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Courrier des lecteurs

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Le canal Riquet...passionnément

par Jean-Michel Sicard

À nos Élus de la région Occitanie,

Nous avons célébré en 2016 deux commémorations coïncidant avec l'an I de la région Occitanie. Le 350e anniversaire de l'Édit de création du canal signé par Louis XIV en octobre 1666.  Il a focalisé l'attention du public sur son concepteur et réalisateur Pierre Paul Riquet. Le 20e anniversaire de l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité en décembre 1996. Il nous ramène à la dure réalité. Cette reconnaissance universelle est-elle toujours méritée ?

 La réponse à cette question justifie l'urgence à agir exprimée lors des Assises du canal du Midi convoquées à Carcassonne  comme suite à la création du Comité de Bien du Canal. Il s'agit de définir la politique de la Région pour réhabiliter le canal du Midi.

La structure qui se met en place doit générer un rassemblement de toutes les parties concernées pour redonner au canal l' intérêt économique, l' attrait touristique et la reconnaissance de sa valeur patrimoniale qu'il a perdus. Il suffit de se déplacer le long du canal pour se rendre compte de la réalité de son délabrement. Le canal qui s'étire sous nos yeux souffre d'un demi-siècle de désintérêt et d'abandon favorisant le laisser-aller des utilisateurs et du public et leur  manque de respect pour l'ouvrage classé. Nous en sommes tous responsables.

Le respect est communicatif. Faisons en sorte que le canal, par l'aspect entretenu qu'on lui donnera, inspire et impose ce respect attendu.

Il semble à l'évidence que les collectivités riveraines de la voie d'eau (communes, départements, région) qui, en grand nombre, lui avaient jusque-là tourné le dos, soient enfin sensibles à la réhabilitation du canal ; dans l'espoir d'y trouver « un retour sur investissement» ?

Le canal de Riquet semble avoir été redécouvert cette année après plusieurs décennies d'abandon. Faute d'intérêt économique, il gênait, était une charge plutôt qu'un atout.

Notre Région, accompagnée par l'Etat, a décidé de se pencher sur ce grand corps malade avec le dessein de lui redonner sa stature d'ouvrage majeur de notre patrimoine régional, universellement reconnu.

Je n'ai aucune qualité pour traiter du volet économique. Comme beaucoup de nos concitoyens je fais le vœu qu'une activité batelière marchande s'installe et réduise le trafic des poids lourds sur nos routes.

 Le volet touristique ouvre un champ d'action plus vaste où chacun se sent concerné. Toutes les collectivités riveraines mouillées voudront profiter de l'aubaine et se présenteront comme détentrices de la section qui les traverse, sorte de relique du défunt canal. Ce volet devrait, à mon sens, reposer sur l'urgente mise en valeur du patrimoine architectural et paysager  reconnu par l'UNESCO.

Cette réhabilitation ne pourra se réaliser que dans le respect des ouvrages du chef-d'œuvre de Riquet construits ou modifiés jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Certes, la tentative de modernisation dans les années 1970 a dénaturé ou détruit des ouvrages majeurs : écluses de descente en Garonne aux Ponts-Jumeaux de Toulouse, écluse ronde d'Agde en particulier. La valeur patrimoniale n'interpellait pas les décideurs d'alors. On ne peut que le regretter.

 Mais depuis l'inscription du canal au Patrimoine mondial de l'Humanité, qu'a-t-on fait pour  prolonger le sursaut d'orgueil bien légitime ? Rien, ou si peu. Le mépris a perduré. Pire, on poursuit la destruction de ce qui est considéré comme inutile. On laisse courir à leur ruine des ouvrages hydrauliques significatifs. De nombreux bâtiments témoignent de décennies de désintérêt et d'abandon.

Il va falloir de l'argent et de la patience pour que tous ces ouvrages donnent envie au public de les visiter, de comprendre leur rôle dans la grande machine hydraulique qu'est le canal. Pour cela il faut les atteindre. Et l'accès actuel relève souvent de la course d'obstacles non dépourvue de danger. Le chemin de service, terme utilisé par VNF, est mieux défini par son appellation d'origine chemin de tire, ou de halage. Je parcours à vélo, chaque année depuis 15 ans, ce chemin entre Toulouse, Agde et Narbonne. J'ai constaté avec tristesse son délabrement progressif faute d'entretien. À l'époque du halage, il permettait le passage de deux chevaux de front. Actuellement, de nombreuses sections n'offrent plus qu'une étroite trace bordée de hautes herbes et de ronces. Parfois il n'existe plus.

