Expos

Visées justes

Ce jeudi 4 Octobre,  Rue Lacan, les nouveaux locaux de la Mid ( Maison de l’image et du documentaire )furent ouverts au public pour présenter la première exposition de la saison 2018/2019.

Elles sont quatre au programme dont une qui s’inscrira dans le cadre du festival de la photographie documentaire , Images singulières qui se tiendra du 30 mai au 16 juin 2019. La directrice, Valérie Laquittant, a rappelé que la Mid c’était également un espace accessible  aux professionnels mais aussi aux enfants, grâce à  des stages, des ateliers, une sensibilisation auprès du public scolaire et ceux  des centres sociaux et des associations.

La Maison de l’Image et du Documentaire abrite également une bibliothèque de plus de 3000 ouvrages photos en consultation, un coin lecture de la presse spécialisée, ainsi qu’une boutique. Gilles Favier, le commissaire d’exposition a ensuite présenté brièvement l’exposition et les photographes. Ces derniers, il les a presque tous croisés en dernière année de L’ETPA, l’Ecole Supérieure de Photographie et de Game Design de Toulouse où il dispense toujours une série de cours.

L’exposition, Ce qui nous lie, a pour thématique globale le cercle familial dont il s’est aperçu qu’il se situe toujours au centre des préoccupations des jeunes, cela jusqu’à un âge avancé.

Désir de se démarquer, tensions, incertitudes, la famille peut tout aussi bien s’avérer un refuge qu’un carcan. L’ordre hiérarchique, la tradition , l’incompréhension bornée … moulent un enfer quotidien dont la perforation devient la hantise . Mais, l’urgence d’une émancipation, d’une oxygénation, suffit-elle à faciliter l'arrachement ?

« Famille je vous haï », la célèbre formule d’André Gide peut être interprétée de différentes manières dont celle-ci :  cet attachement pas toujours étranger à l’entrave, un fardeau d’aimer, l’impossibilité d’un rejet complet de "ce qui nous lie " , le désir de fuir aux prises avec la culpabilité de laisser ceux qui nous ont mis au monde, nous on nourrit, à leur manière, nous aiment. Malgré tout. Encore…

Enfin, ici, deux jeunes femmes parmi les 14 artistes (12 ont leurs photos projetées sur écran) sont à l’honneur. Commençons par la plus jeune. Mélodie Garreau est née en 1993, elle est franco- anglaise, bilingue. Originaire de Brighton. En 2017 elle fut la lauréate du grand prix de l’ETPA. Hymne à sa sœur en quête d’identité, L’Innocence ternie, est une série de photos en noir et blanc qui présente le quotidien d’une mère et de sa fille ( Chloé, la sœur de Melody) dont les liens ont peut-être été renforcés par l’absence d’un père, la violence inconcevable de l’abandon.

Qui dit union dans le désarroi, induit attaches renforcées, fusions  , mais aussi, une plausible déflagration … Ici pas de scènes de guerre de sang mais la latence d’une confrontation peut-être, d’une mise en mots violents  de sensations  distinctes  et supposées exagérées chez l’autre que l’on souhaite dans le même temps préserver .

Remi Donnadieu, pour la photo, parle de « littérature de l’œil », Mélodie quant à elle, compare celles-ci « à des pièces éparses d’un puzzle complexe ». La seconde photographe n’est pas franco-Anglaise mais a passé une partie de son enfance en Angleterre. Le goût de la photographie, c’est de sa mère qu’elle l’a hérité.

Elle a commencé par des études d’histoire et de communication pour ensuite travailler dans une compagnie, un théâtre. Mais depuis 2013 et l’obtention de la mention spéciale du jury, elle enchaîne les rétrospectives et les expositions.

Ida Jakob a décidé de se consacrer à son  art.

Inventer une mythologie familiale :

tel est l’objet revendiqué avec cette exposition : La vie devant soi, titre emprunté au roman de Romain Gary.

Devant soi, combien de temps encore ? Lorsque l’éternité est fille de l’impératif d’agir...

Avec sa mère et sa grand tante, Ida a pris le parti de créer un mini évènement dans la chambre dans laquelle vit sa grand-mère en maison de retraite, sa chambre, c’est-à-dire son existence, si l’on peut encore user de ce mot.

Les photos (là encore en noir et blanc) exposent cette folie que seule permet la complicité de ces femmes et qui sous-entend un besoin de léger « pétage de plomb » conséquent à une condition de vie qui ne laisse certainement guère de place à la fantaisie, ou simplement à la vie. Ces photos sont dures et en même temps réconfortantes.

