Histoire

Armand Bals : pilote d'avion pendant la grande guerre

Armand Bals est né le 13 décembre 1895 à Saint Pargoire. Son certificat d’études en poche, il trouve un emploi d’aide berger au domaine de Lavagnac à Montagnac.

Alors que la Grande guerre a commencé depuis un an, il est mobilisé dans l’Infanterie. Mais avec l’aviation qui se développe,  pour les reconnaissances photographiques, la surveillance des lignes adverses, le réglage des tirs d’artillerie et combattre les appareils ennemis, il se porte volontaire.  Il fera partie des 16.876 pilotes formés pour combattre sur le front. La formation se faisait en un mois! Combien ne sont pas revenus ? La plupart des morts n’ont pas été abattus par l’ennemi, mais dans des accidents dus à des fautes de pilotage, des pannes de moteur, rupture en vol de la structure lorsqu’ils plongeaient en piqué atteignant des vitesses de 350 Kmh. Les pilotes ne possédaient pas de parachute. On n’était pas très regardant pour la visite médicale. Même Georges Guynemer engagé volontaire, trop chétif est ajourné, plus tard il sera incorporé comme élève mécanicien avant de devenir l’as aux 53 victoires.

Le chasseur aérien, c’est un pilote et un mitrailleur, parfois le même occupe les deux fonctions. Pour éviter les vibrations, le pilote réduit la puissance, on attend le dernier moment pour tirer afin d’économiser les munitions. Les combats durent parfois jusqu’à 50 minutes. Les récits sont nombreux, souvent pathétiques. Parfois, le rôle de chasseur ne consistait pas à abattre son ennemi, mais à le mettre en fuite. Les mitrailleuses posaient problème pour tirer vers l’avant car on abimait les hélices. Dans un premier  temps on va les blinder, mais le système n’est pas convaincant. C’est Fokker qui va inventer le tir à travers l’hélice,  en positionnant un engrenage de sorte que quand l’hélice passe devant le canon de l’arme, le pilote ne peut tirer. C’est suite à un accident, que les alliés ayant récupéré l’épave découvrent le système.Fokker, Avion, Avion De Combat, Ailes

Armand passera son brevet N° 7749 à l’Ecole d’Aviation militaire d’Etampes le 7 décembre 1917, il a le grade de Sergent. On va lui distribuer, un casque, un chandail, un passe montagne, des gants fourrés, chaussures fourrées, une paire de lunettes, une veste  et un pantalon de cuir. Il sera affecté à l’escadrille 228 et par la suite 234.

Démobilisé en 1919 il revient travailler sur le domaine de Lavagnac, il épousera jeanne Gouneau en tenue de pilote. Pilote de Bréguet XIX, il aurait pu poursuivre une carrière aéronautique et notamment dans le transport aérien, en effet, 200 de  ces avions furent acquis par Latécoère, et après quelques modifications structurelles ils  assureront l’aéropostale jusqu’à Dakar. Mais lui en a décidé autrement, il retourne à Lavagnac. Il sera nommé régisseur en 1925 et le restera jusqu’à sa mort le 2 septembre 1952.

L'âne de Montpellier

Non, le quadrupède têtu n'est pas l'animal totémique de Montpellier. Mais l'"Ane d'Or" participe de l'histoire du Clapas et de l'histoire littéraire. La mosaïque à son effigie au carrefour de la rue de l'Aiguillerie et celle de la Carbonnerie est un authentique lieu de mémoire, renvoyant non seulement aux années soixante, mais aussi – et surtout – aux années 20 du XXème siècle.

 

Les étudiants pourvus de quelques moyens financiers aimaient flâner rue de l'Aiguillerie dans les années soixante. Outre le pittoresque de cette artère ancienne, on y trouvait trois petites librairies de bon niveau. L'Ane d'Or attirait autant par sa mosaïque insolite et sa double vitrine que par la variété des ouvrages à la disposition du chaland. On y trouvait des œuvres en dehors des titres universitaires ou de ceux des éditions plus courantes. Ceux qui n'avaient pas trente ans ne s'interrogeaient pas sur la présence de la mosaïque sur la façade et encore moins de l'enseigne non conformiste, "L'Ane d'Or". Leurs aînés montpelliérains de vieille souche savaient peut-être que ce lieu avait été celui d'une aventure littéraire qui porta les rédacteurs d'une revue d'étudiants à un niveau national. En 1922, des étudiants en droit ou de jeunes avocats délaissèrent La lanterne de Diogène et fondèrent une revue littéraire. Est-ce l'alacrité des réflexions de l'animal magnifié par le poète latin du IIème siècle ap JC, Apulée, qui inspirait leur action ? On le penserait en lisant l'exergue de la revue : "Mais moi, je fus insensible à toute pitié et, d'une ruade, je l'étendis sur le carreau" (L'Ane d'Or, livre IV).