C'est pourtant ce chemin de halage qui conduit naturellement à tous les ouvrages grands et petits. Il a permis et accompagné, depuis sa création jusqu'à l'apparition des péniches motorisées, l'usage de la voie d'eau par les barques halées.

La mode actuelle, c'est « la vélo-route ». De Bordeaux à Beaucaire, cette voie (verte?) rapide, sorte d'autoroute pour vélos, offrirait une traversée du Midi sans obstacles, à la vitesse d'un peloton du Tour de France. Favorisera-t-elle l'économie locale (commerces, hôtellerie, restauration) ? Rien ne le garantit. Et pour quel coût ? Ce qui est certain, c'est qu'elle ne retiendra pas la curiosité des randonneurs pressés pour la richesse de notre patrimoine. J'ai entendu que cette voie emprunterait parfois le chemin de halage, serait le plus souvent  implantée au sommet d'un terrier existant surplombant le canal, s'en éloignerait parfois pour traverser quelque village proche. Quant au revêtement de cette voie, quel sera-t-il ? Celui que l'on rencontre le long du canal de Garonne ?

La vélo-route, c'est l'erreur à ne pas commettre. On dénaturerait irrémédiablement le monument historique comme cela fut fait entre Toulouse et le bassin de Naurouze. Il faut garder en mémoire que le canal n'avait d'utilité et de sens qu'accompagné au plus près par le chemin de halage. La vélo-route, remplaçant le chemin de halage, dissociée de la voie d'eau, séparée d'elle par des plantations, ôterait toute compréhension de l'ouvrage.

 La solution simple, économique, respectueuse de l'ouvrage historique, consisterait à conserver et à remettre en état ledit chemin, lui donner sa largeur d'antan, avec un revêtement naturel souple (castine fine) excluant les enrobés durs ou colorés.

Le canal est une succession d'ouvrages hydrauliques opérationnels lui donnant le caractère d'un musée vivant de plein air. Il ne s'agit pas de les « figer » mais de les présenter au public en activité, avec les explications utiles, propres à favoriser l'intérêt, la réflexion, l'admiration et le respect. Ne pourrait-il pas être la base d'un projet de tourisme industriel où des médiateurs (ou médiatrices) du patrimoine interviendraient à la demande de groupes constitués (scolaires, visiteurs étrangers, grand public). À l'occasion, le passage des bateaux illustrera naturellement les fonctions de ces ouvrages.

La « mise en lumière » des ouvrages aurait un effet positif sur la fréquentation touristique, surtout auprès de ceux qui privilégient un déplacement doux, sécurisé et économique.

Les bateaux de plaisance posent le problème de la pollution de l'eau par le déversement de leurs effluents directement dans le canal. Deux mesures à prendre rapidement : présence obligatoire sur toutes les barques d'une cuve de rétention des eaux usées ; au sol, installation de stations de récupération de ces eaux.

La disparition des platanes, sur laquelle se focalisent toutes les attentions, nous a ouvert les yeux sur l'état réel de la voie d'eau, objet des possibles remarques du Comité de l'Unesco. C'est sur l'urgente remise en état du canal et de ses bâtiments que doivent porter les efforts. Le moderniser pour le vivifier et lui donner une nouvelle valeur économique n'exclut pas de conserver et de protéger la valeur patrimoniale du chef-d'œuvre universellement reconnu du grand Occitan Pierre Paul Riquet.

Préparerons-lui un nouvel avenir en respectant son passé.

 Jean-Michel Sicard

lire aussi 
Le Canal du Midi,  chef-d'œuvre en péril ?
et Quel avenir pour notre canal ?

