Vigne

Trente ans, l’âge de la maturité pour les Pays d’Oc IGP

Avec le Domaine de Verchant, près de Montpellier, comme écrin,  Pays d’Oc IGP, vins de pays et de cépages, célébraient le 5 décembre leur trentième anniversaire sous le signe d’une incontestable réussite, d’une qualité reconnue dans le monde entier. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La moitié du vignoble languedocien, soit 120 000 ha, autant que la surface totale du vignoble bordelais, produit des vins de pays, issus de 58 cépages, d’une infinité de combinaisons et d’expressions aromatiques. 1 200 caves particulières, 175 caves coopératives, travaillent dans une rigueur qualitative : 100 % des vins  sont contrôlés en cuves. La production est passée en trente ans de 200 000 à 6 millions d’hl. Elle se place à elle seule au 5e rang mondial d’exportation de vins de cépages. 916 millions de bouteilles circulent dans le monde entier, il s’en ouvre 24 chaque seconde. Les clés de ce succès ? Olivier Simonou, président de l’Interprofession Inter’Oc évoque « un socle qui a su conquérir le monde sur des bases compétitives et qualitatives » 
Plus encore que  grands témoins conviés à en retracer les formes, ce sont les acteurs de cette saga qui sont venus éclairer près d’un demi-siècle de viticulture languedocienne, apportant par leur narration une nouvelle pierre à cette histoire. 
Une révolution languedocienne est en marche au tournant des années 1980, en deux volets : création des AOC Languedoc en décembre 1985, puis  des Vins de Pays d’Oc deux ans plus tard, nés de la rencontre du producteur et syndicaliste Jacques Gravegeal et du négociant Robert Skalli. Rien ne préfigurait un tel schéma. Interrogés sur les résistances au projet, quelques-uns de ces leaders rappellent l’opposition à la remise en cause de systèmes et habitudes de production. Selon Yves Barsalou, « une partie du monde vigneron n’a pas compris que Jacques Gravegeal et Robert Skalli n’avaient en tête que le succès de leur région ». L’autre partie a du mal à se projeter dans l’avenir, alors que la viticulture languedocienne vit les convulsions d’une grave crise de mévente de ses vins de table, de concurrence européenne, conduisant à des arrachages massifs. 200 000 ha disparaissent, l’équivalent de la surface actuelle du vignoble. Il n’est question que de distillation, de primes pour soutenir une viticulture au bord de l’asphyxie. La production et le commerce entrent en guerre ouverte. Montredon, en mars 1976,  marque à l’encre noire cette époque. Deux morts et une quinzaine de blessés dans les affrontements entre vignerons et CRS laissent des plaies qui ne cicatrisent pas.

Une poignée d’hommes que rien ne prédestinait à travailler ensemble bénéficie de la conjonction de quelques bonnes étoiles… et de soutiens énergiques à la naissance des Vins de Pays d’Oc.
Jean Clavel : « Il fallait transformer les esprits »
A l’origine du concept Vins de Pays d’Oc, Jean Clavel, alors jeune directeur des Coteaux du Languedoc, lance avec Jacques Gravegeal une réflexion pour « élaborer un concept de valorisation des vins » en dehors des AOC nouvellement créées. 140 vins de pays disparates, le meilleur et le pire, cohabitent alors en Languedoc, sans communication entre eux et sans visibilité. L’objectif est d’en améliorer la qualité, trouver une discipline interne et les faire découvrir aux consommateurs.
Yves Barsalou : « Nous sommes les témoins d’une époque révolue »
Président de la Caisse régionale du Crédit Agricole de 1974 à 2000, et président national pendant quinze ans, il est celui qui a doté le projet de moyens financiers, avec la Banque verte. Il éprouve plaisir et nostalgie à retracer les premiers pas de cette saga.
Eric Brousse : « Bâtir ensemble une nouvelle catégorie de vins ouverts sur le monde »
C’est avec lui , en tant que président des Chais beaucairois et acheteur du groupe Casino, que sont jetées les bases de la relation entre production et négoce.
La présence au premier rang de l’auditoire de Jacques Blanc n’est pas anodine. Robert Skalli évoque, avec son implication dans le projet en tant que Président de la Région Languedoc-Roussillon, sa disponibilité sur le terrain.
Le rôle de Denis Boubals, éminent professeur à l’Ecole d’Agronomie de Montpellier, qui envoie ses meilleurs agronomes sur le terrain régional plutôt qu’en Australie, au service du projet, est également souligné.

Les grands travaux de la mise en route des Vins de Pays d’Oc, c’est « un tandem de choc » selon Yves Barsalou, qui les mène. Jacques Gravegeal et Robert Skalli partagent une vision identique. « Nous avons vu tous deux le monde entier bouger pour les vins de cépage. Pourquoi pas  le Languedoc-Roussillon ? » témoigne Robert Skalli.
Le monde des cépages, ce dernier l’a découvert un peu plus tôt. Parti en Californie, il rencontre Robert Mondavi, producteur de vins visionnaire en la matière dans la Napa Valley, observe que le Languedoc présente des similitudes de terroirs. En 1982, il acquiert 250 ha de vignes là-bas. De retour en France, il plante en masse trois cépages : chardonnay, merlot et cabernet-sauvignon, crée la marque Fortant de France se dote, sur les conseils de Denis Boubals, d’un chai révolutionnaire de 2500 à 3000 barriques à Sète, car la région pèche par ses techniques d’élevage tout comme de vinification, étapes aussi capitales, pour faire un grand vin, que le cépage, le terroir ou le climat.
Jacques Gravegeal voit en lui« l’homme providentiel pour cette région ». Le contexte viticole leur donne une envie forte d’innover, de trouver une troisième voie, entre vins de table en perdition et jeunes AOC en construction. Il s’appuie sur l’expérience américaine du jeune négociant, sur les banques, les institutions et les producteurs pour tracer la feuille de route des Vins de Pays d’Oc. Priorité est donnée aux cépages, au moment où le concept anglo-saxon prend le pas sur le concept latin de vins aux multiples cépages et au labyrinthe d’appellations. Dans un second temps, il s’agit de consolider la qualité, avec un label prévendu. L’agrément qualitatif ,« clé de notre réussite «  ne  laisse circuler aujourd’hui, aucun vin sans son Passeport.
Une dynamique de communication axée en particulier sur des campagnes publicitaires qu’un petit film évoque, fait défiler cette histoire en accéléré, de L’époque est au Pays d’Oc (2002)  au  Vins de Pays, un trésor de cépages (2007), jusqu’aux  Vins de cépages, vins de créateurs »(2012) et  l’art et la manière (2014), campagne d’inspiration fauviste, nous rappelant que Robert Skalli a été un mécène de l’art à Sète.
L’installation au Domaine de Manse, à Maurin, en 2002, la création de l’Interprofession Inter’Oc (2006), courroie de transmission qui regroupe un organisme de défense et de gestion uniques, la reconnaissance officielle des IGP en 2009 au sein de la maison INAO jalonnent les étapes du décollage des vins de pays, partis à la conquête du monde. 
Aujourd’hui, le Club des Marques (négoces), les Collections (producteurs) ambassadeurs du label, les effervescents entrés depuis peu dans les IGP, portent les Pays d’Oc. La contractualisation, levier technique des rapports entre production et commercialisation, ouvre un dernier chantier « ancré sur des durées significatives » pour gérer l’offre et la demande et la compétitivité des vins sur les marchés.

