Education

Évaluations des acquis des élèves au CP et au CE1

Explication en vidéo

 

Les membres du Conseil scientifique de l'éducation nationale présentent, dans deux vidéos, les évaluations des acquis des élèves au CP et au CE1 et l'apport des sciences cognitives dans leur élaboration. Ces évaluations reposent notamment sur une construction rigoureuse et scientifique des outils d’évaluation menée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), en coopération avec le Conseil scientifique de l’éducation nationale (CSEN) et la direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco).

Les évaluations CP et CE1 sont des évaluations nationales qui s'adressent à tous les élèves du CP et du CE1.

Elles répondent à trois objectifs :

donner des repères aux enseignants pour aider les élèves à progresser
permettre d'avoir localement des éléments pour aider les inspecteurs dans le pilotage de proximité

ajuster les plans nationaux et académiques de formation et proposer des ressources pertinentes

 

Pour aller plus loin - Ramus méninges : le blog de Franck Ramus

Franck Ramus est professeur au laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique à l'Ecole normale supérieure.
Sur son blog, il propose une foire aux questions qui vise à répondre aux questions que peuvent se poser les enseignants et les parents d’élèves au sujet des évaluations. Cette FAQ a fait l'objet d'une relecture attentive et de corrections par plusieurs membres du CSEN.

À quoi servent les nouvelles évaluations de CP et CE1 ?L'évaluation des acquis des élèves du CP au lycée
Évaluations de début de CP et de CE1, évaluations 6ème et tests de positionnement en secondeajuster les plans nationaux et académiques de formation et proposer des ressources pertinentes

Éducation: 2.600 postes supprimés dans le secondaire et 1.900 créés dans le primaire

Ordinateur Portable, Femme, L'ÉducationAFP

Quelque 2.600 postes seront supprimés l'an prochain au collège et au lycée et environ 1.900 seront créés dans le primaire, a précisé mercredi le ministère de l'Education à l'AFP.

Le ministre Jean-Michel Blanquer avait annoncé lundi que le nombre de postes diminuerait "au global" de 1.800 en 2019 et que seuls seraient concernés le second degré et les services administratifs.

En savoir plus sur : https://www.afp.com/fr/infos/334/education-2600-postes-supprimes-dans-le-secondaire-et-1900-crees-dans-le-primaire-doc-1988rc12

Education : ce qui change à la rentrée 2018

Jean-Michel Blanquer a tenu début septembre la traditionnelle conférence de presse de la rentrée scolaire.

Une rentrée 2018 marquée, pour le Ministère, par "la poursuite et la consolidation" des mesures prises depuis un an et par l'entrée en vigueur de nouvelles transformations qui vont concrètement changer la vie des élèves, des parents et des professeurs.
 
 Le Ministère de l'Education Nationale précise :

Les transformations du système scolaire déployées en cette rentrée doivent permettre de poursuivre l’objectif que tous les élèves maîtrisent mieux les savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter et respecter autrui) en fin de primaire et qu'ils soient mieux accompagner dans leur orientation et leurs choix d’avenir.

Le dédoublement des classes se poursuit avec 4 700 classes supplémentaires concernées (3 200 classes de CP en REP+ et 1 500 classes de CE1 en REP+), en plus des 2 200 classes de CP en REP déjà dédoublées l’an dernier. 190 000 élèves bénéficient de ce dispositif, contre 60 000 l’an passé. Tous les départements, et notamment les départements ruraux, bénéficient dans le 1er degré d’un taux d’encadrement jamais atteint.

Les programmes ont été ajustés en français, en mathématiques et en éducation morale et civique, notamment pour améliorer la maîtrise des savoirs fondamentaux.

Des évaluations nationales des acquis auront lieu en septembre pour les classes de CP, de CE1 et de 6ème. Cette mesure permettra d'identifier plus précisément les difficultés des élèves, pour apporter au plus tôt les réponses pédagogiques personnalisées nécessaires.