Lettre ouverte aux conseillers communautaires de l'ex CCNBT

Nous recevons la lettre ouverte suivante :

Chers Ex-Collègues,

Vous vous apprêtez à vous prononcer sur le taux de CFE de la nouvelle agglo de Thau.
Je vous rappelle vos prises de position d’avant fusion, qui consistaient à rejeter celle-ci sous prétexte, entre autres, qu’elle allait occasionner un surcoût pour nos entreprises en terme de CFE insupportable.
Aujourd’hui, l’agglo vous propose un passage du taux, pour les entreprises du nord du bassin de Thau de 34,88 à 39,89% sur deux ans.
Cette augmentation n’est pas de 5%, comme certains essaient de le faire croire, mais de 5 points ce qui représente 15% de hausse du taux, que l’on ne lisse que sur 2 ans. Soit 7,5% d’augmentation par an.
Vous n’êtes pas sans savoir que la loi nOTRE permet un lissage sur 12 ans de ce taux.
De plus, on peut s’interroger sur le « retour d’investissement » pour nos entreprises. Ne va-t-on pas demander plus au Nord pour boucler certains financements au Sud ?
Nous vous indiquons donc que nous informerons toutes les entreprises du nord du bassin de Thau, sur l’identité des élus qui voteront cette proposition qui peut impacter certaines entreprises jusqu’à 25 000€ (selon notre calcul) avec un effet maximum à l’aube de 2019.
Nous savons que bon nombre d’entre vous se sont opposés à ce choix en commission et nous allons donc constater ensemble si vous avez de la suite dans les idées et représentez dignement le nord du bassin de Thau et le défendez, comme vous vous y êtes engagés suite à l’intervention de Gilles PHOCAS, lors de la dernière réunion du conseil communautaire de la CCNBT.
Il est temps que chacun assume ses actes vis-à-vis de nos administrés.

Magali DESPLATS (Bouzigues), Jacques LLORCA (Poussan), Gilles PHOCAS (Mèze) ex conseillers communautaires CCNBT et conseillers municipaux de leur commune. Yvan GARCIA, conseiller municipal de la ville de Mèze - André GENNA, conseiller municipal de la ville de Loupian

Ma famille pied-noir n'est pas une criminelle contre l'humanité

Nous publions ci-dessous le courrier reçu du Dr. Patrick Misse qui n'est pas une prise de position politique, mais simplement un témoignage d'une famille prise dans les tourments de l'Histoire.

Mon grand-père était un Humaniste tolérant, ouvrier tourneur chez Citroën à Paris. Il est rentré chez lui à Alger dès qu’il en a eu ma possibilité. Il a loué un local en terre battu pour en faire un garage boulevard Thiers. Il a travaillé dur avec sa femme des dizaines d’année pour élever ses cinq enfants au temps où la sécu et les allocs n’existaient pas. Il vivait dans le quartier populaire de Bab El Oued « Porte de la Rivière », près de l’usine d’allumettes et de ses vapeurs toxiques. Il a réussi, après des années de labeurs, à construire une villa où il aimait réunir sa famille et ses amis. La vie devenait plus clémente. Pas pour longtemps. Le cri du Général de Gaulle à Alger « Je vous ai compris » l’a rassuré ainsi que toute la famille, persuadée qu’elle allait pouvoir rester dans son pays natal. Elle s’est sentie trahie en 1962. Mon Grand-père a eu la « chance » de mourir en 1960 d’un cancer. Il n’aurait pas supporté d’être rapatrié, comme un parent, poète sensible, qui s’est suicidé. Ma Grand-Mère a vécu des années dans le dénuement, hébergée par ses enfants. Je ne l’ai jamais entendu se plaindre.
Mon père, technicien, avait travaillé un temps à Paris après ses études à l’école du froid. Il ne résista pas à l’envie de rentrer en Algérie, bien que sa fiancée refuse de le suivre. Il rencontra puis épousa ma mère à Oran. Elle était fleuriste à Primavera. Les autres enfants de mon grand-père étaient garagiste, secrétaire, fonctionnaire, ouvrier. Ma famille était modeste. Ma cousine Dominique en 1973, puis moi l’année suivante, avons été les premiers bacheliers de la famille. Mon Grand-Père, qui privilégiait l’éducation, en aurait été heureux. Il n’était hélas plus parmi nous.
Ma famille n’est pas une criminelle contre l’Humanité, elle ne souhaitait que vivre en harmonie avec tous les habitants de ce beau pays qu’est l’Algérie.
Je suis très ému en écrivant ces lignes.

Patrick Misse

NB : Je précise que mon père, après 1962, décida de tourner la page… et que je suis pour l’indépendance de tous les peuples qui en expriment le souhait. Ce témoignage est juste celui d'une famille en proie aux tourments de l'Histoire.