Pays d’Oc IGP aborde ces nouvelles étapes de son histoire avec le début de travaux de nouveaux bâtiments, salles de réception et de dégustation, et songe à l’engagement des jeunes générations pour poursuivre l’œuvre accomplie. Samuel Masse, président des Jeunes agriculteurs de l’Hérault, né avec les vins de Pays – il aura bientôt trente ans lui aussi- incarne cette génération Pays d’Oc qui reprendra le flambeau, face à de nouveaux défis : le renouvellement des générations sur un territoire en proie à la déprise agricole, avec de plus en plus de terres en friches, la pression foncière et  démographique, mais aussi les enjeux d’irrigation des vignes, l’évolution des modes de consommation ou des besoins sociétaux vers de nouvelles pratiques, éco-durables. Avec Jacques Gravegeal, il se bat pour l’installation des jeunes et la possibilité de plantations nouvelles, grâce à une aide régionale, obtenue, et à une aide supplémentaire des Pays d’Oc de 1000 €/ha.
Que seront les trente prochaines années ? Olivier Simonou fait de la notoriété de Pays d’Oc IGP le point crucial du futur. La notion de cépage sera-elle une notion durable ? Si les plus grands volumes sont échangés sur ce type de vins, Florence Barthès, directrice générale de Pays d’Oc et de l’ODG, précise que « le challenge n’est pas de vendre un cépage, mais Pays d’Oc cépage ». C’est ce qui fera la différence, selon Jacques Gravegeal,  au milieu d’une forte concurrence, « Ce défi exige une législation européenne favorable à notre concept », allusion à peine voilée aux difficultés nées de la concurrence espagnole actuelle.  Robert Skalli déploie une vision tout en optimisme : « les vins de cépage doivent durer des siècles ! Ce n’est pas une mode, mais un type de consommation. L’avenir sera à des cépages de mieux en mieux adaptés au consommateur, sur un positionnement prix de plus en plus premium ».
La famille Pays d’Oc s’est élargie petit à petit aux vieux cépages du Languedoc, bourboulenc, mauzac, muscat, aux cépages emblématiques de la région, grenache, carignan, mourvèdre, à des cépages venus d’ailleurs en France, comme le manseng, le point noir ou le gewurztraminer, des cépages importés, comme l’alvarinho, le sangiovese, des métis, marselan et caladoc. Elle réfléchit aux futurs cépages, résistants aux maladies et à la sécheresse. Toujours en prise avec son temps, la tête tournée vers l’avenir. Trente ans, âge de la maturité et temps de la transmission, un bel âge pour les vins de pays languedociens.
Florence Monferran

Une cuvée anniversaire est signée Fortant de  France avec six cépages syrah et grenache pour la richesse et le velouté, cabernet et merlot pour la puissance et structure, malbec pour la robustesse, pinot noir pour l’élégance et l’harmonie. 3000 bouteilles en magnum,  collector non commercialisées.

Beauvignac : un millésime 2017 fêté à sa juste valeur

Les sourires étaient de sortie ce samedi du côté du Caveau de Beauvignac à Mèze et il en fut de même le matin à Pomérols.

Les invités ont répondu présent et il n'y aura pas de regrets tant les produits à déguster se sont révélés de très bonne qualité. Un cuvée exceptionnelle 2017. Pourtant côté quantité, les vendanges précoces et plus courtes cette année, ont fourni beaucoup moins de raisins.

boDSC_0034 (8)Entre peu de sorties, les gelées, la sécheresse, la quantité ne fut pas au rendez-vous, mais heureusement les vins sont vraiment excellents. "Malgré toutes ces agressions climatiques, nos vignes rescapées offrent un Millésime hors pair, exceptionnel et d’ « enfer »."boDSC_0028 (10)

L'équipe de la famille des Vins de Beauvignac s'est appliquée à transcender la matière première. Jean-Louis Atienza, Président, Didier Gomez, vice-président et mézois, Joël Julien, directeur et œnologue confirmé, rajoutaient les notes techniques et pointues des vins rosés et blancs premiers proposés. La progression constante de la qualité et du travail minutieux en cave coopérative est une réalité et entérine une viticulture moderne, durable et surtout respectueuse de l'environnement.

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Entre mets délicieux et huîtres, le groupe musical  les Zygomoteurs, un collectif festif montpelliérain de 8 musiciens passionnés avec des Influences musicales éclectiques (John Coltrane, Herbie Hancock à Skatalites…), avec des mélanges de blues, funk, jazz jamaïcain, reggae instrumental : les Zygo’s offraient une musique cuivrée.

Ils rajoutaient la note nécessaire à ce grand rendez-vous bien dans la tradition Beauvignac. Un instant vraiment millésimé !

Les Clos de Miège présentent le millésime 2015 de Prima Ora

Vin naturellement doux élaboré de bout en bout sans sulfites ajoutés.

La sortie d’un nouveau millésime de la cuvée patrimoniale Prima Ora des Clos de Miège est toujours un événement attendu. Elle vient d'être présentée à Paris ce 1er décembre. Dans la continuité du travail rigoureux mené par Florence Monferran, le vin conserve ses caractéristiques techniques et historiques. La démarche en accord avec la nature est poussée aujourd’hui jusqu’à l’absence totale de sulfites ajoutés, y compris à la mise en bouteille. Cette prouesse technique sur des vins comportant des sucres résiduels n’a été possible qu’avec l’appui technique de spécialistes des vins doux.

   


Florence Monferran
lors de la journée du patrimoine
 

Florence Monferran, historienne et vigneronne, poursuit, entre Sète et Montpellier, l’élaboration de cuvées patrimoniales avec l’Originel et Prima Ora. Remettant en lumière des productions oubliées en vin naturellement doux, ces cuvées reproduisent les pratiques les plus anciennes, comme la surmaturation des raisins des Romains. Prima Ora s’attache plus précisément à reproduire les pratiques d’excellence des 17e et 18e siècles, attestées dans les archives sur les terroirs historiques du muscat à petits grains. Tant les pratiques culturales que les méthodes de vinification ou les temps d’élevage, entre 24 et 36 mois en fûts de chêne, sont scrupuleusement respectés.

Après un premier millésime en 2013, médaillé d’or aux Héritières de Bacchus, une nouvelle cuvée vient d’être mise en bouteille sur le millésime 2015, année ayant donné, en quantité, un très beau passerillage (raisin séché sur pied). Tout en rondeur et en complexité, le vin offre une robe d’or intense, un nez d’agrumes, épices douces puis fleurs blanches, un velouté en bouche sur ses notes caractéristiques de fruits confits et de miel.

