Vigne

Fête du Vin Nouveau

 

dimanche 22 octobre 2017.

Plongez dans la tradition et célébrez l'arrivée de ce vin fraîchement produit.

  • 10h : cortège déambulatoire dans le coeur de ville. Départ du Musée Agathois. Rue de la Fraternité
  • 11h : messe et « la cantate du vin nouveau » avec l'Ensemble Vocal Mélopoïa. Cathédrale Saint-Etienne. Rue Louis Bages
  • En fin de matinée, offrande du vin nouveau sur le parvis de l'Office de Tourisme d'Agde. Place de la Belle Agathoise
  • 15h : danses folkloriques. Parvis Moulin des Evêques

Domaine Grangeot des Beaumes

Il y a des personnalités qui sont difficiles à interviewer, non pas parce ils sont inaccessibles, mais parce qu'ils ont la modestie au corps. C'était sans compter sur la ténacité de Florence de Martino qui a fini par l'avoir son interview avec Franck Romain. Et cela valait la peine. Deux heures et demi d'entretien et de belles balades dans la campagne.



 

 

Ses terrains sont situés à 90% sur la commune de Saint-Thibéry et dans la famille Romain, on cultive la vigne depuis trois générations.

On fabriquait même de la crème de tartre pour l'industrie pharmaceutique, de la porcelaine, et l'agro alimentaire. Entre deux guerres, la vigne était secondaire, et la crème de tartre faisait vivre plusieurs familles sur Saint-Thibéry. Marcel le père de Franck, Laurence et Patrick (tous trois vignerons) avait réussi à la rendre parfaitement blanche.

Mais revenons à ses vignes : Franck, sa sœur et son beau frère  Jacques Girard, cultivent du Merlot, du Syrah Carignan, de la Grenache, du Cabernet Sauvignon, du Chardonnay (excellent je confirme!) de l'Alicante-Bouschet, et de l'Aramon. Certains de ces cépages m'étant inconnus, la démonstration sur place était nécessaire. Et nous voilà partis sur place voir ces vignes, avec les chiennes.

Car si Franck ne propose pas ses vins aux concours (il a été primé au Canada sans le savoir), ce n'est pas parce qu'il n'en est pas fier, au contraire, mais surtout parce qu'il n'a pas le temps et préfère en parler.

Au passage admirez le grangeot, ou mazet, qui était un abri pour le cheval et le vigneron. Pas de château, mais un petit mazet au milieu des vignes, sous le soleil qui caresse son joli toit en tuiles d'origine.

Et les vendanges ? Elles sont entièrement manuelles, et Franck fait de la culture raisonnée. D'ailleurs il n'a pas traité ses vignes depuis trois ans, et depuis trois ans, il n'a pas observé de vers de la grappe. Pour lui c'est important car cela a un impact sur le milieu naturel, et d'ailleurs il n'utilise pas de désherbant non plus. Un tiers de la superficie est en désherbage raisonné.

Et puis les caveaux, situés à Nézignan-l'Evêque, immenses, couvent des vins qu'on pourra déguster bientôt, on l'espère.

Florence de Martino

Caveaux : Domaine Grangeot des Beaumes. 8 avenue d'Agde à Saint-Thibéry , Tél 06 32 20 88 89 ou avenue de Pézenas à Nézignan-l'Evêque, Tél 07 50 07 59 04. Ouverts tous deux le samedi de 9h30 à 12h30.

Un délicieux repas des vendanges

En association avec le Domaine Saint Hilaire à Montagnac la Maison Jacques Bedarieux est ravie de vous proposer un délicieux repas de vendange avec dégustation de vins au préalable.

Une visite de la « Silk Gallery » pour connaître l'histoire du Domaine.

Une tombola au profit de l’association Ligue contre le cancer France-Languedoc.Capture

Sélection de cadeaux de Noël, de crackers et de condiments par Posi seront disponibles à la vente. Nous demandons aux invités d'arriver à midi pour profiter d'un apéritif accompagné d’amuse bouches.

À 12h30 une dégustation de vins sélectionnés par Izabela Zammit qui vous transmettra toute son savoir et répondra à toutes vos questions.concernant les vins et le domaine. À 13h nous vous invitons à vous s'asseoir à table dans le grand salon il y aura 5 tables de 8 places.

