courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs

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Réaction à l'édito :Du "low cost" au local

A propos de l'édito de Thau-infos : Du "low cost" au local

"..pour ce que nous avons pu en voir, le tourisme à l'échelon du monde est effectivement un tourisme de carte postale qui, la plupart du temps, n'est réellement profitable qu'aux gens qui l'organisent; les populations des pays visités ne récoltent que les miettes qu'on veut bien leur laisser, les obligeant à se comporter de façon parfois dégradante pour gagner un peu de l'argent dont ils ont les détenteurs devant eux. Tourisme encadré, touristes assistés et sans initiatives, contacts avec les populations strictement ordonnancé. La vertu première du voyage est pourtant de partager avec des cultures différentes, ce que nous avons toujours privilégié.
En ce qui concerne la promotion du tourisme local OK. Mais faciliter notamment la pénétration des milieux naturels amènera forcément à mettre en place un encadrement des individus: le naturaliste, par essence solitaire,  sera le perdant car il sera en butte aux interdits iés aux zones protégées: la réserve du Bagnas en est l'illustration, qui ne peut être investie qu'en groupe encadré."  - Jean-Marie Spaeth (Sète)


Platanes de l'esplanade à Sète

Étonné de l'absence  de réaction à l'annonce du prochain abattage des platanes place du 8 Mai 1945.

A-t-on vraiment réfléchit aux conséquences ? Une étude sérieuse a t-elle été diligentée ?qui a pris la décision ?
Des études ont montré que des traitements  sont possibles et  de nombreuses municipalités ont renoncent désormais  à l'abattage systématique .
 Qu'attendons-nous pour réagir ?

Yves Faurie.

Eau potable et assainissement

USAGERS ET CONTRIBUABLES SETOIS : PAYEURS DE LA MARCHANDISATION DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT DES EAUX USEES.

A grand renfort de publicité, la Société d’Economie Mixte à Opération Unique (SEMOP)  de l’eau potable a été présentée par les élus majoritaires de la commune de Sète comme un renouveau dans les pratiques anciennes régissant les délégations de service public.Société au caractère commercial, la SEMOP ne remet aucunement en cause la marchandisation de l’eau potable, bien universel et vital pour tous les terriens.

Aujourd’hui comme hier, ce partenariat déséquilibré public/privé accentue la démarche financière des grands groupes du secteur de l’eau potable et de l’assainissement.

Nous savions que dans le cas présent et après un audit défavorable réalisé par le cabinet ESPELIA, VEOLIA avait peu de chance d’être reconduit après 30 années d’une gestion critiquable et qu’une nouvelle ère pouvait enfin s’ouvrir pour la collectivité grâce à une régie publique.

Malheureusement, le choix des élus majoritaires Sétois a confirmé non seulement le secteur  privé en l’occurrence SUEZ mais permet à celui-ci de pouvoir compter sur les deniers publics en cas de difficultés.

Ainsi, alors que l’acte concessif (concession de service public) est normalement attaché au risque encouru par l’entreprise privée, on constate que la SEMOP Sétoise est quasiment « montée » au niveau des investissements par des souscriptions d’emprunts auprès d’établissements bancaires privées, avec une garantie de la commune de Sète de l’ordre de 40%, c'est-à-dire que si les « affaires vont mal », le contribuable paiera.

Pour l’usager Sétois, l’année 2017 s’annonce difficile car si le prix de l’eau potable va baisser de 9,95%, il reste le reliquat de l’augmentation de 15% en 2016 et l’augmentation de l’assainissement au 1er janvier 2017 de 9,57% en moyenne pour les communes raccordées à la station d’épuration des eaux blanches.

Que dire de la SEMOP, au regard par exemple de la future gestion du Syndicat d’Adduction d’Eau Potable de Frontignan où lors d’une réunion publique le cabinet ESPELIA a balayé d’un revers de main cette possibilité de gestion trop fragile avec un manque évident de retours d’expériences.

Dans ces conditions la meilleure option était la régie publique à autonomie financière et dotée de la personnalité morale de droit public qui assurait l’emploi des anciens salariés de VEOLIA, qui permettait des choix clairs de gestion et d’investissements tout en garantissant une tarification juste et équilibrée pour les usagers.

Maintenant, une nouvelle campagne s’engage pour la création d’une régie publique de l’eau potable et de l’assainissement pour les communes du Bassin de Thau au sein de la nouvelle agglomération, le nouvel exécutif intercommunal ne pourra ignorer les attentes et besoins des citoyennes et citoyens.

Pour le Comité des Usagers du Bassin de Thau du Cycle de l’Eau
Le Président
Henri LOISON

Réaction à l'édito : Les treize desserts

A propos de l'édito "Les treize desserts"
par Maurice Bouchard

 « La » classe moyenne existe-t-elle ? Ne s’agit-il pas plutôt « des » classes moyennes, groupe social dont les critères de définition sont difficiles à déterminer (niveau de revenu, de patrimoine, place dans les hiérarchies… ?). N’est-ce pas plutôt le sentiment d’appartenance, ou le désir d’appartenance, à ce qui ressemble à une « petite bourgeoisie » qui rassemble des groupes assez divers, dont certains sont proches des classes supérieures (les CSP+) et d’autres craignent de « tomber » dans les classes populaires (dont la définition est d’ailleurs aussi vague).