20 000 élèves supplémentaires en situation de handicap devraient être accueillis cette année, soit la même augmentation que l’an passé. Pour les accueillir, plus de 3 500 accompagnants supplémentaires sont recrutés. Des mesures nourrient par l’ambition d’aboutir à une école 100 % inclusive en 2022.

Au collège, les enseignements sont enrichis :

  • 67% des collèges proposent une classe bilingue, contre 47% à la rentrée 2016.
  • L’enseignement du latin et du grec continue de se développer.
  • Les élèves pourront suivre un nouvel enseignement optionnel de chant choral. L’objectif est de parvenir à 1 million d’élèves qui chantent régulièrement.

Le dispositif "devoirs faits" est consolidé pour continuer de lutter contre l’inégalité devant le travail à la maison. Chaque établissement proposera au moins 4 heures par semaine à tous les élèves volontaires.

Les classes de 2nde engagent la transformation du baccalauréat et de la voie professionnelle.

L’ensemble des acteurs se mobilisent pour favoriser la sérénité des apprentissages, avec :

  • L’entrée en vigueur de la loi sur l’interdiction du téléphone portable à l’école et au collège.
  • La lutte contre le harcèlement en milieu scolaire qui se poursuit.
  • L’engagement déterminé du ministère pour le respect de la laïcité à l’école.

Le plan mercredi est mis en place pour que les communes volontaires puissent être accompagnées et soutenues par l’Etat pour proposer des activités de qualité le mercredi.
 

Les chiffres clefs de la rentrée 2018
12 402 900 écoliers, collégiens et lycéens.
881 440 enseignants.
62 250 établissements scolaires, dont 53 200 publics.

La dépense annuelle :
  • 6 300€ par élève du 1er degré
  • 8 580€ par collégien
  • 10 870€ par lycéen général et technologique, 12 380€ par lycéen professionnel"

Farid Zaidi, nouvel Inspecteur de l’Éducation Nationale sur Frontignan Littoral

Farid Zaidi a pris fonction sur la circonscription  Frontignan Littoral début septembre. Nouvel Inspecteur de l’Éducation Nationale dans le Département, il vient de Mende avec une spécialisation autour du traitement du handicap (ASH : Adaptation, et Scolarisation des Handicapés).

Sa circonscription comprend plus d’une trentaine d’écoles primaires (élémentaires et maternelles) réparties sur quatre secteurs de collèges sur Frontignan (Simone de Beauvoir et Les Deux Pins), ainsi que ceux de Poussan et de Loupian. Jeune inspecteur, accompagné de son équipe de circonscription, durant la semaine suivant la rentrée scolaire, il est allé à la rencontre de tous les enseignants de son secteur dans leurs écoles.

Farid Zaidi a suivi un cursus assez logique, ayant débuté dans l’enseignement en étant professeur d’anglais dans l’Académie de la Réunion, professeur des écoles, puis en se spécialisant (Segpa: section d’enseignement général et professionnel adapté et ULIS : unités localisées pour l’inclusion scolaire) avant de devenir formateur et conseiller pédagogique. Le concours des IEN lui tendait les bras, sa route était tracée.

« C’est l’École qui a fait de moi ce que je suis », précise-t-il.ienP1130927

Et si par rapport à la Lozère, le sud de l’Hérault en terme de territoire est différent, moins rural, ses missions sont les mêmes et les problématiques sont souvent identiques : en premier lieu il a pour souci, avec les enseignants, d’accompagner les élèves vers la réussite, mais pour lui, les responsabilités sont aussi nombreuses : formation des enseignants, gestion des ressources humaines, rendre l’école inclusive, prendre en compte les situations d’handicap…

« Les finalités sont les mêmes dans toutes les circonscriptions. »

Ce qui change,  c’est la concentration géographique avec un minimum d’urbain à Frontignan et un peu de ruralité pour les autres communes. Pour Farid Zaidi, c’est de toute façon  à L’École à s’adapter, sachant que les inscriptions des élèves sont conditionnées par la politique d’aménagement du territoire, et c’est cela qui en fait sa richesse : sur la circonscription Frontignan Littoral, 6000 élèves, 280 enseignants pour 260 classes, et 4 secteurs (cf collège) donc, une « belle circonscription avec des écoles majoritairement en bon état« .