Domaine Saint Hilaire
Izabela Zammit
T:04 67 24 00 08
M:06 01 70 68 57
W: www.domainesaint-hilaire.com

 Une tombola en faveur de la Ligue contre le Cancer France-Languedoc aura lieu le jour même

1er prix - le panier de friandises maison et un pudding de Noël "fait avec amour dans la cuisine de Posi"
2ème prix - une caisse de vin sélectionnée gracieusement par le Domaine Saint Hilaire
3ème prix – soin du corps d'une heure par Susannah Cartwright de Languedoc Retreats
Veuillez indiquer vos restrictions alimentaires particulières, y compris vos allergies.
Les aliments peuvent contenir des traces de noix Pour la vente des billets, veuillez contacter Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le Domaine de la Belle Dame fait pencher le cœur du Guide Hachette

  

Chaque année, à la fin de l’été, alors que les vendanges battent leur plein, sort comme un rituel le Guide Hachette des vins. L’ouvrage, qui sélectionne près de 10 000 cuvées, fait référence pour le consommateur, qu’il aiguille à travers toutes les gammes de prix, toute la hiérarchie des productions, des petites cuvées aux crus les plus prestigieux, en se faisant l’apôtre de la diversité des terroirs. Ce sont donc des vins, et non des domaines, qui reçoivent une étoile, deux étoiles (vin remarquable) ou trois étoiles (vin exceptionnel). La distinction suprême, le Coup de cœur, est accordée à des cuvées que le guide veut particulièrement honorer, après une double dégustation à l’aveugle.L’un d’entre eux a été attribué à La verte printanière 2016, du domaine de la Belle Dame à Mireval, pour « son harmonie, sa prestance et la richesse de ses arômes d’agrumes, de fleur de sureau ou d’orange amère. Élégante, elle défile avec grâce et souplesse en offrant au palais des saveurs de pêche charnue et d’abricot gourmand et friand ». 
La distinction récompense un vin, un millésime, à la belle vivacité, une AOC, muscat-de-mireval, et … vingt ans de travail. Le domaine, crée en 1996, s'étend sur 19 ha entre mer et garrigues, sur les plus vieilles vignes de l'appellation. Ces petites parcelles entourées de chardons, de thym, de romarin donnent d'agréables senteurs aux vins de la Belle Dame. Jean-Luc et Béatrice Mazas y élaborent depuis dix ans différents vins doux naturels, ainsi que des vins, en AOC et IGP, qui plongent dans le terroir : des carthagènes, muscats secs, rosés et depuis peu des vins rouges et pétillants. Ils ont entamé une conversion en vins biologiques, dans le respect d’un environnement exceptionnel, une zone littorale protégée où se plaît la Belle Dame, papillon migrateur qui se pose en bord d’étang. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils ont reçu l’annonce de cette récompense. « Ce coup de cœur est arrivé par surprise. Il est le signe que nous commençons à être connus et reconnus, et qu’avec de petits moyens, de petits rendements, une cave particulière peut faire de grandes choses » explique Jean-Luc Mazas, qui réalise un sans-faute avec trois distinctions pour trois vins présentés. En effet, deux autres cuvées, également en AOP muscat-de-mireval, Diamant noir 2016 et Irrésistible baiser 2016, ont été récompensées de deux étoiles. Elles viennent parfaire la réussite technique du Domaine sur les Vins Doux Naturels, que Jean-Luc Mazas défend avec la même ardeur de vigneron que lorsque, Président de l’Appellation, il en a fait évoluer les caractéristiques techniques vers plus de légèreté. « Nous croyons qu’il y a encore un avenir pour les Vins Doux Naturels, pour des produits de qualité, voire d’exception » poursuit le vigneron.
Ces récompenses se posent, au milieu des vendanges et des vinifications, comme la reconnaissance du travail accompli, un encouragement à poursuivre dans sa voie, un baume au cœur dans les années difficiles, comme 2017, où la faible récolte sera compensée par une grande concentration, laissant présager le meilleur pour le prochain millésime … et les prochains guides.
Florence Monferran

Domaine de la Belle Dame
135 chemin de la Tieulière
34 1110 Mireval
06 62 24 10 10
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Caveau de vente : route RD 116 (face à la gare de Vic-Mireval)
Des produits du terroir sont aussi à la disposition de tous les visiteurs : Miel, confiture, gâteaux, huile, vinaigre...
Dans leur démarche, Jean-Luc et Béatrice Mazas ont souhaité aller plus loin dans le souci de l’humain, en oeuvrant pour un accès pour tous à leur caveau de dégustation (paralysés, mal-entendants, mal-voyants). Ils ont obtenu en 2017 le label Tourisme Handicap, qui valide cette démarche unique jusqu’ici dans l’Hérault.