On a cru effectivement, au cours des Trente Glorieuses, qu’une forme de progrès tirait l’ensemble de la population vers le haut en lui permettant d’accéder à des biens matériels et à des modes de vie réservés auparavant aux plus aisés. On a cru aussi que ce progrès serait continu et que la pauvreté disparaîtrait.

On n’a pas vraiment compris à ce moment qu’il ne s’agissait que de l’effet du démarrage de la société de consommation qui, si elle apporte sans doute des bienfaits à court terme, mérite que l’on réfléchisse à la manière dont elle évolue.

On n’a pas non plus compris que le seul progrès matériel était insuffisant et qu’il fallait faire un effort beaucoup plus important dans le domaine culturel pour lequel, si l’on a consenti des efforts financiers importants (éducation, culture, arts…), on n’a pas suffisamment approfondi le sens qu’il devait avoir.

C’est ainsi que les plus perspicaces ont pu dire, dès les années 1960, que « la deuxième moitié du XXème siècle sera dominée par les classes moyennes dont la caractéristique principale sera le néant idéologique ».

Que faire, sinon rechercher le rapprochement entre les classes moyennes et les catégories populaires au lieu d’exacerber les compétitions de toutes sortes qui les divisent ? Et le seul domaine où l’accord semble possible pourrait être le domaine culturel, non pas pour imposer les pratiques culturelles des unes aux autres, mais pour chercher ce qui est commun à tous. Le monde associatif, riche et divers, pourrait être, entre autres, le moteur de ce processus.

Maurice Bouchard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Le jour d'après

L’espoir peut conduire soit à mettre en accord ses convictions avec un projet de vie en société, soit à renoncer à ses convictions avec un projet d’isolement. Pour sortir de son mal-être, on peut s’affirmer ou se renier. A la démocratie d’en décider.
Les Etats-Unis ont fait le choix de l’exclusion.
Comme toujours, lorsque le pouvoir ne suscite ni envie, ni enthousiasme, le peuple se tourne vers celui qui flatte ses ressentiments, épouse ses aversions et lui offre des solutions simples. Celui ou celle que le peuple choisit fait preuve de tous les excès possibles de vocabulaire et de comportement. C’est ainsi qu’on le veut.
Se montrer vulgaire, outrancier, cynique, calomnieux ou injurieux n’a plus rien de choquant ou d’inapproprié. Promettre l’impossible devient possible. Flirter avec la bassesse devient de la franchise. Railler les imperfections de l’autre devient de l’humour. Le mal devient le bien. Les valeurs sont inversées. Le peuple en a ainsi décidé.
L’homme providentiel – il en est de même pour la femme – Messie sorti du caniveau, est intouchable.
Le phénomène qui lui permet d’être « celui qui doit être là au bon moment » n’est pas un phénomène spontané. C’est un phénomène à évolution lente dont les prémices se révèlent dans l’expression des humoristes et des cinéastes. Lorsqu’est écartée la finesse de la suggestion au profit de la vulgarité et de la description obscène, le peuple, libre des entraves que lui imposaient la vie en société, est prêt à faire confiance à celui ou à celle qui parle un langage sans fard, décrété être celui de la vérité.
Au tréfonds de chacun de nous existe ce sentiment qu’il faut, à un moment donné, laisser se manifester nos tendances profondes. On est alors prêt de confondre franchise et brutalité.
Lorsque l’évolution de la société en est à ce point, le peuple est mûr pour s’offrir le veau d’or qu’il convoite secrètement. Et puisque la démocratie lui en donne une superbe occasion, il ne s’en prive pas.
Malheur à celui ou à celle qui, dans ce maelstrom des moeurs, s’en tient à la sagesse, à la raison, au tact, à l’urbanité, à la politesse et au respect de l’autre. Il n’y a apparemment pas de place pour lui.
Sauf que tout cela n’est qu’un rêve pour les uns, un cauchemar pour les autres, le fruit d’une imagination sans autre fondement que les fantasmes provoqués par la déception.
Même s’il est bien réel, le résultat de ces fantasmes, n’a aucune chance d’offrir le résultat escompté. Sous prétexte de déception, on ne saurait adopter la brutalité, le rejet, l’exclusion comme modèles de vie en société et renoncer au progrès majeur de civilisation que l’humanité a mis des siècles à accomplir : la tolérance, l’humanisme, le respect des autres.
C’est une tentation courante, depuis la nuit des temps.
Certains régimes ont proposé cette alternative vicieuse. Avec l’assentiment du peuple, ils ont fait illusion puis se sont effondrés en ne laissant derrière eux que des ruines.
La France est confrontée à ce choix. Elle peut céder au pire. Elle doit savoir ce qui l’attend. Celui qui accepte de jeter à bas tout ce qui a fait sa culture, son éducation, sa tradition, ses principes et ses valeurs, s’expose à un avenir pire que celui qu’il voulait éviter. Il n’y a pas d’exception.
Encore faut-il que l’on offre au peuple rongé par le ressentiment, l’aigreur et la vindicte, un discours d’espoir dans le respect à la place du discours d’espoir dans le mépris.
Pour l’instant c’est le discours de mépris qui crée l’espoir. Et s’il n’y a pas d’alternative au mépris pour susciter l’espoir, ce sera la négation de notre idéal.
Il ne nous restera alors que les regrets de l’abstention ou le remords de la mauvaise action.