Ces mots sont peut-être la marque d'une rectitude de pensée, peut-être celle d'une certaine exigence intellectuelle. Il est vrai que si les fondateurs se situent politiquement dans la mouvance de l'Action Française, ils ne pratiquent pas l'ostracisme politique. Paul Valéry, qui ne semble pas avoir d'engagement affiché, joua un grand rôle dans la revue, même s'il n'y publia pas. Mais il donne une conférence en janvier 1923 et il fit l'objet de nombreux articles. Et Jean Catel (1891-1950), professeur d'Anglais à l'université, animateur de la vie littéraire et artistique de Montpellier, ouvrira la revue à Jean Cocteau qui sera un des auteurs de référence de la publication.

Les régionaux sont bien présents, mais non pas les régionalistes. Louis-Jacques Thomas (1870-1945), historien de Montpellier, écrira sur Jean Soulairol, poète catholique de Béziers. Pierre Grasset, écrivain confirmé, écrit en 1922 sur la gravure sur bois. Et si G. Duthuit, gendre de Matisse et historien d'art, apporte ses contributions, il faut signaler celles des piliers de la revue : Henri Cabrillac, André Vialles, Eugène Causse, Maurice Chauvet. Tous laisseront une trace dans la vie montpelliéraine. 

Et à cette époque, un certain Valéry Larbaud écrit sur la littérature espagnole dans L'Ane d'Or à qui il offre en 1925 Septimanie. L'auteur de Barnabooth sera honoré d'un tirage à part de luxe. Cela l'attachera un peu plus à Montpellier.

Hervé le Blanche

Cinquante deux mois de guerre mondiale dont l'issue s'est jouée à l'Ouest

 AFP

La première guerre mondiale a d'abord été une gigantesque mêlée européenne, dont l’issue s’est jouée sur le front occidental, en France et en Belgique où ont eu lieu les grandes batailles les plus meurtrières.

L’entrée en guerre des Etats-Unis, tardive mais décisive, entraînera en 1917 celle de plusieurs pays d’Amérique latine. Quant au Moyen-Orient, où se déroulèrent pendant quatre ans de nombreux affrontements meurtriers, il sera entièrement redessiné par le conflit.

La première guerre mondiale a d'abord été une gigantesque mêlée européenne, dont l’issue s’est jouée sur le front occidental, en France et en Belgique où ont eu lieu les grandes batailles les plus meurtrières.

Aller plus loin : https://www.afp.com/fr/infos/334/

Le "Languedoc" dans la tourmente

 


comte d'Estaing par J.P. Franque
 

Le "Languedoc", le navire "offert" par les Etats du Languedoc  à Louis XV affronta bien des épreuves sous le règne de Louis XVI, après 1778. Le royaume de France entre alors en guerre contre l'Angleterre, aux côtés des "Insurgents" américains. Après la Révolution, il servit la République en Méditerranée jusqu'à sa fin, controversée selon les sources.

Au moment de la guerre d'Indépendance américaine, le vaisseau faisait partie de l'escadre de 18 navires de l'amiral d'Estaing qui y arborait sa flamme. L'amiral ne fut pas un chef de guerre heureux. Une première action contre les Anglais à "Rhode-Island" fut un échec. Puis, le navire essuya une forte tempête : démâté, privé de son gouvernail, "il ne pouvait arriver [profiter des allures portantes], ni venir au vent". Et il est attaqué par un vaisseau anglais, le Renown. Or, celui-ci abandonne sa proie. On répare comme on peut en remâtant avec des espars du Protector. Mais c'est un vaisseau de rang inférieur (64 canons au lieu de 74) et le Languedoc aura moins de surface de voile, perdra en vitesse, sera moins équilibré. Le 2 novembre 1778, il faillit sombrer dans le gros temps. Face aux 22 navires des escadres des amiraux anglais Howe et Byron, les Français se replient sur les Antilles. La Martinique est bien gardée par les 25 unités de Byron. C'est alors que les 20 vaisseaux d'Estaing, aidés des 5 de La Motte Piquet, emportent La Barbade, puis l'île de la Grenade malgré la flotte de Byron. Mais face à Savannah, base de l'armée anglaise au sud des futurs Etats-Unis, c'est l'échec.