Guide Hachette des vins 2018 : http://www.hachette-vins.com/guide-vins

Les vins Sud de France à l’heure anglaise

unetop100 En septembre, au Royaume-Uni, les vins régionaux entament une promotion protéiforme destinée à accroitre les ventes de vins Sud de France sur le troisième marché à l’export en valeur (79, 448 M€ en 2016) et le quatrième en volume (312 860 hl en 2016). Le vins présentés sont issus du Top 100* Sud de France, un concours organisé en mai dernier par Sud de France Développement présidé par Carole Delga et le CIVL pour mettre en avant les vins régionaux qui représentent près d’un tiers des vins français exportés sur le marché anglais. En 10 ans, le prix de l’hectolitre des vins Sud de France exporté au Royaume-Uni a progressé de 29%. Entre 2015 et 2016, les AOC régionaux ont progressé de 2,4% en valeur. Le 14 septembre, les vins Sud de France vont faire le buzz en investissant les réseaux sociaux outre-Manche. A la Maison de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, la journaliste bloggeuse Sorcha Holloway propose une dégustation d’une trentaine de vins Sud de France en présence d’une quarantaine de ses principaux « followers » Twitter. Angleterre, Irlande du Nord, Ecosse et Pays de Galles, c’est l’ensemble du Royaume-Uni qui se retrouve sur Twitter à travers les vins Sud de France.

Le 19 septembre à Bristol et le 21 septembre à Londres, Sud de France Développement et la Maison de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée participent au salon SITT pour présenter une sélection de vins régionaux avec pour objectifs de susciter de nouveaux référencements auprès d’importateurs britanniques.

Les 22-23 septembre, les vins régionaux sont présentés au City Wine Show, un salon consommateurs créé par le magazine professionnel the Drink Business à destination des jeunes cadres de la City.

Le 28 septembre, à la Maison de la Région Occitanie, une soirée consommateurs avec les quatre célèbres journalistes vin du Wine Gang.

En septembre et octobre, ce dispositif est complété par l’envoi d’une caisse de vins régionaux à des distributeurs et leur équipe d’achat afin qu’ils les achètent directement après les avoir dégustés.

L’agroalimentaire régional n’est pas en reste puisque, le 27 septembre, lors du salon Local Flavours à Norwich, une gamme de produits Sud de France d’une dizaine d’entreprises régionales est présentée, en partenariat avec le distributeur britannique Shire Foods of Norfolk.

Vendanges en Languedoc et Roussillon: quand l’exception devient la norme

 