Yves Marchand
Avocat Honoraire
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Réaction à l'édito

 


J'étais un étranger et vous m'avez accueilli.
Evangile selon saint Matthieu - Chapitre 25

Le démantèlement de la Jungle de Calais est en cours. 207 migrants doivent être pris en charge par l’Hérault. Pour un département qui compte 1,1 million d’habitants et 343 communes, cela correspond à 0,02% de sa population et moins de 1 migrant par commune.
N’allons donc pas dans le sens du vent xénophobe et des discours démagogiques de ceux qui, par intérêts électoraux, attisent les peurs irrationnelles.

Chaque personne appartient à l’humanité et nous ne pouvons que respecter sa quête d’un avenir meilleur. Nous avons su dans un passé pas si lointain accueillir des vagues bien plus importantes de déracinés (1) : arméniens, italiens, espagnols, pieds noirs pour ne citer que les plus récents. Chaque vague s’est révélée une richesse pour notre région.

Le malheur c’est que les migrants, en grande majorité, ne rêvent plus de France mais de Grande-Bretagne, un pays, paradoxalement, où les sentiments xénophobes de la population sont majoritaires comme l’illustre le vote des britanniques pour le Brexit.
Dans ces conditions la jungle de Calais démantelée une autre se reformera à plus ou moins brève échéance.

Le problème n’est donc pas l’absorption des migrants de la jungle de Calais par les régions de France. Le problème c’est l’égoïsme de l’Angleterre sans aucune considération pour les drames humains qui se vivent sur la rive continentale de la Manche.
La France ne doit donc pas être faible face à son voisin anglais. Elle ne doit plus accepter de gérer ses frontières à sa place. Elle doit l’obliger d’assumer ses responsabilités.

Au niveau européen et à l’ONU, la France patrie des droits de l’homme, doit œuvrer activement pour trouver une réponse collective à la crise des migrants et aux causes qui la génèrent. Ce n’est pas en parquant ceux qui fuient la misère ou la guerre dans des enclos ou en érigeant des murs que nos résoudrons les problèmes mais au contraire en construisant des ponts entre les hommes.

Jacques Carles

1) voir  encadré ci-dessous

   

Réaction à l'édito : J'étais un étranger et vous m'avez accueilli.

C'est exactement ce que je pense La perfide Albion n'a pas changé depuis De Gaulle mais De Gaulle est mort - Claude Albarèdes

 Merci. Que le maximum de personnes vous entendent.- Annie Boulay

J'aurais aimé le propos s'il n'avait eu une  source religieuse
Dommage de donner publiquement autant de crédit à l'évangile alors que ces propos pourraient être tenus par des citoyens laiques. - Jean-Michel Carrez

 Encore un bel édito! J'y reconnais des prises de position sensibles et humanistes ... empreintes de bon sens . Un bémol sur l'exergue, bien qu'allusion à la charité chrétienne. N'est-ce pas par la montée des intégrismes dans les trois religions monothéistes que nous en sommes là? Et on connait le proverbe populaire, " charité bien ordonnée ..." Athéisme mis à part, c'est un édito qui fait du bien. - Florence Monferran

Magnifique éditorial. C'est exactement ce que nous pensons : gérer le problème collectivement, au niveau de l'Europe et à l'ONU. - Hervé Le Blanche

 Attention aux amalgames et aux racistes à courte vue qui voient un danger là où il y a une richesse de talents pour l'économie et un espoir pour mieux lutter contre le fanatisme religieux chez nous. Beaucoup de migrants d’Asie mineure sont très éduqués, beaucoup ne sont ni musulman ni arabe… Plus de la moitié des chrétiens de Syrie sont partis avec les migrants. Les kurdes, les perses sont aussi parmi les victimes. Souvenons des encore des noirs juifs d’éthiopie accueillis et sauvés par Israël. - Gérard Lemoine

Bravo Monsieur Carles. Vous faîtes honneur à votre métier. Bravo pour votre indépendance. Bravo à tous ces journalistes de gauche et de droite, humanistes, chrétiens, musulmans ou laïcs qui se refusent à la démagogie la plus sordide, celle que nos grands-parents on  connus dans les années 30. Les arables ont remplacé les juifs mais c'est la même musique abjecte et intolérable.
Méditons l'appel du pape François :"Nos sociétés font l’expérience, comme cela n’est jamais arrivé auparavant dans l’histoire, de processus d’interdépendance mutuelle et d’interaction au niveau mondial, qui, s’ils comprennent aussi des éléments problématiques ou négatifs, ont pour objectif d’améliorer les conditions de vie de la famille humaine, non seulement dans ses aspects économiques, mais aussi dans ses aspects politiques et culturels. Du reste, chaque personne appartient à l’humanité et partage l’espérance d’un avenir meilleur avec toute la famille des peuples."
- Grégoire Giordano.