Poussant les méthodes d’élaboration – une conduite à la vigne dans une biodiversité retrouvée, une vinification et un élevage sans intrants, en particulier sans sulfites ajoutés - , la cuvée franchit une ultime étape  en ne subissant pas d’adjonction de SO2 à la mis en bouteille. Elle se positionne en vin nature, dans la rigueur d’un travail en cours de certification en vins biologiques, et dans la rigueur d’un travail historique parti à la recherche d’un goût perdu.

Contact :

Florence Monferran
Les clos de Miège
44, rue des jardins
34 110 VIC-LA-GARIDOLE

06 25 55 16 96

http://lesclosdemiege.fr

Des cépages et des terroirs oubliés

Deux manifestations ont alimenté, les 11 et 12 novembre, la chronique des cépages anciens dans le sud de la France. Les Rencontres des cépages modestes à Saint-Côme-d’Olt (Aveyron) ont réuni vignerons et chercheurs tandis que le 3e salon des cépages et terroirs  oubliés, à l’initiative de l’association Terre de Treilles, accueillait un public curieux à Chabeuil, près de Valence (Drôme). Outre ses célèbres vins, la Vallée du Rhône, ceinte de vignobles renaissants, alpin (Isère et Savoie) et cévenol (Ardèche et Gard), assiste à la mise à jour de cépages négligés, dans l’esprit d’une vinodiversité, souvent menée en culture biologique voire biodynamique.


Voici égrenés, au fil des stands, le cortège de noms ressurgis d’un lointain passé, tibouren ou ugni blanc romains, dureza et chatus rhodaniens, ribairenc et œillade languedociens, de lieux autrefois couverts de vignobles, des Coteaux de Gier aux terroirs oubliés de Moselle, de hasards, improbables fils de la redécouverte de quelques souches, multipliées par la passion d’un homme, d’une association.
L’invasion du phylloxéra, insecte qui détruit le vignoble français fin XIXe s., suivi par la Iere guerre mondiale mettent à mal ces cépages de moindre degré, peu productifs, emportés après 1945 dans l’ère d’une viticulture intensive, soucieuse de rentabilité économique. Disparus du catalogue officiel des variétés de la vigne[1], leur renouveau tient à la ténacité de quelques-uns, à partir des années 1980, à un Robert Plageoles à Gaillac dont les sélections massales (multiplication des plants) fournissent en prunelard Michel Issaly, présent avec son Domaine de la Ramaye.
Ces cépages forment une grande famille, dont le séquençage des gènes reconstitue les arbres généalogiques. Ainsi, dureza et mondeuse blanche de Savoie sont-ils reconnus par l’université de Davis en Californie comme les parents génétiques de la syrah, emblématique de la Vallée rhodanienne, désormais présente à l’échelle mondiale.
Cherchés, identifiés, sélectionnés pour ne conserver que les pieds sains et vivaces, multipliés lentement, ils ne donnent parfois que des micro- cuvées : 0,5 hl de chouchillon, aux arômes beurrés, de poire williams, chez Guy Bonnand, en biodynamie sur les Coteaux de Gier, ou, au Clos Centeilles en Minervois, 23 cépages languedociens alimentant – véritable conservatoire vivant des cépages nobles du XVIIIe s. - 85 cuves, de l’araignan (picardan) à la clairette rose, tous en vins biologiques.
Ici, trente ares de Gros Noir sauvés de l’arrachage au Domaine de Yoann (Ardèche) donnent un vin coloré, fruité, de cerise et griotte. Là, au pied des Cévennes, sur des schistes et des grés, subsistent 50 ha de chatus cité en 1590 par le père de l’agronomie, Olivier de Serres, un vin acidulé, très utile en assemblage, élevé dix-huit mois en fûts au Mas de Bagnols (Ardèche)
Ils se diffusent peu, s’accrochent à quelques localités. Le vénérable et pâle Rosé du Var, enfant du gouais blanc médiéval, et sans doute très ancien, tout comme le tibouren, fin et délicat, arrivés sur les côtes varoises, ne dépassent pas les limites du département, tout comme brocol, ondenc ou loin de l’œil (car il poussait à l’écart) se cantonnent à l’aire du Gaillacois.

Domaine Bouisse Matteri (Hyères)
Clos Centeilles (Siran)

 Ils reprennent vie, œuvres individuelles, telle celle d’un Pascal Jamet ramenant d’Isère le dureza et le verdesse sur son domaine en cotes du Rhône, ou œuvre collective, à l’instar du syndicat des collines rhodaniennes, qui veut faire entrer plusieurs cépages à la fois au catalogue officiel des variétés (mornen noir, durif, rousse, chouchillon), et de la toute jeune AOP Moselle, sur des terroirs réputés tombés en désuétude, passés de 22 000 ha avant le phylloxéra à 60 ha aujourd’hui Au domaine des Béliers, la famille Maurice récupère des friches agricoles, presque neutres. Elle y élabore, en culture biologique, des vins blancs fins et légers.
Sans repère, sans indicateur sur le comportement de ces cépages à la vigne et en cave, il faut être inventif, observer, analyser, expérimenter, savoir attendre. Au Clos Centeilles, la famille Boyer a passé dix ans à couper les raisins sans les vinifier avant d’élaborer une cuvée. Plusieurs vignerons pratiquent, comme autrefois, la complantation des cépages, imaginent des vignes en pergola comme en Italie, ou en hautain. De peu de degré en pleine maturité, adaptés à leurs lieux de production et résistants face aux maladies, ils intéressent les chercheurs. De fort caractère, à l’image du brocol et du duras, ou tout en délicatesse, comme le mourvaison, ils forgent des vins de garde.
« J’ai été initié dès mon plus jeune âge à la dégustation par le biais de ces cépages. Il est peu dire que quand j’en bois, toute une vie, les paysages et l’atmosphère des collines reviennent » confie un amateur gaillacois. Car les noms chantent, parlent aux anciens, évoquent odeurs et saveurs enfouies, fiertés retrouvées.

Guy Bonnand (Saint- Maurice-sur-Dargoire)  

Des amoureux de leur terre s’expriment, à l’exemple de François Henry pour ses vins de Saint-Georges d’Orques (Hérault), le Mailhol (cépages du XVIIIe siècle), le Villafranchien (sol de galets roulés) ou Les Chailles (calcaires de silex).  « Il s’agit d’un vin du lieu, qui raconte une histoire, ses cailloux, ses odeurs, qui influencent le vigneron dans la conduite de sa vigne et de son travail en cave ». Ainsi le morrastel doit-il sa réputation à la proximité de l’abbaye cistercienne de Valmagne (Hérault) puis à l’appréciation de Thomas Jefferson, futur président des Etats-Unis qui conforte, fin XVIIIe, à l’exportation, la qualité des vins locaux .
Ces vignerons et vigneronnes rêvent-ils, pour les cépages modestes, d’un destin similaire à celui du viognier, presque disparu dans les années 1960 en raison de la difficulté à le conduire, devenu aujourd’hui un des cépages les plus appréciés dans le sud est de la France ?
De beaux restes, nom d’une cuvée de Guy Bonnand, composée à 40 % de Mornen, « voilà ce qui reste quand on s’écarte des 15 cépages les plus plantés au monde ». Le vin, par sa qualité, symbolise ce renouveau des cépages oubliés, tant pratique culturale, retour à ses racines que vision d’une démarche dans son environnement et dans le monde. C’est tout ce qui nous a été donné de voir lors de ce salon, qui nous emporte même jusqu’en Moldavie. Initié par Pierre Vidal et des amateurs de vin passionnés, il entend faire vivre nos patrimoines viticoles, leurs cépages et leurs terroirs, les vins produits à nouveau, produit d’un lieu, d’un homme et d’une femme, d’une histoire.

