Sète

Des journées essentielles

 

Les premières ont été créées il y a dix ans en Estonie, les secondes, par Jack Lang, ministre de la culture en 1984. Les unes se déroulent dans 150 pays, les autres attirent plus de 17 millions de visiteurs chaque année. Les journées du patrimoine - samedi et dimanche - ont débuté tandis qu’avaient  lieu les journées le world clean up day. Si on connaît la préférence des Français pour l’exploration des coulisses du pouvoir, on sait moins qu’il y en  a encore un  sur trois qui jette ses déchets par la fenêtre de sa voiture. Et ces déchets bien souvent vont à la mer, et la mer est en train de devenir une déchèterie, et bientôt il y aura plus de plastique  que de poissons…

Ces journées ont été créées avec pour objectif de réagir à ce problème des déchets plastiques – 20 kilos sont rejetés chaque année en Méditerranée. Sensibiliser à l’écologie car sinon l’aventure finira bien plus tôt que prévue. Sensibiliser à la culture, car l’homme ne fait pas que des idioties. Grâce à des journées gratuites qui attirent un large public, lequel ne va pas forcément au musée le reste de l’année pour de multiples raisons (financières, sentiment de ne pas être à sa place, car il n’en a pas l’habitude , tout simplement).

A Sète, les musées proposaient, chacun, des évènements plus ou moins originaux mais toujours avec la volonté de rendre plus riche la simple visite et de  démystifier l’idée d’un "musée sanctuaire" de l’art et du savoir mais où rien n’est permis, comme dans un cimetière, mis à part rendre hommage. Braderie de revues dont celles des  jouteurs sétois,  de tee-shirts et visites guidées au Miam.
Visite guidée d’un autre genre au musée Paul Valéry, avec Pascal Lardeney comme  commandant de bord qui s’autorise quelques corrections à l’histoire de l’art tel qu’on nous l’enseigne habituellement. Ainsi, le très célèbre  peintre sétois, Pierre Soulages qui n’a aucun espace qui lui est consacré dans la ville qu’il habite, pas une seule toile exposée, se serait vengé en déversant  des seaux  de peinture noire - sa couleur de prédilection -  sur les falaises qui  surplombent l’arrière du musée. On voit effectivement de sombres traînées et on imagine assez bien le grand artiste, les soirs de pleine lune, motivé par la seule rancœur, tachant de souiller avec la matière première de sa peinture admirée dans le monde entier - sauf à Sète - la façade du musée maudit ou encore que ce dernier, aurait, à l’âge de 92 ans, décidé à prendre un nègre…

Autre lieu, peut-être le plus prestigieux, le théâtre Molière attire chaque année beaucoup de monde. Cette année en sus de la visite complète de l’établissement, un Blind Test était proposé dans l’espace bar restaurant, manière encore pour la directrice Sandrine Mini d’affirmer sa volonté d’amener davantage de convivialité, de folie, au sein du théâtre.

Le principe d’un Blind test est simple, quelqu’un balance des morceaux de musique et il faut être le plus rapide à découvrir le morceau sans utiliser l’application de son I phone. On joue par équipe. Hier il y avait plusieurs catégories, musiques de films ; musiques pour danser, musiques de chanteuses engées, catégories mystères. Des équipes, une dizaine. Les stars qui finirent bon derniers, égalité avec les inconnus, les héros… et une équipe qui s’enrichissait de nouveaux membres au fil des morceaux diffusés. L’équipe du terrain vague. Il faut dire que pour eux la journée avait été longue et nous les avions croisés à la pause déjeuner après une matinée consacrée au ramassage de détritus et avant d’y retourner. L’équipe du terrain vague, fut, durant cette première manche, bonne presque la meilleure. Elle a perdu à la fin contre l’équipe family. L’essentiel, comme pour le nettoyage c’est de participer ! Participer, sortir, franchir le seuil de lieux où on s’aperçoit qu’il est bon d’aller, c’est ainsi que l’on s’affranchit, c’est ainsi que l’on respire, une métaphore de la culture pourrait être l’oxygène. L’air se raréfiera à tous les niveaux, l’air de l’esprit et l’air que l’on respire, d’où l’importance de journées comme celles-ci, car s’il faut retenir encore quelque chose c’est que la planète aussi c’est du patrimoine !