Bravo et merci pour cet élan épistolaire qui révèle un grand amour de l'humanité. J'espère qu'il raisonnera pas mal de lecteurs. - Marie D.

 

Migrants? Plutôt "déracinés"

Le terme de migrant associé aux pieds-noirs qui ont dû quitter l'Algérie, il y a plus de 50 ans, terme que j'avais utilisé pour la première version de cet édito a choqué plusieurs personnes. Ci-dessous le résumé des échanges qui m'ont amené à modifier la version initiale de l'édito pour tenir compte de  ces remarques. Mon but n'est absolument pas de blesser ceux de nos compatriotes concernés même si le terme migrant selon le dictionnaire s'applique à toute personne déplacé d'un pays dans un autre ou d'une région dans une autre, pour des raisons économiques, politiques ou culturelles."  Le terme "migrant" se différencie du terme "immigrant" qui lui implique la notion de nationalité.

résumé des courriels reçus les plus significatifs :

Cette nuit, lorsque j’ai découvert votre article, j’ai réagi ex abrupto, en bon Méditerranéen ; j’ai aussitôt cliqué sur le désabonnement.
Or, vous ne méritez pas cette réaction colérique ; vos articles sont habituellement plaisants et fort bien rédigés. En outre, vous ignorez, de toute évidence que les pieds-noirs étaient pour l’Administration française des F.S.E. (Français de souche européenne).
Source :.wikipedia (extrait : « Pour les français d'Algérie française, le terme signifie "français de souche européenne" (et non "de souche française") la très forte majorité d'entre eux étant issue de l'immigration méditerranéenne, notamment, d'Espagne (Minorque et de sa capitale, Port Mahon), d'Italie et de ses îles (Sicile) ou encore, de Malte. »
Ipso facto, un Français qui va, avec une valise en carton, vers la mère-patrie ne peut être considéré comme un « migrant », à mon humble avis...
De surcroît, nous avons fait partie du plus grand exode de l’histoire de l’humanité. Hélas, depuis, ce record a été battu plusieurs fois. Voulez-vous des coupures de presse de 1962 pour montrer à quel point nous avons été accueillis par les métropolitains ? Même le fameux abbé Pierre, R.P.F. convaincu, grand gaulliste devant l’Eternel, n’a pas prononcé une seule parole, ni même levé le petit doigt pour nous aider… Allez demander la qualité de l’accueil aux Italiens et aux Espagnols, vous déchanterez vite ! Je ne sais pas comment les Arméniens ont été accueillis et pourtant toutes ces populations, nous compris, étaient chrétiennes, avaient la même culture...
-
Jean-Paul Palisser

Je suis assez choquée de lire dans votre message que les Pieds Noirs étaient des migrants. Je pense que vous connaissez mal notre histoire : nous étions des français à part entière et ce n’était pas de gaieté de cœur que nous sommes venus  en métropole. Nous aurions tant  voulu rester sur cette terre que nous aimions tant et qui était un département français. Alors de grâce pas d’amalgame avec les migrants de Calais .- Josianne Cassany

Dans l’édito relatif aux migrants vous mettez dans le même sac les pieds noirs, les immigrés et les migrants alors que les premiers sont des FRANÇAIS et non des étrangers ; le nom de « rapatriés » étant d’ailleurs explicite et conforme à la réalité. Les notions de patrie, de nation et de nationalité sont peut être un peu désuètes mais pour certains, dont je suis, cela a encore un sens. Si ce n’est qu’une erreur c’est regrettable ; si c’est volontaire… c’est grave. Gilles Camilleri

vous mentionnez à propos des migrants : « Chaque personne appartient à l’humanité et nous ne pouvons que respecter sa quête d’un avenir meilleur. Nous avons su dans un passé pas si lointain accueillir des vagues bien plus importantes de migrants : arméniens, italiens, espagnols, pieds noirs pour ne citer que les plus récents. Chaque vague s’est révélée une richesse pour notre région ».
Si je peux vous suivre dans votre humanité je m’ élève cependant que vous considérez les pieds-noirs comme des migrants. Persuadé qu’il s’agit d’une maladresse sémantique je me permets de vous signaler que les pieds-noirs étaient des français issus de départements français et ceux depuis 1848.
Ces mêmes français d’Algérie ont participé à la libération du territoire national, le vôtre, en 1944. Ce n’était pas une première ils avaient aussi, en grand nombre, donné leur sang notamment à VERDUN en 1916.
Il est navrant, encore de nos jours, que l’on puisse écrire une telle bêtise.- Jean-Claude Rosso