Florence Monferran




[1]  Le catalogue répertorie les espèces et leurs variétés cultivées issues de sélections autorisées à la culture  et à la vente

La vigne à la croisée des chemins

Quels cépages, demain, en Occitanie?

 

 

Grapevine future : which grape varieties to select tomorrow in Occitania ?

2017 has been a catastrophic year worldwide for grapevines, between spring frost in Europe and fire damaged grapevines in California. Historical year as it is, in France we have had the lowest ever seen wine production since 1945, with less than 37 million hectolitres. Without being able yet to measure the economic consequences, we have to think about three crucial points in Occitania : lack of water, ways to resist deseases, and weather changes. Those points lead us to think about which vine-growing for tomorrow, conventional or organic, which production mode, industrial or artisanal, to satisfy consumers in terms of quality, variety of wines, alimentary safety ? Visible effects of climate changes- earlier harvest, higher alcohol degree of the wine, lower productivity- as well as questioning about dryness and watering, the use or no use of pesticides, the uncertitude about the use of glyphosate in Europe, are examples of why we need to think about our environment. Modify cultural habits of wine-growers, pollute less, be more careful about water supplies, the necessary biodiversity, producer's health as well consumer's, stakes are high !
Grapevines represent 3,7% of agriculture area, but use 20 % of pesticides in France. Therefore, Languedoc AOC have signed in october 2017, an agreement over three years for their 38 controled designations, over 43.000 ha.
The first point to be questionned is the map of grapevines variety. Within Languedoc, pioneer in all sorts of experiments throughout history, up to agricultural biological culture, soon met by Gers and Tarn, all sorts of ideas have been raised in order to save production.
Favour late vines varieties, like piquepoul, clairette, mourvèdre, manseng, cabernet-franc and other tannat ? That idea is logical, as they suffer less from dry and hot summers, and beneficiate of september rains. But for how long ?
Change grape varieties ? French wine institute of grapevines and wines (IFV), which keeps the genetic sources of our grapevines and creates new varieties, and the National research institute in agriculture (INRA) work in that direction. Languedoc AOC study the possibility of planting greek and italian grapevines, more resistant to heat. Laurent Audequin, in charge of the research and development department at IFV, explains that assyrtiko « bears high temperatures, weak rains, and keeps a stunning freshness ». They think about solutions with better tolerance to hydric stress graftings. Crossbreed grape varieties in order to improve them ? It's always been. Marselan and caladoc, Chasan and arinarnoa, conceived in Montpellier, are hybrid.
Create new varieties, resistant to drought, as well as deseases ? Searchers interbreed our vines varieties, Vitis vinifera, with other american or asian varieties, containing better resistant genes. The objective is to keep production levels in spite of climate changes, and lower pesticides use, currently used up to 80 % to fight two diseases, oïdium and mildiou. This is a big job for scientists who are up to the 5th generation of hybrids. They are working on creating 30 resistant varieties to be commercialised within 10 years. This looks promising, although there is a total uncertainty about resistance durability against diseases. But progress is on the way. Three varieties are in the french catalogue since june 2017. 60 wine-growers are volunteers for trials in 2018, just like those conducted by la Colombette domain in Beziers, to study the vines. Young Picpoul de Pinet AOC thinks about a resistant variety able to adjust to trimming new conditions. There are leads to find varieties giving a lower alcohol degree. As Laurent Audequin says, « the big challenge is to adjust them to climate changes ».
Come back to old grape varieties. As of today, 6 grape varieties dominate worldwide production. Today are planted terret and black piquepoul, vine varieties from the 18th century at Saint-Georges d’Orques domain (Herault) or at Clos de Centeilles (Aude), manseng noir from cotes de Saint-Mont (Gers), or prunelard re-discovered by Robert Plageoles in Gaillac (Tarn). A european research, GrapeOnFarm, drew up an inventory of these rare vine varieties, designed in order to preserve them from disappearing. « Traditionnal grape varieties resist to hydric stress » says Christophe Miron, president of Herault muscats. As a proof, clairette, the oldest grape variety planted in Narbonne area, has lost in production in 2017 between 5 and 10%, against 30% at least on the worldwide grape varieties. Tendancies lead toward old grape varieties even if this is a niche market. Associations such as À la rencontre des cépages modestes, Wine mosaic , trade shows (in november in Chabeuil), books such as the one from André Deyrieux meet a huge success and interest from the public. What if future belongged to them, when you know that France has about 600 grape varieties ?

A futuristic vision of research that sequences vine genes, and a vision focused on past, both agree toward the fact that simplification of grape varieties lead to exhaustion. From diversity tastes and grapevine variety happen. Protection of that heritage occurs in Gaillac (Tarn), Espiguette (Gard) and at Vassal domain (Herault) with its 2 700 grape varieties coming from 54 countries. Wine-grower having the desire to plant old grape varieties have met there searchers. Those searchers are looking at varieties resisting to deseases. Pouydraguin conservatory, Sarragachies vineyard classified by historical monuments (Gers) are tested for a resistance to climate change as well as diseases.

Gers and Tarn have saved vineyards that existed before Phyllozera. Languedoc has modified many times the way it planted grape varieties, from the 18th century up to the 20th, when it created its IGP and AOP. Is Languedoc better prepared to fight that new environmental threat ? Will we keep these grape varieties ? Which ones will be planted in a hundred years in Languedoc ? No one can tell. INRA's scenarios imagine mediterranean grape varieties planted in Britany by 2040, or later, nomadic vineyards on wheels...

After all, are french vineyards future relying on research, or on its heritage reinstatement ? A story that more consumers listen to with interest and worry about what's in their glass.