Brassens (1921 - 1981)

C'est à Sète, ville dont le nom reste aujourd'hui intimement lié au chanteur, qu'Elvira Dagrosa, épouse de Louis Brassens, donne naissance à un petit garçon le 22 octobre 1921. Entrepreneur et maçon, Louis a épousé Elvira, veuve de guerre, en 1919. Ils élèveront ensemble la petite fille qu'Elvira a eue en 1912 de son premier mariage, Simone. Bien que ses parents ne s'entendent guère sur certains points majeurs comme la religion (Elvira est très pieuse, contrairement à Louis, anticlérical notoire), l'ambiance familiale est bonne et la musique ne manque pas de résonner dans la grande maison sétoise.

Maman et papa Brassens

 

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Le "Gyss" le second bateau de Brassens, est toujours à quai à Sète....  Mériterait-il un meilleur sort ?
Son nom provient des quatre initiales : Georges ( Brassens), Yves (Cazzani, son beau frère), Simone (sa soeur) et Serge (son neveu).

Photo : Jean-Paul Malachane

 

 

C'est tout particulièrement sa mère qui, d'origine napolitaine, a un goût certain pour les chansons traditionnelles de son pays et pour les mélodies à la mandoline. C'est d'ailleurs sur cet instrument que Georges apprend les rudiments techniques qu'il développera plus tard avec la guitare.

 Elève moyen, Georges Brassens se passionne très tôt pour la poésie, initié par un de ses professeurs de français, Alphonse Bonnafé. Ce dernier sera d'ailleurs le premier biographe du chanteur en 1963. Georges Brassens commence donc parallèlement à écrire quelques poèmes et quelques textes de chansons qu'il adapte à des airs dans le vent. Il crée à cette époque un petit orchestre nommé "Jazz", qui se produit dans quelques fêtes municipales. Il y tient la batterie.

Définitivement peu tourné vers les études, il quitte le collège en 1939 suite à une petite affaire de vol dans laquelle le jeune homme est impliqué sans y avoir vraiment participé. Agé de 18 ans, Georges songe à quitter Sète pour la capitale. Cet incident va lui en fournir l'occasion. En attendant le départ, il travaille avec son père. A la fin de l'année, la guerre éclate, mais Sète est encore bien loin des événements qui secouent l'Europe.
C'est en février 1940, que Georges Brassens prend le train pour Paris. Durant les premiers mois, il vit chez sa tante, Antoinette Dagrosa, et travaille comme ouvrier dans l'entreprise automobile Renault. Il continue en outre à écrire des chansons sur le piano de sa tante, et des poèmes. Après des bombardements sur Paris, Georges retourne quelques mois à Sète, et retrouve la capitale dès septembre 1940. Là, il se consacre entièrement à la poésie et en 42, il réussit à publier deux petits recueils, "A la venvole" et "Des coups d'épée dans l'eau".
En mars 43, Brassens est envoyé en Allemagne, pour le STO (Service du Travail Obligatoire), au camp de Basdorf.

En mars 1944, il est de retour en France pour une permission. Il ne retournera jamais en Allemagne, et se cache chez un couple qui tient une place de choix dans la vie de Brassens, Jeanne et Marcel Planche. Il leur consacrera d'ailleurs des chansons, dont les célèbres "La cane de Jeanne" en 1953 ou "Chanson Pour L'Auvergnat " (pour Marcel) en 1955.