 

le Languedoc démâté attaqué par le Renown le 13 août 1778

escadre au large de Rhode-Island après la tempête, au centre le Languedoc "rafistolé".

Et le Languedoc rentre en France. A Brest, il est réparé, mais on consolide sa carène en la doublant en bois, non en cuivre. Or, un tel revêtement était plus efficace contre les dépôts marins et rendait le navire plus rapide. Quoi qu'il en soit de l'esprit de routine, le Languedoc reprend la mer dans l'escadre du comte de Grasse qui appareille le 22 mars 1781. Après 37 jours de navigation, La Martinique est en vue, puis Saint Domingue. Et dans la baie de Chesapeake, des combats font reculer les navires de l'amiral Graves. Celui-ci ne peut secourir Yorktown assiégé par les "Insurgents" et les Français  de Rochambeau. Yorktown capitulera, ce sera la victoire décisive des "Américains". C'en était pas fini des batailles, surtout lorsque de Grasse, sur le Ville de Paris, se porta au secours du Zélé. Le combat est terrible. Le Languedoc manœuvra pour intervenir, mais de Grasse amena son pavillon. L'état-major du Languedoc fut mis en cause. Un procès eut lieu devant l'Amirauté. Or, la mâture du vaisseau avait été criblée de boulets : 5  dans la grande vergue, 5 dans le mât de misaine! Le navire avait pu s'échapper, mais non sans avoir combattu.
Et c'est le retour à Brest. Le vaisseau reprend du service en 1792 sous le commandement de Latouche-Tréville dans l'escadre de Méditerranée. On le verra face à Naples et à son retour, il perdit sa misaine et son grand mât! Sous d'autres noms, il combattit les Anglais. Il terminera sa carrière à Toulon ou, suivant certains (Olivier Marsaudon), sombra dans la lagune de Venise.

Hervé Le Blanche

C'est parti pour « Vivre avec l’étang, images et témoignages »

Ce vendredi 24 novembre, en présence de François Commeinhes, Président de Sète Agglopôle méditerranée et des Vice-Présidents et élus Communautaires dont Alain Vidal, Vice-Président Délégué au Patrimoine, avec l'Association des Amis du Musée de l'Etang de Thau aura lieu,  dans le cadre du Projet Multimédia « Vivre avec l’étang, images et témoignages » avait lieu la présentation du site Internet "filmsdethau-agglopole.fr/", au Musée de l'Etang de Thau, à Bouzigues. Une sorte d'inauguration car vous pouvez dès à présent utiliser ce site très instructif.

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  C’est début 2016 que l’association des Amis du musée de l’étang de Thau a en effet proposé ce projet multimédia. La consultation du site Ina.fr montrait que l’institut détenait de nombreux documents sur le territoire de Thau et que les montrer au sein du musée pourrait en accroitre l’intérêt et le rayonnement.

Cela devait permettre d’accroitre la visibilité du Musée grâce aux outils numériques, , de faire venir les professionnels du Bassin en leur offrant des images sur le territoire afin qu’ils se réapproprient le musée et enfin, de faire venir de nouveaux publics. Assez rapidement, l’idée de compléter le site Vivre avec l’étang, avec des images de films amateurs a surgi.

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Le site : "filmsdethau-agglopole.fr/"

Comme le précisait François Commeinhes, ce sera une occasion pour de nombreux utilisateurs de retrouver certaines saveurs. Sète Agglopôle méditerranée soutient avec énergie ce projet qui s'est réalisé car c'est une collecte de l'histoire vivante de Thau mise à la disposition de tous.

Et même, si cela n'a pas été facile à mettre en place comme le rajoutait Eliane Rosay, Maire de Bouzigues, ces images du passé qui resurgissent seront très utiles pour mieux nous inscrire dans l'avenir avec un Musée qui devient ethnologique et qui mettra à la disposition de tous une mémoire collective.

