ECONOMIE

Claires sur le lido de Sète à Marseillan

THAU AGGLO va piloter une étude

Des bassins d’affinage des huîtres, demain sur le lido de Sète à Marseillan ? C’est une piste sérieuse et intéressante pour les conchyliculteurs. Pour la pousser plus loin, les différents acteurs publics et privés  du Bassin de Thau (Etat, Région Languedoc-Roussillon, CG 34, Thau agglo, CCNBT, SMBT, Cepralmar et représentants de la profession) se sont réunis ce mercredi 7 novembre en Préfecture à Montpellier. Résultat : Thau agglo va piloter une étude pour examiner la faisabilité d’une telle installation.

 « C’est une perspective motivante pour tous, souligne Pierre Bouldoire, Président de Thau agglo, c’est pourquoi nous avons proposé cette initiative, il était important de se mettre au travail sans même attendre le déplacement de l’unité d’embouteillage de la société Listel propriétaire des terrains où pourraient  se déployer les bassins d’affinage.» Sur ce dernier point, le Président de Thau a estimé « très positive » une récente première rencontre avec le PDG de Listel, Paul-François Vranken. 

L’étude que Thau agglo va piloter et financer avec le concours des autres partenaires publics va porter sur la faisabilité juridique, financière et technique de l’opération « Nous sommes sur un territoire complexe et sensible, ajoute Pierre Bouldoire. Il faut maîtriser tous les paramètres et notamment les coûts d’investissement et de fonctionnement des installations. »

Les conchyliculteurs estiment en effet à 50 ha le besoin en espace pour déployer les claires (bassins d’affinage des huîtres), 20 pour les bassins eux-mêmes, 10 pour leur fonctionnement et 20 pour les écloseries des coquillages.

 Thau agglo va très prochainement réunir les différents acteurs publics et privés pour établir le cahier des charges de l’étude. Pierre Bouldoire annonce également : « Thau agglo est prête à s’impliquer également dans la réalisation de ce projet-clé pour l’économie du territoire. »

Tourisme : vers une marque méditerranéenne ?

Tourisme en Euro-Méditerranée :  le positionnement
par Etienne Pauchant,
président de Mediterranean travel association (META)

Si l’on compare les résultats de la zone META (Mediterranean travel association) avec ceux de la zone PATA (Pacific Asia travel association) depuis l’année 2000 jusqu’à 2012 (13 ans), on observe une diminution de la part de marché mondiale de la Méditerranée (- 4.9%), alors que celle-ci croît d’une manière importante (+ 6.9%) en Asie Pacifique.

La reconquête de cette part de marché mondiale requiert la mise en place d’une nouvelle “marque méditerranéenne”, partagée par les 30 pays qui forment la destination. Elle serait largement diffusée sur les marchés lointains, accompagnée par de nombreux produits touristiques originaux et de haute qualité.

L’ASCAME: ONG sans but lucrative rassemblant les Chambres de Commerce de la Méditerranée (plus de 300 membres), est la première organisation internationale à appeler de ses voeux la création de cette nouvelle marque méditerranéenne. Le but poursuivi est celui d’enrichir la seule image de mer et soleil de la Méditerranée sur les marchés lointains, par une offre culturelle originale.

Trois thèmes pour une marque

META propose trois thèmes pour cette nouvelle marque :

1/ Premièrement le climat
Le climat méditerranéen est l’un des plus rares dans le monde. On ne retrouve ces conditions climatiques qu’en Californie du Sud, en Amérique du Sud (Santiago et Valparaiso), en Afrique du Sud (Le Cap) et en Australie (Perth et Adélaïde).

2/ Deuxièmement, l’origine du tourisme
Contrairement à la croyance populaire, le tourisme n’a pas été inventé par l’aristocratie anglaise au XVII ème siècle, mais bien dans l’Empire romain, pendant la Pax Romana, depuis 29 avant JC, sous l’Empereur Auguste, jusqu’à l’année 180 après JC, sous l’Empereur Marc Aurèle, ce qui n’est pas su.

3/ Troisièmement, le berceau de l’humanité
Les 6 000 ans de l’histoire de la Méditerranée antique, depuis 4 000 avant J.C jusqu’à 1 929 au XXième siècle est la première et la plus longue histoire de l’Humanité. La destination n’a pas encore capitalisé ses critères culturels. Ils contiennent plusieurs centaines d’opportunités pour la mise en marché de nouveaux produits touristiques.

La Méditerranée a inventé les voyages de loisirs, les courts séjours, les vacances mer et soleil, les premières stations touristiques (Baïes), les premiers bikinis (en peau de chèvre), les premières locations de voitures (raeda), les premiers restaurants “face à la mer”, la première autoroute : la via Appia Antica 200 km de Rome à Naples.
Les premières escales, et les premiers professionnels du tourisme étaient, établis le long des routes romaines : les dormitoriums, (bed and breakfast) les cauponae (hôtels économiques), les thermopoliae (bars), les tabernae (snacks) et les mansiones,( hôtel de première classe), en Italie, mais aussi pour le service aux voyageurs « longue distance » vers l’Égypte à l’Est et l’Espagne, à l’Ouest. Le réseau de ces voies romaines couvrait 150 000 km à l’apogée de l’Empire.