Florence de Monferran
Traduction : Florence de Martino 

   

L’année 2017 sera marquée du sceau des catastrophes naturelles pour la viticulture mondiale, entre gel printanier en Europe, les bourgeons à peine éclos, et vignobles réduits en cendres, la récolte à peine rentrée, en Californie. Année historique, s’il en est, 2017 enregistre en France la production de vin la plus faible depuis 1945, avec moins de 37 millions d’hectolitres estimés. Sans que nous en mesurions bien encore toutes les conséquences économiques et humaines, le constat remet au centre des préoccupations trois questions cruciales en Occitanie. Le manque d’eau, les moyens pour résister aux maladies de la vigne, les changements climatiques s’invitent au cœur de l’actualité.Ces questions débouchent sur une réflexion plus large et des attentes sociétales : quelle viticulture pour demain, conventionnelle ou biologique, quel modèle de production, industriel ou familial, pour satisfaire les consommateurs en termes de qualité, de diversité des vins, de sécurité alimentaire ? Les effets visibles des modifications du climat - vendanges plus précoces, hausse du degré d’alcool du vin[1], baisse de rendement, salinisation des vignes, comme à l’embouchure de l’Orb et dans la basse vallée de l’Aude, aléas climatiques d’ampleur en 2016 et 2017- tout comme les interrogations sur la sécheresse et l’irrigation, l’usage ou non de pesticides, l’incertitude pesant sur l’interdiction du glyphosate en Europe[2], fournissent autant d’exemples d’une nécessaire nouvelle donne environnementale. Modifier les pratiques culturales des vignerons, polluer moins, faire plus attention aux ressources en eau, à la biodiversité nécessaire, à la santé du producteur comme celle du consommateur, l’enjeu est de taille : la vigne occupe 3,7% de la surface agricole utile, mais consomme 20 % des pesticides agricoles en France. Ainsi, les AOC Languedoc engagent-ils, en octobre 2017, une démarche durable d’ampleur qui s’inscrive d’ici trois ans dans le cahier des charges de leurs 38 appellations, sur 43 000 ha.
Concerné au premier chef par ces questions, l’encépagement nourrit articles et débats. Dans un Languedoc pionnier en bien des expériences au cours de l’histoire, jusqu’au passage précurseur en agriculture biologique, rejoint par le Gers et le Tarn, les réponses fusent dans tous les sens en vue de sauvegarder les productions viticoles.
Privilégier les cépages tardifs, à l’instar des piquepoul, clairette, mourvèdre, manseng, cabernet-franc et autres tannat? L’idée tombe sous le sens, car ils souffrent moins des étés chauds et secs, bénéficient des pluies de septembre. Mais pour combien de temps ?
Changer de cépages ? L’Institut Français de la Vigne et du  Vin (IFV), qui conserve le matériel génétique de nos cépages, pratique la sélection clonale et crée de nouvelles variétés, et l’ Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) travaillent en ce sens. Les AOC Languedoc étudient avec eux l’implantation de cépages italiens et grecs, plus résistants à la chaleur. Ainsi, l’assyrtiko « supporte des températures élevées, des pluies faibles, tout en gardant une fraicheur remarquable » explique Laurent Audeguin, chargé de coordination R&D à l’IFV. Ils réfléchissent aussi à des porte-greffes de meilleure tolérance au stress hydrique.
Hybrider des cépages en vue de les améliorer? La pratique a toujours eu cours. Marselan et  caladoc, Chasan et arinarnoa, métis conçus à Montpellier, en sont issus.
Créer de nouvelles variétés, plus résistantes à la sécheresse comme aux maladies ? Les chercheurs croisent nos cépages, des Vitis vinifera, avec d’autres espèces, américaines ou asiatiques, voire des vignes sauvages, qui contiennent des gènes résistants. L’objectif vise à maintenir les rendements face aux modifications du climat, et à diminuer l’usage de pesticides, utilisés à 80 % contre deux maladies, l’oïdium et le mildiou. La tâche occupe les scientifiques, qui en sont à la 5e génération de croisements. Ils envisagent d’élaborer une trentaine de variétés résistantes commercialisables d’ici dix ans. La création d’hybrides s’avère pleine de promesses mais entourée  d’incertitudes, sur la durabilité des résistances de la vigne aux maladies, leur goût, ainsi que de controverses sur la légitimité de leurs brevets. Mais le mouvement est lancé. Trois variétés ont été inscrites au catalogue français, à titre temporaire, en juin 2017. Une soixantaine de vignerons se sont portés candidats pour des essais en 2018, dans la lignée de ceux menés au Domaine de la Colombette à Béziers, afin d’étudier en grandeur réelle leur comportement. La jeune AOC picpoul de pinet pense déjà à une variété résistante et capable de s’adapter à de nouvelles conditions de taille et de mécanisation. Des pistes sont tracées sur des variétés donnant des vins à bas degré d’alcool.  Laurent Audeguin le résume, « le grand défi est l’adaptation du matériel végétal aux changements climatiques ».

Revenir à des cépages anciens, emblématiques de nos terroirs, adaptés à leur lieu de production, retrouver le goût d’une vinodiversité, quand six cépages dominent aujourd’hui la production mondiale[3]? Comme si, à la recherche de repères, ils constituaient des points d’ancrage, voici replantés terret et piquepoul noir, cépages du XVIIIe s. au domaine Henry à Saint-Georges d’Orques (Hérault) ou au Clos de Centeilles (Aude), manseng noir des cotes de Saint-Mont (Gers), ou prunelard redécouvert par Robert Plageoles à Gaillac (Tarn).  Une grande enquête européenne, GrapeOnFarm, recense ces cépages rares, conservés « à la ferme » afin d’éviter leur disparition. Loin de l’uniformisation des goûts dans la mondialisation, ils lèvent le voile sur tout un pan de notre histoire viticole locale, font ressurgir des typicités, des traditions perdues, « un goût d’autrefois », y compris d’hybrides interdits depuis l’entre-deux-guerres, comme l’isabelle ou le clinton. Autochtones, plantés sur leurs terroirs de prédilection, aux sols souvent pauvres, peu soumis à de hauts rendements, ces cépages auxquels on a laissé le temps de construire un système racinaire donnent le meilleur d’eux-mêmes. Un goût d’ici en quelque sorte, plutôt qu’implanter des cépages standardisés, gourmands en eau et en irrigation. « Les cépages traditionnels résistent bien au stress hydrique »  assure Christophe Miron, président des muscats de l’Hérault, le cépage porteur de l’histoire du Bas-Languedoc. Pour preuve encore, la clairette, le plus ancien cépage planté en Narbonnaise, a subi, en 2017 une perte de production évaluée entre 5 et 10 % dans la moyenne vallée de l’Hérault, contre 30 % au moins sur les cépages mondialisés. La tendance incline au retour en force des cépages anciens, même s’ils se cantonnent à des productions annexes et des marchés à niche. Des associations, À la rencontre des cépages modestes, Wine mosaic pour le pourtour méditerranéen, des salons (en novembre à Chabeuil), des ouvrages, comme celui d’André Deyrieux[4] rencontrent succès et large intérêt du public. Et si l’avenir leur appartenait aussi, quand on sait que la France compte environ 600 cépages ?
Vision futuriste d’une recherche qui séquence aujourd’hui les gènes de la vigne, et vision tournée vers le passé, adepte de cépages oubliés, s’accordent sur un constat: la simplification  de l’encépagement, depuis 55 ans, conduit à un appauvrissement. De la diversité génétique naît la personnalité des cépages, la typicité des vins, la richesse des goûts. La protection d’un patrimoine végétal et historique s’est nourrie des conservatoires gérés par la recherche, au Vinopôle de Gaillac (Tarn), à l’Espiguette (Gard) et au domaine de Vassal (Hérault) le Louvre des cépages, avec ses 2 700 variétés venues de 54 pays, lui-même menacé par la montée des eaux. Les vignerons qui souhaitaient replanter de vieux cépages y ont rencontré les chercheurs. Ceux-ci se sont intéressés de près à un patrimoine génétique qui offre des perspectives pour créer de nouvelles variétés résistantes[5]. Le conservatoire de Pouydraguin, la vigne de Sarragachies classée aux Monuments historiques (Gers) font l’objet de recherches sur la résistance au réchauffement climatique et aux maladies d’un cépage de faible degré, le manseng noir, ou sur les qualités du  tardif, cépage « très intéressant » pour Laurent Audeguin, qui pourrait devenir le cépage phare des vins de Saint-Mont dans 30 ans.
Le Gers et le Tarn ont sauvé des vignes pré-phylloxériques. Le Languedoc a modifié plusieurs fois son encépagement au cours des siècles, du XVIIIe s. jusqu’à la sortie des crises du XXe, lorsqu’il a crée IGP et AOP. Partent-il mieux armé que d’autres pour répondre à cette nouvelle donne environnementale variétale? Les modifications de l’encépagement procèdent de réflexions plus larges sur les lieux de production. Conserverons-nous ces terroirs auxquels nous sommes si attachés, avec leurs typicités forgés au fil des siècles, inscrites dans les décrets de nos appellations ? Quels cépages seront plantés dans cent ans dans nos régions ? Même ceux qui y travaillent ne peuvent le dire. Des scenarii établis par l’INRA imaginent des cépages méditerranéens en Bretagne en 2040, ou, plus tard, des vignobles nomades se déplaçant au gré des climats, voire des vignobles sur  roulettes !
A la croisée des chemins, l’avenir de la viticulture française se joue-t-il pour une part sur une recherche de pointe, à l’affût de toutes les stratégies d’adaptation des vignobles, s’appuyant autant sur l’agro-écologie que sur des innovations variétales ? Se joue-t-il pour une autre part sur la réhabilitation de son héritage, un patrimoine viticole bimillénaire qui a modelé nos campagnes, une dimension oubliée, celle du vin boisson d’un lieu comme le rappelle André Deyrieux ? Une histoire à raconter que les consommateurs écoutent avec de plus en plus d’attention et de vigilance sur ce que contient leur verre, en un aller-retour incessant entre un passé lumineux et un présent toujours plus avide de réponses.