Après un début de vendanges accéléré, une période  de calme transitoire règne, à mi-parcours des vendanges en Languedoc et en Roussillon. « Les degrés se sont enflammés, avant de se stabiliser » observe Jean-Philippe Granier, directeur technique des AOC Languedoc. Les entrées maritimes augurent la fin des fortes chaleurs et l’espoir de pluies bienfaitrices pour la récolte des rouges. Les blancs, rentrés en majorité, donnent un très beau vermentino, un muscat puissant, de jolis équilibres. Terret-bourret et grenache blanc tirent leur épingle du jeu. Les cépages destinés aux vins rosés, syrah, merlot et grenache rouge, entrent partout en cave.
Bien sûr, comme une stupeur, la faiblesse de la récolte frappe les esprits. Peu de sorties de grappes, des raisins mal développés, voire des coulures sur tout le pourtour méditerranéen, ont eu raison des rendements. Les estimations du Ministère de l’Agriculture, revues à la baisse, placent les vendanges 2017, en France comme en Italie, comme la plus petite récolte depuis l’après-guerre. Avec 11,4 millions d’hectolitres estimés, il manquerait en Languedoc un million d’hl par rapport à 2016. Sur les vignobles déjà vendangés, la perte affole les compteurs : - 30 %, - 40%, avec des pics à – 50%, -60 % sur de vieilles vignes. En culture biologique, « comme en conventionnel et peut-être de façon plus violente », les volumes oscillent entre – 30 et – 50 %, estime Patrick Giraud,  président de Sudvinbio.
Bien sûr, la précocité des maturités, qui avance chaque année la date des vendanges,  a été d’autant plus rapide que les grappes étaient peu nombreuses. Il n’est pas rare en Languedoc comme en Roussillon, que les vendanges soient terminées au 31 août. La vigne elle-même, épousant ce calendrier inhabituel, prend des airs d’automne anticipé.
Bien sûr, comme une litanie reviennent les aléas climatiques qui ont régi le travail vigneron, le gel printanier sur une vigne en végétation, dans l’Aude et dans l’Hérault surtout, les épisodes de grêle en début d’été. Les réserves en eau hivernales, les nuits fraîches d’été ont préservé d’un stress hydrique, à l’exception de zones de forte production. Le temps sec et chaud a présenté l’avantage, au moins, de favoriser un bon état sanitaire des raisins, contenant les maladies. Mais des maturités hétérogènes entre parcelles d’un même terroir, voire à l’intérieur d’une même parcelle, compliquent la récolte. « Il faut aller sur le terrain, voir comment se comporte la vigne, goûter les grains » explique Jean-Philippe Granier.
Bien sûr, comme chaque année, fleurissent les superlatifs, échos de l’anormalité, d’un exceptionnel qui se répète. Bien sûr, la qualité, appelée au rendez-vous, sera d’autant plus belle que les rendements seront faibles. Patrick Guiraud constate « une très belle qualité, de bons équilibres entre l’acidité et l’alcool en vins biologiques ». Jean-Philippe Granier attend « un très grand millésime, proche de 2010 »
Bien sûr, les stocks en cave feront face à la demande, compte tenu du déficit de production annoncé. Un retard de commercialisation sera absorbé, sans lever l’inquiétude sur le chiffre d’affaires et la trésorerie des exploitations. Dans un marché des vins biologiques exponentiel, à flux tendus, le faible stock rendra la pénurie d’autant plus forte.  « La culture biologique fonctionne avec la nature, qui a des impacts plus ou moins forts. Nous n’aurons pas les volumes escomptés pour nous développer, en particulier à l’export» analyse Patrick Guiraud. 
Le revenu des vignerons, plombé par ses frais fixes quelle que soit la récolte, et par ricochet celui  de toute une filière supportée par la viticulture seront lourdement impacté par le manque de raisins. Aux Etats Généraux de l’alimentation, lancés cet été par le nouveau président Emmanuel Macron, la nécessité d’assurer des revenus plus décents aux producteurs, déjà mise sur le tapis par les représentants agricoles, prendra une acuité particulière en viticulture.
Une nouvelle ère s’impose-t-elle au Languedoc et au Roussillon, qui auraient pu espérer voir fructifiés trente ans d’efforts et de sacrifices, vers la reconnaissance de la qualité de leurs vins et de leur leadership en bio[1] ? Les AOC Languedoc y réfléchissent sérieusement. Leur conseil d’administration s’est réuni pour un élaborer un plan d’action en vue de s’adapter aux nouvelles conditions de production. Il trace des pistes vers l’utilisation de cépages résistants à la sécheresse mais avec une forte acidité pour conserver de la fraîcheur, pense à de nouvelles variétés venant d’Italie, (Pouilles ou Sicile) et de Grèce, pour lesquelles des essais sont prévus.  Il s’intéresse aux vieux cépages languedociens et aux cépages tardifs, qui s’expriment de mieux en mieux dans ce nouveau contexte. Le cinsault, « une pure merveille », ou « de très beaux mourvèdres », selon Jean-Philippe Granier, promettent le meilleur. « Nous devons nous remettre en question. Faire du vin partout a été une erreur. Il y a des endroits où nous ne pourrons plus mettre de vigne, on ne peut pas irriguer partout» affirme-t-il.
Bien sûr, comme une urgence, reprendre sans répit son bâton de pèlerin, dans une vision pour les trente prochaines années, tel est le défi de cette rentrée viticole, défi accéléré par les caprices de la météo, grande ordonnatrice du labeur vigneron. Lorsque, à l’autre bout de la chaîne, vous dégusterez, dans quelques mois ou dans quelques années, ce millésime 2017, vous songerez à la complexité de son élaboration, en Languedoc et en Roussillon, à l’âpreté et l’incertitude du temps qui ont concouru à sa maturation, aux mutations nécessaires qu’il enclenche. Bien sûr.
Florence Monferran


[1] Dernier en date, le magazine Vogue célèbre notre région dans un article de Lane Nieset: "Skip Bordeaux—This Is the New Wine Region to Visit in France", 23 aout 2017

Les muscats ont ouvert le ballet des vendanges

Dans les rangées, le geste, immuable, réunit toutes les générations, de 16 à 72 ans à l’image de la colle [1] de Jean Lapasset, coopérateur à Frontignan. Entre sérieux de la coupe et échanges dans la bonne humeur, il se joue en quelques jours une année de labeur, de taille et de travail du sol, d’épamprage et d’écimage, de lutte contre les maladies, pour, une fois emmené en cave, transformer le fameux raisin en vin.

