courrier des lecteurs

Courrier des lecteurs

Cette rubrique est ouverte à nos lecteurs qui souhaitent s'exprimer et se veut une contribution au débat démocratique. Elle est ouverte à la diversité  d'opinion et d'expression. Toutefois ne seront pas publiés les messages redondants, de nature publicitaire ou promotionnelle, contraires à l’ordre public ou aux bonnes mœurs, violents, racistes, révisionnistes, faisant l’apologie des crimes de guerre, injurieux ou grossiers, contraires aux droits d’auteur ou droits voisins, au droit applicable aux bases de données, au droit des marques, au droit à l’image, au droit au respect de la vie privée ou qui enfreindraient toute autre disposition législative ou réglementaire en vigueur

 

Relisons Zola

Brigitte Sené nous fait parvenir ce beau texte de Zola qui incite à la réflexion:

"Jeunesse, jeunesse ! Souviens-toi des souffrances que tes pères ont endurées, des terribles batailles où ils ont dû vaincre, pour conquérir la liberté dont tu jouis à cette heure. Si tu te sens indépendante, si tu peux aller et venir à ton gré, dire dans la presse ce que tu penses, avoir une opinion et l’exprimer publiquement, c’est que tes pères ont donné de leur intelligence et de leur sang. Tu n’es pas née sous la tyrannie, tu ignores ce que c’est que de se réveiller chaque matin avec la botte d’un maître sur la poitrine, tu ne t’es pas battue pour échapper au sabre du dictateur, aux poids faux du mauvais juge. Remercie tes pères, et ne commets pas le crime d’acclamer le mensonge, de faire campagne avec la force brutale, l’intolérance des fanatiques et la voracité des ambitieux. La dictature est au bout." - Emile Zola, Lettre à la jeunesse ,1897

Réactions à la lettre du Président

Lettre fleuve que personne ne va lire. Dommage . De toute façon je dirai ce qu j'ai envie de dire, lettre de cadrage ou pas ! Il faut participer à ce débat plus utile que de bruler les radars.
Loïc Denand

La lettre de Macron est beaucoup trop longue. C'est illisible.  Bravo Thau-info pour votre étude qui résume bien le sentiment des citoyens (publiée en rubrique initiatives citoyennes)
Annie Laurent

A la lecture de votre lettre, je ne peux hélas que constater que, soit M. Macron vous n avez pas reçu ma lettre pourtant moi j'ai eu l'accusé de réception soit vous n'avez pas eu le temps de la lire. Vous ne parlez nullement des retraités qui sont pressés comme des "citrons", vous voulez que se soit le peuple français qui se positionne sur l immigration alors que c'est l'Europe qui l'impose. Comme Ponce Pilate les décisions ne seront pas de votre fait mais celles de la" foule haineuse" Ne croyez vous pas que dans nôtre pays il n'y a pas assez de misère? Ne vaut il pas d'abord en priorité se pencher sur les femmes et enfants vivant dans la rue, les "vieux" mal traités dans les EPADH où chez eux par manque de moyens Je pense que votre lettre est un coup de communication et que rien ne changera à part la colère d'un peuple
Marialys Caramel

Arrêtons d'être bornés. Soyons efficaces! Toute violence, physique ou verbale,  ne mène à rien sauf à l’inverse du but recherché. Il faut à tout prix participer à ce débat pour faire vraiment bouger les choses.
Gérard Mercier

Vers la convergence des luttes : Verts et Gilets jaunes.

Message de Christian Puech, président de l’Association « Témoins au bout du monde », membre de la commission de communication des gilets jaunes de Montpellier.

"Il nous faut sortir du dialogue de sourd sur les violences réciproques qui tendent à faire peur et qui occultent les revendications et propositions positives. M. le président Macron serait bien inspiré d’affiner les questions mises au débat qui pourraient se résumer à :"

I) Les transitions à mettre en œuvre vu l’urgence climatique et sociale.

2) Les économies possibles sur le budget de l’Etat, sur les salaires et frais de ses représentants, sur les commissions ad hoc, rapports, frais de représentations, présence militaire française dans les zones de conflits, etc…

3) Le RIC et le droit d’expression critique des citoyens ni élus, ni élites, dans les médias d’Etat et dans tous ceux qui reçoivent de l’argent public, actuellement à hauteur de 162 millions d’euros.

4) La paupérisation, la perte du pouvoir d’achat, la disparition des classes moyennes, la possibilité pour tous de devenir producteur de richesse.

5) La construction d’une nouvelle société plus juste, objectif : un autre et meilleur monde. Hier lors de la mobilisation à Montpellier des femmes gilets jaunes elles scandaient : »Travailler, consommer, on ne veut plus de cela pour nos enfants !)

Info. : Tous ensemble à la Marche pour le climat de Montpellier le 27 janvier 2019. « Témoins au bout du monde » à un projet : retrouver à partir du Languedoc l’autosuffisance alimentaire que notre pays a perdu.

 Blog : http://christianpuech.wordpress.com.

Taxe d'habitation : le tollé!

Dur à avaler

Ménage de retraités de l'enseignement,et n'ayant que notre retraite pour revenu,on nous dit que nous faisons partie des 20 % des français les plus riches,ceux qui continueront de payer la taxe d'habitation. D'autre part il est reconnu qu'en France les enseignants sont sous-payés. Dure à avaler la cohérence.

Claude Albarèdes

La goutte d'eau qui fait déborder le vase des retraités

Indépendant, retraité, ayant travaillé toute ma vie à raison de70 heures par semaines et ayant élevé 3 enfants, j'ai bien du mal à accepter les flottements d'un gouvernement que je soutenais jusqu'ici. Le retour de la taxe d'habitation pour les "20% de riches" dont moi  n'ayant pas d'autres revenus que ma retraite alors que les 1% des vrais riches se débrouillent pour échapper à l'impôt. Je viens enfin de comprendre ce que veut dire "président des riches" : celui qui protège les vrais nantis et  va puiser dans les classes moyennes l'argent qu'il a généreusement distribué aux  gilets jaunes... Après les hausses de CSG, le gel des retraites, la remise sur le tapis de la taxe d'habitation est le pompon, la goutte qui fait déborder le vase. Le dindon ne votera plus Macron.

Gérard Martinez

Aberration

Le retour de la taxe d'habitation est une aberration !  Cela va encore accroitre les clivages et les tensions entre les citoyens. A ce rythme on va bientôt désigner les citoyens bons pour la guillotine : ceux qui gagnent plus de 2500 euros par mois...

Pierrette Legrand

Ce gouvernement est fou

Avec le retour de la taxe d'habitation, le gouvernement perd ses derniers soutiens : les cadres, la classe moyenne, les indépendants, les retraités... Necker, ministre des finances de Louis XVI n'aurait pas fait mieux...

Yves Durand

A propos de l'édito : Retrouver le sens du bien commun

 

Retrouver le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière

Notre système politique est un mélange de libéralisme et d’état providence.
Avec la montée de l’individualisme, on attend du libéralisme qu’il mette la personne au centre des préoccupations tandis qu’on attend de l’état providence qu’il résolve tous nos problèmes. Comme l’état ne peut faire les deux à la fois, répondre à toutes les demandes individuelles - moi d’abord, tout de suite - et éradiquer la misère, il finit par mécontenter tout le monde.
Dans ce système schizophrène les élus perdent leur fonction essentielle : celle d’éclairer et de guider le peuple. Ils se contentent d’organiser la société ou de gérer l’économie, du moins la faible part sur laquelle ils ont prise. La démocratie représentative est alors prise au piège. Dans l’incapacité d’additionner les envies contradictoires elle accepte la montée des particularismes, des corporatismes, des communautarismes, pendants sociaux de l’individualisme. L’équipe au pouvoir oublie qu’elle a en charge ce qui est bon pour tous et pas uniquement pour certains.  Elle s’appuie sur une élite qui décide de ce qui est bien, de ce qui est juste, de ce qui est vrai. Elle n’écoute guère ceux qui ne pensent pas comme elle. Les opposants adoptent une position symétrique et campent sur leurs propres vérités. Ils n’écoutent pas davantage et promettent de massacrer l’autre s’ils gagnent politiquement. Ils sont prêts à échanger un système honni pour une tyrannie nouvelle potentiellement plus dangereuse encore que les féodalités antérieures.