« C’est une mission passionnante, que, dans un cadre légal, de tout mettre en œuvre pour faire réussir les élèves en réduisant le taux de sortie sans qualification. Nous devons donc réunir toutes les conditions pour les accueillir au mieux et les accompagner vers la réussite en s’appuyant sur leurs points d’appui pour les motiver. »

Et Monsieur l’Inspecteur rajoute : « Je suis pragmatique : au niveau pédagogique, je suis preneur de méthodes et d’expérimentations qui permettent cette réussite en relation tout de même avec la recherche au niveau pédagogique. Il faut aller dans le bon sens, en faisant confiance à l’intelligence des équipes qui doivent mettre en valeur les ressources du Ministère. Elles doivent trouver des leviers qui vont faire réussir leurs élèves tout en restant en loyauté avec les programmes, pour acquérir les compétences inscrites au socle commun. « 

D’ailleurs pour lui, le numérique à des fins pédagogiques peut être une aide, pour ceux qui ont des difficultés ou bien pour d’autres qui avancent plus vite que la moyenne.

Si le travail entrepris par son prédécesseur, Monsieur Filion, sera poursuivi dans le domaine scientifique, comme moyen de soutien, pour Farid Zaidi il y a nécessité de travailler avec les collèges par secteur (réseaux) pour développer des projets communs : « ceux de l’école du socle. »

De la même façon il serait bon de réfléchir sur des moyens  pour obtenir de meilleurs conditions de passage de la Grande Section au CP avec un accueil particulier et des modifications plus progressives.

« Pour mieux aider, il faut évaluer les compétences des élèves ce qui permet de remédier davantage les difficultés d’apprentissage, avec un plan (de remédiation) si nécessaire ou un plan particulier pour les très performants. »

Si lire, écrire, compter et respecter autrui restent les domaines majeurs à l’école, il y aura un focus particulier sur le CP ( 2 temps d’évaluations, le second mi-mars) et le CE1 ( 1 temps d’évaluations) avec retour aux enseignants respectivement de Grandes Sections et de CP pour faire évoluer les pratiques pédagogiques.

Sur la circonscription, toute les situations qui nécessitent un accompagnement humain ont trouvé une réponse positive  sachant que pour certains les dossiers sont en cours à la MDPH (La MDPH de l’Hérault (34) facilite les démarches des personnes handicapées).

A noter : quatre ULIS sur le secteur avec des coordonnateurs permettent d’assurer une inclusion scolaire locale et de s’occuper d’élèves en difficulté qui travaillent dans une classe « générale ».

Pour Monsieur l’Inspecteur, l’Éducation Nationale est là pour travailler avec les partenaires afin de trouver le parcours le plus pertinent pour chacun des élèves.

« C’est à l’École à s’adapter aux élèves et non l’inverse, c’est la philosophie de l’accueil de tous les élèves (loi de 2005), et il en est de même pour la société qui doit s’adapter aux citoyens. »

L'évaluation des acquis des élèves en CP

L'évaluation des acquis des élèves en CP : Les compétences des élèves de CP en français et en mathématiques sont évaluées dans le courant du mois de septembre puis de nouveau lors d'un point d'étape en février. Ainsi, chaque professeur dispose d'un bilan individuel pour chaque élève et adapte son enseignement.

Mon enfant au CP - Des repères pour la réussite - InfographieUn objectif : faciliter la personnalisation des enseignements

Indispensables à la réussite scolaire, la maîtrise de la langue française et les compétences mathématiques sont au cœur de tous les apprentissages. Cette évaluation met à jour les compétences déjà maîtrisées et celles qu'il est nécessaire de développer et renforcer. Le point d'étape permet d'apprécier la progression des élèves, dans certains domaines de la lecture, de l’écriture et de la numération.