Réaction à l'édito : "Pays de vieux, pays foutu?"

Suite à l'édito "Pays de vieux, pays foutu?"

"Si je suis globalement assez d’accord avec votre analyse et la rupture en être la jeunesse et les plus âgés , je ne peux en revanche accepter que vous puissiez dire que notre pays de vieux est un pays de « va-t-guerre ».
J’était en Centrafrique en décembre dernier , ce pays est dévasté par une guerre civile en très grande partie organisée par les puissances étrangères qui ont un oeil très intéressé sur les ressources que possède ce pays et qui bien sur ne profite surtout pas à cette pauvre population. Si le Président Hollande n’avait pas eu le courage de lancer l’opération Sangaris , ce pays aurait eu des massacres pires que ceux dont nous avons été témoin au Rwanda et au Burundi .
Les exactions de la Séleka et des anti-balaka, ont tout détruit dans ce pays, et les traces des destructions sont encore visibles et non réparées à Bangui mais aussi dans tout le reste du territoire.
La France a retiré ses troupes ,estimant que l’opération Sangaris devait être terminée.
Résultat prés de 60% du pays est encore aux mains des différents groupes armés qui se livrent une guerre sans merci pour l’accaparation des richesse du nord est du pays.
La population civile essaie de survivre comme elle peut , entre la famine , les meurtres , les bandes armées et la déstructuration de l’Etat.
Le Président TOUADERA a beaucoup de mal faire vivre une démocratie face à la puissance de ces groupes et n’a pas les moyens de les désarmer. La plateforme religieuse qui regroupe les trois religions principales du pays (l’imam , le pasteur et le cardinal Nzanpalaiga) prêche avec beaucoup de courage et de détermination , la paix et la réconciliation , représente la conscience morale de ce pays , mais le mal est profond et sans l’aide internationale ,y compris armée ce pays ne pourra pas se redresser.
Certes la Minusca est maintenant présente , certes ces derniers jours elle a du intervenir à Bambari menacé d’être à nouveau sous le joug de groupes armés , mais je continue de penser que sans l’intervention de notre vieux pays et de notre pays de vieux la situation serait encore bien pire .
Pierre Jean Hassaine

Platanes de l'esplanade à Sète

Étonné de l'absence  de réaction à l'annonce du prochain abattage des platanes place du 8 Mai 1945.

A-t-on vraiment réfléchit aux conséquences ? Une étude sérieuse a t-elle été diligentée ?qui a pris la décision ?
Des études ont montré que des traitements  sont possibles et  de nombreuses municipalités ont renoncent désormais  à l'abattage systématique .
 Qu'attendons-nous pour réagir ?

Yves Faurie.

Eau potable et assainissement

USAGERS ET CONTRIBUABLES SETOIS : PAYEURS DE LA MARCHANDISATION DE L’EAU POTABLE ET DE L’ASSAINISSEMENT DES EAUX USEES.

A grand renfort de publicité, la Société d’Economie Mixte à Opération Unique (SEMOP)  de l’eau potable a été présentée par les élus majoritaires de la commune de Sète comme un renouveau dans les pratiques anciennes régissant les délégations de service public.Société au caractère commercial, la SEMOP ne remet aucunement en cause la marchandisation de l’eau potable, bien universel et vital pour tous les terriens.

Aujourd’hui comme hier, ce partenariat déséquilibré public/privé accentue la démarche financière des grands groupes du secteur de l’eau potable et de l’assainissement.

Nous savions que dans le cas présent et après un audit défavorable réalisé par le cabinet ESPELIA, VEOLIA avait peu de chance d’être reconduit après 30 années d’une gestion critiquable et qu’une nouvelle ère pouvait enfin s’ouvrir pour la collectivité grâce à une régie publique.

Malheureusement, le choix des élus majoritaires Sétois a confirmé non seulement le secteur  privé en l’occurrence SUEZ mais permet à celui-ci de pouvoir compter sur les deniers publics en cas de difficultés.

Ainsi, alors que l’acte concessif (concession de service public) est normalement attaché au risque encouru par l’entreprise privée, on constate que la SEMOP Sétoise est quasiment « montée » au niveau des investissements par des souscriptions d’emprunts auprès d’établissements bancaires privées, avec une garantie de la commune de Sète de l’ordre de 40%, c'est-à-dire que si les « affaires vont mal », le contribuable paiera.