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Bérénice et l'association des Amis du Musée de l'Etang de Thau avec l'aide de l'INA peuvent être félicitées ainsi que les donateurs qui permettent outre de pouvoir visualiser les films de chez soi, de projeter le Musée dans l'avenir avec des visiteurs qui pourront se replonger dans les dernières décennies de la vie de l'étang de Thau.Afin d’enrichir ce fonds documentaire, l’association, en collaboration avec l’Institut Jean Vigo, a alors fait appel à l’ensemble des habitants du territoire afin de collecter des films, des pellicules oubliées, archivées faute de moyen de les projeter. Plusieurs déposants ont accepté de confier leurs films à l’association et les premiers dépôts sont en cours de traitement à l’Institut Jean Vigo qui les numérise et remet au déposant un DVD. Soutenu par le Musée de l’Etang de Thau, Sète Agglopôle Méditerranée, le Conseil départemental de l’Hérault, et la DRAC Occitanie, le projet a vu le jour permettant la mise en place d’un site internet « Vivre avec l’étang, images et témoignages », qui serait également consultable, via une table interactive, au sein du musée.

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Ce site permet donc de proposer une sélection de films et documents issus des collections de l’Ina et des films amateurs illustrant les thématiques exposées dans le Musée.

Le site « Vivre avec l’étang, images et témoignages », montre, à travers ces images combien le territoire de Thau est riche et combien sa culture est variée et remarquable.

 Le contenu du site 

A)Les fonds de l’Ina

Les images proviennent des fonds de l’Ina, national et régional. Une importante recherche effectuée en collaboration avec la délégation Ina sur l’ensemble des fonds de l’Ina (des milliers d’heures de programmes) ont permis d’extraire une centaine d’heures correspondants aux thématiques du territoire de Thau.

B)Les films amateurs et l’Institut Jean Vigo

Le partenariat avec l’Institut Jean Vigo permet parallèlement d’intégrer au site des films amateurs. C’est un autre regard sur le territoire, plus intime, plus simple, et parfois surprenant. Grâce à la convention passée entre les Amis du Musée et l’institut Jean Vigo, les films amateurs collectés par l’association sur le territoire sont numérisés, décrits et intégrés au site Vivre avec l’étang. La collecte ayant démarré récemment, le site propose actuellement une dizaine de documents. Le nombre augmentera peu à peu en fonction des dépôts

Les grandes thématiques qui structurent le site : 

Vivre avec l’étang, Images et témoignages" parcourt les multiples facettes de l’étang de Thau. L’histoire, l’environnement, la vie animale et végétale, les métiers, l’économie et la douceur de vivre.

Le site est organisé autour de 8 grandes thématiques :

  • Un site exceptionnel : géologie, faune, flore, entretien et protection de l’étang, l’écosystème marin, les hippocampes et les goélands.

  • Les hommes et l’étang dans l’histoire : fouille sous-marine, villa gallo-romaine, la viticulture au milieu du 20ème siècle, le remembrement, etc

  • Pêche et conchyliculture : les métiers de l’étang

  • Une économie diversifiée : l’économie du territoire, conchyliculture, pêche mais aussi viticulture, tourisme et nouvelles technologies

  • Un milieu à protéger : la protection de l’étang, milieu vivant, les actions pour le protéger

  • L’étang et ses ports : les ports de l’étang, hier et aujourd’hui, de Marseillan à Bouzigues

  • L’étang, lieu de vie : festivités, plaisance, tourisme et sports nautiquesmerioDSC_0004 (3)

 Quelques exemples de documents issus des fonds de l’Ina :

« A la recherche de la cité engloutie de Thau »

Au large de Marseillan, les plongeurs du Groupe de recherches archéologiques subaquatiques d'Agde, dirigé par Denis Fonquerle, décrivent les travaux qui permirent la découverte de restes de la cité lacustre préhistorique de Polygium sur un emplacement décrit au IVe siècle dans les récits du géographe Avienus.
(Sources : FR3 - JT Toulouse - Journal télévisé )

« De la viticulture à l'ostréiculture »

Un ostréiculteur de Mèze retrace les étapes du développement de l'ostréiculture après la Seconde Guerre mondiale, marquée par la reconversion de pêcheurs, et surtout de viticulteurs touchés par la "crise du vin", vers la conchyliculture. Il souligne la nécessité d'une réorganisation des concessions, qui se réalisera à la fin des années 60.
(Sources : RTF - JT 20H )

