Histoire de Sète

La Grande Place

Au cœur de l’Avenue Victor Hugo, face au Théâtre, la Grande Place est devenue en 1985 la Place Stalingrad. Le Musée et l’École de Commerce y étaient installés avant de devenir l’École Victor Hugo.

Le Kursaal, première plage de Sète

 

Ce fut la première plage sétoise. Il suffisait de traverser le pont de la Victoire et on était sur une vaste plage nommée du "Kursaal" car s’y trouvait le premier Casino à peu près à l'emplacement de la gare maritime actuelle. L’eau y était peu profonde ce qui était parfait pour les enfants et aussi pour les adultes dont peu savaient nager. Tout cela a disparu remplacé par les infrastructures portuaires érigés dans les années 60.

Le premier Casino qui brula en 1910


le Kursal en 1930

Le Kursaal vu de la Tourette                                                                     la plage

Cochers

Les fiacres alignés devant la Gare; on voyageait beaucoup par le train autrefois et il y avait peu d'automobiles...On rentrait chez soi par le tramway ou les fiacres. C'était la belle époque...

L’accident de Paul Reynaud à La Peyrade

En 1940, Paul Reynaud fut victime d’un accident automobile, dans la traversée de La Peyrade, entre Frontignan et Sète, au niveau de son groupe scolaire et devant la maison du docteur Dollar.
Il en sortit avec des blessures légères que l’on soigna au Lazaret catholique de Sète, mais sa maitresse, la comtesse Hélène de Portes, avec qui il avait prévu de se marier, fut tuée sur le coup dans l’accident, la tête à moitié arrachée. La légende, quelque peu romantique, veut qu’il ait fait mouler dans le plâtre l’empreinte d’une main et… d’un des seins de la défunte.

La comtesse de Portes, d’origine marseillaise, née Hélène Rebuffel, dans une famille de la grande bourgeoisie, avait été mariée avec le comte Henri de Portes dont elle s’était séparée après lui avoir donné deux enfants. Elle s’était installée avec Paul Reynaud, également divorcé, son aîné de 24 ans, et l’avait suivi à Bordeaux où le gouvernement s’était replié après l’entrée des troupes allemandes à Paris dès le 14 juin. On la disait favorable à l’armistice, et son entourage spéculait sur l’influence qu’elle aurait exercée sur Paul Reynaud. En 1964, le général de Gaulle déclara sans ménagement au journaliste-historien Henri Amouroux : « C’était une dinde, comme toutes les femmes qui font de la politique », confortant l’idée qu’elle refusait une alliance avec les Anglais et souhaitait une paix séparée avec l’Allemagne. De Gaulle ne l’aimait manifestement pas et cette animosité était partagée. Winston Churchill, lui, la surnommait « le perroquet ». Bien plus tard, Jean-Jacques Servan-Schreiber la taxa d’agent nazi et prétendit que la voiture qui les transportait était bourrée de lingots d’or acquis illégalement, ce qui lui valut une condamnation après un procès intenté par ses ayants droit.

La vraie histoire d’Exodus à Sète en 1947

 

Le 11 juillet 1947, un bâtiment battant pavillon panaméen quitte le port de Sète à destination de la Colombie. Les 4.500 passagers émigrants que le cargo transporte sont censés être tous en règle avec des passeports visés. En réalité, ils ne le sont pas. Ainsi, le mardi 22 juillet dans l’après-midi, l’ambassade de Paris en Colombie fait savoir que les visas présentés aux autorités françaises par les émigrants ont été délivrés à son insu et sans l’accord préalable du ministre des Affaires étrangères de Bogota. De toute façon, à cette date, la vérification de la situation légale des passagers n’est plus possible. Ainsi, le journal Le Monde révèle que les passagers de l’Exodus ont fait disparaître leurs papiers dès le début de l’embarquement.
Ike Aronowicz est le capitaine de l’Exodus. Yossi Harel, né Yossef Hamburger, plus connu, en est le commandant « politique ».