    
Benjamin et doyenne réunis

En un éternel recommencement, chaque année différent, les muscats ouvrent le ballet des vendanges. Le cépage, précoce, bat aujourd’hui des records, surprenant tout le monde, chevauchant la saison estivale dédiée à la vente. Avec quinze jours d’avance dans les parcelles, le raisin destiné à l’élaboration de muscat sec est récolté depuis le 2 aout à Frontignan,  et même le 31 juillet au château Stony, qui avait atteint des degrés satisfaisants. Le raisin dédié au Vin Doux Naturel, en AOP, entre en caves depuis le 14 aout. Du jamais vu.
Cette précocité s’explique par le peu de quantité de raisin, qui murît donc plus facilement. Ce n’est un secret pour personne, la récolte sera faible, en muscat à petits grains comme sur d’autres cépages blancs, contrariés, au sortir d’un hiver rugueux, par les gelées printanières. « Le froid tardif a joué sur la floraison. Sur le moment, on s’est dit qu’on avait échappé au gel, mais je pense que les fleurs se sont un peu abîmées» évalue Christophe Miron, Président de la cave Frontignan Coopérative. Malgré un beau feuillage, abondant, la sortie a été petite, les grappes peu développées. Le muscat à petits grains n’a jamais aussi bien porté son nom. Une baisse de volume de 30 % en moyenne, jusqu’à 40 %, des pointes impressionnantes constatées à moins 50 % dans les vieilles vignes, plus touchées, les vignerons dressent partout le même bilan sur les terroirs historiques de Frontignan, Mireval et Vic-la-Gardiole. Chacun doit trancher sur des choix stratégiques dans la répartition de la récolte entre ses différentes productions : privilégier la fraîcheur préservée des secs ou garder la récolte pour  les VDN, plus rémunérateurs.


Christophe Miron, président De Frontignan Coopérative 
 
Jean-Luc Mazas, Domaine de la Belle Dame à Mireval

Dans tous les cas, la qualité sera belle, bien sûr. « L’état sanitaire est correct », estime Olivier Robert, au Mas de la Plaine Haute à Vic-la-Gardiole. « Le raisin est très joli, pas de gâté » au château Stony. Le principal problème du muscat, l’oïdium, a été contenu, et l’apparition du mildiou prise à temps.
Jean-Luc Mazas, au Domaine de la Belle Dame à Mireval, ou Christophe Miron ne pensent pas que les pluies apporteraient quelque secours, bénéfique à une évolution moins rapide de la maturation. Le jus se concentre dans le grain, son extraction se fera plus difficile. Les températures, reparties à la hausse après quelques jours et quelques nuits de fraîcheur, entrainent des degrés parfois élevés. Henri Nodet et Jean Lapasset, dans des pratiques solidaires, mettent en commun leur moyens, comme l’emploi des saisonniers, payés par chacun mais travaillant pour tous. La colle peut ainsi vendanger une grande pièce en une seule journée, avantage non négligeable lorsque le degré grimpe vite, pour porter en coopérative.

 

