliers du Languedoc viticole, AOP Corbières, Faugères, Cotes du Roussillon, y côtoient les jeunes appellations Terrasses du Larzac, Languedoc Grés de Montpellier, Montpeyroux ou Cabrières. Pays d’Oc, Hérault, Cotes catalanes, Cotes de Thongue témoignent de la vitalité en vins de Pays IGP, du renouveau des vins des Cévennes (deux médailles d’or).
Un palmarès à l’image de la production en vins biologiques : ancrée dans ses terroirs, ses cépages, appuyée sur ses piliers, Château de Caragulhes (Corbières), Château Maris (Minervois-la-livinière), Cazeneuve (Pic-saint-Loup), Domaine Ollier-Taillefer (Faugères), accueillant une jeune garde confirmée, Domaine Decalage ou Virgile Joly (Languedoc AOP)
Tout le palmarès ici :
https://www.challenge-millesime-bio.com/home/palmares
Florence Monferran


Photos: Sudvinbio

Dégustation - Passion

 
   
   
 Thierry Boyer  
   
 Roland Tarroux, vigneron  

Difficile d'échapper à la sublime séance de dégustation proposée par Thierry Boyer, sommelier conseil et membre de la délégation des Toques Blanches. Depuis 25 ans, l'expert informe, conseille, accompagne dans les domaines de la dégustation et de la découverte des vins.

Ce samedi, dans le cadre enchanteur de la bibliothèque municipale et accompagné de Roland Tarroux, propriétaire-vigneron du Mas Saint Laurent à Montmèze, Thierry a proposé à une bonne quinzaine de curieuses et de curieux, dont certain(e)s averti(e)s l'art de décoder le langage du vin : une fête, la fête du bon goût et la transmission d'une passion !

Impossible de rester insensible aux discours étayés du maître et au breuvage issu d'un terroir vieux de 65 millions d'années et du quaternaire…

D'observation en observation, de nez à nez, de caudalie en caudalie les étapes de la dégustation ont été "décortiquées". L'importance du terroir, l'influence climatique, la taille, l'univers qui entoure la vigne donneront les caractéristiques d'un millésime jamais pareil. L'année "feuille", mémoire des cépages, reflètera la vie du fruit et par voie de conséquence le résultat final…

Après s'être servi de leurs yeux, de leur nez et de leur bouche les participants ont noté sur une fiche d'analyse sensorielle les attributs du vin dégusté :

- intensité, limpidité, brillance, défauts… pour l'examen visuel.

- intensité, qualité, caractère, richesse, défauts… pour l'examen olfactif.

- équilibre (acide, tanin, alcool, moelleux), arômes, structure, défauts… pour l'examen gustatif.

Le jugement d'ensemble : harmonie, typicité, qualité, persistance aromatique, arrière-goût, défauts… aboutira à une note personnelle.

La dernière étape de la dégustation permettra à chacun de trouver le mariage avec le mets idéal. La "chasse" aux idées reçues a permis également de mettre en exergue toutes les suggestions.

"Ce vin blanc peut très bien être servi sur un filet de porc aux girolles…"

Des assiettes gourmandes ont rejoint les tables des convives tout ouïe aux conseils de Thierry. Roland, quant à lui, a partagé sa solide expérience de vigneron-chercheur en précisant qu'un savoir-faire naît parfois d'échecs et que rien n'est jamais totalement acquis. Ses produits, utilisés pour la séance, ont quand même fait l'unanimité.

Cette matinée d'échanges, d'apprentissages, de découvertes mais également de confirmations a été d'une richesse à la hauteur d'une motivation et d'une passion affirmée par toutes et tous.

Voici quelques images de cette étape essentielle dans la saga de janvier autour de la Saint Vincent, patron emblématique des vignerons…

Prochaines manifestations :

- projection du documentaire «Raisins amers» suivie d’une dégustation de vins - Cinéma Le Taurus - 17 janvier à 18h30 - Tarifs : 4€/3€.

- dégustations, musique et D.J. «Soirée des vignerons» - Ancienne cave coopérative - 19 janvier dès 18h - Bar à vins, assiettes de charcuteries et coquillages dès 20h.

Cliquez sur une image pour l'agrandir.

Avec l'APAVH, Doudou et Loulou sont à l'adoption

bagTrès fusionnels, nous adorons dormir l'un sur l'autre, nous chamailler, nous amuser... la vie à deux est belle et on ne compte pas se séparer, impossible! En d'autres termes, on regarde tous les deux dans la même direction... on ne peut pas prendre des chemins différents..Si l'un ne voit pas l'autre, c'est panique à bord! Donc il nous faut une famille pour nous deux!
"Nous sommes un peu craintifs, même si nous avons fait d'énormes progrès, surtout moi doudou.. j'ai de la réserve.... mais je m'améliore ... mon frère est beaucoup plus téméraire que moi... il n'hésite pas à aller ronronner dans le lit avec les humains! Je vais y venir, mais j'ai encore besoin de temps.
Nous sommes des bébés très très joueurs et trèèèèèès gourmands, tout y passe... jambon, thon, poisson, pâtée, miam miam!!! Une grande terrasse ou un jardin est nécessaire afin que l'on dépense toute l'énergie que l'on à revendre..."

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