Pour l’usager Sétois, l’année 2017 s’annonce difficile car si le prix de l’eau potable va baisser de 9,95%, il reste le reliquat de l’augmentation de 15% en 2016 et l’augmentation de l’assainissement au 1er janvier 2017 de 9,57% en moyenne pour les communes raccordées à la station d’épuration des eaux blanches.

Que dire de la SEMOP, au regard par exemple de la future gestion du Syndicat d’Adduction d’Eau Potable de Frontignan où lors d’une réunion publique le cabinet ESPELIA a balayé d’un revers de main cette possibilité de gestion trop fragile avec un manque évident de retours d’expériences.

Dans ces conditions la meilleure option était la régie publique à autonomie financière et dotée de la personnalité morale de droit public qui assurait l’emploi des anciens salariés de VEOLIA, qui permettait des choix clairs de gestion et d’investissements tout en garantissant une tarification juste et équilibrée pour les usagers.

Maintenant, une nouvelle campagne s’engage pour la création d’une régie publique de l’eau potable et de l’assainissement pour les communes du Bassin de Thau au sein de la nouvelle agglomération, le nouvel exécutif intercommunal ne pourra ignorer les attentes et besoins des citoyennes et citoyens.

Pour le Comité des Usagers du Bassin de Thau du Cycle de l’Eau
Le Président
Henri LOISON

Réaction à l'édito :Du "low cost" au local

A propos de l'édito de Thau-infos : Du "low cost" au local

"..pour ce que nous avons pu en voir, le tourisme à l'échelon du monde est effectivement un tourisme de carte postale qui, la plupart du temps, n'est réellement profitable qu'aux gens qui l'organisent; les populations des pays visités ne récoltent que les miettes qu'on veut bien leur laisser, les obligeant à se comporter de façon parfois dégradante pour gagner un peu de l'argent dont ils ont les détenteurs devant eux. Tourisme encadré, touristes assistés et sans initiatives, contacts avec les populations strictement ordonnancé. La vertu première du voyage est pourtant de partager avec des cultures différentes, ce que nous avons toujours privilégié.
En ce qui concerne la promotion du tourisme local OK. Mais faciliter notamment la pénétration des milieux naturels amènera forcément à mettre en place un encadrement des individus: le naturaliste, par essence solitaire,  sera le perdant car il sera en butte aux interdits iés aux zones protégées: la réserve du Bagnas en est l'illustration, qui ne peut être investie qu'en groupe encadré."  - Jean-Marie Spaeth (Sète)


Réaction à l'édito : Les treize desserts

A propos de l'édito "Les treize desserts"
par Maurice Bouchard

 « La » classe moyenne existe-t-elle ? Ne s’agit-il pas plutôt « des » classes moyennes, groupe social dont les critères de définition sont difficiles à déterminer (niveau de revenu, de patrimoine, place dans les hiérarchies… ?). N’est-ce pas plutôt le sentiment d’appartenance, ou le désir d’appartenance, à ce qui ressemble à une « petite bourgeoisie » qui rassemble des groupes assez divers, dont certains sont proches des classes supérieures (les CSP+) et d’autres craignent de « tomber » dans les classes populaires (dont la définition est d’ailleurs aussi vague).

On a cru effectivement, au cours des Trente Glorieuses, qu’une forme de progrès tirait l’ensemble de la population vers le haut en lui permettant d’accéder à des biens matériels et à des modes de vie réservés auparavant aux plus aisés. On a cru aussi que ce progrès serait continu et que la pauvreté disparaîtrait.

On n’a pas vraiment compris à ce moment qu’il ne s’agissait que de l’effet du démarrage de la société de consommation qui, si elle apporte sans doute des bienfaits à court terme, mérite que l’on réfléchisse à la manière dont elle évolue.

On n’a pas non plus compris que le seul progrès matériel était insuffisant et qu’il fallait faire un effort beaucoup plus important dans le domaine culturel pour lequel, si l’on a consenti des efforts financiers importants (éducation, culture, arts…), on n’a pas suffisamment approfondi le sens qu’il devait avoir.

C’est ainsi que les plus perspicaces ont pu dire, dès les années 1960, que « la deuxième moitié du XXème siècle sera dominée par les classes moyennes dont la caractéristique principale sera le néant idéologique ».