En culture biologique, qui exalte la complexité et la puissance du muscat à petits grains, la fraîcheur et les arômes prendront toute leur intensité. Frédéric Nodet, pour qui «le travail en bio exprime mieux le terroir, la typicité du cépage », évoque des muscats secs bio tout en fraîcheur, aux arômes citronnés, aux notes de poire sur les derniers arrivés en cave. « Le muscat à petits grains est fait pour le bio » confirme Jean-Luc Mazas, entré cette année en conversion. Elles se font rares dans les rangs, les délicates grappes aux Clos de Miège, en vins sains à Mireval. Mais quelles saveurs! Comme si la nature, privant d’un côté, gâtait le vigneron d’un autre, dans une sublime compensation aromatique.
Vendange de toutes les interrogations, la production du millésime 2017 n’élude aucune question. Sur les changements climatiques qui nécessitent d’adapter végétal et conditions de production ou sur la quantité de la récolte, qui pèsera sur les revenus, sur les méthodes, traditionnelles ou dans une logique économique (vendanges manuelles ou mécanisées par ex), tout comme sur le devenir des vignes, par rétrécissement des terres agricoles et difficulté à installer des jeunes viticulteurs. Représentant la principale force économique locale, avec 153 coopérateurs, 600 ha de vignes, et l’essentiel de la production en AOP, Christophe Miron se veut rassurant sur leur future rémunération. « Nous allons faire jouer les stocks tampons en trésorerie pour assurer leurs acomptes ». Il remarque que « la souche de vigne  bénéficiera d’un repos salutaire d’avoir eu moins de raisin, aucun stress hydrique cette année. La vendange sera meilleure l’an prochain. (…) Des périodes de sécheresse et de chaleur, il y en a eu.  Ce qui fait justement que nous continuons à produire sur ce terroir, c’est que le cépage  a totalement trouvé sa place à cet endroit-là. Ce n’est pas pour rien qu’il est cultivé ici depuis l’antiquité ».
Cette spécificité de Frontignan et de ses alentours, chaque viticulteur, chaque vigneron la porte en lui, dans son optique propre mais tourné vers le même souci de prolonger chaque année, et un peu plus encore, l’histoire du muscat à petits grains sur nos rivages.

Florence Monferran


[1] Equipe de vendangeurs composée de coupeurs et de porteurs

L'espace vins et découvertes à Montagnac

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Une exposition multimédia permanente a lieu à l'Espace Vins et découvertes de Montagnac, 1 rue Jean Jaurès à côté de l'esplanade.
Ouvert chaque jour de 10h30 à 12h30 et 14h à 19h, cet espace géré par la communauté d'agglomération Hérault-Méditerranée retrace 26 siècles d'histoire de la vigne et du vin sur le territoire de 20 communes de l'agglomération.

Six séquences historiques racontent l'évolution des techniques de production, la constitution et l'organisation des domaines, les crises et les périodes d'expansion, l'architecture... bref notre patrimoine de l'Antiquité au XXIème siècle.

  • Des supports interactifs sont présents dans cet espace aux lumières tamisées:
  • Un théâtre optique présente la phase de vinification dans un domaine gallo-romain, avec des hologrammes.
  • Un livre numérique dévoile le rôle des abbayes au Moyen-âge.
  • Une grande carte interactive permet de découvrir le patrimoine viticole actuel.
  • Une borne oenotouristique dévoile les richesses patrimoniales du territoire.
  • Un très bel espace pour tout apprendre ou redécouvrir le patrimoine.

Florence de Martino

 

Drapeau du Royaume-UniThe Wine discovery centre in Montagnac is an information centre dedicated to the history of wine and the vine in the territory occupied by the 19 communes of the Hérault Méditerranée Agglomeration Community.

Designed with multimedia terminals, this facility offers the opportunity to discover the history of the vine since its introduction by the greeks 2,600 years ago. Six historical sequences (Antiquity, Middle Ages, Modern Era, 19th, 20th and 21st centuries) recount the evolution of production techniques, the creation and organisation of wine estates, crises and periods of expansion, and architecture...

Wine Discovery centre, tourist information point.
1 rue Jean Jaurès, 34 530 Montagnac
Tel: (33) 4 67 24 18 55 - www.pezenas-tourisme.fr

Opening dates

Every day in july & august from 10.30AM to 12.30PM. And 2 to 7PM. From november to April: 2PM to 5PM. Closed on mondays. May, june, september and october: 10.30AM-12.30PM and 2 to 6PM.

 

 

La pluie gâche la soirée festive de la cave de Beauvignac

 

Comme à son habitude, la cave Beauvignac avait réuni tous les ingrédients pour que sa fête soit des plus réussies : organisation parfaite, brasucade, bar à huîtres, repas succulent ; le tout, accompagné des rythmes sud américains de "Son y sol".

En début de soirée, dans le respect de la tradition, la Confrérie du picpoul de Pinet a intronisé le jeune président de la cave Beauvignac, Jean-Louis Atienza,  puis deux impétrants issus du monde du spectacle : Ambroise Michel, l’acteur-réalisateur bien connu grâce au feuilleton “Plus belle la vie” et la série dramatique “CUT”, et le chanteur Anthony Joubert qui a fais monter l’ambiance, augurant d’une belle soirée. La fête des vins de Beauvignac qui est l’un des temps forts de l’été à Pomérols proposait aux convives le magnifique spectacle de la troupe Diam’s. Hélas, à 22 h 45 précises, après seulement 12 minutes de spectacle (qui devait durer 1h 30), l’orage a éclaté et la pluie a chassé le public, obligeant les organisateurs à arrêter la fête pour raisons de sécurité...