Il restera chez eux jusqu'en 1966. Infatigable travailleur, c'est là, au milieu des chats dont il raffole, qu'il écrira une grande partie de son répertoire avec sa façon si spéciale de composer. En effet, il ne compose que rarement sur sa guitare. Il commence par créer les rimes des textes en scandant le rythme de la main sur un coin de table. Lorsque le texte est au point, il adapte la mélodie au piano. Sous des aspects simples, ses partitions sont en fait complexes, puisque n'ayant aucune connaissances en matière de solfège, Brassens compose ses musiques sans franchement respecter les règles précises de l'écriture musicale.
A partir de 1946, pour gagner sa vie, il écrit quelques articles dans une revue anarchiste, "Le libertaire". Sensibles aux idées anarchistes, Brassens exprimera toute sa vie ses idées d'une façon moins politique que Léo Ferré mais plutôt en luttant, par ses chansons, contre une certaine hypocrisie de la société, à travers ses bêtes noires telle la religion. Ses textes sont des prises de position en faveur des laissés-pour-compte comme les prostituées. Son action anarchiste se situe dans son irrévérence et sa désobéissance volontaires envers les conventions sociales pour lesquelles il n'a aucun goût.
En 1947, sort son premier roman, "La lune écoute aux portes". Il écrit aussi à cette époque, certaines de ses plus grandes chansons parmi lesquelles, Brave Margot,La Mauvaise Réputation ou Le Gorille , titre qui est interdit d'antenne pendant des années et dans lequel Brassens évoque son désaccord avec le principe de la peine de mort.
C'est également à cette époque que Georges Brassens rencontre la femme de sa vie, d'origine estonienne, Joha Heiman. D'un commun accord, le couple ne partagera jamais le même toit mais Joha, que Brassens surnomme Püppchen ("petite poupée" en allemand) sera jusqu'au bout près de son compagnon. Brassens dira d'elle :"Ce n'est pas ma femme, c'est ma déesse."

Il faut attendre le début des années 50 pour que Georges Brassens rencontre enfin le succès. Grâce à d'un autre chansonnier, Jacques Grello, Brassens est engagé dans quelques cabarets dont le Caveau de la République, le Lapin agile à Montmartre, Milord l'Arsouille ou la Villa d'Este, mais sans aucun succès. Personne ne s'intéresse à ses textes et le chanteur perd un peu espoir. En 1952, grâce à ses amis de Paris-Match, il rencontre la chanteuse Patachou qui est à la tête d'un des cabarets les plus en vogue du moment. L'audition que Brassens passe le soir du 6 mars séduit les quelques spectateurs présents dont Patachou, qui l'engage sur le champ, et le musicien Pierre Nicolas, qui deviendra son contrebassiste attitré. Patachou, qui est une de ses premières interprètes, le convainc de chanter lui-même ses titres, ce qui n'est pas totalement évident pour Brassens qui se voit plus dans le rôle d'un simple auteur-compositeur. De plus, sa grande timidité le pousse plutôt à ne jamais se mettre en avant.
Dès ses premiers concerts, Georges Brassens connaît un réel succès public et critique. Jacques Canetti, directeur artistique chez Polydor, et patron du cabaret les Trois Baudets, décide de l'engager dans son cabaret et pense même lui faire enregistrer quelques titres. En attendant, il lui propose une tournée d'été afin de le préparer à affronter le public parisien à partir du 19 septembre en première partie de Henri Salvador. Cette fois, Georges Brassens est lancé sur les rails du triomphe, bien que ses chansons ne soient pas toujours très bien reçues par un public qui se scandalise à l'écoute de titres tel que "Le Gorille", éternel sujet de discorde. Cependant, ce type de réaction, dont les chansons de Brassens seront souvent l'objet, n'empêcheront jamais le chanteur de continuer à dénoncer les travers de la société.
L'enregistrement des premiers disques de Georges Brassens rencontre aussi quelques obstacles, toujours dus aux textes des chansons. Mais l'obstination de Jacques Canetti permet enfin la sortie de ses premiers 78 tours et 45 tours dès 1952 sur son label Polydor.
Le 16 octobre 1953, il fait sa première grande scène parisienne en vedette à Bobino, théâtre dont le nom reste aujourd'hui lié au chanteur qui y passera 13 fois. C'est la consécration. La même année, est publié son roman "La tour des miracles".