Une audience mondiale

Les voyages culturels en Grèce et en Turquie étaient prisés par l’élite des voyageurs, écoutant les premiers “guides touristiques” les “Mystagogues”, d’autres s’engageaient dans le “grand tour” (un ou deux ans de voyage) visitant toutes les côtes méditerranéennes jusqu’à l’Atlas marocain (Volubilis). D’autres encore assistaient aux Jeux Olympiques (organisés tous les quatre ans).

Fondés en 776 avant J.C, les jeux Olympiques antiques étaient à leur création strictement réservés aux athlètes grecs, avant de devenir internationaux (et donc ouverts aux citoyens romains) pendant plus de 500 ans de 146 avant J.C à 393 après J.C.

La nouvelle marque “Méditerranée” devra obtenir une audience mondiale. La reconstruction du Phare d’Alexandrie, ayant fait l’objet de multiples tentatives récentes, pourrait devenir un symbole fort, repris par les médias mondiaux.

D’autres monuments pourraient être relevés de leurs ruines, et les civilisations antiques de revivre, pour le plus grand bonheur des nouveaux touristes en Euro-Méditerranée.

lire aussi :Tourisme en Euro-Méditerranée : la distribution et Tourisme en Euro-Méditerranée : l'écologie  par Etienne Pauchant

La culture pour développer l’économie

Par ces temps de crise, les exemples sont nombreux à travers le monde qui démontrent que la culture est  un puissant relais de croissance. Mieux, non seulement les activités culturelles dopent l’économie mais elle produisent en outre une amélioration de la qualité de vie de la population. Régulièrement nous présentons ici le cas d’une ville qui illustre ce propos et peut nourrir la réflexion en pays de Thau. Après Liverpool nous présentons cette fois le cas de Stavanger.

Stavanger port ouvert au royaume des fjords


Stavanger est une ville portuaire de Norvège de 120.000 habitants soit environ la population du bassin de Thau avec un taux de chômage de 1%...!

La culture pour développer l’économie : Liverpool




Il y a 30 ans Liverpool, ce berceau des Beatles, jadis cité  prospère, enrichie par le trafic des esclaves et le commerce avec les colonies,   offrait le spectacle de la désolation.
L’ultra-libéralisme de Thatcher était passé par là. Le chômage de masse atteignait 25 % de la population active, .des  friches industrielles s’étalaient à perte de vue et les immenses zones portuaires étaient en déshérence. La misère sociale était criante et la violence était partout.
Aujourd’hui l’estuaire de la  Mersey a retrouvé vie avec les nombreux paquebots de croisières qui déversent au nouveau terminal maritime des milliers de touristes qui viennent visiter la ville  classée au Patrimoine mondial de l'Unesco depuis 2004.
La cité s’affirme d’abord comme la capitale mondiale de la musique Pop. Mais au-delà de l’incontournable musée des Beatles , de nombreuses  salles de concerts  ont été rénovées ou ont vu le jour dont la fameuse « Echo Arena » en front de mer près des docks  totalement remodelés. Des groupes ou des chanteurs du monde entier s’y produisent : Elton John, Bob Dylan , Beyonce, etc. Les festivals s’y succèdent les uns après les autres.  Mais il n’ y a pas que la pop , les amoureux de la musique classique sont aussi comblés avec le Philharmonic Hall, et son Royal Liverpool Philharmonic Orchestra.
Les arts plastiques enfin  ne sont pas en reste avec  l’antenne de la célèbre Tate Gallery de Londres, La Walker Art Gallery où on peut voir des Rembrandt, des Degas et autres Turners ,  le nouveau Musée de Liverpool qui s’ouvre cette année et qui est le plus important musée d’Angleterre construit depuis un siècle. Des dizaines de galeries privées  ont également fleuries et proposent des talents confirmés ou émergents dans toutes sortes de styles.
On assiste parallèlement au boom des spectacles vivants. Des pièces de  théâtre sont crées , des films et  émissions de TV sont tournées.
Le sport et plus particulièrement le football, avec les mythiques Reds, bénéficie de ce contexte porteur  et dispose à présent , avec le Stanley Park, d’un stade de 60.000 places.
Enfin le quartier des congrès (ACC Liverpool ) avec ses hôtels, ses restaurants  et  ses salles de conférences accueille colloques, séminaires  et de nombreux autres évènements internationaux.
La Liverpool Culture Company  à l’origine de dizaines de milliers d’emplois quand la ville fut nommée capitale européenne de la culture pour l’année 2008 continue d’être hyperactive pour  entretenir cette dynamique qui amènent quelques 20 millions de visiteurs chaque année.
Certes la récession, ici comme ailleurs est à l’origine de coupe sévère dans les dépenses municipales  mais les édiles ont eu l’intelligence de préserver  un budget de la culture  considéré comme essentiel  pour la maîtrise du futur de la ville. A l’horizon 2020 ils prévoient ainsi que le tourisme culturel injectera 2 milliard de livres dans l’économie locale et  génèrera 37.000 emplois (1) soit une croissance de plus 50% en 10 ans.
Liverpool est devenue en peu d’années une des 10 villes d’Europe les plus visitées.  La continuelle  mise en valeur du patrimoine culturel grâce à une politique raisonnée, construite et structurée y génére des dividendes dans tous les autres secteurs de l’économie.  Liverpoll est ainsi la ville la plus prisée du Royaume uni pour étudier, vivre, faire du shopping, investir ou implanter son affaire. La culture y est devenue le premier vecteur du développement local. C'est aussi un catalyseur d'audace fantastique.

 (1) http://www.merseyside.org.uk/