Plaque posée sur le môle de Sète en 1982
pour rappeler le départ de Sète en 1947 de l’
Exodus 47 vers la Palestine

La genèse de l’opération

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de Juifs déplacés attendent dans les camps en Allemagne, en Autriche et en Italie. Parmi eux, des rescapés et des survivants de la Shoah qui ne veulent ou ne peuvent retourner dans leur pays d’origine. Ces camps de «personnes déplacées» sont administrés par les Alliés et l’UNRRA (l’Administration des Nations unies pour le secours et la reconstruction). L’organisation juive américaine American Jewish Joint Distribution Committee fournit de la nourriture et des vêtements aux Juifs qui attendent dans ces camps de pouvoir émigrer quelque part8. En 1945, les Alliés rapatrient plus de six millions de personnes déplacées pendant la guerre. Parmi elles, entre un million et demi et deux millions de Juifs refusent de retourner dans leur pays d’origine. Ils ont tout perdu pendant la Shoah : leur famille, mais aussi leurs biens matériels. Dans le cas des déportés, ils doivent aussi réapprendre à vivre une « vie normale » dans une société civile qui les a exclus quelques années auparavant. C’est donc pour ces raisons que de nombreux Juifs veulent quitter l’Europe8.

À la fin des années 1930, la population juive de Palestine représente 30 % de la population totale du pays9. Depuis 1934, une nouvelle forme d’immigration permet aux Juifs du monde entier de rejoindre la Terre promise ; une immigration clandestine mais pas illégale. Ce mouvement existe depuis la fin du xixe siècle mais s’est renforcé avec l’arrivée d’Hitler au pouvoir. En 1934, une première tentative d’exode a lieu, avec le navire grec Vellos, transportant 350 clandestins. En 1938, la Haganah forme un département d’immigration clandestine, le Mossad Aliyah Bet, avec à sa tête Saul Meyerov11. Au cours des années 1939 et 1940, différents voyages sont entrepris mais les expériences se finissent souvent mal.

À la fin de l’année 1946, le bateau Ulua est un des premiers bateaux clandestins à réussir à rejoindre la Palestine..

La mortelle Trombe de 1844

Durant le récent épisode pluvio-orageux siterrible pour l’Hérault et le Gard, S§te a échappé au pire.  Dimanche 12 Octobre, on a pu toutefois observer une trombe marine devant la plage des Quilles, heureusement sans conséquence. Il n’en fut pas de même le 22 Octobre 1844 où une trombe électrique s’abattit sur Cette, causant la mort de 20 habitants, engloutissant 6 navires et en endommageant bien d’autres.  200 maisons furent lézardées et endommagées.
Dans le dernier bulletin de la Société d’Etudes historiques de S§te et sa région, l’érudite Florence Malachane, attachée aux Archives municipales, a rédigé un dossier complet et précis sur cette catastrophe. A lire dans ce Bulletin, par ailleurs riche de nombreux articles sur le passé de Sète, tous passionnants.

L’hécatombe de 14-18

Il y a 100 ans, la première Guerre Mondiale éclate.  Environ 60 000 Héraultais ont été mobilisés, 20 000 ont réintégré leurs foyers, malades, gazés ou blessés.
Plus de 10 623 Héraultais meurent au Champ d'Honneur. Ils sont recensés sur le site Internet Mémoire des Hommes. Un travail d’historien réalisé par Laurent Virenque.

Pour diverses raisons, Les Héraultais "Morts pour la France" n'ont pas tous leurs noms  gravés sur les monuments ou plaques commémoratives de leurs communes de naissance.
Il faut préciser que les monuments aux morts des communes du département présentent les noms des Poilus, morts pendant et après le conflit, natifs ou d'adoption.
L'Intérêt de ce travail de mémoire est de pouvoir actualiser la "liste" de chaque commune du département de l'Hérault. 

Justinien René DUVAL, né le 8 juillet 1898 à Montpellier, est le plus jeune Héraultais "Mort pour la France". Sergent au 9ème Régiment de Zouaves, Il est tué à l'âge de 17 ans et 3 mois, le 8 octobre 1915 à l'Ouvrage de la défaite dans la Marne.