En décembre, sort un premier album 25cm au nom révélateur, "Georges Brassens chante les chansons poétiques (et souvent gaillardes) de Georges Brassens".

Puis 1954 marque ses débuts dans le prestigieux music-hall parisien, l'Olympia, où il passe deux fois en février puis en septembre. Cette année-là sort un recueil de textes, "La mauvaise réputation". Brassens est reconnu non seulement comme un interprète au style novateur, mais aussi et surtout comme un poète maîtrisant brillamment la langue française. Ce talent est récompensé en 54 par le Grand Prix de l'Académie du disque Charles Cros pour l'album "Le parapluie". Mais outre ses propres textes, Georges Brassens chante souvent les autres poètes dont François Villon ("Ballade des dames du temps jadis"), Victor Hugo ("Gastibelza") ou son ami Paul Fort ("Le petit cheval"). En mars 54, sort aussi son deuxième 25cm.

Pris en charge par Jacques Canetti, Georges Brassens se lance dans de nombreuses tournées en Europe et en Afrique du nord. En 1955, la station de radio Europe1, toute nouvellement créée, passe pour la première fois "Le gorille", titre jusque-là interdit. En avril, paraît un troisième 25cm, puis en octobre, Brassens remonte sur la scène de l'Olympia. Enfin en 55, Brassens achète la maison de Jeanne et de Marcel ainsi que la maison voisine.
Après une série de récitals en janvier 1956 à Bobino, Georges Brassens interprète un rôle proche de son propre personnage dans le film de René Clair, Porte des Lilas. Ce sera sa seule apparition au cinéma.

Depuis le début de l'année, Pierre Onténiente est le secrétaire de Brassens et s'occupe de gérer la vie matérielle de son ami. Ensemble, ils créent en 1957 les Editions Musicales 57. Les concerts de l'année 57 à Paris se répartissent sur trois salles, l'Olympia en mai, l'Alhambra en octobre et bien sûr, Bobino du 29 novembre au 18 décembre. En 1958, outre un Olympia du 22 octobre au 17 novembre, il repart en tournée. Il continue toujours de vivre chez Marcel et Jeanne, mais en 58, il s'achète une grande maison à Crespières dans le département des Yvelines. Pour Georges Brassens, les années 50 s'achèvent par une nouvelle tournée et un récital à l'Olympia en novembre. Mais en cette année 59, lors d'un séjour à Biarritz, il est victime d'un violent malaise du aux problèmes de santé qui le font souffrir déjà depuis de nombreuses années. Cet incident lui inspirera, plusieurs années après, la chanson "l'Epave". Depuis la fin de la guerre, Brassens a régulièrement de très douloureuses crises de coliques néphrétiques et de calculs rénaux. Ces douleurs représenteront un tel handicap toute sa vie qu'il devra parfois même quitter la scène sous l'effet de la douleur.

L'année 1960 commence par une série de concerts à l'Olympia du 21 janvier au 15 février, suivi d'un nouveau passage à Bobino en avril, passage pendant lequel Brassens apprend la mort de son ami, le poète Paul Fort, le 20. En 61, il s'envole pour le Canada où il effectue une tournée entre octobre et novembre, avant de retrouver l'Olympia à la fin de l'année.
En décembre 1962, sort son neuvième et dernier album 25cm, "Les Trompettes De La Renommée . Le 31 décembre, sa mère Elvira, décède à Sète.
En 1963, Georges Brassens subit sa première opération des reins. C'est cette année-là, que son professeur de français, Alphonse Bonnafé, sort un ouvrage sur son ancien élève. Parallèlement, un coffret de dix disques paraît pour célébrer une carrière fort riche.
 En 1964, Brassens retrouve le cinéma mais cette fois, pour composer "Les copains d'abord ", chanson du film d'Yves Robert, "Les Copains". Ce titre se retrouve sur son premier album 30cm qui sort en novembre, pendant une nouvelle série de récitals triomphaux à Bobino du 21 octobre au 10 janvier 65, au cours desquels 120.000 personnes l'applaudissent. Le 28 mars 65, meurt Louis Brassens, suivi de Marcel Planche quelques temps plus tard.
Le 12 octobre, Georges Brassens a l'occasion de chanter avec celui qu'il admire depuis sa jeunesse, Charles Trenet, lors de l'émission de radio enregistrée en direct à l'ABC, "Musicora".