Douces soirées au caveau de Beauvignac

Au Caveau de Beauvignac à Mèze la période estivale est synonyme de soirées Jazz qui connaissent un énorme succès. Elles continuent d'enchanter les amateurs de bonne musique et de bons vins, dans un lieu aménagé pour le plus grand confort du public.

Programmés par Geneviève Rière, férue en culture et arts vivants, ces jeudis donnent à des artistes issus de la scène jazz régionale l'occasion de donner libre cours à leurs talents.beauDSC_0047 (3)

Avec des musiques délicieusement jazzy vous pouvez partager une gamme de vins typiques et rafraîchissants, des tapas cuisinées avec passion et les produits issus du savoir-faire des traiteurs locaux.

Ce jeudi 27 juillet Le Caveau De Beauvignac accueillait La Gitana Tropical qui vient d’enregistrer son premier EP «Mestiza » en auto-production à « La Face B » à Toulouse avec des compositions originales où se mélangent les rythmes des Caraïbes et des Antilles tels que La Guajira et le « Son » cubain, le « Mass », le Gwoka , la biguine de la Guadeloupe, le «Bélé» de la Martinique, sans oublier la racine afro-cubaine et le jazz.

Dans cet album, ont participé d’excellents musiciens tels que : Laurent Lalsingué, Ralph Lavital, Tori Arenate et Cyprien Zeni et LeÏla Cissé… Les interprètes : Irina GONZALEZ qui a accompagné en concert de nombreux artistes dont Silvio Rodrigues, Pablo Milanes, Sunny ADROIT, jeune musicien qui a déjà un bagage solide et prometteur et a multiplié rapidement les expériences professionnelles jusqu’à se voir proposer une collaboration avec André Ceccarelli autour de rencontres entre jazzmens expérimentés et jeunes talents et Yoan DANIER, qui dès l’âge de 9 ans, intègre les cours particuliers de Mr Pascal Latour afin d’apprendre les bases rythmiques et la technique de la batterie. Aujourd’hui, Yoann est basé sur Toulouse et a intégré l’école de batterie Dante Agostini afin de perfectionner sa technique et d’élargir son vocabulaire musical. Une soirée jazzy toute en douceur, en se laissant porter par la belle voix d'Irina et des rythmes variés qui invitaient au voyage.

Avec modération, venaient s'y associer les divins nectars élaborés par la famille des vins de Beauvignac, du Picpoul au Cabernet-Sauvignon sans oublier tous ceux qui compsent la belle gamme au Caveau de Beauvignac....

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Et cela continue les jeudis 3, 10, 17, 24 et 31 août 2017.

Jeudi 3 août : MY JOSEPHINE : Bett Betty et John Owens naviguent dans le répertoire des racines américaines : du blues du delta au jazz de la tradition New-Orleans, des gospels aux chansons folk traditionnelles.

Jeudi 10 août : EDITH CALAS PROJECT : Edith, une voix chaleureuse et profonde au service d’une musique généreuse, accompagnée par l’accordéon complice de Guilhem Verger et la contrebasse experte de Romain Delorme.

Tél : 04 67 43 80 48 - Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

L’Art, expression d’une histoire patrimoniale et viticole

Musée Fabre à Montpellier - Exposition jusqu’au 3 septembre 2017, du mardi au dimanche

 

En face de l’imposant Musée Fabre, l’espace Dominique-Bagouet offre une salle à la fois intimiste et pourvue de vastes volumes, dédiée à l’art et au patrimoine montpelliérain. Des expositions thématiques y donnent à voir des pans méconnus de l’histoire locale. Ainsi, Le 19e siècle, âge d’or de la peinture montpelliéraine  invite-t-il à redécouvrir, par un accrochage audacieux, des peintres oubliés, à l’ombre d’artistes reconnus comme François-Xavier Fabre, Alexandre Cabanel ou Frédéric Bazille. Les portraits de Charles Matet et d’Edouard Marsal, les paysages de Charles Node, Numa Larché ou Eugène Castelnau, en très grands comme petits formats, balaient de leur éclectisme l’histoire du XIXe siècle à Montpellier, ses personnalités, religieux et notables, ses lieux de promenade.