Florence Monferran

[1] + 2,5° en trente ans dans le Sud-Ouest selon une étude du laboratoire Dubernet. Le stress hydrique par manque d’eau bloque la maturité du raisin, qui se concerte en sucre et en alcool, élevant le degré du vin
[2] commercialisé sous le nom de Round’up par la firme Bayer-Monsanto
[3] Cabernet-sauvignon N, merlot N, airen B, tempranillo N,chardonnay B, sauvignon B. En outre, 30 cépages produisent 70 % des vins sur la planète
[4] A la rencontre des cépages modestes et oubliés, l’autre goût du vin, Dunod
[5] Science et avenir 25 septembre 2016

La Belle Dame fait pencher le cœur du Guide Hachette

 

Chaque année, à la fin de l’été, alors que les vendanges battent leur plein, sort comme un rituel le Guide Hachette des vins. L’ouvrage, qui sélectionne près de 10 000 cuvées, fait référence pour le consommateur, qu’il aiguille à travers toutes les gammes de prix, toute la hiérarchie des productions, des petites cuvées aux crus les plus prestigieux, en se faisant l’apôtre de la diversité des terroirs. Ce sont donc des vins, et non des domaines, qui reçoivent une étoile, deux étoiles (vin remarquable) ou trois étoiles (vin exceptionnel). La distinction suprême, le Coup de cœur, est accordée à des cuvées que le guide veut particulièrement honorer, après une double dégustation à l’aveugle.L’un d’entre eux a été attribué à La verte printanière 2016, du domaine de la Belle Dame à Mireval, pour « son harmonie, sa prestance et la richesse de ses arômes d’agrumes, de fleur de sureau ou d’orange amère. Élégante, elle défile avec grâce et souplesse en offrant au palais des saveurs de pêche charnue et d’abricot gourmand et friand ». 
La distinction récompense un vin, un millésime, à la belle vivacité, une AOC, muscat-de-mireval, et … vingt ans de travail. Le domaine, crée en 1996, s'étend sur 19 ha entre mer et garrigues, sur les plus vieilles vignes de l'appellation. Ces petites parcelles entourées de chardons, de thym, de romarin donnent d'agréables senteurs aux vins de la Belle Dame. Jean-Luc et Béatrice Mazas y élaborent depuis dix ans différents vins doux naturels, ainsi que des vins, en AOC et IGP, qui plongent dans le terroir : des carthagènes, muscats secs, rosés et depuis peu des vins rouges et pétillants. Ils ont entamé une conversion en vins biologiques, dans le respect d’un environnement exceptionnel, une zone littorale protégée où se plaît la Belle Dame, papillon migrateur qui se pose en bord d’étang. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils ont reçu l’annonce de cette récompense. « Ce coup de cœur est arrivé par surprise. Il est le signe que nous commençons à être connus et reconnus, et qu’avec de petits moyens, de petits rendements, une cave particulière peut faire de grandes choses » explique Jean-Luc Mazas, qui réalise un sans-faute avec trois distinctions pour trois vins présentés. En effet, deux autres cuvées, également en AOP muscat-de-mireval, Diamant noir 2016 et Irrésistible baiser 2016, ont été récompensées de deux étoiles. Elles viennent parfaire la réussite technique du Domaine sur les Vins Doux Naturels, que Jean-Luc Mazas défend avec la même ardeur de vigneron que lorsque, Président de l’Appellation, il en a fait évoluer les caractéristiques techniques vers plus de légèreté. « Nous croyons qu’il y a encore un avenir pour les Vins Doux Naturels, pour des produits de qualité, voire d’exception » poursuit le vigneron.
Ces récompenses se posent, au milieu des vendanges et des vinifications, comme la reconnaissance du travail accompli, un encouragement à poursuivre dans sa voie, un baume au cœur dans les années difficiles, comme 2017, où la faible récolte sera compensée par une grande concentration, laissant présager le meilleur pour le prochain millésime … et les prochains guides.

Florence Monferran

 

Domaine de la Belle Dame
135 chemin de la Tieulière - 34 1110 Mireval
06 62 24 10 10 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Caveau de vente : route RD 116 (face à la gare de Vic-Mireval)

Des produits du terroir sont aussi à la disposition de tous les visiteurs : Miel, confiture, gâteaux, huile, vinaigre...
Dans leur démarche, Jean-Luc et Béatrice Mazas ont souhaité aller plus loin dans le souci de l’humain, en oeuvrant pour un accès pour tous à leur caveau de dégustation (paralysés, mal-entendants, mal-voyants). Ils ont obtenu en 2017 le label Tourisme Handicap, qui valide cette démarche unique jusqu’ici dans l’Hérault.

