Sète

Faits d'hiver à FiloMer.

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Mardi 12 mars, c'est la fin de l'hiver. Et c'est ce jour-là, à 18 heures, que Christian Lagarde est venu présenter son ouvrage Faits divers à Cette à l'association FiloMer en son local, impasse de la Bordigue. Le public fut nombreux et attentif. L'auteur très disert dominait le sujet. Mais les faits divers, parfois sinistres, ont troublé les consciences.

 Le local, ouvert tôt, se remplit peu à peu et à l'heure dite, des spectateurs étaient assis le long des murs. "Vulgairement parlant", comme aurait dit Brassens, "il était plein comme un œuf". Les séniors étaient majoritaires dans l'assistance, encore que, sur un côté, le turban d'une ancienne voisinait avec de brillants cheveux blonds. Christian Lagarde est un retraité un peu dégarni depuis son départ de la direction d'une agence du Crédit agricole. Ce pur Sétois à la haute silhouette s'impose par sa présence et sa gestuelle. FiloMer avait répondu présent. Son président, José Aknine, embarrassa quelque peu en s'enquérant d'une éventuelle mafia sétoise, à l'exemple du crime organisé à Marseille.

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Etaient là les férus d'Histoire, même de petite histoire, surtout si les acteurs sont sétois et si le lieu de l'action est "l'Ile singulière". Mais ne chicanons pas, il s'agissait bien d'Histoire. C. Lagarde a puisé ses documents dans la presse, il a fréquenté Pierres Vives, le site des Archives départementales à Montpellier. Il a mis les éléments du récit en forme, comme tout historien. Les titres (journalistiques, bien sûr) sont de lui car les titres d'origine étaient aussi plats que brefs.

 Alors, dans le recueil, on peut s'intéresser à "Ouragan sur la ville", ou au sort du "Jésus Maria [qui] se brise sur le môle". On peut suivre les personnages récurrents comme le docteur Scheydt, maire "de droite" aux trois mandats, du docteur Perussan, conseiller général "de gauche". Et, comme y incitait M. Lagarde, on peut sourire à la notion de "mort vivant", s'émouvoir de disparitions d'enfants ou plaindre "la diva dévastée par les sifflets" lorsqu'elle se produisait au théâtre de Sète, sis alors à la Peyrière en arrière de la Grand' Rue. Les traces de toute une époque surgissent, depuis l'incendie du Kursaal jusqu'à l'armée chargeant la foule un premier mai de 1890 ou 1892. Au delà de l'évocation du temps passé, certains dans l'assistance ont remarqué le peu d'affaires se rapportant au monde maritime.

Pas la plus petite rixe, pas le plus léger trafic. On évoqua un "garde vin" surveillant les tonneaux la nuit, sans plus.

Pourtant, le muscat de Samos était apprécié aux alentours de Saint Louis. Et puis on frémit en évoquant "l'empoisonneuse de la Grand' Rue" ou "Le mari, la femme et l'amant, deux morts à la baraquette".

 Oui, pour répondre à une dame, la société était plus violente "avant". Ces épisodes lointains paraissent plutôt pittoresques. Mais ces accidents, ces trépas violents finirent par faire se demander à une autre dame "s'il n'y avait pas de fêtes à Sète" ! La face sombre de la société fascine toujours.

 H. Le Blanche

L'agenda de François Commeinhes, Maire de Sète

Vendredi 15 mars
 
17h30 Vernissage du Printemps des Poètes, chants et écrits des élèves de l’école Ferdinand Buisson, Espace Brassens.
18h30 Ouverture de l’Oursinade, place Aristide Briand.
 
Samedi 16 mars
 
Oursinade place Aristide Briand
19h Remise du trophée de la SAM, organisé par le Ski Club Sétois à Porté-Puymorens.
 
Dimanche 17 mars
 
10h30 Remise du trophée de la Ville de Sète, ski Club Sétois à Porté-Puymorens.
15h30 Le Printemps des Poètes, passeur de poèmes de Bouzigues, Espace Brassens.
 
Mardi 19 mars
 
11h Conférence de presse d’ImageSingulières au club de la presse à Montpellier.
 
Jeudi 21 mars
 
18h Conseil Communautaire à Marseillan, salle Paul Arnaud.
20h30 Musicasète, musique de chambre, église Saint Pierre.

Quand finissait l'Ancien Régime.

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 Le port de Cette au XVIIIème siècle

"1789" marque le début de l'écroulement de la monarchie française. Il n'est pas sans intérêt aujourd'hui de considérer comment un édifice multi séculaire a pu être renversé et se sont ouvertes les portes de l'époque contemporaine. Certes, Paris a joué un grand rôle dans la chute de la monarchie, mais la capitale n'a pas été le seul acteur du grand bouleversement révolutionnaire.