Ce dispositif est un outil au service de l'enseignant afin qu’il puisse disposer pour chaque élève de points de repères fiables afin d’organiser son action pédagogique en conséquence. Il va lui permettre de compléter les informations qu'il a recueillies sur chacun de ses élèves à travers la synthèse des acquis de fin de grande section de maternelle. Le professeur de CP peut ainsi affiner sa connaissance des acquis de chacun de ses élèves, les prendre en compte pour orienter son enseignement et accompagner au mieux les apprentissages de tous, dès le début de l'année de CP.

En quoi consistent l'évaluation de début de CP et le point d'étape ?

Cette évaluation et le point d'étape sont obligatoires pour tous les élèves qui entrent au CP dans toutes les écoles de France, publiques et privées sous contrat. Elle se déroule en début d'année scolaire, dans la seconde quinzaine du mois de septembre, puis en février.

La saisie des réponses des élèves est réalisée au sein des écoles des élèves évalués.

L'évaluation prendra la forme de trois livrets d'exercices - deux en français et un en mathématiques - à remplir par l'élève. Des adaptations sont proposées pour les élèves en situation de handicap.

En français

Les élèves passent deux séquences de 20 minutes chacune en français, en septembre comme en février.

En français, les exercices ciblent spécifiquement des compétences cruciales pour l'apprentissage de la lecture :

  • connaissance des lettres
  • richesse du vocabulaire
  • conscience phonologique et phonémique
  • compréhension orale

En mathématiques

Les élèves passent une séquence de 20 minutes en mathématiques, en septembre comme en février.

En mathématiques, les exercices permettent d'évaluer les élèves sur les premières compétences relatives à la construction du nombre, aux premières capacités de calcul, en ciblant notamment le dénombrement, la décomposition d'un nombre, la connaissance de la ligne numérique.

Des bilans individuels pour chaque élève

Les parents d'élèves sont informés des résultats de leur enfant et de l'intérêt des informations que cette évaluation donne à l'enseignant pour mieux soutenir les apprentissages de chacun.

Les résultats individuels seront disponibles au seul niveau de l'école. Des résultats par école sont disponibles pour l'inspecteur de la circonscription, à des fins de pilotage de l'action pédagogique, de la formation et de l'accompagnement des enseignants de la circonscription.

 

La rentrée scolaire en musique

Le 3 septembre 2018, la rentrée scolaire a lieu "en musique" dans les écoles, les collèges et les lycées. Pour cette seconde édition, les élèves sont accueillis par des chants ou des concerts afin de commencer l’année sous le signe de la joie et de la sérénité. Le développement de la pratique collective de la musique est essentiel pour bâtir l'école de la confiance.

Il s'agit de proposer aux élèves, qui étaient déjà présents l'année précédente, d'accueillir leurs nouveaux camarades en musique, manière chaleureuse de leur souhaiter la bienvenue.

La chorale et/ou l'orchestre des écoles maternelles et primaires, du collège ou du lycée sont au cœur de l'organisation de cet événement. Les élèves et les parents musiciens sont aussi associés à ce temps fort de même que le milieu associatif et les collectivités locales. Cette opération se réalise en lien étroit avec le ministère de la culture de sorte que toutes les institutions culturelles pourront être sollicitées pour ce moment exceptionnel.

En 2018, les réseaux de l’éducation prioritaire bénéficient de l’accompagnement d’une marraine ou d'un parrain artiste.

Rentrée en musique 2018 : quelques événements emblématiques

Des artistes de renom sont mobilisés :

  • Renaud Capuçon au collège Jean Vigo à Épinay-sur-Seine. Retransmission sur Radio Classique.
  • Philippe Jaroussky, école Paul Eluard du Blanc-Mesnil. Retransmission sur France Musique.