Je comprends fort bien votre réflexion sur l’accueil des “migrants” venus de pays en guerre mais aussi de pays en faillite économique ou dirigés par des dictateurs sanguinaires. Il faut bien sûr les aider et la “ventilation” de ces gens dans notre pays semble être une solution afin d’éviter les ghettos. Comme vous le dites “Nous avons su dans un passé pas si lointain accueillir des vagues bien plus importantes de migrants : arméniens, italiens, espagnols, pieds noirs “
Mais vous oubliez une chose : Ils avaient grossièrement les mêmes références culturelles, à savoir des racines chrétiennes ce qui leur a permis de s’assimiler en une génération. Ce n’est pas le cas de ces gens. Quand on voit les statistiques effectuées récemment sur les musulmans en France et qui faisaient ressortir que seule une grosse moitié considérait qu’il fallait respecter les lois Françaises et que 28% estimaient que la charia était la seule loi qu’ils reconnaissaient et que les autres s’accommodaient des lois Françaises mais qu’il fallait les aménager pour leur religion (voile dans l’espace public, cantines Hallal, séparation homme/femme, etc..) il y a de quoi s’inquiéter. Nos politiques semblent ignorer cela. La décision de “placer” ces gens dans les petites villes et villages de France semble peut-être une solution à condition qu’ils aient la possibilité de s’y intégrer et de travailler, chose interdite dans leur statut. Comment voulez vous que les citoyens de ces villes ‘choisies’ ne se posent pas de questions quand ils voient débarquer chez eux des dizaines, voir des centaines, de jeunes gens entre 18 et 30 ans. Que vont ils faire ? Il faudrait éviter de stigmatiser ces gens, qui sont en droit de se poser ces questions, en les qualifiant de xénophobes et de faire le jeu des extrémismes. C’est plus compliqué que ça. - Pierre Josse.

 

   

Réaction à l'édito : Occitanie rétrécie

 

Occitanie rétrécie

Les occitans sont mécontents. Quel manque de culture ont montré les conseillers régionaux des deux anciennes régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon en lui attribuant le nom d’Occitanie. Car l’Occitanie (voir la carte), c’est la moitié de la France, de l’Atlantique aux Alpes et pas seulement les 13 départements qui composent la nouvelle région.
La colère des occitans est justifiée. C’est un peu comme si on réduisait la France du Nord au bassin parisien et à la Normandie…

L’Occitanie, c’est avant tout la partie de la France où on parlait la langue d’oc avant que les envahisseurs venus du Nord n’imposent leur parler, la langue d’oil ! Mais c’est aussi un ensemble de traditions communes nées d’une longue histoire commune, commencée avec l’apport des romains, bien avant le Nord de l’hexagone. On peut même observer, et ce n’est pas un hasard, que 183 des 186 grottes ornées préhistoriques françaises se situent en Occitanie… La vraie Occitanie est une entité qu’on ne peut morceler. Et on ne peut en enlever les provinces qui la composent, telles la Provence, l’Aquitaine, la Savoie ou le Gévaudan.

Messieurs les conseillers régionaux, reconnaissez votre erreur et changez le nom de la Région.
Sud, par exemple, aurait le mérite d’être court et exact. Le Sud-Est étant la Provence et la Savoie, le Sud-Ouest étant l’Aquiraine et l’Agenais. Et avec vos belles indemnités, achetez vous et lisez quelques ouvrages relatant l’histoire de cette Occitanie que vous ignorez.

Bernard Barraillé


source : estivada-rodez.eu

   

Réaction à l'édito : Occitanie rétrécie

Enfin est reconnu un domaine de Langue autre que le français

Je suis de ces occitanistes qui se sont félicité de la démarche de Carole Delga de consulter la population pour choisir le nom de la région, et j'ai voté pour "Occitanie". Je suis comblé dans la forme et dans le fond! Enfin est reconnu un domaine de Langue autre que le français à l'intérieur de la République. Certes ce territoire ne recouvre pas l'ensemble des parlers d'Oc, mais il commence à donner corps à une entité culturelle et économique. Voilà un levier qui devra être utilisé avec Aqutitaine-Limousin-Charente-Poitou, Auvergne-Alpes, Provence-CA, pour insufler une logique d'avenir. Ce n'est qu'un début. Un beau début! Nous avons des atouts. Héritage nom pas de Cro-Magnon, mais des celtes, des romains, des wisigoths, francs, arabes, juifs...etc...creuset pour nos enfants. Òsca Occitania! Plan coralament vòstre! 
René Rispoli

Risque mortel pour la France

Je vous rappelle un de vos éditos : "recréer les provinces d’antan, c’est aussi prendre le risque de réveiller les particularismes identitaires et de voir apparaître de nouvelles féodalités avec de petits marquis ou de grands ducs en opposition à l’état républicain.
Le renforcement parallèle du pouvoir supranational de l’union européenne fera alors courir un risque mortel à la France en tant qu‘état nation. Les tendances séparatistes que l’on observe ailleurs, en Espagne, en Italie, en Belgique et dans bien d’autres pays vont d’ailleurs déjà dans le même sens.
Ce qui est annoncée comme une réforme administrative est en réalité un choix entre l’Europe des patries chère à de Gaulle et une Europe des régions où l’état nation est devenu l’obstacle majeur à la mondialisation libérale...." - André Lacroix

Languedoc-Pyrénées

Oui vous avez raison, il faut changer ce nom "Occitanie" pour notre grande region. D'autant plus que seulement 200 000personnes ont voté pour ce referendum sur 6 millions d'habitants le résultat n'est donc pas valable. En deuxième position c'etait " Languedoc -Pyrénées "  voilà la vrai nom de la region qu'il fallait mettre. -  Jacques Marcenac

Bravo 

Bravo pour cette très juste remarque.
La culture historique et l'histoire linguistique ne sont pas le fort de nos conseillers; qui peut s'en étonner? - Michel Boya

Tout à fait d’accord avec vous.