Il démarre l'année 66 par une tournée hexagonale, puis après Trenet, c'est avec Juliette Gréco qu'il partage l'affiche du TNP (Théâtre National de Paris) du 16 septembre au 23 octobre.
Après plus de vingt ans passés dans la petite maison de Jeanne et Marcel Planche, impasse Florimont, Georges Brassens décide de déménager pour un appartement plus moderne. Il y reste peu de temps, et s'installe finalement dans une maison du XVème arrondissement (en 69).
Après un passage à Bobino et une tournée, Brassens subit une nouvelle opération chirurgicale le 12 mai 1967. Dans les mois suivants, il reçoit le Prix de poésie de l'Académie française. Puis son ami, l'écrivain René Fallet, publie un ouvrage consacré au chanteur.
Georges Brassens observe les événements politico-sociaux de mai 1968 avec une certaine admiration et un certain bonheur, bien qu'il soit à ce moment-là cloué sur un lit d'hôpital, souffrant une fois de plus de ces douloureuses coliques néphrétiques. Mais un autre événement va en revanche assombrir l'année 68 puisque le 24 octobre décède Jeanne à 77 ans.
A la fin des années 60, Brassens rencontre un jeune guitariste, Joël Favreau. Ensemble, avec Pierre Nicolas, ils vont désormais former un trio de scène inséparable.
 Le 6 janvier 1969, sur l'initiative du magasine Rock et Folk, et de la radio RTL, Georges Brassens participe à un entretien historique avec Léo Ferré et Jacques Brel, deux autres piliers de la chanson française.

Cette année-là, les textes de Brassens sont d'ailleurs présentés au concours d'entrée de l'Ecole Normale Supérieure. Brassens finit l'année, et la décennie dans son théâtre fétiche, Bobino, du 14 octobre au 4 janvier 1970. Il enchaîne en mars 70 avec deux concerts à la Mutualité avant d'entamer une tournée.
En 1972, les 20 ans de chanson de Brassens donnent lieu à un coffret de 11 albums accompagné d'un ouvrage réunissant tous ses textes et poèmes. D'octobre à janvier 73, Georges Brassens se produit à Bobino avec, en première partie plusieurs jeunes chanteurs, dont Maxime le Forestier, Philippe Chatel (qui écrira un livre sur Brassens), Henri Tachan ou Yves Simon.

Toujours en 72, Georges Brassens achète une maison à Lézardrieux, près de Paimpol en Bretagne. Cet enfant de la Méditerranée a découvert cette région par l'intermédiaire de Jeanne Planche qui en était originaire. Au cours des ans, il a développé un tel amour pour ce coin de France qu'il se lança même dans l'apprentissage de la langue bretonne. Il y vient désormais de plus en plus souvent pour flâner et fréquenter le petit monde des pêcheurs qui lui rappelle son port natal. 
Affaibli par ses problèmes de santé, Georges Brassens a beaucoup vieilli durant ces dernières années et les concerts répétés deviennent fort fatigants pour le chanteur qui n'a pourtant que 51 ans.