 

Soutien aux viticulteurs de l’Hérault

La Préfecture de l'Hérault annonce un soutien aux viticulteurs de l’Hérault confrontés à une récolte 2017 historiquement faible

photo: Claude Cruells

Les vendanges 2017 sont les plus faibles depuis l’ après - guerre , tant au niveau national, que régional ou départemental. Pour l’Hérault , la récolte devrait s’établir à 3,97 Mhl soit une baisse de 20 % par rapport à la moyenne d’environ 5Mhl alors que 2016 était déjà inférieure avec 4,63Mhl . Sans attendre, Pierre Pouëssel, Préfet de l’Hérault et Jérôme Desprey, Président de la Chambre d’agriculture, ont réuni l'ensemble des acteurs de la filière pour évaluer les difficultés auxquelles les professionnels pourraient être confrontés et accompagner les situations les plus complexes. Les partenaires se sont engagés sur des mesures d’ores et déjà opérationnelles :

  •  Un numéro unique pour tous les agriculteurs en difficulté (N° Vert : 0 800 100 362) : le dispositif partenarial Agir Ensemble afin de permettre d'identifier les viticulteurs les plus en difficulté et de réaliser un diagnostic de leur situation.
  • Pour les jeunes agriculteurs un accompagnement particulier : les jeunes agriculteurs bénéficieront d'un entretien personnalisé si leur situation nécessite un aménagement de leur plan d’entreprise (contact : DDTM 34 / ddtm - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) .
  •  Un soutien à la trésorerie
    • Sur la base de ce repérage, les services de l’État (DDTM, FranceAgriMer) seront mobilisés pour accélérer le versement des aides agricoles en instance de traitement.
    • Les viticulteurs en difficultés peuvent également demander la prise en charge partielle des cotisations sociales (formulaires à télécharger sur http://www.msalanguedoc.fr/lfr/web/msa - du - languedoc/exploitant/pec - msa ) et un échelonnement possible du paiement des cotisations (examen des dossiers par la MSA au 04 67 34 80 17) .
    • Pour les communes les plus touchées des mesures collectives de dégrèvement fiscal sur la taxe sur le foncier non bâti sont mises en place. Par ailleurs, les exploitants qui, du fait des intempéries, justifieraient de difficultés particulières pour acquitter leurs impositions courantes (IR, TH, TF de la résidence principale), peuvent solliciter des délais de paiement ou des remises gracieuses, dans les conditions de droit commun (contact : DDFIP)
    • Les banques (Crédit Agricole, Banque Populaire) ont accepté d’examiner les situations bancaires au cas par cas des exploitants et des caves coopératives qui en feraient la demande. L’État peut prendre en charge partiellement les frais liés à la restructuration des prêts et de garantie bancaire (DDTM 34 / ddtm - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ) .
    • La possibilité de solliciter une médiation du crédit, en cas de refus de refinancement par la banque habituelle des entreprises, par la Banque de France (www.economie.gouv.fr/mediateurcredit) .
    • Les services de l’Etat (Direccte Occitanie - UD Hérault) rappellent qu’il existe un dispositif d’allocation d’activité partielle, pour compenser les heures chômées par les salariés ( https://activitepartielle.emploi.gouv.fr ) .

Par ailleurs le Préfet a, dès le 28 août, autorisé dans les secteurs touchés par le gel, l’achat de vendanges et de moût. Une procédure de reconnaissance en calamité agricole a également été lancée pour que les exploitants ayant subi des pertes de fonds su r les plantiers du fait du gel du mois d’avril puissent bénéficier d’une aide financière du fonds national de gara ntie des risques en agriculture (procédure en cours).

Les partenaires examineront de façon concertée les situations des exploitants les plus en difficulté et se réuniront à nouveau d’ici la fin de l’année 2017.

Fête du Vin Nouveau

 

dimanche 22 octobre 2017.

Plongez dans la tradition et célébrez l'arrivée de ce vin fraîchement produit.

  • 10h : cortège déambulatoire dans le coeur de ville. Départ du Musée Agathois. Rue de la Fraternité
  • 11h : messe et « la cantate du vin nouveau » avec l'Ensemble Vocal Mélopoïa. Cathédrale Saint-Etienne. Rue Louis Bages
  • En fin de matinée, offrande du vin nouveau sur le parvis de l'Office de Tourisme d'Agde. Place de la Belle Agathoise
  • 15h : danses folkloriques. Parvis Moulin des Evêques

Domaine Grangeot des Beaumes

Il y a des personnalités qui sont difficiles à interviewer, non pas parce ils sont inaccessibles, mais parce qu'ils ont la modestie au corps. C'était sans compter sur la ténacité de Florence de Martino qui a fini par l'avoir son interview avec Franck Romain. Et cela valait la peine. Deux heures et demi d'entretien et de belles balades dans la campagne.



 

 

Ses terrains sont situés à 90% sur la commune de Saint-Thibéry et dans la famille Romain, on cultive la vigne depuis trois générations.

On fabriquait même de la crème de tartre pour l'industrie pharmaceutique, de la porcelaine, et l'agro alimentaire. Entre deux guerres, la vigne était secondaire, et la crème de tartre faisait vivre plusieurs familles sur Saint-Thibéry. Marcel le père de Franck, Laurence et Patrick (tous trois vignerons) avait réussi à la rendre parfaitement blanche.

Mais revenons à ses vignes : Franck, sa sœur et son beau frère  Jacques Girard, cultivent du Merlot, du Syrah Carignan, de la Grenache, du Cabernet Sauvignon, du Chardonnay (excellent je confirme!) de l'Alicante-Bouschet, et de l'Aramon. Certains de ces cépages m'étant inconnus, la démonstration sur place était nécessaire. Et nous voilà partis sur place voir ces vignes, avec les chiennes.

Car si Franck ne propose pas ses vins aux concours (il a été primé au Canada sans le savoir), ce n'est pas parce qu'il n'en est pas fier, au contraire, mais surtout parce qu'il n'a pas le temps et préfère en parler.

Au passage admirez le grangeot, ou mazet, qui était un abri pour le cheval et le vigneron. Pas de château, mais un petit mazet au milieu des vignes, sous le soleil qui caresse son joli toit en tuiles d'origine.

Et les vendanges ? Elles sont entièrement manuelles, et Franck fait de la culture raisonnée. D'ailleurs il n'a pas traité ses vignes depuis trois ans, et depuis trois ans, il n'a pas observé de vers de la grappe. Pour lui c'est important car cela a un impact sur le milieu naturel, et d'ailleurs il n'utilise pas de désherbant non plus. Un tiers de la superficie est en désherbage raisonné.

Et puis les caveaux, situés à Nézignan-l'Evêque, immenses, couvent des vins qu'on pourra déguster bientôt, on l'espère.

Florence de Martino

Caveaux : Domaine Grangeot des Beaumes. 8 avenue d'Agde à Saint-Thibéry , Tél 06 32 20 88 89 ou avenue de Pézenas à Nézignan-l'Evêque, Tél 07 50 07 59 04. Ouverts tous deux le samedi de 9h30 à 12h30.