Des formations musicales se produisent :

  • Le Quatuor Arod au collège Izzo à Marseille
  • Talens Lyriques à Alfortville dans le Val-de-Marne
  • Quatuor Tchalik à Evreux dans l'Eure
  • Catherine Séon à La Ricamarie dans la Loire

Des compositeurs de musique interviennent :

  • Dominique Lemaitre à Fécamp en Seine-Maritime
  • Pablo Pico, compositeur de la musique du film d'animation "Adama, le Monde des souffles" à Mainvilliers en Eure-et-Loir
  • Thierry Machuel Equinoxe à Chateauroux dans l'Indre

Du jazz

  • Macha Gharibian à Fontenay-sous-Bois dans le Val-de-Marne
  • François Thullier et l'Orchestre Elephant Tiuba Horde à Thouars dans les Deux-Sèvres

 

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Quand lecture rime avec culture

 par  Marie-Joëlle Bouchard

Depuis quelques années, les différentes enquêtes PISA montrent que si la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE et que si son école est efficace pour une grande majorité de ses élèves, près de 20% d’entre eux cumulent des difficultés, notamment en lecture et en compréhension de l’écrit. Cette enquête révèle, de plus, que le milieu social dont les élèves sont issus conditionne de plus en plus leur réussite scolaire et que les inégalités, à l’école, se creusent.

Personnes, Père, L'Homme, Lecture, Livre

Livres, Garçons, Forêt, Parc, Millésime

 

 Ce sont ces 20% d’élèves qui sont en difficulté dès le CP et tout au long de leur scolarité obligatoire, qui sont peu nombreux à poursuivre des études dans de bonnes conditions, qui ne possèdent pas les compétences leur permettant de participer de manière efficace à la vie en société. Ce sont des jeunes qui ont peu de chance de devenir de grands lecteurs, éprouvant du plaisir à lire, fréquentant les lieux de culture et développant des connaissances et des capacités par ce biais.

L’annonce de mesures pour développer la lecture en France m’amène à vous faire part de mon expérience en la matière. J’ai été confrontée à ces problèmes de lecture, au début des années 1980, lorsque j’ai été nommée directrice d’une école maternelle, dans une ville de la banlieue du sud-est de Lyon, en charge d’une classe de Grande Section. Sachant que dans les années précédant ma nomination, 20 à 25% des enfants de cette école redoublaient le Cours Préparatoire et voyant que cela touchait les enfants de milieux socio-culturels défavorisés, pour chercher à y remédier, je me suis posé plusieurs questions.

 Quels sont les enfants qui, a contrario, n’ont pas ou peu de problème d’acquisition de lecture et de compréhension de l’écrit ?

 Ce sont des enfants :

  • qui ont un bon niveau de langage, qui s’expriment aisément, qui utilisent un langage qui n’est pas seulement utilitaire mais aussi un langage d’explication, d’évocation…
  • qui ont été familiarisés très tôt avec les livres, avec le langage de l’écrit grâce à de nombreuses histoires lues en famille
  • qui ont l’habitude de parler, de poser des questions, d’émettre un avis…
  • qui ont obtenu des réponses à leur questionnement, notamment concernant les histoires : le fond (le sens) et la forme (les mots et leurs éléments constitutifs)

 Ce sont des enfants :

  • pour qui l’écrit n’est pas seulement un objet d’apprentissage mais un objet de plaisir et même de plaisir partagé
  • pour qui l’écrit n’est pas abstrait mais porteur de sens
  • pour qui l’écrit est un « objet d’étude » (métalangage)
  • qui bénéficient de stimulations intellectuelles ; ils ont eu très tôt des jeux éducatifs, ils utilisent un ordinateur…"

 En résumé : ce sont des enfants qui ont une bonne maîtrise de la langue ; qui n’ont pas peur de prendre la parole ; qui sont à l’aise dans l’univers des livres et de l’écrit ; qui comprennent ce qui leur est dit, demandé ou lu ; qui ont des connaissances concernant le code alphabétique avant même l’apprentissage systématique en école élémentaire ; qui ont acquis des compétences lorsqu’ils ont appris à parler et les ont transférées à la compréhension de l’écrit…

 Ce sont des enfants de milieu social et culturel dit favorisé, ayant des parents « éclairés », attentifs à leur éveil et à leur développement langagier et culturel, dès leur plus jeune âge.

Comment pallier les manques et procurer à tous ce qui n’est donné qu’à certains ?

 "C’est dès le plus jeune âge qu’il faut combattre les inégalités. Par conséquent, l’école maternelle a un rôle important à jouer. C’est là, dès la Petite Section, qu’il faut mettre en place des situations analogues à celles qui sont naturelles dans la plupart des familles."