Réconfortantes, car on comprend que ces femmes ont réussi à se faire violence afin de dévoiler une réalité et de transformer cette morbidité, le temps de quelques séances, en une sorte de truculente fête intime.

Le plus facile aurait bien évidement de taire l’obscur, de refuser la souffrance nécessaire pour distraire ponctuellement la fatalité. A la fois obscénité et acte d’amour disait Nobuyoshi Araki à propos de la photographie : la vérité mise à nue en quelque sorte, et y a-t-il un autre amour que celui du vrai… ? Assurément pas ici.

J.B.S

La Calamartothèque : découvrez et empruntez des oeuvres d'Art

Accueil

La Calamartothèque est une association culturelle, créée en 2016, dont la mission est d'organiser un service de prêt d'œuvres d'art entre adhérents et de leur permettre de découvrir des œuvres et des artistes qui vivent à côté de chez eux.

L'association ne stocke pas les œuvres, c'est l'artiste qui remet son œuvre à l'emprunteur.
L'œuvre réservée sur le site est retirée lors du rendez-vous trimestriel d'échange.
Le lieu d'échange est une adresse sétoise qui est communiquée à chaque rendez-vous, 4 fois par an, de septembre à septembre.
L'œuvre empruntée est confiée à l'adhérent contre un chèque de caution de la valeur de l'œuvre.
Un contrat de prêt est établi et une attestation d'assurance habitation et responsabilité civile est demandée.
L'artiste prêteur peut aussi emprunter.
Chaque œuvre mise au prêt bénéficie d'une possibilité d'achat.
L'association n'intervient en rien dans la négociation et ne prend aucune commission sur les ventes.

Tarifs des cotisations pour un an
- Membre utilisateur 30 euros / cotisation minorée 15 euros
- Membre bienfaiteur > 35 euros

http://www.calamartotheque.fr/

SAMEDI 6 et DIMANCHE 7 OCTOBRE 2018
Exposition des œuvres mises au prêt dans le HALL DE L'ANCIEN COLLÈGE VICTOR HUGO rue Raspail à Sète

La Calamartothèque présente un extrait de son catalogue d’œuvres d'art pour son exposition annuelle de rentée
Premier rendez-vous de l'année 2018/2019 - Renouvellement des cotisations -

" Ce qui nous lie» à la MID "

 

Le 4 octobre, la Maison de l'Image Documentaire a inauguré sa nouvelle expo, réalisée en partenariat avec l’ETPA de Toulouse, en présence des deux photographes et de Gilles Favier, commissaire de  l'exposition. Des images en noir et blanc qui interpellent sans tabou.

"Ce qui lie Mélody Garreau et Ida Jakobs, c'est une représentation iconoclaste de la famille. Une famille de femmes uniquement, mère, fille, sœur, grand-mère, grand-tante, jeunes et vieilles, souvent dénudées, qui trahit les complicités, les blessures secrètes, la violence aussi, mais toujours l'amour. L'homme, le père, y est définitivement absent. L'une sous-titre «L'innocence ternie», l'autre, «La vie devant soi»."

 

Melody Garreau et Ida Jakobs ont le courage et la franchise de montrer sans cette pudeur castratrice qui brouille les cartes. Les deux familles qu'elles décrivent ne sont pas étranges. Ces splendides clichés sont la représentation d’une implosion du mode traditionnel. La famille ce n’est plus forcément cette image d’Epinal sur-jouée de la femme aux fourneaux, des enfants bien mis et du mari qui rentre, à l’heure, du travail. Non les choses ont changé, et peu à peu on s’habitue à tous ces bouleversements sociétaux…

En contrepoint, une autre exposition poursuit allègrement cette autopsie de la famille telle qu'elle est ressentie par les jeunes photographes. Lola Bacha, Mégane Bellin, Arnaud Chochon, Maud Dhillit, Tao Douay, Alisson Julien, Chloé Michelot, Alexandre Ollier, Anaïs Ondet, Inès Pouyanne, Mathilde Ulin et Alexis Vettoretti viennent compléter ce tableau sans concession d'une vigoureuse beauté.