C'est la France entière (et bien sûr le Languedoc) qui a contribué à mettre à bas l'Ancien Régime.

 

Et la révolte venait de loin. Dès 1752, le marquis d'Argenson (qui fut un temps l'équivalent du ministre de l'Intérieur) note dans son Journal : "Tout va de plus en plus à la perte nationale, tout tombe par morceaux… Cependant, l'opinion chemine, monte, grandit, ce qui pourrait commencer une révolution nationale". Le siècle, s'accorde-t-on à penser, vécut en état d'"insurrection intellectuelle". Or, les idées nouvelles n'étaient pas circonscrites entre les murs des salons de la capitale. Les sociétés savantes de province contribuaient à leur diffusion. A Montpellier, la Société royale des Sciences diffuse l'esprit encyclopédique. Et puis, se manifestait parfois une hostilité à l'ordre socio-politique établi. Hostilité à ses abus les plus odieux. Au théâtre de la capitale languedocienne, les laquais des gens de qualité ouvraient le passage à leurs maîtres à grands coups de canne. C'est un noble russe en résidence dans la ville en 1786 qui en témoigne. Comme il témoigne des chahuts déclenchés au moindre prétexte par le parterre où étudiants, soldats, apprentis, artisans se déchaînaient avant d'être évacués par la force.

 

A Sète, "l'indépendance du peuple nombreux de cette ville était reconnue et son insubordination était ressentie". D'ailleurs, il n'y a pas de corps de maintien de l'ordre. La cité ne comptait pas de brigade de maréchaussée. Pourtant, l'édifice institutionnel semblait intact. L'évêque d'Agde est toujours seigneur de Cette. Ses armoiries, comme le pilori, sont en bonne place près du marché. Et la ville paie à l'évêque 400 livres par an comme prix de sa vassalité. Le 25 juin 1788, le prélat François de Saint Simon de Sandricourt (l'illustrissime ainsi qu'il se faisait désigner) choisit dans la liste présentée par la ville les noms des nouveaux magistrats municipaux : Taissié reste premier consul et maire, bien qu'il ne soit présent à

Cette que pendant les vacances du Parlement de Toulouse où il est avocat. Jean Pierre Baille, commissionnaire (représentant d'une maison de commerce), sera second consul. Sébastien Léonard Nodier fils, troisième consul. Pierre Pons, maître serrurier, complète la liste. Et le corps de ville est installé le 28 juin.TREP1050245-2

 

 Le théâtre de Montpellier, place de la Comédie au XIXème

Or, en 1788 et 1789, la crise économique sévit après une série de calamités météorologiques. A Montpellier, 6 000 ouvriers sont au chômage. A Cette, la disette menace. Les braises révolutionnaires couvant sous la cendre de l'ordinaire des jours vont faire flamber un brasier menaçant

 

Des travaux bien avancés

 

Certains lieux sont plus difficiles à abandonner, convertir, supprimer qu’à construire. La presque mythique salle Georges Brassens au-dessus du parking des halles par exemple… Une autre salle polyvalente devrait voir le jour dans le centre-ville mais en attendant, c’est du côté du parking Mas Coulet qu’on s’active…. Et il n’a pas fallu longtemps pour voir se dresser le squelette de cet espace éphémère situé aux portes de la ville mais qui a l’avantage d’être facile d’accès aux automobilistes grâce au parking  situé juste en face.

La tielle de Sète en question au Sénat

Mercredi 13 mars, François Commeinhes, maire de Sète, et Christian Dassé, président de l’APGS (Association pour la promotion de la gastronomie sétoise), ont fait le voyage jusqu’à Paris pour présenter au Sénat la démarche de labellisation IGP Tielle de Sète (Indication géographique protégée).

Engagée depuis 2014 par une communauté d’artisans et d’industriels du Bassin de Thau, cette démarche, placée sous la gouvernance de l’Association pour la Promotion de la Gastronomie Sétoise, est activement soutenue par la Ville.

Un dossier en cours qui devrait prochainement aboutir...

Perier, Mercier, Auriol, citoyens de Sète

Les noms de rues à Sète, peut-être plus qu’ailleurs, renvoient à l’Histoire. La discrète rue Mercier, reliant la place de la République à la rue Paul Bousquet et au delà au quai de Bosc, sous le laconisme de sa dénomination, évoque en fait bien es épisodes de l’histoire sétoise et de la grande histoire.