En 2017, quelques semaines à peine après l’élection du nouveau Président de la République, nous annoncions dans un éditorial daté du 9 juillet que les conditions étaient réunies, pour que la cocotte minute se mette à siffler : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. 
En ce début 2019, le large soutien de l’opinion aux gilets jaunes et la dangereuse acceptation tacite de la violence montrent que la révolution que nous pressentions est en cours. Comme toujours dans un tel cas, attendons-nous à présent à traverser une très longue période d’instabilité.

Pour éviter l’anarchie et les risques qu’une période révolutionnaire implique Il nous faut redonner du poids à la démocratie participative. En effet le salut ne peut plus venir d’en haut. Dans le contexte actuel, le pouvoir descendant à sens unique ne peut que récolter la révolte ascendante.  Nos représentants ne sont pas tous pourris, beaucoup sont mêmes compétents et animés de nobles sentiments mais ils ne sont pas magiciens, pas plus que ceux qui, en embuscade, promettent la lune s’ils parviennent à les remplacer.

 La seule solution raisonnable est de faire appel à l’ensemble des ressources démocratiques. C’est au peuple de redéfinir le sens du bien commun et c’est au peuple d’identifier ce  à quoi tous les citoyens tiennent.

 En Pays de Thau,  entre conseils de quartier, conseil de développement ou autres conseils participatifs, des expériences intéressantes sont en cours depuis plusieurs années et débouchent sur des projets concrets qui font avancer notre agglomération ou nos communes. Il faut bien sûr aller au-delà de ces pratiques limitées dans leurs objets et raisonner au niveau national.  Cela implique de ne pas  faire l’impasse sur des questions plus fondamentales encore que le pouvoir d’achat ou la fiscalité comme l’idée que nous nous faisons collectivement de la nation ou de l’Europe.
Qu’est-ce que la Nation ? Qu’est-ce qui nous unit ? Une histoire ? Une culture ? Une langue ? Des valeurs républicaines ? La solidarité de l’état providence ? L’exaltation de la nation peut-elle nous entraîner vers le nationalisme : le retour des tranchées de 14-18 et de leurs millions de morts, une nouvelle Shoah et l’extermination de ceux qui sont différents ?
L’Europe dans son fonctionnement actuel est rejetée par une grande partie des citoyens. Mais quel est son bilan objectif  depuis sa création en 1957 ? Que nous a-t-elle apporté : la paix, la monnaie commune, etc. Quel problème n’a-t-elle pas su résoudre : le chômage, le terrorisme, etc. Comment la France peut-elle contribuer à relancer l’idée européenne sur de nouvelles bases ?

Le débat annoncé par le gouvernement sous la pression des gilets jaunes peut être une occasion inespérée de retrouver le sens du bien commun et de réussir pacifiquement la révolution en cours. Nous avons peut-être l’opportunité exceptionnelle de redéfinir notre société et d’expliciter les raisons pour lesquelles nous formons un tout.
Cela implique que chacun joue vraiment le jeu. Le pouvoir comme les oppositions doivent comprendre que les antagonismes simplistes ne mènent à rien. Des gens convaincus de détenir à eux seuls la vérité seraient de piètres acteurs d’un théâtre tragique : des méchants qui refusent aux gentils ce à quoi ils pensent avoir droit, des décideurs qui jugent le peuple trop ignare pour comprendre où se trouve son intérêt, des affreux qui sentent le soufre, avec lesquels on ne peut dialoguer et qu’il faut envoyer au goulag.
Il ne suffit pas d’avoir raison pour imposer son point de vue. Il faut pouvoir le confronter à d’autres et le soumettre à l’épreuve du débat pour qu’il devienne un élément du socle commun des idées et des valeurs à partager. La décision condescendante qui vient d’en haut n’a pas plus sa place dans un tel débat que le «  y a qu’à, faut qu’on » si répandu chez les démagogues et les irresponsables civiques. De même, recueillir l’assentiment de la majorité ne donne pas le droit d’ignorer voire d’opprimer la minorité. Notre idée du vivre ensemble et du lien social ne repose pas que sur des lois et des règles fiscales, elle suppose l’adhésion à des valeurs communes et à des principes comme le respect de l’autre ou l’acceptation du pluralisme politique.

Le peuple est parfaitement capable de croiser divers points de vue et de fertiliser les idées des uns et des autres. Si le processus annoncé est mené avec l’aide d’élus transparents et d’experts capables d’apporter un éclairage de réalisme au débat, le peuple de France saura retrouver et définir le sens du bien commun pour ne pas avancer en arrière.
Le peuple de France est prompt à s’indigner et à s’opposer à l’injustice. Il n’est cependant pas idiot et ne s’engagera pas dans une voie qui l’amènerait vers des lendemains qui déchantent. Si son génie l’amène parfois à rêver l’utopie, il a su démontrer dans son histoire que rêver à plusieurs est souvent le début de la réalité.

Rhadamanthe
6 janvier 2019

cliquez ici pour participe au sondage sur le mouvement des gilets jaunes

   

Réactions à l'édito

Le référendum d'initiative populaire : un principe juste

Je ne pense pas qu’ignorer ces que font nos voisins soit inutile , surtout en France ou nous avons trop souvent une attitude de supériorité injustifiée . Le mouvement des gilets jaunes interroge c’est normal . Cependant a l’analyse on se rend compte que la majorité des participants rejoignent les jeunes ( qui sont l’avenir) des « nuit debout » et les jeunes espagnols qui , il y a 5 ans avaient occupé les places emblématiques des grandes villes d’Espagne avec les mêmes revendications . En Espagne cela s’est traduit par l’apparition de nouveaux partis politiques qui trés rapidement sont devenus comme les vieux . En France , Macron qui n’est pas couillon , a en grande partie gagné les élections , en exploitant ce thème de la nouveauté , tordant le cou au vieux partis qui sont présent au gouvernement par des transfuges spécialistes de la girouette . Il faut toujours se méfier des vierges autoproclamées . Que retenir ? Pour la politique sociale , les élus successifs , ont acheté la paix sociale a notre compte ce qui donne a notre pays un record quasi mondial de prélèvements par habitant ( la TVA est payée par tous y compris les SDF ! ) . Au point ou on en est je ne vois guère ce que l’on peut faire de plus , sauf a augmenter un peu plus les impôts .Le thème des consultations populaires est présent dans tout les mouvements , actuellement seule la Suisse l’a inscrit dans sa constitution , cela permet au vote citoyen de s’exprimer sur un point en dehors des échéances normales . Je trouve le principe juste , car il permet a chacun de mieux participer a l’action politique qui nous concerne tous . Après , il y a lieu de définir les différents niveaux , les modalités….. Pour terminer , concernant les gilets jaunes , je fait la différence entre ceux qui sont de bonne foi et les autres qui ‘ont envie de renverser l’exécutif et faire la Révolution ,c’est a dire utiliser la violence . Je suis totalement en désaccord , car je pense que la démocratie reste le meilleur système dans une société , ce qu’on peut connaitre des Etats dictatoriaux devrait nous inciter a la prudence . 