En 1973, il entame sa dernière tournée en France et en Belgique, et donne un concert au Sherman Theatre de l'université de Cardiff en Grande-Bretagne le 28 octobre. Ce récital donne lieu à un des rares enregistrements publics de l'artiste et paraît en 74 sous le titre "Live in Great Britain".
En 1975, il obtient le Grand Prix de la ville de Paris.
Son tout dernier album original sort en 1976. Puis le 20 mars 1977, il monte pour la dernière fois sur la scène de Bobino où depuis octobre 1976, il a dans une ultime série de concerts, réuni un public nombreux et admiratif.
En 1979, son vieil ami, le musicien Moustache, lui propose de participer à l'enregistrement d'un album qui reprend ses plus célèbres titres dans des versions jazz. Georges Brassens, amateur de jazz depuis sa jeunesse, accompagne donc sur ce disque plusieurs jazzmen américains qui interprètent entre autres "Chanson pour l'Auvergnat", "le Pornographe", "la Chasse aux papillons", et un titre inédit, "Elégie pour un rat de cave", seul titre chanté de l'album. Le chef d’orchestre était le pianiste sétois Christian Donnadieu.
La même année, Brassens est aussi invité sur le conte musical du chanteur Philippe Chatel, "Emilie Jolie ". Il y chante la "Chanson du hérisson" en duo avec Henri Salvador.
A la fin de l'année, le maire de Paris Jacques Chirac lui remet le Grand Prix du disque. Enfin en 1980, très malade, il enregistre ses dernières chansons au profit de l'association Perce Neige, créée par le comédien Lino Ventura au profit de l'enfance handicapée. Dans cet album, Brassens chante de vieilles chansons françaises de Charles Trenet, Jean Boyer, Paul Misraki ou lui-même.
En novembre, atteint d'un cancer, il est opéré pour la troisième fois des reins. Un an plus tard, le 29 octobre 1981, la mort, qu'il a si souvent chantée, l'emporte dans le petit village de Saint-Gely-du-Fesc, près de Sète, chez son ami et médecin, Maurice Bousquet. Il est inhumé dans sa ville natale dans le cimetière du Py, surnommé le "cimetière des pauvres".

La simplicité de Georges Brassens en a fait un des artistes les plus aimés du patrimoine culturel français. Son répertoire, impertinent mais jamais provocateur, trace un portrait sans pitié, et pourtant si tendre, de ses contemporains. Aujourd'hui encore, ses chansons sont reprises par des artistes du monde entier, et ses textes sont étudiés dans les écoles. Ses interprètes sont innombrables. Citons pour les étrangers, Graeme Allwright en anglais, Sam Alpha en créole ou Paco Ibanez en espagnol. Quant aux artistes français, la liste est longue de ceux qui l'ont chanté et le chantent encore : Maxime le Forestier, Renaud, Barbara ou Les frères Jacques sont parmi les plus célèbres à lui avoir consacré un album entier. A l'initiative de Joël Favreau, un album, "Chantons Brassens" réunis des artistes et des comédiens (Michel Fugain, Manu Dibango, Philippe Léotard ou Françoise Hardy) autour du répertoire du chanteur. Mais la liste des hommages serait trop longue.


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La tombe familiale où repose Georges, dans le cimetière Le Py à Sète, aussi appelé cimetière des pauvres.

Tout est fini. Déjà ! Une simple tombe de marbre gris, surmontée d’une croix où s’allonge en lettres noires, entre trois pots de chrysanthèmes et deux mignonnettes, son passeport pour l’éternité : famille Brassens-Dagrosa.

"J’ai quitté la vie sans rancune
 J’aurai plus jamais mal aux dents
. Me v’la dans la fosse commune. 
La fosse commune du temps."

Au bord de la tombe, un prêtre, un ami, le père Barrès, se contente de quelques phrases prononcées devant la boîte de chêne clair.
« Je respecte la conviction du défunt. L’important est que ses amis soient là. Que chacun formule librement sa prière. Georges est toujours vivant pour nous. Il voulait la simplicité. Nous respectons sa volonté. Que Georges et ses parents reposent en paix. »
Une bénédiction rapide. Quelques signes de croix dans l’assistance. Une toute petite cérémonie de rien du tout. Une poignée d’amis et de parents. Joha ou plutôt Püppchen, sa compagne de toujours, dissimule son visage sous un châle gris. De même, sanglote discrètement Simone Cazzani, la sœur du poète. Non loin, formant un petit groupe, au milieu de quelques dizaines de Sétois, se tiennent les copains. Ceux de la chanson.