Au début du XVIII° siècle, les terrains compris entre le parc Simone Weil (jardin du Château d’eau), la future rue Caraussane, le quai de Bos et les Métairies étaient la propriété de François Perié dont l’hôtel est visible à Montpellier au 11 de la Grand’ Rue et qui était à la tête d’une fortune considérable. Il aurait pu être appelé « milord Perié » comme un parisien du XIX° siècle : marchand de laine, banquier, propriétaire des bains de Balaruc, armateur, il avait acquis les terrains du Mas des Juges et terres bordant le quai de Bosc. Son puits approvisionnait en eau douce les embarcations venant « faire aiguade » à Sète. Les terrains de Perié passeront par héritage à une famille alliée, les Mercier qui jouèrent un rôle important en « Ile singulière ». Le premier, Charles Borromée Mercier, connu à Sète, venait de Dunkerque et mourut en 1807 dans « l’Isle de la Bordigue ». Puis, l’Histoire de Sète signale un Charles Mercier administrateur de l’hôpital, agronome importateur de tabac fin XVIII° et consul de la ville. Charles et Toussaint Mercier armeront le brick Soleil Levant pour le commerce en mer du Nord et dans la Baltique.

Les Mercier sont liés aux meilleures familles de Sète. Le fils de Toussaint épouse une demoiselle Grangent. On fréquente les Taissié, les Ratyé et tout un monde de négociants, capitaines de navires. La famille fournit des consuls à la communauté, fréquente la « Loge des amis fidèles des treize états Unis ». Dame, on est protestant, ami de la Liberté…et du commerce. La famille tente d’établir une ligne commerciale avec New-York, faisant apprécier le muscat de Frontignan aux « Yankee ». La tourmente révolutionnaire n’affecte pas leur situation. Un Mercier est nommé maire en 1832 et Charles Mercier est maire après la Révolution de 1848. Il sera évincé par l’autoritaire Doumet et quand Louis Napoléon Bonaparte (futur Napoléon III) arrive au pouvoir, il est arrêté, interné à Dunkerque. Leurs biens seront passés à une famille venue de Castres : les Auriols. Le noble Jean-Louis Elysée Auriol (seigneur des Graisses, Cadalens, Sicusac dans le Tarn) se met au commerce des vins et fait fortune : société fondée avec Johann Dietrich Krüger-Hinsh. Elle durera jusque dans les années 1850 ; Auriol, Maurice Charles, multimillionnaire, achètera les terrains Mercier. Ces propriétés seront loties par les héritiers. En 1882, pas moins de 16 voies privées deviendront publiques.

Ce seront les rues Arago, Révolution, de l’Egalité. On a sans doute honoré Charles Mercier, victime du 2 décembre. Le maire du temps voulait « révolutionner les consciences » et baptisa, au cœur du nouveau quartier, la nouvelle esplanade : place de la République.

Hervé Le Blanche

 

Hervé Le Blanche

Hervé Le Blanche, professeur d'histoire et de géographie, passionné d'histoire, de littérature, d'art et de sa ville de Sète est notamment l'auteur de "Histoire(s) de Sète et des Sétois" et de sa suite "Histoire(s) de Sète, des Sétois et de quelques autres..."

 

Obtenir et défendre ses droits

11 mars : journée mondiale de la plomberie .  24 mars , celle de la procrastination. Certains sujets sont plus sérieux, alarmants. Il n’y a pas d’eau potable pour tout le monde sur la planète , la journée de l’eau a lieu le 22 mars. Quant aux femmes , aussi nombreuses que les hommes, elles ont cependant droit à leur (unique ?!)   journée; celle  de leurs droits  : le 8 mars .

C’est à la fois regrettable et nécessaire. Regrettable, car on rêve d’un monde- possible ?! -, où une telle manifestation  paraîtra une aberration, essentielle, car ce monde n’est pas le nôtre.

 

Rien de nouveau sous le soleil, les femmes, dans  notre monde ne sont pas les égales des hommes. Leurs droits moindres, ceux qu’elles ont acquis de hautes luttes , fragiles.  Un constat navrant mais certainement pas une raison pour renoncer.

Ce vendredi, elles étaient une trentaine au marché sur le parvis du théâtre, entonnant  dans le sillage de Sabrina, chanteuse des "Blues Vulvet",  quelques chansons de leur crue ou des classiques comme le sublime Hymne à la paix. Juste à côté, le stand d’Amnesty International. Charbonneuse information. Pas la peine de poser nos regards  sur des contrées antipodiques :  nos voisins polonais par exemple. Une loi est en passe d’être votée pour interdire l’avortement pour cause de malformations graves et mortelles du fœtus. Celui-ci constitue 96 % des avortements.

 Donc, si la loi passe, c’est l’avortement qui est presque interdit.

D’un avortement clandestin qui s’est mal déroulé une femme décède toutes les  neufs minutes. Certains chiffres sont tellement insupportables qu’ils en paraissent  surréalistes. Pas besoin de biaiser  un regard culpabilisants  sur nos voisins. En France également des discours, des propositions  semblent provenir  d'un autre temps. Aussi à quelques jours de la journée du sommeil,  il est  plus que jamais dangereux de s'endormir.  

J.B.S

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