L'Occitanie monte même jusqu’aux limites sud de Clermont-Ferrand qui annonce le centre.
Mon épouse originaire d’un petit village près de TAUVES (non loin de La Bourboule) peut vous le dire. Elle parlait occitan avec sa grand’mère.
D’ailleurs à l’entrée de ce petit village la pancarte dit ‘sèm content de vous veïre’.
De toute manière ces nouvelles régions c’est n’importe quoi, mais bon, vu de Paris et des salons feutrés et climatisés il ne faut pas s’en étonner.
Quel que soient les noms donnés à ces découpages administratifs les particularités de chacun de nos “pays” seront toujours là, qu’elles soient culinaires, architecturales, vestimentaires, coutumières. C’est ce qui fait notre richesse et l’admiration des touristes étrangers. - Pierre Josse

Arrêter de rouméguer

Moi j'aurais préféré le Midi de la France mais il faut arrêter de rouméguer pour tout et pour rien ! - Monique Nicque

Pyrénées Languedoc Cote Vermeille

Et si nous l'appelions : Pyrénées Languedoc Cote Vermeille ? Cela rassurerait les Catalans du Roussillon. Nous demanderions la fusion plus tard avec la PACA. Nous l'appellerions Narbonnaise ...
Jean-Pierre Cano

Echos

Merci de donner écho à notre lettre ouverte et d'en partager le propos voir : texte de la lettre avec la liste des premiers signataires (issus de toutes les régions), de nouveaux se manifestant régulièrement... - Josiane Ubaud

Prenons le nom, et faisons-en un marchepied pour enfin parler de la richesse occitane !

Je ne comprends pas cette réaction. Bien sûr que l’Occitanie est largement plus grande que notre nouvelle région –le Languedoc aussi était plus grand que l’ancienne. Mais c’est une occasion unique de faire connaître aux gens “pas d’ici” ce qu’est l’Occitanie. Pour le moment, ces gens-là ne connaissent qu’à peine le nom. Toulouse, c’est la patrie des Comtes de Toulouse, et Raymond V, VI, VII ont beaucoup à voir avec l’histoire occitane. parlons-en, faisons-le savoir, disons haut et fort tout ce que représente ce nom –y compris sur le plan géographique. Il faut sauter sur l’occasion, et bien sûr en faire quelque chose !
Mais si nous nous contentons de refuser le nom, nous aurons un machin à initiales (comme PACA... Magnifique !) et nous n’aurons pas avancé d’un pouce.
Prenons le nom, et clamons haut et fort qu’il ne recouvre pas toute l’Occitanie, mais seulement un petit bout.
Prenons le nom, et rappelons que l’Occitanie transcende même les frontières nationales, de deux côtés –sans compter Monaco !
Prenons le nom, et faisons-en un marchepied pour enfin parler de la richesse occitane !
Ne nous ratatinons pas dans un coin, en prétextant que le nom est trop grand pour nous... - Anne de Sète

Contente du nouveau nom de région

Moi Occitane depuis ma naissance en Provence et vivant à Sète, je suis contente du nom de notre nouvelle Région. Certes l’Occitanie dépasse géographiquement dans ses origines les limites de notre région Midi -Pyr et LR, mais nous sommes bien « dans » l’Occitanie. L’appeler Sud, Sud de quoi ? De l’Angleterre, de la France, de l’Europe ? Et nous ne sommes pas les seuls au Sud ! Au moins une appellation qui rappelle l’histoire même si elle n’est pas toute l’histoire. N’oublions pas le rôle important pour cette Province, sorte d’Etat que doit tant au Comte de Toulouse notamment. N’oublions pas la culture et le positionnement des peuples qui l’ont composée et qui la compose encore aujourd’hui. La première ébauche de démocratie est née en Occitanie au XIIème et XIIIème siècle et quelque chose de cette origine d’indépendance vis vis-à-vis du Royaume franc demeure. Ce nom, même si pour toi la « rétrécie », pour moi et pour d’autres sans doute, est porteur d’une réalité historique, sociologique et culturelle, donc symbolique. Pour une fois qu’un nom de Région a du sens ! Préfères-tu « les Hauts de France » comme la marque « Sud de France » ? Le nom d’une région devrait coller à la réalité du terroir comme son découpage. Mais, bien sûr, l’Etat central a bien trop peur de ces enracinements à l’histoire au nom d’une sacro sainte unité républicaine qui ne signifie plus rien du tout. A force de limer les entités régionales, communales, et personnelles, on crée de pseudo-robots qui sont censés se ressembler mais qui un jour vont exploser. L’Unité ne peut se faire que dans la diversité et la reconnaissance réelle de ce qu’est l’Autre. Le dynamisme d’un pays doit reposer sur quelque chose du plaisir de faire ensemble et pour un intérêt qui dépasse chacun. Alors, Merci aux Conseillers de cette nouvelle Assemblée d’avoir voulu et osé marquer l’origine de cette terre. Et si les Catalans se sentent oubliés, qu’ils acceptent d’être dans cette symbolique qui dépasse les querelles de cousins. L’important, c’est le signe de notre attachement à cette terre autant qu’à l’Etat qui est exprimé par ce nom. Et c’est pourquoi les descendants des Jacobins ont du mal à l’accepter. Peut-être craignent-ils aussi, que dans la reconstruction de l’Europe, les provinces européennes prennent leur place ? - Nicole Bandelier