« Vacances d'automne »

A Balaruc-les-Bains on est aux petits soins pour accueillir du mieux possible dans un village vacances des retraités de toute la France.
(Sources : ORTF - Télé Villages )

« Conchyliculture et nouvelles technologies »

Des conchyliculteurs utilisent une technologie simulant les marées à l'aide d'un système alimenté par des panneaux solaires, afin d'optimiser la qualité de leurs coquillages.
(Sources : FR3 - 19 20. Edition nationale)

  Les partenaires du projet

Sète Agglopôle méditerranée, Musée de l’Etang de Thau, Les Amis du Musée de l’étang de Thau, Conseil départemental de l’Hérault, DRAC Occitanie, INA, Institut Jean Vigo - Cinémathèque Eurorégionale.

Issanka oublié

reportage Michel et Valrie Campion (MCV)

 Il y a des noms et des lieux qui intriguent c’est le cas d’Issanka. Issanka, quelle est ton étymologie, quelle est ton histoire ?
Ce magnifique petit parc d’ombre et de fraicheur, entre Balaruc et Gigean, devait être autrefois, un site magique, un lieu de rêve, un havre de paix propice à la méditation.
En effet, le parc d'Issanka est planté de grands arbres qui sont essentiellement des érables, des chênes, des bouleaux, et un immense magnolia. Nombreux sont les petits ponts qui enjambent la Vène.
Aujourd’hui négligé, déserté, le parc d’Issanka était dans les années 1900 le lieu de promenade préféré des sétois. Ils s’y rendaient en charrettes, à pieds pour les plus pauvres ; en vélocipède, en auto, pour les plus aisés mais tous y venaient passer une journée sous les arbres, au bord de la Vène.
Un hôtel-restaurant était ouvert ainsi qu’un dépôt de carburant. Une belle activité y régnait, loin de la canicule estivale de Sète. Les dernières animations eurent lieu dans les années 60 avec la fête du parti communiste.
Quelle ingratitude des hommes qui ont pitoyablement délaissé ce parc et son cours d'eau alors qu'ils devraient faire partie du patrimoine régional
On a bien du mal à imaginer qu'à la belle époque, cet endroit était le R.V. de toute la société Sétoise qui, venait profiter de la fraîcheur, de la verdure et de l'eau, dans cette première moitié de siècle, où les joies de la plage n'étaient pas encore au goût du jour.
On a du mal à imaginer, toutes ces familles qui déroulaient des tapis sur l'herbe pour des pique-niques ; on a du mal à imaginer les orchestres qui faisaient danser ; on a du mal à imaginer la fête, les chants, les rires, la joie, les belles villégiatures.
Depuis la Vène a fait l'objet de nombreux procès entre les riverains.
En 1862, la source d'Issanka a été captée pour alimenter en eau la ville de Cette ( Sète ). De nos jours, la source comme le parc qui l'entoure, sont la propriété de Sète.
Aujourd’hui Issanka n’est peuplé que de fantômes, de maisons abandonnées et de ruines ; Issanka oublié, marginalisé, lugubre.

 

Ghost story

Au lieu dit du parc d'Issanka se trouve une maison réputée hantée. C'est une ancienne maison bourgeoise à l'abandon. Elle aurait été appelée la maison "Mon plaisir" dans les années 40, en effet elle aurait été une maison close. Mais la légende dit aussi : que deux familles se seraient entretuées lors d'une querelle concernant une histoire d'amour entre la fille de la première famille et le fils de la seconde.... Est-ce de l'utopie que d'avoir envie de voir cet endroit réhabilité, et revivre ses réjouissances d'antan ?

 

Valérie Campion

Cliquez sur une image pour l'agrandir

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Issanka au début du 20ème siècle

Cette et le quatrième marquis de Castries.

Portrait par Joseph Boze.
Charles Eugène Gabriel de La Croix, marquis de Castries, baron des États de Languedoc, gouverneur de Montpellier et Sète
 

Charles Eugène Gabriel de La Croix de Castries était sans conteste un "haut et puissant seigneur". Sa famille avait été anoblie au XVème siècle et son père, Armand François (1725-1743) lui léga des possessions des environs de Lunel au Narbonnais et aux Corbières. Et depuis trois générations, les de Castries étaient gouverneurs de Montpellier et de Cette.