Un délicieux repas des vendanges

En association avec le Domaine Saint Hilaire à Montagnac la Maison Jacques Bedarieux est ravie de vous proposer un délicieux repas de vendange avec dégustation de vins au préalable.

Une visite de la « Silk Gallery » pour connaître l'histoire du Domaine.

Une tombola au profit de l’association Ligue contre le cancer France-Languedoc.Capture

Sélection de cadeaux de Noël, de crackers et de condiments par Posi seront disponibles à la vente. Nous demandons aux invités d'arriver à midi pour profiter d'un apéritif accompagné d’amuse bouches.

À 12h30 une dégustation de vins sélectionnés par Izabela Zammit qui vous transmettra toute son savoir et répondra à toutes vos questions.concernant les vins et le domaine. À 13h nous vous invitons à vous s'asseoir à table dans le grand salon il y aura 5 tables de 8 places.

Domaine Saint Hilaire
Izabela Zammit
T:04 67 24 00 08
M:06 01 70 68 57
W: www.domainesaint-hilaire.com

 Une tombola en faveur de la Ligue contre le Cancer France-Languedoc aura lieu le jour même

1er prix - le panier de friandises maison et un pudding de Noël "fait avec amour dans la cuisine de Posi"
2ème prix - une caisse de vin sélectionnée gracieusement par le Domaine Saint Hilaire
3ème prix – soin du corps d'une heure par Susannah Cartwright de Languedoc Retreats
Veuillez indiquer vos restrictions alimentaires particulières, y compris vos allergies.
Les aliments peuvent contenir des traces de noix Pour la vente des billets, veuillez contacter Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le Domaine de la Belle Dame fait pencher le cœur du Guide Hachette

  

Chaque année, à la fin de l’été, alors que les vendanges battent leur plein, sort comme un rituel le Guide Hachette des vins. L’ouvrage, qui sélectionne près de 10 000 cuvées, fait référence pour le consommateur, qu’il aiguille à travers toutes les gammes de prix, toute la hiérarchie des productions, des petites cuvées aux crus les plus prestigieux, en se faisant l’apôtre de la diversité des terroirs. Ce sont donc des vins, et non des domaines, qui reçoivent une étoile, deux étoiles (vin remarquable) ou trois étoiles (vin exceptionnel). La distinction suprême, le Coup de cœur, est accordée à des cuvées que le guide veut particulièrement honorer, après une double dégustation à l’aveugle.L’un d’entre eux a été attribué à La verte printanière 2016, du domaine de la Belle Dame à Mireval, pour « son harmonie, sa prestance et la richesse de ses arômes d’agrumes, de fleur de sureau ou d’orange amère. Élégante, elle défile avec grâce et souplesse en offrant au palais des saveurs de pêche charnue et d’abricot gourmand et friand ». 
La distinction récompense un vin, un millésime, à la belle vivacité, une AOC, muscat-de-mireval, et … vingt ans de travail. Le domaine, crée en 1996, s'étend sur 19 ha entre mer et garrigues, sur les plus vieilles vignes de l'appellation. Ces petites parcelles entourées de chardons, de thym, de romarin donnent d'agréables senteurs aux vins de la Belle Dame. Jean-Luc et Béatrice Mazas y élaborent depuis dix ans différents vins doux naturels, ainsi que des vins, en AOC et IGP, qui plongent dans le terroir : des carthagènes, muscats secs, rosés et depuis peu des vins rouges et pétillants. Ils ont entamé une conversion en vins biologiques, dans le respect d’un environnement exceptionnel, une zone littorale protégée où se plaît la Belle Dame, papillon migrateur qui se pose en bord d’étang. C’est avec beaucoup d’émotion qu’ils ont reçu l’annonce de cette récompense. « Ce coup de cœur est arrivé par surprise. Il est le signe que nous commençons à être connus et reconnus, et qu’avec de petits moyens, de petits rendements, une cave particulière peut faire de grandes choses » explique Jean-Luc Mazas, qui réalise un sans-faute avec trois distinctions pour trois vins présentés. En effet, deux autres cuvées, également en AOP muscat-de-mireval, Diamant noir 2016 et Irrésistible baiser 2016, ont été récompensées de deux étoiles. Elles viennent parfaire la réussite technique du Domaine sur les Vins Doux Naturels, que Jean-Luc Mazas défend avec la même ardeur de vigneron que lorsque, Président de l’Appellation, il en a fait évoluer les caractéristiques techniques vers plus de légèreté. « Nous croyons qu’il y a encore un avenir pour les Vins Doux Naturels, pour des produits de qualité, voire d’exception » poursuit le vigneron.
Ces récompenses se posent, au milieu des vendanges et des vinifications, comme la reconnaissance du travail accompli, un encouragement à poursuivre dans sa voie, un baume au cœur dans les années difficiles, comme 2017, où la faible récolte sera compensée par une grande concentration, laissant présager le meilleur pour le prochain millésime … et les prochains guides.
Florence Monferran

Domaine de la Belle Dame
135 chemin de la Tieulière
34 1110 Mireval
06 62 24 10 10
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Caveau de vente : route RD 116 (face à la gare de Vic-Mireval)
Des produits du terroir sont aussi à la disposition de tous les visiteurs : Miel, confiture, gâteaux, huile, vinaigre...
Dans leur démarche, Jean-Luc et Béatrice Mazas ont souhaité aller plus loin dans le souci de l’humain, en oeuvrant pour un accès pour tous à leur caveau de dégustation (paralysés, mal-entendants, mal-voyants). Ils ont obtenu en 2017 le label Tourisme Handicap, qui valide cette démarche unique jusqu’ici dans l’Hérault.

Guide Hachette des vins 2018 : http://www.hachette-vins.com/guide-vins

Avec l'APAVH, Joe, la fripouille , est à l'adoption

joeIMG_0437Après avoir alerté les vétérinaires, les dianes de chasse les plus proches, mis des annonces, il a bien fallu se rendre à l’évidence personne ne recherchait notre poilu ! Avec sa bouille de chien abandonné et son air de rien, on l’a tout d’abord appelé « Le Chien Marcel », et puis c’était un peu long alors ce fut « Plumeau » finalement 3 jours plus tard c’est Joe qui s’est imposé ! Et ça lui va super bien. Quand Joe est arrivé en famille d’accueil, il n’en menait pas large…les 8 autres chiens l’ont niflé, reniflé. Il était tout kiki à côté. Joe est typé Bleu de Gascogne, mais plutôt version mini! Le Bleu qui n’a pas grandi. Allez savoir pourquoi, il s’est pris d’affection pour le grand Roch qui fait environ 3 fois son poids ! Seulement les premiers temps Roch appréciait très moyennement ce zébulon qui le suivait partout alors il le lui a fait savoir avec force claquements de mâchoires et grognements…nous avons laissé faire. Encore une fois grogner est un mode de communication, même si nous avions peur que le gros nous le coupe en deux… Roch regardait Joe comme si c’était un insecte, un ouistiti qui l’agaçait...

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