Pierre Mistral

 

Déjà le Général de Gaulle...

Le Général de Gaulle, lors d'un entretien radiodiffusé et télévisé avec M. Michel Droit, le 7 juin 1968 : "Si une révolution, ce sont des exhibitions et des tumultes bruyants, scandaleux et, pour finir, sanglants, alors non ! la participation, ce n'est pas une révolution. Mais si une révolution consiste à changer profondément ce qui est, notamment en ce qui concerne la dignité et la condition ouvrières, alors, certainement, c'en est une. Et moi, je ne suis pas gêné dans ce sens-lâ d'être un révolutionnaire comme je l'ai été si souvent."

Josiane Leclerc

 

Changer de paradigme

 "le peuple" s'exprime aujourd'hui et affirme, même violemment, sa désapprobation vis à vis des élus, des institutions, des politiques menées dont il se sent exclu, jusqu'à remettre en cause la démocratie elle-même. La manifestation des "Gilets jaunes" offre effectivement l'opportunité de se réveiller de nos langueurs et de ce que nous considérions toutefois comme un certain confort et des acquis, même si, de-ci de-là, les colères et revendications s'exprimaient. L'élection de E. Macron à la Présidence de la République actualisait ce désir de changement mais certains ne s'y retrouvent pas et attendent toujours du nouveau.
Je suis étonnée cependant par le fait que les gens, les journalistes et même des politiques continuent à utiliser un certain langage ; pour moi, cela signifie que l'évolution souhaitée aura du mal à se réaliser car nous voulons quelque chose de nouveau mais sans changer de paradigme. Le changement ne peut être seulement dans la forme, il se doit d'être aussi dans le fond, c'est-à-dire dans notre mode de penser pour changer ensuite notre façon d'être ensemble. Je prends des exemples :
Le mot "peuple" revient en force avec un arrière-goût de révolution. Oui, cela est juste et gentil, ça réveille de vieilles mémoires collectives que l'on a plaisir à retrouver ; mais "le peuple", par définition, s'oppose automatiquement aux nantis, riches et gouvernants. L'image de la lutte des classes et des pouvoirs que l'on connait depuis si longtemps. Changer les représentations électorales ne modifiera pas à terme cette dichotomie. Il y aura toujours ceux qui ont le pouvoir de décision et ceux qui ne l'ont pas, y compris dans ce qu'on appelle la démocratie directe dont on ne connait pas bien aujourd'hui ni le contenu ni la forme, ni la place que vont prendre certains dans ce débat dit "libre". De plus, ce "peuple" existe-t-il vraiment ? Je me reconnais dans certaines aspirations exprimées actuellement, mais je ne me reconnais pas dans ce peuple modeste en nombre et composite qui fait du bruit depuis des semaines.
Autre mot qui me surprend d'entendre aujourd'hui est "l'Etat providence" qui continue à être souhaité et même revendiqué. Qu'est-ce que l'Etat providence ? C'est le "bon papa" Etat qui pourvoit aux besoins des administrés, tel que lui conçoit ce qui est bon pour les autres. La nation serait donc une grande famille, "merci papa de nous donner ça, mais je tape du pied si tu ne me le donnes pas, et je suis jalouse car tu as donné plus à mon frère que je n'aime pas". Voilà où nous en sommes. N'oublions pas non plus, que donner met celui qui donne systématiquement en position de pouvoir et celui qui reçoit en position d'être obligé d'accepter cette générosité. Relation de dépendance dont chacun, à terme, finit par s'accommoder ; faute de mieux cela permet de survivre. Modifier cela provoque quelques tremblements de terre, car notre société s'est construite ainsi depuis notamment les années 1970. Dans les réformes de 1936 et 1945, il y avait la notion d'équité et de justice sociale. (Entre autres, n'oublions pas l'origine de la Sécurité Sociale qui était "les caisses de compensation" dirigées par une assemblée bipartite où étaient représentés conjointement les syndicats patronaux et les syndicats ouvriers, l'Etat n'était pas présent).
Pour avoir travaillé 41 ans dans le domaine social à mettre en œuvre et à subir la loi, j'ai vérifié maintes fois l'effet pervers de ce système. Il est temps d'en sortir et de concevoir une autre manière de faire.

Sortir de l'Etat providence pour aller vers un Etat qui remplit réellement son rôle de régulateur - et non de pourvoyeur - vers une société solidaire et équitable.
Nous l'avons oublié, mais le rôle véritable de l'Etat est de réguler les liens entre le privé et le public et de réguler les liens des personnes entre elles. Le passage progressif à l'état gestionnaire des populations nous a fait perdre à nous-mêmes citoyens, ce rôle extrêmement important de régulateur.
Autre mot que je verrais bien supprimer de notre devise nationale car trop ambigu, est celui d'Egalité. Il est important d'affirmer et de vérifier que nous sommes bien tous égaux devant la Loi, tout autant qu'il est indispensable de considérer que nous ne sommes pas tous égaux. Cet égalitarisme appliqué et revendiqué par des citoyens autant que par des politiques, déforment la conception même de la société. Par définition la Société est plurielle. C'est aussi en cela que nous devons être dans une conception libérale où chacun peut et doit pouvoir trouver sa place, telle qu'il la conçoit sur le plan familial, culturel, philosophique et économique. Il serait temps de redonner du sens aux mots utilisés. La conception libérale de la société ne signifie pas capitalisme libéral. Lors des dernières décennies, par peur du capitalisme libéral (qui n'est toujours pas régulé !), les gouvernements ont muselé l'initiative et accumulé le normatif., y compris dans la gestion des plus pauvres.
Le véritable changement passera donc par un repositionnement de chacun, face à lui-même, face aux autres et face au champ politique. C'est sur ses bases mêmes qu'il faut repenser notre société que nous avons supportée pyramidale, infantilisante depuis des siècles ; mais cela a conditionné nos comportements. Nous avons aujourd'hui à sortir des schémas habituels pour nous réinventer comme citoyens autant que pour réinventer notre société.

Nicole Bandelier

 

D'accord avec cet édito quant au diagnostic . Pour le remède ,je penche plutôt pour un changement de Constitution qui donnerait plus facilement la parole à ceux qu'actuellement l'on n'entend pas, en dehors des ronds-points! Remplacer le Sénat par une assemblée élue au suffrage proportionnel et qui aurait plus de poids que le Sénat actuel qui ne sert à rien car le dernier mot appartient à l'Assemblée Nationale.Donner plus de poids au Conseil Économique et Social en l’associant aux décisions politiques. Consulter le "peuple" plus souvent (une fois par trimestre au moins) en faisant appel à Internet.Dissocier élection Présidentielle et l'élection des Députés pour éviter le phénomène "godillots". Supprimer l'ENA "utérus" de nos petits chefs par trop encombrants. Le recrutement des hauts fonctionnaires pouvant se faire par Concours ouverts à tous et toutes à partir du niveau "licence" par exemple.Il y a des pistes nombreuses à creuser mais peu de gens s'engagent dans cette voie là et pourtant il faudra bien y parvenir pour changer les choses!

Andre Benvenuti 

 

A propos de l'édito : L’avenir des gilets jaunes

 

Edito
L’avenir des gilets jaunes

La jeunesse reste le vrai moteur du progrès économique et social. Fonder une famille et avoir des enfants constituent pour tous les humains une puissante incitation au travail et à l’investissement. Une natalité qui chute est donc rarement un signe positif pour une nation.