" Dans le livre que j’ai publié en 1991 intitulé « Apprendre à lire comme on apprend à parler » (Hachette Education – Pédagogie pour demain), il était question du plaisir que procure aux enfants de 5-6 ans, en Grande Section, l’entrée dans le monde des livres et des histoires ; le plaisir de parler sur les images, les textes et les mots ; celui de percer le mystère des signes écrits."

 Ce livre décrivait la découverte par les enfants, à travers les mots, des fonctions et du fonctionnement de notre système de lecture-écriture,et leur progression en six étapes dans cette connaissance du code alphabétique, grâce aux situations de lecture-écriture mises en place. Il abordait la manière de développer le langage oral en même temps que la compréhension du langage écrit.

 A savoir : 

  • Développer le langage oral en faisant s’exprimer les enfants sur les images des livres vus (les albums illustrés), sur les textes et les mots des histoires lues. Ce qui permet de développer un langage riche, de travailler ensemble sur le déroulement, sur la construction et sur la compréhension des histoires ; de mettre en relation les personnages, les actions, les lieux, les situations, les événements, les sentiments… De procéder ensemble à l’« analyse » des textes et des mots tant sur le fond (le sens) que sur la forme (les éléments du code écrit : lettres, syllabes et sons)
  • Lire de nombreuses histoires et contes en les faisant participer activement à leur compréhension
  • Les faire se poser des questions et chercher ensemble à y répondre
  • Partir de mots écrits représentant des personnes ou personnages importants affectivement pour eux (les prénoms de l’ensemble du groupe, les noms des personnages d‘histoires lues…)
  • Pratiquer des jeux de lecture : jeux d’identification, de discrimination de ces mots en procédant par comparaison, analogie, déduction… et des jeux d’écriture, de manipulations d’étiquettes (de mots, de lettres, de syllabes...)
  • Faire acquérir la lecture grâce à un apprentissage en groupe où tous s’expriment, s’écoutent et collaborent activement à la recherche commune, tant sur le code que sur la compréhension. Chercher et trouver ensemble peut devenir ainsi pour tous un plaisir, sans jugement de valeur.
  • Proposer des jeux de société, des jeux éducatifs, des jeux de mémoire (visuelle et auditive), à base de cartes comportant dessins et mots écrits correspondants.

 Ce sont toutes ces préconisations qu’il faut suivre à la fois à l’école et même hors de l’école ce qui demande d’avoir une conception générale de la lecture : 

 On peut considérer qu’en fonction de l’idée que l’on se fait de l’écrit, on privilégie une conception plutôt qu’une autre de la lecture et de son acquisition.
En général on conçoit l’écrit comme un code de transcription des unités sonores du langage, et donc l’apprentissage de la lecture comme une technique combinatoire à acquérir, à partir des correspondances phonèmes-graphèmes. Cet apprentissage systématique devant conduire à un déchiffrage et à une compréhension automatique.
Une autre conception peut être envisagée, où l’écrit est considéré comme une représentation mentale du langage.
Or ces deux conceptions sont à prendre en compte si l’on veut développer en même temps le déchiffrage et la compréhension.

Il s’agit de travailler simultanément sur la compréhension des mots et des textes lus, et sur la découverte du code alphabétique dès l’entrée à l’école maternelle. L’important est le plaisir que procurent la lecture et la compréhension des histoires, en même temps que le développement de compétences langagières, intellectuelles et culturelles nécessaires à cette compréhension. La découverte du fonctionnement du code alphabétique peut se faire très progressivement, à partir de l’analyse visuelle puis auditive de mots importants pour les enfants. Cette phase d’ « analyse », qui fait prendre conscience des différents éléments constitutifs des mots et de leur organisation, en maternelle, se poursuit par la phase de « synthèse » en élémentaire.

 Ce qui demande d’entrer, dès le début, dans la complexité de la lecture et de mener cette acquisition sur un temps long et donc au-delà du temps scolaire et en dehors du seul lieu que représente l’école.