 Charles Eugène Gabriel (1727-1800) était de haute naissance. Orphelin à trois ans, il fut élevé par son oncle, archevêque d'Albi, troisième en dignité aux Etats du Languedoc dont il présidait parfois les séances. Et, à la suite de son père, le quatrième sera "marquis de Castries, comte de Charlus, baron de Montjouvent, seigneur de Saint Bres et autres places…" (en Auvergne ou en Artois !). Sans oublier son titre de gouverneur du port et de la ville de Cette. Comme tout sujet bien né, Charles Eugène fut d'abord un militaire. Certes parrainé par son oncle par alliance, le maréchal de Belle Isle, il entre dans la carrière à 12 ans. A 15 ans, il est lieutenant. Et pas seulement pour "la montre" (les revues). Pendant la guerre de succession d'Autriche (1741-1748), il est dans l'armée française aventurée en Bohème qui prend Prague. Assiégées, les troupes de son oncle fuient la ville et font retraite en plein hiver. A marches forcées. Son frère aîné en mourra d'épuisement. Et puis, le marquis guerroiera en Flandre sous le maréchal de Saxe. A 17 ans, il est le benjamin des "Mestres de camp" (officier supérieur). Il continuera à s'illustrer sur les champs de bataille. Présenté à Louis XV en 1748, il est "Maréchal de camp" (général 2 étoiles) à 21 ans.

Il se fera remarquer lors de la guerre de Sept ans (1756-1763), monte en grade, reçoit l'ordre du Saint Esprit. Parvenu au plus important commandement militaire du royaume, en tant que gouverneur de la Flandre et du Hainaut, il songe au ministère. Echec. Il rentre à Castries. Devenu par héritage "l'homme le plus riche du royaume", il arrondit ses possessions (achat du comté d'Alès, mise en exploitation des mines de La Grand Combe). Mais il ne restera pas en Languedoc, retrouvera la cour, ses plaisirs, les faveurs. "Le beau de Castries" aura des maîtresses en titre. Il a la faveur de Mme de Polignac, la favorite de Marie-Antoinette. Il est des petits soupers de Mme de Pompadour. Mais Charles Eugène "avait de la branche" et n'oubliait aucun de ses devoirs. Il savait, même avec affabilité, faire sentir son rang. Gouverneur de Montpellier, il renonça en 1746 à une "joyeuse entrée", trop onéreuse pour la communauté. Pour Cette, ville pour laquelle "il y a bonne apparence qu'il aura la même bonté et la même affection", "il ne manquera pas, par la modestie qui lui est ordinaire, de vous donner ses ordres…" (sic).

Il dût faire un bref séjour à Montpellier en 1764. Les Cettois s'attendaient à sa visite afin d'accomplir "le devoir des habitants de faire à ce seigneur les honneurs et les réjouissances que son rang et sa qualité de gouverneur ont le droit d'exiger de leur part". Devoir qui sera rempli près de vingt ans plus tard à une autre occasion.

Hervé Le Blanche

Vive le maréchal de Castries !



photos de documents tirés de la correspondance des consuls (aux archives municipales) montrant le style employé par de Castries à l'adresse des consuls et depuis Versailles(!).
 

Le 4ème marquis de Castries, Charles Eugène (1725-1800) appartenait à la haute aristocratie. Il n'est pourtant pas un des personnages importants de notre "roman" national. Cependant, il eut un rôle public non négligeable où les Cettois jouèrent leur partie.

 Il est d'ailleurs paradoxal qu'il obtint certaines des plus hautes charges de l'Etat à la suite d'intrigues de cour et de manœuvres politiques. Ce militaire de haut rang qui s'exposa sur les champs de bataille (trois fois blessé au cours de sa carrière) avait, outre sa naissance, des talents politiques. Et c'est plutôt grâce à ceux-ci qu'il accéda à des postes prestigieux et au grade suprême de maréchal de France. Très jeune officier, il eut une carrière fulgurante et il commanda la Flandre et le Hainaut, stratégiquement les provinces les plus importantes du royaume. Grand maître de la cavalerie, il dirigea des corps d'élite. Par ailleurs, homme de cour, il dut à Choiseul le gouvernement de Lyon, du Lyonnais et du Forez. Mais il n'a pas été ministre de la guerre, peut-être à cause de Louis XV qui lui garda une tenace rancune de sa fidélité à Choiseul qu'il visita dans son exil en Touraine. Mais il devint ministre de la Marine et des Colonies. Il avait montré quelques talents dans le commandement à la mer lors de la guerre de Sept ans (1756-1763), mais ce fut le jeu des influences qui fut décisif. Les comptes du précédent secrétaire d'Etat à la Marine étaient loin d'être en ordre. Pour le remplacer, Necker, le contrôleur général des Finances, fit le siège de Mme de Polignac, de la reine et proposa pour la place son ami de Castries.