Depuis 2010, la France, a vu son taux de natalité repartir à la baisse. Pire, depuis 2015, le phénomène s’accélère et l’arrivée d’un jeune président en 2017, ne semble pas avoir suffi à inverser la tendance. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit des naissances par rapport aux décès n’a même jamais atteint un tel record depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Cette démographie en berne traduit une perte de confiance non seulement dans l’avenir mais aussi dans les responsables politiques. Les parents sont d’autant plus enclins à mettre des enfants au monde qu’ils ont le sentiment de vivre dans un pays où les dirigeants accordent la priorité au bien commun et prennent les mesures qui garantissent le bien-être de leurs descendants. Dans le contexte actuel où le renouvellement des générations n’est plus assuré, la France, sent confusément qu’elle est un pays en perdition et elle doute de ses élites politiques.

Dans le passé les périodes troubles ont souvent été associées à des crises de la natalité. La Révolution de 1789 a coïncidé avec une première phase de chute de la fécondité française. En Europe, la faible natalité caractérisait la période 1914-1945 qui connut la révolution russe, le nazisme, le fascisme, deux guerres mondiales et la guerre civile en Espagne. A l’inverse, les trente glorieuses qui ont suivi, de 1945 à 1975, ont correspondu au baby boom.

Parallèlement, les causes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Aujourd’hui les conditions sont donc remplies pour que le mouvement des gilets jaunes se transforme en révolution.

Au début de toute révolution, l’idéologie est absente. Les revendications sont concrètes : du travail et de quoi vivre décemment. Mais rapidement, livrés à eux-mêmes les révoltés s’engagent dans la surenchère, la violence et les excès. Faute de savoir se structurer ils sont récupérés par les absents de la première heure, ceux qui n’ont pas pris part aux évènements mais qui ont suivi une situation dont ils ont tout à gagner. Placés en embuscade, ils s’insèrent dans le mouvement au moment opportun pour en prendre le contrôle. Il en ressort généralement un pouvoir dictatorial qui se révèle très dommageable pour la nation.

La révolution française de 1789 après avoir aboli la Royauté a finalement accouché de l’Empire et de Napoléon 1er dont les guerres ont causé la mort de centaines de milliers de personnes. Le même Napoléon 1er qui a vendu en 1803 la Louisiane et un immense territoire américain pour financer ces guerres, faisant ainsi perdre au français toute chance de s’imposer comme première langue internationale.

La révolution russe de 1917 a rapidement été confisquée par Staline. Les immenses espoirs suscités par le communisme se sont alors évaporés pour laisser la place au goulag et à ses dizaines de millions de morts.

La révolution iranienne de 1979, partie sur des revendications sociales, fut initiée par une population dont la démographie évoluait à l’européenne (moins de 2 enfants/femme). L’ayatollah Khomeini, à l’abri en France, a su habilement profiter des troubles et revenir au pays pour instaurer le régime des mollahs.

Plus près de nous, les frères musulmans, ont su prendre en marche le train des printemps arabes. Ils sont parvenus à confisquer à leur profit le vent de la démocratie qui soufflait sur les terres de l’islam. En Tunisie, par exemple, la jeunesse, les femmes non voilées et les réseaux sociaux ont permis, dans l’allégresse, la destitution du tyran Ben Ali mais en peu de temps le parti islamiste Ennahdha a pris le contrôle de l’Etat et renvoyé le peuple à sa misère.

On pourrait ainsi multiplier les exemples de mouvements de sans-culottes ou de sans grades qui se sont fait voler leur révolution.

Si les gilets jaunes ne parviennent pas à s’organiser et mettre de l’ordre dans leurs contradictions, ils courent à l’échec. La défense des intérêts individuels les plus divers avant celle des intérêts collectifs, l’absence de prise en compte des réalités politiques, économiques et internationales ne peut conduire qu’au chaos, à la ruine et à la destruction de l’ordre social. Les conditions de leur récupération, par une force plus organisée qu'eux, seront alors réunies. Au lieu des lendemains qui chantent attendons-nous dans ce cas à voir l’arrivée d’un despote au pouvoir. Et rien ne garantit que ce soit un despote éclairé. A l’inverse s’ils parviennent à structurer leur démarche, leur soulèvement peut déboucher sur une vraie avancée innovante et démocratique.

Rhadamanthe

 

pour mémoire: édito prémonitoire
publié le 9 juillet 2017

juste après l'élection d'Emmanuel Macron

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe,  les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte  près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur.  Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte.  Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité  qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

 Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets  et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens.  Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

   

Réactions à l'édito

  • L'édito est intéressant. Cependant, les périodes de réduction de population sont concomitantes à l’attirance des élites pour le malthusianisme qui est l’apanage du libéralisme qui considère que les ressources sont limitées et qu’il faut par conséquent limiter la population mondiale : le dernier rapport du GIEC ne nous préconise-t-il pas de ne plus faire d’enfants pour sauver la planète alors même que la cause humaine du réchauffement climatique ne fait pas l’unanimité dans la communauté scientifique (voir les climato-réalistes) ?

    Nos élites ne font pas exception, à l’image d’Emmanuel Macron, chantre de la fin du monde quand les Français parlent de leur fin de mois. A l’image de l’empire de la City et Wall Street qui pousse à la guerre contre la Russie et la Chine au moment précis où ces deux pays mettent en place un système économique reposant sur le développement mutuel (Nouvelles Routes de la soie) avec l’Inde et 65 autres pays, et au moment où le maintien sous perfusion monétaire (quantitative easing) de l’empire financier, incapable de vivre sans sa dose de profits de court terme (produits dérivés), est sur le point de provoquer un tsunami financier, comme le dénonçait Jacques Cheminade lors de la présidentielle 2017.

    La vraie question ? Les pollutions sont-elles causées par l’Homme ou par des entreprises soumises à la loi du « produire pas cher pour revendre le plus cher possible » dans une logique purement comptable de l’augmentation des profits de court terme (la richesse selon le libéralisme) au détriment du bien-être, du bien commun et des générations futures ? Rien à voir avec l’économie physique et le principe de moindre action qui consiste à produire mieux et plus avec moins de moyens (matières premières). La vraie richesse ? La créativité humaine. Encourageons une éducation et une culturelle émancipatrices où nous serons capables de penser par nous-mêmes au-delà de ce qui est connu, sans crainte de l’inconnu, avec la joie partagée de nouvelles découvertes rendant possible l’accueil de nouvelles générations en améliorant sans cesse les conditions de vie de tous.

    Le mouvement des Gilets jaunes s’essoufflerait … dans une épaisse fumée mensongère. Nul ne peut dire ce qu’il va devenir. Ce mouvement en est un parmi tant d’autres depuis le krach de 2008 au niveau mondial. Rosa Luxemburg appellerait cela un ferment de grève de masse en rejet du libéralisme : chacun ne demandant rien d’autre qu’à vivre de son travail et qu’à profiter d’une retraite dignement.

    Les Gilets jaunes sur leurs ronds-points font tourner en bourrique une classe politique et syndicale, qui tente de les récupérer après s’être soumise à ce système (affaires de corruption), sans une seule grève ni perte de salaire ! Pire. Les Gilets jaunes se parlent, élaborent des revendications … reprennent en main le pouvoir politique qu’ils ont trop longtemps confié « aux experts de profession ». Horreur absolue ! Ils réfléchissent désormais … par eux-mêmes.

    Les Gilets jaunes, attendent-ils juste des mesures immédiates pour répondre à leurs difficultés ? Au quel cas, n’enfileraient-ils pas des chaussettes en ayant encore les pieds dans le marécage ? Ou remonteront-ils aux causes réelles pour tout changer ? Car qui contrôle la monnaie, contrôle l’avenir. Pour l’heure, ce n’est pas le peuple, vu la cure d’austérité qu’il subit. Pourquoi ne pas créer une banque nationale sous contrôle citoyen afin de rediriger l’argent vers des investissements productifs plutôt que vers la spéculation destructrice ? Pourquoi ne pas assainir le système financier et bancaire avec une loi de séparation bancaire pour protéger l’épargne de la spéculation ?