Ces copains d’antan, rescapés de la bande bruyante et passionnée qui faisait les 400 coups, Victor Laville, Loulou Bestiou, Fernand Gazagne, Roger Thérond. Et puis aussi le fils et la veuve de Henri Delpont, Eric Battista et Pierre Nicolas. Et quelques autres. Bouleversés, mais fidèles aux leçons d’irrespect de leur ami disparu, il ne pleurent pas. Comme se taisent d’autres amis parisiens qui n’ont pu arriver à temps, pris de court par cette disparition brutale. Parmi les absents, (…) René Fallet est un des plus désemparés (…) il ne reste plus qu’à faire glisser le cercueil dans la tombe.

Fany Julien

 

BIENVENUE A LA COOP !

 

Un samedi matin, des adhérents achetant leurs produits frais à la Coop Singulière

La Coop Singulière a repris toutes ses activités depuis début septembre !

De nouveaux produits garnissent les étagères de l’épicerie (boissons, conserves, aliments salés et sucrés, cosmétiques…) !

Des livraisons régulières de produits frais (légumes, fruits et œufs par quinzaine, de la viande et du poisson par bimestre) !

Une adhésion 2018 à tarif réduit de septembre à décembre !

Si vous souhaitez rejoindre cette coopérative alimentaire participative et conviviale, rendez-vous au 38 rue P. Sémard à Sète, les mardis de 17h à 20h, les vendredis de 11h à 14h et les samedis de 10h à 13H.

(Nouveaux horaires prévus à partir du 16 octobre : mardis et mercredis de 17h à 19h ; vendredis et samedis de 10h à 13h).

 

De Cette à Sète...

La ville de Sète est née, en 1666, d'une décision royale et de la volonté de trois hommes : Paul Riquet, Louis XIV et le Chevalier de Clerville. Paul Riquet cherchait un débouché sur la Méditerranée pour le Canal du Midi dont il avait entrepris le creusement.

Louis XIV avait chargé son ministre Colbert de trouver une rade pour les galères royales et d'y créer un port d'exportation des produits du Languedoc. Colbert confia cette tâche au Chevalier de Clerville, qui identifia le Cap de Sète comme le site le plus approprié pour la création d’un port.

 Source : OT de la ville de Sète - Musique : Les Mourres de Porc

MJC La Passerelle : collecte de souvenirs

L’image contient peut-être : ciel, plein air et eau

La MJC lance une grande collecte pour retracer l’histoire de l’Ile de Thau et la partager à tous lors d’une exposition à la fête de quartier ce samedi.

Pour enrichir l’exposition avec vos photos, cartes postales, articles de presse, documents, témoignages... contactez-les ! par message sur la page Facebook ou au 04 67 78 60 89

C’est l’occasion de faire le plein d’anecdotes et de souvenirs

Sète : l'agenda de Monsieur le Maire

Samedi  15 & dimanche 16 septembre

                                                                          Journées Européennes du Patrimoine

                                                                          

Lundi 17 septembre

18h30                                 Conseil Municipal – Salle Georges Brassens

Mardi 18 septembre

A partir de 14h30             Accueil de la délégation VISIO COMMERCE avec la CCI – à la Mairie puis circuit en ville

Mercredi 19 septembre

18h30                                 Inauguration de la bibliothèque municipale d’Assas – à Assas

Jeudi 20 septembre

18h                                      Conseil communautaire – Salle M. Peysson à Villeveyrac

Soutien aux sociétés de joutes et hommage aux musiciens

 

 

Ce vendredi 14 septembre le musée de la mer s’est bercé de musiques traditionnelles ; celles qui emportaient la  ville, il y a maintenant plus d'une  une quinzaine de jours quand le plus grand tournois de joutes du monde, stade paroxystique d’un été endiablé, à savoir la grande St Louis faisait palpiter Sète et ses nombreux visiteurs.