Exposition Christine Busso et Richard Alias

 

Le public nombreux était au rendez-vous à la chapelle des pénitents pour le vernissage et la présentation de l'exposition des peintures et sculptures de Christine Busso et les sculptures de Richard Alias. Mme Marie-Claude Busso, mère de l'artiste et M Jean Dumas ont souligné la richesse et les subtilités de l'oeuvre , M Richard Alias a présenté l'originalité de sa démarche. Les échanges furent nombreux et l'intérêt certain pour cette très belle exposition. La chapelle est ouverte tous les jours de 15h à 19h30 pour la visite en entrée libre.

Pierre Bendine-Boucar expose à la Chapelle

 
 

 

Le 21 septembre, l’exposition « F » de Bendine-Boucar a été inaugurée à la Chapelle du Quartier Haut, en présence du maire de Sète, François Commeinhes. Un parcours à travers les multiples représentations de Fantômas qui relève davantage du jeu de l’accumulation que d’une fascination pour le mal.

Depuis plusieurs années, Pierre Bendine-Boucar porte un regard précis sur le personnage de Fantômas, l’amenant à construire une collection d’ex-votos variés, consacrée à l’homme aux mille visages. Cette figure rebelle, arbore une apparence multiple, dont l’artiste rend compte en accumulant images, objets et peintures qui construisent une collection active, révélant les multiples métamorphoses du personnage.

Fantômas est devenu un personnage de fiction très populaire grâce à la trilogie de comédies policières réalisée par André Hunebelle dans les années 60, avec dans les rôles principaux Jean Marais, Louis de Funès et Mylène Demongeot. Ce qu’on sait moins, c’est que c’est aussi une figure adulée des surréalistes, et que de nombreux peintres se sont intéressés à ce mythe, après la parution du livre de Pierre Souvestre et Marcel Allain en 1910, et du film de Louis Feuillade en 1913. Notamment Magritte, Juan Gris, Yves Klein et, plus récemment, Jonathan Meese. Pierre Bendine-Boucar s’inscrit donc dans cette longue tradition.

 

Technique du pochoir, bombe aérographe, adhésif, collage, empreintes, gestes répétitifs et monotypes… l’artiste se plait à camper un Fantômas coloré et joyeux. « F », est un projet d’accumulation murale qui consacre le mythe dans une représentation incarnée et figurée de l’homme grimé.

Un prétexte à parler de l’autre.

 

François Commeinhes a rappelé la vocation de la Chapelle du Quartier Haut qui est de mettre en avant les talents de la région, qu’ils soient émergents ou confirmés avant de saluer le parcours de l’artiste, son œuvre et sa fidélité à sa région :

« On vous a connu jadis, ici à la Chapelle du Quartier Haut,  dépeignant un univers aussi coloré qu’irrévérencieux, jetant une voile résolument rock sur l’esthétique pop, jouant sur la confusion entre art et graphisme […] Pendant des années vous avez posé votre regard de créateur à Paris, Stockholm, Portland,  Abou Dhabi, sans jamais oublier votre territoire, notre Languedoc, muse de tant d’artistes, vivier de couleurs, source d’espace et puits d’inspiration, que l’on retrouve dans votre œuvre et qui fait votre force. C’est pourquoi, la Ville de Sète est fière de vous mettre à l’honneur avec cette formidable exposition, vous accueillant ainsi dans notre grande famille culturelle »

 

A voir jusqu’au 14 octobre -visite commentée par l’artiste le 14 octobre à 16h.

La troisième édition du Salon des Arts Songes d’Automne

Le service culturel de la ville vous invite à la troisième édition du Salon des Arts Songes d’Automne au Foyer des Campagnes.
Samedi 13 Octobre de 10h à 19h vernissage à 11h30
Dimanche 14 Octobre de 10h à 17h
Ce salon accueillera des artistes peintres et /ou sculpteurs amateurs. Du figuratif à l’abstrait, toutes les expressions et toutes les techniques seront représentées.
Restauration sur place.

 

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Sète Los Angeles

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Sète-Los Angeles est une association loi 1901 qui a pour but d’organiser une rencontre entre artistes setois et angelinos..

Cette rencontre aura lieu au printemps 2019 à Los Angeles. 14 artistes Sétois vont partir en résidence pendant 15 jours pour produire in situ et exposer aux côtés d’artistes américains. A l’automne 2019, 14 artistes américains viendront ensuite àSète pour produire et exposer aux côtés des artistes sétois.

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Sète-Los Angeles est une expérience, une aventure, une épopée qui se terminera par un événement sur 5 jours avec un vernissage, des conférences, des projections, des happenings, des concerts... Galeristes, collectionneurs, mécènes, chefs d’entreprises, partenaires se rencontreront lors d’une soirée privée dédiée à ces échanges.