 Et, bien que quelque peu gêné par cette faveur, de Castries devint ministre. Il est surprenant qu'à Cette on n'ait pas marqué cette accession au ministère par des réjouissances publiques. Est-ce parce qu'il s'agissait d'une charge civile ? Lacune de la documentation ? Toujours est-il qu'en 1781, la Communauté fêta dignement l'accession de Charles Eugène au maréchalat. Dignité qui ne couronnait pas l'action du marquis au département de la Marine, où il fut un grand ministre. Mais due à la faveur de Louis XVI voulant adoucir la démission de de Castries, outré que l'on ait abusé de sa signature dans l'affaire des comptes de Sartine. Quoi qu'il en soit, à Cette, on célébra dignement l'évènement. On dressa des arcs de triomphe ; on fit tonner "les boëtes" ; on tira des "fuzées". Il y eut un grand déjeuner arrosé de vin de Malaga. Et il y eut des joutes. On avait ferré soigneusement les lances, peint les pavois. On avait acheté des drapeaux neufs. On fit un "feu de joye" avec des "sarmens et autres bois". Et les deux finalistes du tournoi reçurent deux montres de prix.

 Après quoi, à la lueur des flambeaux et des chandelles, on a dansé. Furent gratifiés les valets de ville, les garçons et servantes d'auberge, le corps de la jeunesse qui put "aller par la ville" fêter l'évènement : M. de Castries était fait maréchal de France.

Hervé Le Blanche

Sources : dictionnaire biographique de l'Hérault ; papiers de famille du duc de Castries ; archives municipales de Sète (correspondance des consuls, réjouissances publiques).

Hérault : 2000 Ans d'Histoire

Cet ouvrage, publié à l'occasion de l'exposition réalisée en 2016 au Domaine départemental Pierresvives à Montpellier par les Archives départementales de l'Hérault sous la direction de Sylvie Desachy, est l’occasion d’appréhender l’histoire de l’Hérault et de découvrir des trésors conservés aux Archives départementales, cet héritage insoupçonné du département et des Héraultais.

 

Hérault. 2000 Ans d'Histoire

 208 PAGES -  Editions Un Autre Reg’Art – 25€
Ouvrage en vente à l'accueil de pierresvives, 
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Hérault. 2000 Ans d'Histoire

L'Hérault fait partie du grand amphithéâtre régional tourné vers la Méditerranée et organisé en paliers successifs : la montagne, les garrigues, les plaines. Mais cette vision schématique ne suffit pas à recouvrir la réalité des paysages du département. Il faut aussi compter sur ceux modelés par les hommes. Car l Hérault c est aussi une terre de passage et d échanges, dont témoignent non seulement les infrastructures, d hier et aujourd hui, routes, ponts, canaux,..., mais aussi les lieux symboliques de culture, les universités prestigieuses, l organisation de la vie civile et administrative, les traditions populaires et la vie économique. La Méditerranée, comprise comme un espace non seulement naturel mais politique, social et culturel, a façonné l histoire du département au même titre que son identité méridionale. Si l on en croit les documents d archives, la Méditerranée imprègne toute l histoire locale ; et c est tout naturellement que s y rencontrent, au fil des pages, des marchands vénitiens ou du Levant, des sultans, un juriste de Bologne, un médecin de Salerne, un pèlerin japonais, des juifs de Majorque, un géographe catalan, ... un éléphant ! Cet ouvrage, publié à l occasion de l exposition réalisée au Domaine Pierresvives à Montpellier par les Archives départementales de l'Hérault est l occasion d appréhender l histoire de l Hérault sous un angle certes évident mais peu étudié en tant que tel et de découvrir des trésors conservés aux Archives départementales, cet héritage insoupçonné du département et des Héraultais. Documents d archives du ixe au xxe siècles, objets, tableaux, photographies issus des collections du département comme d institutions étrangères, nationales ou locales (Archives nationales de France, Musée du Prato en Italie, Universités de Bâle, de Padoue, Montpellier, musée Médard de Lunel...) témoignent d une histoire riche et passionnante, miroir d un destin local dans une dimension nationale et internationale : ils sont le reflet de l histoire administrative du territoire, de sa géographie et de ses paysages, naturels et aménagés, de ses traditions de commerce et d échanges tant matériels que spirituels et intellectuels. » disponible en ligne chez Amazon