 1123 sétois morts au combat

804 noms de Cettois "Morts pour la France" sont gravés dans le marbre du Tableau d'Honneur qui a pris place dans l'Hôtel de Ville. Cette « liste » n'est pas complète. Les recherches effectuées ont permis d'établir que 1123 Cettois, de naissance ou d'adoption, sont morts pour la défense de la Patrie.
Nos Héros, étaient jeunes et moins jeunes, célibataires, mariés, pères de famille. Ils étaient les forces vives de notre cité : journaliers, marins, pêcheurs, portefaix, calfats, commerçants, enseignants, étudiants, employés, malades, prêtre et même délinquants.
Ils n'étaient pas "embusqués", pas tous décorés et pas tous honorés, mais tous sont "Morts pour la France" en faisant honneur à Cette.
Pour la commémoration du 100ème anniversaire de la Grande Guerre, la Ville de Sète rend hommage à ses "Glorieux combattants".

Sète 1944 : vengeance allemande

Contraints d’abandonner leurs positions sur Sète après le débarquement en Normandie, les allemands ont fait sauter une partie de la ville et du port. Les destructions furent gigantesques et il faudra des années pour tout reconstruire.

 

-Le Mole dévasté

 

-La Grand Rue au dessus de la Marine

 

-le pont de la Civette a disparu et la rue Nationale (actuelle rue Euzet) saccagée

 

Les ponts furent les cibles privilégiées des nazis

Paul Valery à Sète

C’était le 13 juillet 1935 :répondant à l’invittation de ses amis sétois, Paul Valéry est revenu à Sète. Après avoir été reçu en Mairie, il a gagnéle Collège où il fit toutes ses études. En costume d’académicien, le poète fut accueilli par les élèves et leurs professeurs sans la grande cour du Bahut. Puis, il prononça un discours, tappelant sa jeunesse et vantant l’importance des études littéraires.

 

-Valery lors de sa réception à l’Académie Française

 

La maison natale de Paul Valery, située au bas de la rampe de la Marine, et qui fut détruite par les allemands en 1945.

La Begum sétoise

Née à Sète en 1906, fille d'un conducteur de tramway et d'une couturière installés dans la Grand-Rue, Yvonne Labrousse, changea son prénom en Yvette en étant élue Miss France en 1924. Sa beauté la fit remarquer par le richissime Aga Khab qui l'épousa en 1926.
En 1959, invitée par municipalité de Gaston Escarguel, elle revint à Sète, retrouvant les lieux de sa jeunesse.
Elle est décédée en 2000 dans sa somptueuse villa de la Cote d'Azur où elle avait reçu en 1958 les jouteurs de la Lance Sportive venus jouter à Monaco.

Cette en 1774

Le plan de la ville et du port de Cette en 1774 selon J. Jefferys (source : musée Paul Valéry de Sète)

Sète la Singulière
par Louis Bernard Robitaille

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon

Ouvrage sur l'histoire de Sète

Sète la Singulière

« Île singulière » a écrit Paul Valéry de sa ville natale. Pendant des siècles, Sète resta un territoire vierge, une boule de calcaire couverte de pins et entourée de sables marécageux, qui servait de refuge aux pêcheurs et aux corsaires. Son accès y était malaisé, par terre ou par mer. Il fallut la décision de Louis XIV et de grands travaux d'aménagement pour que soit créé de toutes pièces en juillet 1666 ce nouveau port de mer qui avait vocation à desservir les États de Languedoc. Mais la seconde et véritable naissance de la ville date de l arrivée du chemin de fer en 1839 qui la reliait enfin au reste du pays. La population et l'activité portuaire grimpèrent en flèche en quelques décennies. La vraie nature de Sète qu on appela généralement Cette jusqu en janvier 1928 est donc celle d'une ville du 19e siècle. Une ville de canaux et d'îlots artificiels reliés par ses ponts de pierre ou de métal. Un port de commerce où venaient s'amarrer de grands voiliers puis des cargos venus du monde entier. La bourgeoisie se composait de grands négociants souvent protestants et originaires du nord de l'Europe. Sa tonnellerie, qui employa jusqu à mille artisans à la fin du 19e siècle, fut la plus importante au monde. Ville de dockers et de commerçants, Sète fut et resta une ville fiévreuse, traversée par les passions politiques et l'effervescence d'une vraie culture populaire qui s'exprimait au théâtre de la Grand Rue ou au travers de la littérature de « baraquette  ». » Amazon