Pour financer une partie du projet, l’association et les artistes éditent un coffret de 14 estampes, signées et numérotées, tiré à 100 exemplaires. Produit dans l’atelier Dugrip-Picard-Jacomet (DPJ) à Sète. La gravure sur bois telle qu’elle y est pratiquée renoue avec des savoir-faire artisanaux remontant au XVe siècle.

MULTIPLES SÈTE-LOS ANGELES. Réalisation de 14 estampes signées et numérotées par chaque artiste, rassemblées
dans un coffret. Les fonds récoltés permettront la réalisation de l’exposition Sète-Los Angeles.
Production dans l’Atelier Dugrip-Picard-Jacomet (DPJ) à Sète.

https://www.facebook.com/atelierdpj/videos/1859153434169216/?t=32

Gravé par Jean Marie Picard, Mise en couleur par Bruno Jacomet, Imprimé par L’Atelier DPJ, Papier fait main par le Moulin à Papier de Brousses et Villaret, et Coffret réalisé par l’Atelier Chien de mer à Sete, par Magali Gerard.

Un travail d'artisans d'art, fait main.

14 estampes
Format : 25 x18 cm
Tirage : 100 exemplaires
ÉDITIONS LIMITÉES

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"Dans l’histoire de l’art contemporain français, Sète fait figure d’exception. A l’époque où Paris et son école des Beaux-Arts bannissaient la peinture, ses couleurs et son expressionnisme, reléguant la figuration aux oubliettes de l’Histoire, la petite ville rebelle inventait la Figuration libre."

"Ce mouvement, aux antipodes de l’art cérébral et abstrait des années 70, prit le parti de la « liberté », de faire « figurer » toutes formes d’art, sans frontières de genre et d’origine géographique. Los Angeles et sa contreculture, performers, groupes de musique punk, artistes de rue, séries B, fanzines, ne pouvaient qu’attirer l’oeil des artistes sétois. A l’heure où New-York dominait avec le Pop art, l’expressionnisme abstrait, bientôt le minimalisme, Los Angeles s’affranchissait de tous ces courants et s’aventurait vers des territoires nouveaux, revendiquant la suprématie de la matière sur l’idée, du savoir-faire sur l’abstraction. Riche, énergique, créative, bouillonnante, Los Angeles offre depuis toujours une scène artistique vibrante. Cette ville immense, tentaculaire incarne à elle seule le rêve américain…"

Attirant toujours plus d’artistes, de collectionneurs, de galeries et d’institutions, la ville est aujourd’hui l’épicentre turbulent de la création contemporaine mondiale. Deux collines, l’une au bord de la Méditerranée, l’autre du Pacifique. Deux centres d’art contemporain à ciel ouvert qui ont en commun la lumière, l’énergie mais surtout un goût pour la contreculture, l’irrévérence, le mélange des genres, l’insolite, la liberté.

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L’intérêt réciproque des Sétois pour les Américains date des années 60, quand Hervé Di Rosa et Robert Combas sympathisaient avec Keith Haring, Jean-Michel Basquiat, Kenny Scharf avec lesquels ils partageaient, comme l’écrit le critique d’art Otto Hahn, une « vitalité joyeuse ».

Les artistes sétois ne résistent pas à cet attrait. Depuis les premiers « cow-boys » de la Figuration libre jusqu’aux sculpteurs sonores d’aujourd’hui, ils ne cessent de porter leur regard sur l’Amérique, racontent des histoires sur fond de western, nourrissent des mythes hollywoodiens, inventent des personnages et des décors californiens. Ils s’inspirent des comics, des super héros, du street art, utilisant l’art pour abolir les frontières. Les affinités, correspondances et similitudes entre artistes sétois et angelinos dépassent toutefois ce « goût de l’Amérique » et cet esprit anti conformiste. C’est en fait toute une histoire secrète, celle de la contre-culture, qui relie les deux scènes artistiques.