Parmi les figures peintes, un Portrait de la famille Fabrège : Frédéric Fabrège et ses parents devant la cathédrale de Maguelone (1864) par Auguste Glaize remet dans la lumière et un peintre célèbre en son temps, et un épisode majeur de l’histoire locale, lorsque le jeune historien entreprend de redonner vie à l'édifice religieux, mais aussi au vignoble, perdus sur leur île. Il consacre sa vie, et une grande partie de sa fortune, à restaurer le domaine, acquis en 1852. Ce Maguelone, lieu magique, puissant évêché, qui fut seconde Eglise chrétienne après Rome, battait monnaie, possédait un immense territoire et conservait tant ouvrages savants que pratiques viticoles installées depuis l’Antiquité. Sur la toile d’Auguste Glaize, comme un symbole de la passion d’une vie, la cathédrale se profile en arrière-plan, esseulée, encore à l’état d’abandon, de même que le vignoble n’est pas encore remis en culture. Frédéric Fabrège et ses parents apparaissent au premier plan, solides, sûrs d’eux face à l’immense tâche.
Tout à côté, Vendanges en Languedoc (1902), très grand format de Max Leenhardt, fixe, comme sur une pellicule, le film d’une apogée, celle d‘une viticulture de masse, sous un jour opulent, insouciant des signes avant-coureurs de la révolte qui éclate en 1907. Numa Hambursin, commissaire de l’exposition, y voit « le dernier témoin d’un siècle chimérique et agonisant ». Le tableau décrit une vendange d’Aramon, si l’on se réfère à la grosseur des grains et à leur couleur violette. Le cépage fait figure de symbole de cette époque où le vin-aliment du Midi nourrit la révolution industrielle en marche, faisant au passage la fortune de Montpellier. La scène nous renseigne sur l’organisation du travail saisonnier, confié aux femmes, courbées sur la coupe des raisins, les hommes, debout, portant les comportes. On y observe l’usage des bœufs, en arrière-plan, au premier un jeune enfant suivant sa mère.

  

L’œuvre de Max Leenhardt croise à plusieurs reprises ce monde viticole auquel la lignée de sa prestigieuse famille protestante, donnant naissance à des banquiers, scientifiques, architectes et artistes, est liée par la possession de grands domaines viticoles, en particulier le long du littoral. Avec ses cousins Eugène Castelnau et Frédéric Bazille, il est apparenté au président de  la Société d’Agriculture de l’Hérault, Gaston Bazille, qui travaille avec Jules Planchon à éradiquer le phylloxéra fin XIXe s. Avant de réaliser sa grande fresque sur les vendanges, Max Leenhardt a décoré, en 1890, l’Institut botanique de Montpellier de deux grands tableaux qui ornent l’escalier d’honneur de cette école renommée. Depuis Henri IV, et la création du Jardin des Plantes, elle a engendré d’éminents spécialistes, de Pierre Magnol à Jules Planchon, qui se sont penchés sur les cépages et sur la viticulture. En 1900, le peintre produit à nouveau de grands décors, à l’Institut biologique de Sète, illustrant deux paysages patrimoniaux, l’étang de Thau et le Mont Saint-Clair. En 1902, c’est pour le tout jeune Crédit agricole de Montpellier qu’il réalise Vendanges en Languedoc. La banque abrite encore cette fresque, épique et attachante, en son siège régional à Lattes.
A l’Espace Dominique-Bagouet, dans ce « cabinet d’un autre siècle, à la fois enchanteur et nostalgique de ce temps que l’on ne peut plus retrouver que dans un lieu d’art », ainsi que l’écrit Philippe Saurel, Maire de Montpellier, resurgissent avec cette toile quelques instantanés d’un passé prestigieux, de fiertés et de peintres oubliés, dans lesquels s’immisce, omniprésente, une part viticole, comme un patrimoine en soi.

Florence Monferran

Exposition jusqu’au 3 septembre 2017, du mardi au dimanche
Esplanade Charles-de-Gaulle - Montpellier
04 67 63 42 78
www.montpellier.fr

Le Musée Fabre continue d’explorer, dans ses visites œnologiques, les rapports entre Vin et Art.
Programmation à consulter : museefabre.montpellier3m.fr