Vous avez bien raison.

Les élus de notre nouvelle Région ont en effet tout faux ! Ils n’ont fait que des mécontents. Les Catalans sont déçus et fâchés pour avoir été oubliés, et les puristes considèrent, à juste titre, que l’appellation simpliste « Occitanie » ne correspond nullement à la réalité  géographique de notre nouvelle Région.
En ce qui me concerne, avant même le sondage réalisé par la Région, j’avais adressé dès le 24 novembre 2015, à la candidate Carole Delga, une proposition qui me paraissait pouvoir satisfaire tout le monde. En voici le texte :
Les journaux du Midi  (Midi Libre et autres) ont organisé un sondage parmi leurs lecteurs pour choisir un nom à la future région.
Or, ce sondage était verrouillé au départ car le choix était limité à 12 propositions.
En ce qui me concerne je ne suis pas d’accord avec le nom, plébiscité paraît-il, d’Occitanie, trop vague, qui monte jusqu’à la Loire,  et dans lequel nos amis catalans ne se reconnaissent pas.
C’est pourquoi je propose pour ma part le nom composé  - dans l’ordre alphabétique pour ne fâcher personne -  de « Languedoc – Pyrénées – Roussillon ».
.  Le Languedoc pour les départements : Gard, Hérault, Lozère, Aude, Aveyron, Tarn, Tarn-et-Garonne, Lot
.  Les Pyrénées pour les départements : Ariège, Gers, Haute-Garonne, Hautes Pyrénées
.  Le Roussillon pour le département des Pyrénées-Orientales   
 Et que l’on ne me dise pas que ce nom est trop long ! Jusqu’à maintenant nous avons eu « Provence-Alpes- Côte d’azur » et tout le monde s’en est accommodé.
 
Ma proposition n’a pas été retenue. C’est bien dommage car elle permettait de contenter tout le monde en fédérant 3 entités différentes.
C’est d’autant plus regrettable que, face à cette « levée de boucliers » contre le nom « Occitanie » les élus de la Région ont été contraints de compléter cette malheureuse appellation par le sous-titre « Pyrénées – Méditerranée », ce qui n’est pas mieux !  - René Angel

Fortes paroles !

Les grottes, c'est à cause du Petit Âge Glaciaire qui paralysait le Nord du pays... - Christian Durand

Pointe courte

Lettre ouverte de Michel Brel, résident de la Pointe courte, Sète à Madame Ségolène Royal,  ministre de l’écologie, du développement durable et de l’Énergie et à Monsieur Sébastien Denaja, député de la 7ème circonscription de l’Hérault

Madame la mnistre, Monsieur le député,

Je vous écris ce jour pour que vous puissiez prendre connaissance de mon investissement réel et engagé pour un lieu qui m’est cher et qui, j’en suis certain, ne vous est pas étranger tant son existence est une richesse pour la région OCCITANIE et pour notre département de l’Hérault : l’Étang de THAU.
Étant natif de Sète et du quartier de la « Pointe-Courte » petit port de pêche de l’Étang si bien mis en valeur par la réalisatrice Agnès VARDA, je me dois de vous alerter sur les nombreux problèmes que nous constatons depuis de nombreuses décennies.
Malgré les associations aussi honorables soient elles et d’une implication non négligeable et non feinte, je ne peux que constater les innombrables défis qui nous sont lancés afin de retrouver un étang nourricier qui en présence d’une biodiversité exceptionnelle reste une mer intérieure qui draine dans ses eaux une grande promesse pour les générations futures.
Issu d’une famille de pêcheurs de l’Étang de THAU depuis plusieurs générations je peux vous affirmer que ses ressources naturelles ont su satisfaire et célébrer mon enfance et mon adolescence. A cette époque nous comptions une centaine de pêcheurs, aujourd’hui nous en comptons moins de dix. Nous subissons les effets d’une très mauvaise gestion de cette grande lagune de plus de 7500 hectares.
En tout premier lieu je souhaite aborder le sujet des épaves trop présentes qui transforment cette lagune en véritable cimetière : La pollution est grande, lente mais certaine, une subvention spéciale devrait être débloquée en urgence.
Ces épaves se trouvent au fond du grand étang, où les pêcheurs accrochent souvent leurs filets, ainsi que beaucoup d’autres se trouvent dans l’étang noir, en terre du Creusot, dans le cul de Caraman, de même à Lafarge.
Je sais que les projets sont nombreux, que des femmes et des hommes s’impliquent pour préserver ce milieu de vie, mais est-ce suffisant ? Je ne le crois pas !
Le constat est une triste réalité mais je reste optimiste et garde mon énergie pleine et intacte pour m’engager dans ce combat qui nécessite une grande lucidité mais surtout un courage aiguisé pour palier à toutes ces dérives.
Je ne suis pas de ceux qui s’installent dans une fatalité morbide où la passivité fait foi. Engagé localement depuis plusieurs années je ne peux rester sans agir.
C’est pour toutes ces raisons que je sollicite toute votre attention sur ce sujet et surtout pour préserver un des plus beaux lieux de vie et de ressources que nous possédons en France.
Je sais que ce gouvernement et ses élus sont sensibles et engagés concernant l’écologie et l’environnement c’est pourquoi je reste à votre entière disposition.