Dans l’histoire de l’art contemporain français, Sète fait figure d’exception. A l’époque où Paris et son école des Beaux-Arts bannissaient la peinture, ses couleurs et son expressionnisme, reléguant la figuration aux oubliettes de l’Histoire et brandissant le concept comme un absolu, la petite ville rebelle inventait la « figuration libre ». Ce mouvement, aux antipodes de l’art cérébral et abstrait des années 70, prit le parti, la « liberté », de faire « figurer » toutes formes d’art, sans frontière de genre et d’origine géographique, sans hiérarchie de valeurs entre haute et sous-culture, sans distinction entre beaux-arts et arts appliqués. Outre l’art brut, les pionniers de la figuration libre revendiquent leur démarche comme celle d’artisans des « arts populaires », inventeurs de monstres et robots (Hervé Di Rosa), s’inspirant de Mickey Mousse comme de la sciencefiction, de l’imagerie africaine et de la culture des banlieues (Robert Combas).

Ils puisent dans cette culture populaire, ce qu’on appelle parfois Outre-Atlantique sub-culture, des sources d’inspiration appréciables par tout le monde, loin des références raffinées des « connoisseurs » de l’art contemporain.

Une attitude comparable caractérise la naissance de la scène artistique angelinos. A l’heure où New-York dominait avec le Pop art, l’expressionnisme abstrait, bientôt le minimalisme, Los Angeles s’affranchissait de tous ces courants et s’aventurait vers des territoires nouveaux, revendiquant la suprématie de la matière sur l’idée, du savoir-faire sur l’abstraction.

Ed Kienholz, Larry Bell, Ed Ruscha, Dennis Hopper, Barbara Kruger, ces « rebels in paradise » comme les définit l’historienne de l’art Hunter Drohojowska- Philp, proposaient un art radicalement nouveau, une création dissidente de la culture mainstream et d’Hollywood, constitué de style singuliers (finish fetichism, light and space, LA cool etc).

Les deux villes devaient se rencontrer. Le contact passa d’abord par la curiosité des Sétois qui, le regard tourné bien au-delà de New-York, s’intéressèrent à Los Angeles et sa contreculture — performers, groupes de musique punk, artistes de rue, séries B, fanzines. Agnès Varda lança le mouvement, qui s’installa dès les sixties en Californie, consciente des mouvements d’avant-garde qui s’y exprimaient alors.

Après avoir consacré un film aux Black Panthers à Oakland, la cinéaste partit à la rencontre des « murals » qui apparaissaient alors dans les quartiers interlopes de Los Angeles — Venice Beach, South Central, Downtown.

Robert Combas se passionnait pour le punk californien, Hervé di Rosa sympathisait avec Jim Shaw, Stéphan Biascamano revisitait le cinéma expérimental et les séries B de l’époque.

Sète n’a jamais cessé d’attirer et de voir naître des artistes. C’est une ville d’artistes.

Un véritable vivier, une pépinière de talents. Peu de villes peuvent s’enorgueillir d’une identité aussi forte, d’un attachement aussi viscéral des artistes à leur cité. Il y a ceux qui y sont passés, ceux qui ont choisi d’y vivre, ceux qui y sont nés… On pense forcément au musicien Georges Brassens, à la cinéaste Agnès Varda, à l’homme de théâtre Jean Vilar… Trois artistes d’exception, trois libertaires, anticonformistes, amoureux de leur ville, la marquant pour toujours du sceau de leur talent. Comme une véritable bande d’amis, les artistes sétois d’aujourd’hui ne forment pas pour autant une école.

Figuration libre, art brut, art conceptuel…chacun explore sa voie, sa singularité, son domaine, ses inspirations sans qu’un mouvement homogène ne se distingue. Peintres, sculpteurs, musiciens, ou tout à la fois, certains s’inspirent de la mythologie, des traditions, de la lumière… Tous aiment les voyages et parcourent le monde pour revenir, toujours, à Sète, ce port d’attache, cette île si « singulière », décrite ainsi par l’écrivain Paul Valéry, lui aussi né à Sète.

Los Angeles. Riche, énergique, créative, bouillonnante, Los Angeles offre elle aussi, mais à bien plus grande échelle, une scène artistique vibrante. Depuis toujours, la Cité des Anges est celle des artistes. Cette ville immense, tentaculaire tournée vers l’océan incarne à elle seule le rêve américain… Attirant toujours plus d’artistes, de collectionneurs, de galeries et d’institutions, la ville est aujourd’hui l’épicentre turbulent de la création contemporaine mondiale.

SèteLosAngeles. Deux collines, l’une au bord de la Méditerranée, l’autre du Pacifique, qui incarnent ce foisonnement créatif, cette quête de liberté. Deux centres d’art contemporain à ciel ouvert où l’on retrouve lumière, espace, énergie mais aussi ce goût pour la contre-culture, l’irrévérence, le mélange des genres, l’insolite. Deux villes qui seront associées, reliées, confrontées, le temps d’une exposition, le temps d’une rencontre.