    Les Gilets jaunes redonnent leur véritable sens aux mots « morale » et « politique », un projet commun dont se dotent des individus au-delà de toute vision partisane dans l’intérêt du bien commun tout en s’en donnant les moyens.

    Emmanuel Macron rate ce moment historique que nous vivons : celui où nous passons de l’ère de la guerre de tous contre tous à l’ère d’une coopération entre les pays et les peuples à l’échelle mondiale grâce au chemin de l’espérance tracé par les Nouvelles Routes de la soie. Les Gilets jaunes vont-ils saisir ce moment extraordinaire de l’histoire de l’Humanité ? Car le nouveau nom de la paix est : co-développement !

    Julie Péréa

  • Près de la moitié des français ne prennent pas la peine d'aller voter
    Près de la moitié des français ne paient pas d'impôt... votent-ils?
    Près de la moitié des français soutiennent les gilets jaunes...votent-ils?

    Jean Mercier

  •  Alternative à la violence qui ne mène à rien : trois propositions concrètes d'orientations politiques pour le gouvernement quel qu'il soit, l'actuel ou le futur :

    Amélioration du pouvoir d'achat des plus modestes :
    Les très riches ne créent pas d'emplois et d'ailleurs ils ne cherchent pas à en créer. La finalité des entreprises n'est pas de créer des emplois mais de fournir des produits et services à des clients. Si cette fourniture est efficace et correspond à l'attente et au pouvoir d'achat des clients, l'entreprise se développe et crée des emplois, sinon elle périclite et les emplois sont détruits. Donc le problème est certes de rendre efficace les entreprises mais il est aussi de créer les conditions pour que les consommateurs consomment.

    Mise à contribution des détenteurs de portefeuilles importants de valeurs mobilières (actions) pour financer la transition énergétique :
    Depuis 30 ans la part de la valeur ajoutée qui va au travail se réduit au profit de la part qui va au capital. Les "capitalistes" ont de plus en plus de revenus mais leurs "clients" ont de moins en moins de moyens pour acheter leurs produits. L'argent des riches n'est donc pas investi dans des usines puisque les gens ont déjà du mal à acheter ce qui est produit. L'argent des riches va vers le luxe ou les produits immatériels de la finance. Bulles de champagne et bulles financières créent la misère des peuples.

    Réduction des dépenses de l'état en commençant par réduire la structure au sommet (moins de ministres, de sénateurs, de députés, etc.) :
    Un escalier se balaye en commençant par le haut. Réallocation des économies aux services publics prioritaires (santé, éducation-culture, police-justice) et à la réduction des impôts et taxes. Les responsables devront monter l'exemple de la modestie et de la priorité à accorder au bien commun.
    Voilà c'est tout. Trois points uniquement. Simples, cohérents, clairs, précis et argumentés. Les modalités d'application devront être définies en concertations avec les citoyens. Les responsables devront monter l'exemple de la modestie et de la priorité à accorder au bien commun.

    Jean-Paul Lefebvre


  • Plus d'infirmières, plus de sécurité, plus de policiers, plus d'écoles, plus d'environnement, plus de psychiatres, plus de..., plus de...  Des services qu’on ne peut se payer quand on veut baisser les taxes et les  impôts.

    Gérard Daugier
  • Il existe des moyens républicains de revendiquer !!
    Nous avons voté pour un président, un sénateur un député ou un maire, faisons-lui part de nos problèmes !!Ils sont là pour nous écouter et pour servir de relai pour faire remonter les revendications !!!
    Respectons les résultats des urnes et les institutions !!!
    Par contre, la violence et l’ignorance ne peuvent conduire qu’au chaos !!
    Réfléchissez un peu avec votre cerveaux et pas avec des pavés ou des battes de base Ball !!

    André Piques

  • Je ne me sens pas concerné par ce mouvement, qui pour moi donne une mauvaise image de la France. Une image d’une France qui ne sait jamais se satisfaire de ce qu’elle a. Cette France ne retient personne à ce que je sache. Il faudrait que les gens ouvre les yeux et regarde ce qu’il se passe dans les autres pays. Bref ce mouvement n’a que trop duré et aura sans doute causer plus de tord qu’il n’y parait à ce jour. Nous tirerons le bilan en 2019.. J’espère simplement que les gilets jaune sauront revenir à la raison.. et iront se trouver du travail pour ceux qui manifestent ET qui sont au chômage, et qui donc feraient mieux d’envoyer des CV.

    Jeremy Guazzagaloppa

  • Il y a un moment, quand on a plus rien à perdre où si peu ... ou on se laisse mourir, ou on se bat. J'ai fait mon choix ! Il n'y a aucune raison, que je regarde comment ça se passe dans les pays voisins, ce n'est pas mon problème, ni que je quitte mon pays. Il est pas acceptable que les politiques, droite comme de gauche, vivent comme des rois, alors qu'une grande partie de la population se serre la ceinture. Ça suffit !

    Annick Cousin

  • Je ne soutiens pas les casseurs et le emm....eurs.

    François Rouvière


  • Je m'aperçois que les Gilets Jaunes sont manipulés et instrumentalisés par les extrémistes et que le mouvement est gangréné. N'étant ni un casseur, ni un incendiaire, ni un raciste ou un antisémite, je ne me reconnais plus dans ces exactions ni dans ces revendications qui vont dans tous les sens mais et dont certaines sont irréalistes voire absurdes.

    Pierrette Chambon

  • solution pour que l’État économise:
    • au lieu de donner de l'argent a tout va, ne serait-il pas plus intelligent de donner des bon achats au lieu de donner des espèces. L'argent resterait en France et ferait marcher l'économie
    • la TVA restauration doit être la même pour tout le monde : par exemple je vends de l'alcool avec la licence 4 ma TVA est de 20 % mon voisin vend de l'alcool avec la licence 3, sa TVA est de 5.5%....!
    • chaque fois qu'une loi est votée, un an plus tard voire moins elle est remplacée par un autre ministre...Cela coute très cher pour la mettre en place .... la solution :  quand une loi est votée elle doit être accompagnée d'une date ou elle serait éventuellement changée ou modifiée...
    • le RIC est une belle connerie : cela couterait trop cher à l’état et personne ne si retrouverait parce que les français ont la mémoire courte, sont égoïstes et individuels
    • les départements ou les régions pourraient économiser sur leurs publications qui racontent toutes la même chose : mon Hérault,  thau agglo,ma région, l'occitanie... etc...Que d'argent dépensé...Pourquoi les collectivités locales réclament de l'argent à l'Etat alors qu'elles dépensnent sans compterr?...

      Jean-Marc Alouane


  • Je souhaite que les gilets jaunes rentrent chez eux et arrêtent de revendiquer tout et n’importe quoi ! D’ailleurs, on s’aperçoit bien maintenant qu’en fait ce ne sont pas des revendications pour leur pouvoir d’achat qui les a motivés mais juste de mettre le bazar partout en France, poussés par des partis politiques extrémistes. Pour preuve, leurs façons de faire autoritaires et inacceptables qui consistent à forcer des gens à porter un gilet jaune pour passer un rond-point. Il me semblait que l’on était libre de penser comme on voulait en France ! Nous en avons plus qu’assez de ces gens qui prétendent parler pour tous les français, ce qui n’est largement pas le cas.