Le "Languedoc" dans la tourmente


comte d'Estaing par J.P. Franque
 

Le "Languedoc", le navire "offert" par les Etats du Languedoc  à Louis XV affronta bien des épreuves sous le règne de Louis XVI, après 1778. Le royaume de France entre alors en guerre contre l'Angleterre, aux côtés des "Insurgents" américains. Après la Révolution, il servit la République en Méditerranée jusqu'à sa fin, controversée selon les sources.

Au moment de la guerre d'Indépendance américaine, le vaisseau faisait partie de l'escadre de 18 navires de l'amiral d'Estaing qui y arborait sa flamme. L'amiral ne fut pas un chef de guerre heureux. Une première action contre les Anglais à "Rhode-Island" fut un échec. Puis, le navire essuya une forte tempête : démâté, privé de son gouvernail, "il ne pouvait arriver [profiter des allures portantes], ni venir au vent". Et il est attaqué par un vaisseau anglais, le Renown. Or, celui-ci abandonne sa proie. On répare comme on peut en remâtant avec des espars du Protector. Mais c'est un vaisseau de rang inférieur (64 canons au lieu de 74) et le Languedoc aura moins de surface de voile, perdra en vitesse, sera moins équilibré. Le 2 novembre 1778, il faillit sombrer dans le gros temps. Face aux 22 navires des escadres des amiraux anglais Howe et Byron, les Français se replient sur les Antilles. La Martinique est bien gardée par les 25 unités de Byron. C'est alors que les 20 vaisseaux d'Estaing, aidés des 5 de La Motte Piquet, emportent La Barbade, puis l'île de la Grenade malgré la flotte de Byron. Mais face à Savannah, base de l'armée anglaise au sud des futurs Etats-Unis, c'est l'échec.

 

le Languedoc démâté attaqué par le Renown le 13 août 1778

escadre au large de Rhode-Island après la tempête, au centre le Languedoc "rafistolé".

Et le Languedoc rentre en France. A Brest, il est réparé, mais on consolide sa carène en la doublant en bois, non en cuivre. Or, un tel revêtement était plus efficace contre les dépôts marins et rendait le navire plus rapide. Quoi qu'il en soit de l'esprit de routine, le Languedoc reprend la mer dans l'escadre du comte de Grasse qui appareille le 22 mars 1781. Après 37 jours de navigation, La Martinique est en vue, puis Saint Domingue. Et dans la baie de Chesapeake, des combats font reculer les navires de l'amiral Graves. Celui-ci ne peut secourir Yorktown assiégé par les "Insurgents" et les Français  de Rochambeau. Yorktown capitulera, ce sera la victoire décisive des "Américains". C'en était pas fini des batailles, surtout lorsque de Grasse, sur le Ville de Paris, se porta au secours du Zélé. Le combat est terrible. Le Languedoc manœuvra pour intervenir, mais de Grasse amena son pavillon. L'état-major du Languedoc fut mis en cause. Un procès eut lieu devant l'Amirauté. Or, la mâture du vaisseau avait été criblée de boulets : 5  dans la grande vergue, 5 dans le mât de misaine! Le navire avait pu s'échapper, mais non sans avoir combattu.
Et c'est le retour à Brest. Le vaisseau reprend du service en 1792 sous le commandement de Latouche-Tréville dans l'escadre de Méditerranée. On le verra face à Naples et à son retour, il perdit sa misaine et son grand mât! Sous d'autres noms, il combattit les Anglais. Il terminera sa carrière à Toulon ou, suivant certains (Olivier Marsaudon), sombra dans la lagune de Venise.

Hervé Le Blanche