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Sète-Los Angeles est une expérience, un voyage, une épopée guidée par la volonté d’organiser une rencontre entre artistes de deux mondes qui développent autant d’approches de l’art, plastique, littéraire, musical, cinématographique. Différents regards de ces « rebels in paradise » que nous avons eu envie de rassembler quand ils se connaissent déjà ou de confronter pour qu’ils s’enrichissent. « Ici c’est ailleurs», comme l’affirment Anne-Marie Miéville et Jean-Luc Godard dans leur film éponyme. Récréer un peu de Sète à Los Angeles, et inversement, pour inventer un territoire fictif où ces deux univers coexisteront. Ainsi, Setangeles, le titre de l’exposition sorti d’un dessin de Topolino, résume à lui seul ce projet de fusion. Sète-Los Angeles est une association à but non lucratif qui a pour objectif de croiser ces deux villes et bientôt d’autres pôles culturels, d’autres villes d’artistes... Berlin, Shanghai, Moscou, Tokyo... Ce projet collectif et familial a vu le jour lors de retrouvailles sur le parvis des Halles de Sète en avril 2017. L’idée, formulée par Vanessa Atlan, ariste sétoise installée à Los Angeles despuis 2010, a ensuite été creusée et développée par Sophie, Pauline, Marie et Anne, sétoises de naissances ou de coeur, passionnées d’art depuis toujours.

L’idée a ensuite été proposée aux artistes qui ont immédiatement accepté l’aventure picturale collective. Ces artistes qui ont été choisis sont ceux qui ont croisés nos chemins professionnels et dont les oeuvres ornent les murs de nos maisons. Des artistes découverts et collectionnés depuis longtemps et dont les parcours ne cessent de nous intéresser. Il en existe bien d’autres, des artistes de talent à Sète ! Il a fallu faire un choix. Un premier rendez-vous est pris de l’autre côté de l’Atlantique. D’autres destinations verront naître d’autres rencontres, ailleurs dans le monde. La première étape de cette aventure verra les Sétois à Los Angeles.

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Une maison dans les collines ou un motel accueillera les artistes, le temps d’une résidence en février 2019. 10 jours de création, de montage, puis 5 jours de vernissage, accompagnés d’une série d’événements : performances, concerts, projections de films, happenings, conférences, lectures etc. A chaque artiste sétois, nous offrons la possibilité d’inviter un Californien, ou d’explorer un élément de la ville qui l’inspire. Outre le lieu principal de résidence et de création, des événements pourront être organisés dans des lieux satellites – salle de cinéma et de concert, mais aussi lieux iconiques de la ville, Vintage 101 Coffee, Hollywood Motel, etc. Dans un second temps, en septembre, une quinzaine d’artistes californiens seront invités à exposer, à Sète, des projets inspirés par la ville autant que par leurs rencontres de l’hiver précédent avec les artistes sétois. Plusieurs lieux sont envisagés à Sète. Il y a un immeuble désaffecté, une belle bâtisse du XIXe qui abritait l’ancienne banque du Crédit maritime. Elle est située en plein centre de la ville, à deux pas du canal et des halles centrales, tout près du Musée international des arts modestes (MIAM) fondé par Hervé Di Rosa en 2000. Vernissages, performances, concerts se produiront dans les nombreux espaces dédiés à l’art de la ville : Le Centre régional d’art contemporain (CRAC), le musée Paul Valéry, l’ancien conservatoire de musique et d’art dramatique de la ville, le Théâtre de la mer...

L'équipe : SOPHIE DULIN, Chef de projet ,Libraire à l'Echappée Belle, née à Sète en 1971. YANN PERREAU, Yann Perreau est commissaire d’exposition, auteur et critique. VANESSA ATLAN, Conseiller artistique, Los Angeles. PAULINE BOYÉ
Responsable du financement,Paysagiste. MARIE TAILLAN, Coordinatrice éditoriale Auteur, Editeur et ANNE BOYÉ
Conseillère artistique, Styliste.

Ce qui nous lie

- Exposition photo à la MID
Du 5 octobre 2018 au 12 janvier 2019

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Voyages entre Deux Mers

Exposition, rencontres, films, produits du terroirs...
Quai d'alger
1er et 2 octobre 2018 à partir de 11hL’image contient peut-être : texte