    Christine Laval

  • On parle de justice fiscale mais je n'ai jamais entendu qui que soit soulever ce problème de l'impôt sur l'impôt qu'est la CSG. Prenez votre bulletin de paye et regarder les 2 zones revenu imposable de l'année et montant imposable du mois.On déclare plus aux impôts que ce que l'on gagne mensuellement. Artifice fiscal : on paye un impôt sur une partie de la CSG qu'on nous retire et donc sur de l'argent que l'on ne touche pas ! Commençons par payer nos impôts sur ce que l'on gagne réellement.

    B
    runo Barre


  • Nous avons réduit le nombre de régions et de cantons, nous avons regroupé les communes, nous avons créé des agglomérations, etc. Sur le principe c’est bien sauf que, au global, le nombre d’élus n’a pas diminué pour autant : il a même augmenté. Le nombre d’élus dépasse à présent les 600.000, soit environ 1 mandat électif pour 100 habitants y compris les bébés !. Est-ce bien raisonnable de payer autant de monde quand on sait que, par exemple, la Grande-Bretagne compte un élu pour 2.336 habitants, 20 fois moins qu'en France? -  Le vrai patron c’est celui qui paye, c’est-à-dire nous avec nos impôts et taxes. Il est grand temps d’agir en patron : virer les incompétents, baisser les coût et exiger des résultats. -

    André Leclerc


  • Nous avons réduit le nombre de régions et de cantons, nous avons regroupé les communes, nous avons créé des agglomérations, etc. Sur le principe c’est bien sauf que, au global, le nombre d’élus n’a pas diminué pour autant : il a même augmenté. Le nombre d’élus dépasse à présent les 600.000, soit environ 1 mandat électif pour 100 habitants y compris les bébés !. Est-ce bien raisonnable de payer autant de monde quand on sait que, par exemple, la Grande-Bretagne compte un élu pour 2.336 habitants, 20 fois moins qu'en France? -  Le vrai patron c’est celui qui paye, c’est-à-dire nous avec nos impôts et taxes. Il est grand temps d’agir en patron : virer les incompétents, baisser les coût et exiger des résultats. -

    André Leclerc

  • Ne pourrait-on pas vendre l'Hôtel de Région pharaonique que Georges Frêche a construit à Montpellier puisque la région Languedo-Roussillon a disparue après sa fusion avec Midi-Pyrénées? - Cela pourrait financer des maisons de retraite.

    Gilles Bonnemaison.

  • Attention aux amalgames dire que nous avons 600 000 élus en France ... pourquoi pas, je n'ai pas compté ... mais ça ne signifie pas que l'état indemnise 600 000 élus. Par exemple, sur un conseil municipal comme celui de ma commune composé de 15 personnes il n'y a que le maire et trois adjoints qui soient indemnisés. De plus, depuis plus de vingt ans les élus ont voté pour ne pas prendre 100% de leur indemnité (65% à ce jour); pour en finir il y a fort longtemps que je n'ai pas vu de note de frais de mes collègues élus qui se déplacent et considèrent que les 65% d'indemnité servent à ça ... alors qu'on arrête avec "élus tous pourris".
    On prend pour exemple, quand ça arrange, les USA pour le nombre d'élus ... croyez-vous que ce soit un bel exemple de démocratie qui porte à sa tête celui que l'on sait. Serait-il souhaitable partout dans le monde? Ce bel exemple où il faut brasser un maximum de $ pour se faire élire et où le train de vie des élus doit être bien pire que chez nous.

    On a créé des communautés de communes et d'agglomération en multipliant les élus mais aussi en multipliant les structures et les fonctionnaires territoriaux au dépend des communes et parfois de leur bonne gestion pour passer dans des super technostructures dont on a du mal à voir pourquoi c'est mieux qu'avant. Ces messieurs de l'ENA l'ont fait ...

    On met en question les indemnités des ministres mais pas celles des joueurs de foot !!! est-ce parce que c'est le nouvel opium du peuple (servi par des émirs du moyen orient ou des milliardaires russes) ? et qu'il faut bien que le bon peuple s'amuse en achetant hors de prix les tee shirt avec les pub des émirats ??? On casse les Champs Elysés mais on ne dérange pas le grand Palais avec son ballon d'or ... De qui la France a-t-elle besoin? De ministres qui tentent de la faire avancer ou de joueurs de foot?

    ...
     

    Pierre S.

     

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Une lettre ouverte au Président Macron par une Gilet Jaune de 71 ans

DE Madame CARAMEL Marialys au Président Emmanuel Macron


"Bonne Année Monsieur Macron.
Mr le président  à la veille de la nouvelle année, je vous fais cette lettre que vous lirez peut être si vous prenez le temps."


"Je suis une  Gilet Jaune de 71 ans, pour tous mes compatriotes dans la souffrance,  j’essaye malgré mes problèmes, d’être présente  afin de les soutenir.
Grâce à l’exemple de mon père qui fut un résistant et j’en suis fière, ma vie a été un combat :
-Jeune contre la moquerie de mes petits camarades à cause de mon nom.
-Adulte dans des différentes associations contre l’injustice  sociale, le mal logement, la pollution de notre planète, etc.  ……
-Aujourd’hui, au crépuscule de ma vie c’est avec les Gilets Jaunes que je me bats."


"Ma retraite, Mr le Président je me la suis payée en travaillant  40 ans et en élevant en même temps 3 enfants.
Aujourd’hui comme Hier,  Je n’ai  droit aux différentes aides sociales et tant mieux.
Je paie des impôts,  la CSG et  je fais partie des petits retraités de la classe moyenne. Hélas ma retraites n’étant pas indexée  mes revenus baissent inexorablement.  Aujourd’hui je compte et me prive de beaucoup de choses
Je n’ai aucun patrimoine.  Le peu de mes économies qui devraient  me servir à ma dépendance ne seront pas suffisantes. Mes enfants comme beaucoup d’autres ne pourront hélas combler le reste à charge vue le prix des HEPAD,  quelle sera la solution ? Lorsque l’on voit comment fonctionnent  ces structures où les pauvres patients sont à la limite de la maltraitance par le manque de personnel et de moyens.
Le seul espoir pour garder un peu de dignité sera la légalisation de l’euthanasie ou un dernier voyage dans un pays qui le pratique."


"Vous voulez, M. Le Président,  museler la colère d’un peuple qui sollicite la justice sociale par la répression,  est- ce la solution ? D’autres Dirigeants ont voulu le faire et ont perdu.
Demain vous aller présenter vos vœux, alors,  je vais vous présenter les miens et vous supplier d’arrêter cette répression, de  recevoir les représentants du peuple en colère non pas pour des tours de tables qui ne servent à rien à part de retarder l’explosion de  la bombe mais pour annoncer de véritables mesures sociales justes."


"La majorité  des Français , ce peuple fier, ne demande pas l’aumône mais de pouvoir vivre décemment du fruit de son travail.  Ils souhaitent  payer des impôts mais que ceux-ci  soient justes, bien répartis et mieux utilisés.
Je vous souhaite M le Président  une bonne année."


Marialys Caramel

André Deljarry, Président de la CCI Hérault, au sujet des "Gilets Jaunes"

André Deljarry, Président de la CCI Hérault, 1er Vice-Président de la CCI Occitanie et l’ensemble des chefs d’entreprise, élus de la CCI Hérault, dénoncent le blocage inadmissible de la centrale logistique Intermarché de Villeneuve-les-Béziers, ainsi que d’autres points névralgiques, qui permettent de desservir les populations, notamment en produits alimentaires de première nécessité.