Ce soir, le directeur du conservatoire  à rayonnement international  (CRI), Bernard Delpy, a remercié à plusieurs reprises le maire de Sète monsieur Commeinhes pour son engagement en faveur de la musique. « Nous avons le conservatoire le moins cher de France » a- t-il- lancé avec une fierté mêlée de reconnaissance. Puis, se replaçant dans le contexte particulier de la soirée,  il a rappelé la place de la musique traditionnelle dans l’enseignement dispensé par le conservatoire de Sète. Après lui, plusieurs musiciens ont pris brièvement la parole pour rappeler la nécessité de perpétuer une tradition qui, si elle est moins ancienne que les joutes (elle daterait du début du 20ième siècle), fait maintenant intégralement partie de ce folklore.

Il y a, à ce jour, 54 airs de joutes, d’ailleurs répertoriés dans un livre que l’on peut se procurer à l’office du tourisme. Et chaque année, de nouvelles compositions sont créées qui essayent d’apporter une sophistication tout en restant vigilant à ne pas dénaturer les bases dont elles s’inspirent. Mais ce qui aujourd’hui s’avère essentiel afin que cette musique si particulière se perpétue, c’est de pouvoir compter sur la nouvelle génération, et visiblement c’est le cas ! Ceux qui ont admiré le spectacle des joutes, ont sans doute reconnu Floriane et Franck, le tambour et le hautbois … peut-être davantage Floriane la tambourinaire ; car oui, il s’agit d’une fille, et ce n’est pas ce qu’il y a de plus courant dans cet univers essentiellement masculin. Aussi, elle fut hésitante, puis, vite emballée, car cet univers essentiellement masculin, est bien décidé à faire de la place aux dames et elle s’en est rendue parfaitement compte ce qui explique qu’aujourd’hui elle n’échangerait sa place, face à la tintaine, pour rien au monde. Après un dernier  petit air, le maire de Sète, celui de Mireval, Christophe Durant ainsi que tous les présidents des sociétés de joutes du bassin de Thau sont descendus deux étages plus bas dans le musée pour signer cette fameuse convention qui officialise le soutien de sète Agglopôle aux sociétés de jouets.

« Indissociable » c’est le mot que monsieur le maire a employé au sujet de ces deux pratiques ( joutes et musiques )  qui fusionnent durant les temps forts de la saison estivale. Il a rappelé la présence des hautbois et de tambours le 29 juillet 1666, lorsque Colbert organisait le tournoi. Il a aussi mis en exergue le rôle joué par le conservatoire dans la préservation des musiques folkloriques et a tenu à remercier dans le même temps Bernard Delpy ainsi que les enseignants présents dans la salle. Musique qui est « le fil conducteur des tournois », musique qui « commande le rythme des rameurs », musique que l’on fredonne, qui reste en tête, que certains aficionados ont enregistrés pour en faire leur sonnerie de portable! Musique indispensable donc. Et même selon François Commeinhes, « aussi constitutif de notre été que le chant des cigales en Provence !». Ce n’est pas peu dire … ! C’est pourquoi, elles jouent un rôle déterminant dans le dossier qui sera constitué pour obtenir un classement des joutes  au patrimoine immatériel de l’Unesco. Le discours terminé, les musiciens, modèles d’abnégation,  se trouvaient  déjà prêts à accompagner l’apéritif qui était donné sur la terrasse. Un grand Bravo !

J.B.S

Cuisine secrète du Languedoc

Cuisine secrète du Languedoc-Roussillon

"Totalement sublime ! Un livre de recette que je recommande rien que pour la poésie des recettes et les commentaires authentiques.

J'y ai trouvé les recettes des bons petits plats que mes grands-mères préparaient si bien. De la rouille à la Sétoise aux escargots à la cévenole vous en aurez l'eau à la bouche !
C'est la vrai cuisine familiale du Languedoc, celle qui se transmet depuis des générations. » Amazon