Que faire, sinon rechercher le rapprochement entre les classes moyennes et les catégories populaires au lieu d’exacerber les compétitions de toutes sortes qui les divisent ? Et le seul domaine où l’accord semble possible pourrait être le domaine culturel, non pas pour imposer les pratiques culturelles des unes aux autres, mais pour chercher ce qui est commun à tous. Le monde associatif, riche et divers, pourrait être, entre autres, le moteur de ce processus.

Maurice Bouchard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Le jour d'après

L’espoir peut conduire soit à mettre en accord ses convictions avec un projet de vie en société, soit à renoncer à ses convictions avec un projet d’isolement. Pour sortir de son mal-être, on peut s’affirmer ou se renier. A la démocratie d’en décider.
Les Etats-Unis ont fait le choix de l’exclusion.
Comme toujours, lorsque le pouvoir ne suscite ni envie, ni enthousiasme, le peuple se tourne vers celui qui flatte ses ressentiments, épouse ses aversions et lui offre des solutions simples. Celui ou celle que le peuple choisit fait preuve de tous les excès possibles de vocabulaire et de comportement. C’est ainsi qu’on le veut.
Se montrer vulgaire, outrancier, cynique, calomnieux ou injurieux n’a plus rien de choquant ou d’inapproprié. Promettre l’impossible devient possible. Flirter avec la bassesse devient de la franchise. Railler les imperfections de l’autre devient de l’humour. Le mal devient le bien. Les valeurs sont inversées. Le peuple en a ainsi décidé.
L’homme providentiel – il en est de même pour la femme – Messie sorti du caniveau, est intouchable.
Le phénomène qui lui permet d’être « celui qui doit être là au bon moment » n’est pas un phénomène spontané. C’est un phénomène à évolution lente dont les prémices se révèlent dans l’expression des humoristes et des cinéastes. Lorsqu’est écartée la finesse de la suggestion au profit de la vulgarité et de la description obscène, le peuple, libre des entraves que lui imposaient la vie en société, est prêt à faire confiance à celui ou à celle qui parle un langage sans fard, décrété être celui de la vérité.
Au tréfonds de chacun de nous existe ce sentiment qu’il faut, à un moment donné, laisser se manifester nos tendances profondes. On est alors prêt de confondre franchise et brutalité.
Lorsque l’évolution de la société en est à ce point, le peuple est mûr pour s’offrir le veau d’or qu’il convoite secrètement. Et puisque la démocratie lui en donne une superbe occasion, il ne s’en prive pas.
Malheur à celui ou à celle qui, dans ce maelstrom des moeurs, s’en tient à la sagesse, à la raison, au tact, à l’urbanité, à la politesse et au respect de l’autre. Il n’y a apparemment pas de place pour lui.
Sauf que tout cela n’est qu’un rêve pour les uns, un cauchemar pour les autres, le fruit d’une imagination sans autre fondement que les fantasmes provoqués par la déception.
Même s’il est bien réel, le résultat de ces fantasmes, n’a aucune chance d’offrir le résultat escompté. Sous prétexte de déception, on ne saurait adopter la brutalité, le rejet, l’exclusion comme modèles de vie en société et renoncer au progrès majeur de civilisation que l’humanité a mis des siècles à accomplir : la tolérance, l’humanisme, le respect des autres.
C’est une tentation courante, depuis la nuit des temps.
Certains régimes ont proposé cette alternative vicieuse. Avec l’assentiment du peuple, ils ont fait illusion puis se sont effondrés en ne laissant derrière eux que des ruines.
La France est confrontée à ce choix. Elle peut céder au pire. Elle doit savoir ce qui l’attend. Celui qui accepte de jeter à bas tout ce qui a fait sa culture, son éducation, sa tradition, ses principes et ses valeurs, s’expose à un avenir pire que celui qu’il voulait éviter. Il n’y a pas d’exception.
Encore faut-il que l’on offre au peuple rongé par le ressentiment, l’aigreur et la vindicte, un discours d’espoir dans le respect à la place du discours d’espoir dans le mépris.
Pour l’instant c’est le discours de mépris qui crée l’espoir. Et s’il n’y a pas d’alternative au mépris pour susciter l’espoir, ce sera la négation de notre idéal.
Il ne nous restera alors que les regrets de l’abstention ou le remords de la mauvaise action.

Yves Marchand
Avocat Honoraire
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