"La plateforme logistique alimentaire de 66 000 m² d’Intermarché à Villeneuve-les- Béziers, actuellement bloquée, permet de desservir plus de 200 magasins.
Autre plateforme logistique bloquée, Système U à Clermont l’Hérault de 60 000 m², qui permet de livrer une centaine de magasins.
Ces deux équipements logistiques, qui desservent des commerçants indépendants de divers formats – du magasin de proximité à l’hypermarché -, mais aussi d’autres dépôts de produits, comme celui de carburants de Frontignan, subissent depuis le début de la semaine, dans le cadre du mouvement « des gilets jaunes », des blocages ou freins dans leur fonctionnement qui se répercutent sur leurs clients. Ces plateformes logistiques permettent de maîtriser l’ensemble des flux et des coûts en amont des points de vente et de proposer ainsi aux consommateurs des produits à des tarifs maîtrisés.
Nous sommes donc choqués par l’action du mouvement des « gilets jaunes » qui se voulait en lutte contre les hausses des prix du pétrole, et pour l’amélioration du pouvoir d’achat.
Les conséquences du blocage abusif des centrales logistiques, sont à l’opposé des fondements initiaux du mouvement, à savoir permettre à la population de mieux vivre au quotidien.
Nous soutenons donc pleinement les diverses actions de Monsieur le Préfet de l’Hérault, afin que la population et l’économie locale soient le moins perturbées et retrouvent de la sérénité."

Christian Puech, à propos des sentiments religieux durant la Grande Guerre

Centenaire guerre 14-18 : «  Renvoyés avant guérison en première ligne, et morts faute d’avoir manifesté des sentiments religieux… »

Parmi les nombreux côtés par lesquels ont été mis en lumière depuis un an, les causes, les horreurs, la durée et les conséquences de la guerre 14-18, l’une de ces pratiques me semble avoir été oubliée par les grands médias.

Pourtant le sujet est d’importance, il s’agit de l’ingérence de la religion dans une partie du commandement militaire, qui a conduit à une mort quasi certaine un nombre à jamais inconnu de soldats agnostiques ou qui ne manifestaient pas de sentiments religieux.

"Pourtant, la séparation de l’église et de l’Etat avait été inscrite dans la loi neuf ans plus tôt. De plus, la question religieuse est encore d’une actualité brûlante en France, entre autres dans le conflit qui oppose régulièrement l’école laïque à l’école privée. Mais dans une démocratie tolérante il est normal que les deux aient droit de cité.

Des milliers de cérémonies vont être organisées en France pour le centenaire de l’armistice, M. le président Manuel Macron vient de parcourir un « itinéraire mémoriel », dimanche il s’adressera à 60 chefs d’Etat, et mardi il lancera le premier Forum sur la paix organisé en France.

Mon arrière-grand-père maternel, Joseph Trouilloud, originaire du Vercors, a survécu après avoir combattu quatre années dans les tranchées, et mon père, Adrien Puech, fut à Montpellier un apôtre de la Paix. Il m’avait présenté au sculpteur-dessinateur Paul Dardé (1888-1964) ancien brancardier au front, auteur du seul Monument aux Morts français dédié à la Paix universelle,symbolisé par la douleur et le chagrin des orphelins et des veuves de toutes conditions sociales entourant le soldatmort pour la patrie.

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(PhotoC. Puech)

J’ai l’honneur d’être le biographe de cet Artiste « maudit », mort dans la misère à Lodève où il a réalisé ce Monument. Un Artiste envers lequel j’ai eu l’honnêteté intellectuelle de reproduire, envers et contre tout, ses « Lettres ouvertes » et écrits tabous depuis 1932. Dans ces dernières Dardé évoque l’ingérence tragique de la religion pendant la grande guerre et les persécutions pour délit d’opinion que son esprit de vérité a engendré de la part de certains notables locaux. J’ai donc quelques raisons de ne pas me taire, d’autant qu’en dehors de mon livre, nulle part ailleurs sont reproduits à ce jour les écrits intemporels de Dardé, je cite page 141 : » « Il y a encore des gens qui pensent et qui tiennent essentiellement à la liberté de conscience ; et qui se souviennent de quelle manière bien souvent pendant la guerre, les blessés qui ne pouvaient pas pousser l’hypocrisie jusqu’à feindre d’avoir des sentiments religieux, étaient renvoyés même avant guérison sur le front, alors que toute une bande de mouchards restaient indéfiniment à l’arrière, pour une bonne raison, qu’ils exécutaient toutes les palinodies qu’on les priait d’exécuter pour la plus misérable gloire de Dieu…(D’autres) étaient renvoyés au front, avec ces indications mystérieuses, qui accompagnaient ceux-là que ne devaient pas revenir…Et bien messieurs les Conseillers, c’est là que se trouve le nœud de toute l’intrigue que vous ignorez, qui n’est connue que de quelques initiés, et dont j’ai été longtemps victime. Parce que je suis un peu libre dans ma façon de penser et de m’exprimer, parce que je ne me cachais pas pour travailler le dimanche, et surtout parce que je n’avais pas voulu en revenant (célèbre) dans mon pays renier mes modestes origines…on m’a regardé de travers et décidé de me combattre dans tout ce que je faisais… ».

C’est grâce à des hommes rebelles engagés dans de nobles causes que nombre d’entre nous découvrons les vérités essentielles qui sauvent. Ne devrions-nous pas regarder en face notre passé pour penser et construire enfin notre avenir. Qui ne mesure encore aujourd’hui l’incidence des religions et des mentalités dans les guerres et la gouvernance du monde ? Mais la longévité des mentalités dépasse de très loin la vie terrestre des hommes."

Christian Puech (10/11/18).

Pour en savoir plus, voir dans plus de 50 bibliothèques au monde : « Paul Dardé sculpteur-dessinateur de l’âme humaine » par Christian Puech. Ou pour faire l’acquisition de ce livre rare , diffusion : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Et si les gilets jaunes étaient aussi l'occasion de réfléchir à nos déplacements?

Des milliers de manifestants le le 17 novembre, un mouvement qui continue un peu partout: sans nul doute les français sont en colère et l'expriment. Cette lutte contre l'augmentation du prix des carburants traduit un mécontentement plus général envers la politique gouvernementale qui ponctionne toujours les plus pauvres et fait des cadeaux aux plus riches. Oui il est plus que nécessaire de dénoncer la cherté de la vie et les effets déshumanisants de l'ultralibéralisme. En ce sens le mouvement est profondément politique et on le comprend.

Mais pourquoi est-ce justement l'augmentation du prix des carburants et notamment du diesel qui déclenche une telle protestation? On n'a pas vu une telle mobilisation contre la suppression de l' I.S.F., l'augmentation de la C.S.G., la réforme des retraites et bien d'autres mesures qui ponctionnent notre pouvoir d'achat. On peut comprendre que c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Néanmoins, il semble nécessaire de voir un peu plus loin. Ce mouvement ne fait pas l'unanimité. Les écologistes qui soutiennent la taxe carbone n'ont pas porté le gilet jaune. Des associations de cyclistes ont manifesté et insisté sur le fait que c'est eux qui portent régulièrement les gilets jaunes pour être vus par les automobilistes, montrant que le vélo était aussi un mode de déplacement.

Ne faut-il pas aussi réfléchir sur la place prise par la voiture dans notre société, obligeant la plupart de nos concitoyens à être tributaires du prix du carburant?
Les statistiques montrent que les français font 725 milliards de km par an, la plupart en voiture, les transports en commun ne représentant que 8,1 milliards. Un automobiliste français dépenserait en moyenne 5517 euros par an pour ses déplacements en voiture (source internet: statistiques planetoscope). Bien sûr  ce sont des moyennes. Ce qui est certain c'est que la voiture coûte cher mais elle  est devenue le moyen de déplacement majeur.

Le mode de déplacement automobile s'est imposé petit à petit après les années 50.