 Madame la Ministre de l’écologie, du développement durable et de l’Énergie, Monsieur le députe de la 7e circonscription de l’Hérault, il est urgent voire impératif que vous puissiez intervenir pour mener à bien cette exigence de sauvegarde qui reste le seul et unique espoir pour ses habitants et afin que nos enfants puissent profiter encore longtemps de cette « source » d’avenir que nous laisserons en héritage.

 Je vous prie de bien vouloir agréer, Madame la Ministre d’État, Monsieur le députe de la 7e circonscription de l’Hérault, l’expression de ma haute considération.

Michel Brel,

Elle s’appelle Faïza

Elle a de beaux yeux noirs en amande, bordés de khôl. En la regardant, on pourrait se croire dans un conte des mille et une nuits....
Mariée à un français d'origine marocaine, Faïza (1,2) arrive en France en 2002, où elle a envie de vivre en femme libre. Mais pas de chance : son mari est alcoolique... Il a des sautes d'humeur, perd son travail, la bat.
Alors Faïza, pétrie de honte se sauve, obtient le divorce et perd en rompant son mariage le titre de séjour obtenu comme conjointe de français.
2004...2005...2006... C'est la galère.
D'hébergement d'urgence en logement précaire, ballottée d'un foyer charitable à un autre au gré de la tolérance du chef de famille, elle peine à conserver son beau sourire.
Les petits boulots, même mal payés se font de plus en plus rares au fil du temps qui passe.
D'année en année, les demandes de régularisation sont déposées sans succès auprès de la Préfecture qui lui refuse obstinément le droit au séjour, malgré les longues années passées à Sète auprès de sa sœur qui y réside.
2007...2008...2009...Le temps s'écoule, la galère encore et les procédures.... Faïza est toujours sans papiers.
C'est alors qu'elle fait une jolie rencontre: le monsieur n'est plus très jeune, c'est vrai, mais il est gentil. Elle est douce et bonne cuisinière. Ils décident d'officialiser leur union et les bans sont publiés. Hélas Faïza n'a décidément pas de chance : le futur époux succombe à un infarctus quatre jours avant de conduire sa promise devant Monsieur le Maire !
Pendant quelques mois pourtant, la vie avait enfin semblé sourire à Faïza ...
2010... 2011... 2012... 2013... Voilà qu'un « ami » propose de rendre service à Faïza : « Si tu veux, je peux t'aider, on se marie et tu pourras avoir des papiers ».
Plus de dix ans passés à demander une régularisation qu'on ne lui accorde pas, dix ans de désespoir, une vie qui n'en est pas une : la proposition est tentante et Faïza n'y résiste pas longtemps. Elle possède quelques économies amassées jour après jour, et ne trouve pas grand chose à objecter aux demandes de compensation financière qui lui sont faites par cet homme (mais peut-on encore l'appeler un homme?...) qui profite si lâchement de son désarroi.
Il ne reste bientôt plus rien du maigre pécule de Faïza lorsque, est-ce un hasard, le couple est convoqué par la Police pour suspicion de mariage blanc 2.
Là, tout va très vite : l'ex futur marié est évacué par une porte, tandis qu'on fait sortir Faïza par une autre, munie d'une décision d'expulsion du territoire en bonne et dûe forme vers un pays qu'elle a quitté il y a plus de dix ans.
La sanction pour elle est immédiate et aucun procès verbal de sa déposition ne lui sera remis.
Le faux ami quant à lui a disparu dans la nature, sans être inquiété le moins du monde.
Nous avons accompagné Faïza à l'aéroport, en silence, et nous avons attendu avec elle l'heure de l'embarquement.
Un dernier geste du bras levé, un dernier baiser envoyé de sa main, et Faïza a disparu dans la file des voyageurs, escortée par un policier ému.

Il y a quelques jours, Faïza est morte.
On l'a trouvée dans son lit au petit matin, dans la maison de son frère qui l'avait recueillie à son retour au pays.
Elle s’appelait Faïza. Elle avait de beaux yeux noirs en amande, bordés de khôl.

Janine Léger

1- Le prénom a été changé /2- Mariage de complaisance