 Marie-Joëlle Bouchard,
directrice d'école honoraire, auteure de

  • Apprendre à lire comme on apprend à parler" - HACHETTE Education, Pédagogies pour demain - 1991
  • L’apprentissage de la lecture, une nécessité constante, une recherche permanente » CRDP de Lyon - 1987.

Le supérieur devient un enseignement de masse.

Avec l’importance croissante de l’immatériel et de la technologie, la matière grise est devenue plus importante que la matière. Le savoir-faire et la capacité à innover sont à présent les facteurs clés de la compétitivité économique. Pour réussir, les entreprises doivent investir sur les compétences. Le diplôme constitue la base pour s’insérer sur le marché du travail. Les meilleurs emplois sont réservés aux plus instruits.
La demande étant forte, le nombre d’étudiants explose dans l'enseignement supérieur. Ils sont à présent 200 millions dans le monde. De plus en plus de jeunes poursuivent leurs études. Le nombre de diplômés de l’enseignement supérieur, dans la tranche d’âge 25-34 ans, atteint par exemple 70% en Corée du sud, 60% au Canada et au Japon, entre 40 et 50% aux Etats-Unis et dans la plupart des pays européens et il dépasse les 20% dans pratiquement tous les autres pays de l’OCDE.

En Chine, à la fin du siècle dernier, l’enseignement supérieur était réservé à une infime minorité de la population. En quelques décennies le pays est en train de rattraper son retard. Quelque 8 millions de diplômés sortent à présent des universités chinoises, dix fois plus qu’il y a vingt ans et deux fois plus qu’aux Etats-Unis. L’augmentation est particulièrement spectaculaire dans le secteur des technologies avec la création de dizaines d’écoles d’ingénieurs et, dans une moindre mesure, dans les domaines des lettres et du droit. L’investissement massif dans l’éducation supérieur et les priorités retenues illustrent la volonté de Pékin d’encourager les évolutions industrielles vers les secteurs de pointe et d’accroître l’influence chinoise dans le monde.

En savoir plus sur : http://futuroscopie.org/index.php/societe/education-1/153-l-enseignement-superieur-devient-un-enseignement-de-masse

L'instruction est stratégique

Article reproduit avec l'aimable autorisation de Jacques Carles (futuroscopie.org)

L’éducation et l’instruction sont des paramètres essentiels qui conditionnent les performances économiques et la richesse d’une nation. Il suffit pour s’en convaincre de constater la relation entre le nombre d’années d’étude et le PIB par personne illustrée par le graphique ci-dessous qui donne le PIB par personne selon la durée moyenne de scolarité dans quelques pays représentatifs.

 

PIB per capita
(en parité de pouvoir d’achat exprimés en milliers de dollars US) [1]

 

La qualité de l’instruction est aussi évidemment cruciale pour la compétitivité d’un pays comme le montre le lien entre le PIB par personne et le score obtenu par les élèves en fin de scolarité obligatoire aux tests du Programme international pour le suivi des acquis des élèves, connu sous l’acronyme anglais PISA [2]. Ces évaluations sont réalisées tous les trois ans par l’OCDE dans quelque 70 pays.

 

PIB per capita
(en parité de pouvoir d’achat exprimés en milliers de dollars US) [3]

Tous les pays ont aujourd’hui compris l’importance de l’enseignement pour leur avenir. Selon les Nations-Unies, l’analphabétisme sera éradiqué partout dans le monde d’ici 2050. Tous les enfants de la planète bénéficieront alors au minimum d’un enseignement de niveau primaire et plus de la moitié d’entre eux auront également la possibilité de poursuivre des études de niveau secondaire. Enfin, dès à présent, de très nombreux pays, en particulier en Asie, investissent dans l’enseignement supérieur.

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[1] Sources des données : Banque mondiale pour les PIB et UNESCO pour les années d’études – dernière année connue en valeurs 2016.
[2] PISA : Programme for International Student Assessment
[3] Sources des données : Banque mondiale pour les PIB et OCDE pour les scores PISA (2015)