 

Avant la seconde guerre mondiale, il y avait en France 2,4 millions d'automobiles et 9 millions de bicyclettes. Les ouvriers et paysans se rendaient au travail à vélo, on faisait ses courses à bicyclette. Il y avait des trains partout, notamment dans l'Hérault. Puis la voiture est devenue un symbole de liberté et de modernité-avec ma voiture je vais où je veux quand je veux- elle s'est largement développée après guerre pour arriver aujourd'hui à un parc automobile qui dépasse les 30 millions de voitures particulières (32,39 millions en 2017 d'après le Comité des Constructeurs Français d'Automobiles). Quant au vélo utilitaire, il a pratiquement disparu puisque la part modale des déplacements à vélo en France est inférieure à 2% ; la bicyclette est surtout utilisée pour les loisirs. Les petites lignes de train ont disparu, les transports en commun couvrent à peine 20% des déplacements sur tout le territoire français, sur l'agglomération du bassin de Thau, 5% seulement des déplacements se font en transport en commun.

De plus au cours des dernières décennies, le développement des zones urbaines et périurbaines a engendré un éloignement domicile-travail rendant la voiture particulière quasi obligatoire dans la mesure où il n'y a pas toujours des transports en commun à la hauteur des besoins. L'accroissement des grandes zones commerciales avec la mort programmée du petit commerce favorise également l'utilisation de l'automobile.

Tous les gouvernements qui se sont succédé ou presque ont favorisé une politique "tout automobile"

(quelques ministres communistes ont vraiment influé sur l'amélioration des transports en commun, de 81 à 83 et de 97 à 2002)

Ce choix politique a rendu les français dépendants de ce mode de déplacement qui finissent par penser qu'on ne peut pas faire autrement. Bien sûr il y a bon nombre de personnes qui n'ont pas d'autre moyen que la voiture particulière pour aller travailler. Cependant, les chiffres montrent que de nombreux déplacements en auto pourraient être évités:

40% des déplacements quotidiens en voiture font moins de 2km ! Certains ont la chance de travailler près de chez eux mais 58% des trajets domicile -travail inférieur à 1 km se font en voiture.

Depuis quelque temps on voit émerger une prise de conscience de la nocivité de cette politique du tout automobile.
Actuellement, à Strasbourg, des militants poursuivent leur grève de la faim commencée le 22 octobre pour protester  contre un gigantesque projet autoroutier. Cette autoroute, qui condamne le poumon vert de la ville alsacienne, coûte 553 millions d'euros, des études sérieuses montrent que cet ouvrage détournerait à peine 10% de la circulation. On peut se demander à qui profite un tel projet. Nous perdons tous régulièrement du temps dans les bouchons et pourtant, beaucoup d'entre nous n'ont pas d'autre choix que la voiture. Les transports en commun ont été largement améliorés un peu partout mais pas suffisamment pour dissuader de la voiture. On se retrouve face à un cercle vicieux: les bus ne sont pas rapides aussi parce qu'ils sont pris dans les embouteillages causés par les voitures essentiellement, donc on prend son auto... Même cercle vicieux pour les vélos: ceux qui souhaiteraient enfourcher une bicyclette ne le font pas face à la dangerosité des autos. Malgré le développement des pistes cyclables, la continuité n'est pas souvent au rendez-vous pour permettre la sécurité des cyclistes.....

Pour sortir de cela, il faut à la fois changer de politique et informer les citoyens afin d'amorcer un changement de mentalité. Le travail fait au sein de l'agglomération de  Sète sur le Plan de Déplacement Urbain est à ce titre très intéressant: il montre que la voiture nous envahit, les transports en commun sont peu utilisés et le vélo utilitaire encore moins. Le P.D.U. étudie les solutions alternatives au tout automobile.

Néanmoins, la  voiture particulière est encore perçue comme le meilleur moyen de transport et surtout comme celui qui nous rend libre :le où je veux quand je veux quand je veux est encore très ancré dans les mentalités.


Pourtant le revers de la médaille de cette liberté commence a être bien connue:

- 48000 morts par an en France à cause de la pollution de l'air due en grande partie aux transports. Cette pollution qui fait naître les bébés moins gros et diminue l'espérance de vie. Il faut à cela ajouter les décès par accident.
- La voiture envahit notre espace que ce soit dans les grandes villes ou les petites villes.
-  Enfin, toutes les études, qu'elles soient basées sur les statistiques de L'INSEE de la consommation des ménages ou autres calculs, montrent que la voiture particulière s'avère être le déplacement de loin le plus coûteux surtout pour les déplacements inférieurs à 80 km. Les chiffres de l'INSEE attestent que la voiture particulière revient réellement en moyenne à 27 ct du km, le carburant représentant le tiers de la dépense,  les transports publics à 13 ct et le vélo à 12 ct (en intégrant tous les équipements nécessaires au vélo utilitaire).
Bien souvent les automobilistes sous-estiment le coût de leur voiture par rapport aux autres modes de déplacement et ceux qui le pourraient, ne se décident pas à tenter les transports en commun. D'autre part on ne mesure jamais assez les avantages du transport collectif: il est moins cher mais apparemment plus chronophage aujourd'hui (en partie à cause de l'excès de la voiture). Cependant, on ne tient pas compte du fait qu'en voiture le temps est perdu alors que dans les transports collectifs bien souvent on peut lire ou travailler ou même développer du lien social.
Cette analyse sommaire sans prétention, autre qu'une réflexion citoyenne, montre qu'il serait souhaitable de sortir de cette politique du "tout automobile".


L'urgence écologique est là, nous avons le devoir d'agir pour arrêter le désastre: la pollution de l'air, de l'eau, des sols tue de nombreuses espèces. toutes les 20mn, une espèce vivante meurt, ce qui fait plus de 26 000 par an, cela est du en grande majorité aux activités humaines. Ce n'est pas la planète qu'il faut sauver, elle continuera de tourner, mais la vie sur terre. Nous cassons la branche sur laquelle nous sommes assis.

On peut être pour ou contre la taxe carbone, on peut douter de son utilisation par nos gouvernants puisque le scandale vient d'être révélé: 577 millions d'euros de la taxe carbone ont été siphonnés du budget écologie. Cependant, nous devrions nous mettre d'accord sur l'urgence écologique. Réfléchir ensemble aux moyens à mettre en oeuvre pour arrêter le désastre. Luttons contre la ponction faite aux gens les plus démunis, demandons des comptes à nos dirigeants, oui mais sans oublier cette urgence planétaire.


Mettons des gilets jaunes, des bonnets rouges ou des pantalons verts pour tout cela ; demandons la diminution de toutes ces taxes qui nous étouffent mais réclamons en même temps des meilleurs transports collectifs, des voies cyclables et des trottoirs pour le piétons. La France est très en retard dans le domaine des déplacements par rapport aux pays de l'Europe du nord que ce soit pour les transports collectifs ou les pistes cyclables: la part modale du vélo dépasse dans certaines villes celle de la voiture. A Copenhague 35% des déplacements se font à vélo et 38 % à Münster.
Demandons une subvention pour ceux qui n'ont pas de transports collectifs pour aller travailler en attendant de pouvoir faire autrement comme nos voisins du nord. Réclamons le retour de l'I.S.F., taxons les transports aériens pour financer la transition énergétique.
Nous savons tous qu'il est impossible à l'échelle planétaire de continuer à polluer ainsi, épuiser nos réserves énergétiques pour déplacer une tonne de ferraille  par personne.

Alors, soutenir les revendications des gilets jaunes, oui mais en réfléchissant aussi à nos modes de déplacement et à la société que nous voulons pour nos enfants demain. Il y a urgence à inventer un autre monde,  à sortir de cette politique qui tue l'humain.

Sylvie Vimont RIspoli