EDITO

Morts d’été


Entre Béziers et Montpellier, il n’est pas de jour où on est à déplorer un accident grave en période d’été. Alors que les accidents de sortie de boite ont presque disparu grâce à l’action de la prévention routière et à la collaboration des patrons de discothèques, on déplore quotidiennement des chocs entre voitures. L’alcool n’est plus en cause mais on constate chaque fois un manque de vigilance des conducteurs. L’insouciance des vacances a de bien terribles conséquences.
Autre fléau d’été : les noyades. Dans notre région, on en comptabilise une dizaine  depuis le début de l’été. Cela malgré la présence des secouristes et autres garde-plages nombreux sur notre littoral, de Palavas à Valras. Souvent, ce sont des hommes âgés qui en sont les victimes car ils préjugent de leurs forces et ne comprennent pas que le poids des ans ne leur permet plus les performances de leur jeunesse.
Alors, comment mettre un terme à ces tragiques bilans ? Répéter sans cesse les conseils de prudence afin que l’été ne soit plus meurtrier.

Bernard Barraillé

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe,  les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte  près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur.  Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte.  Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité  qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

 Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets  et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens.  Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

 

Champions

Elle est très loin l’époque où Béziers dominait le rugby français. Elle est encore plus loin l’époque où Sète était le club numéro un du football.
Actuellement, c’est le Montpellier de Loulou Nicollin qui domine le sport régional tandis que le handball de Patrice Canayer domine son championnat. Il y a aussi parmi les meilleurs les volleyeurs de l’Arago de Sète et les volleyeuses de Béziers .
Mais par rapport au passé, le sport est présent dans toutes les communes de notre région. En football comme en rugby, même les plus petites communes ont leur équipe, fidèlement suivie par les supporters. C’est là un progrès incontestable que cette pratique sportive généralisée/ Tous les sports sont représentés entre Béziers et Montpellier et surtout à Sète où les joutes ne sont pas, loin de là, le seul sport pratiqué.
Et n’oublions pas les basketteuses de Lattes, plusieurs fois championnes de France. Du Biterrois au Montpelliérain en passant par les pays de Thau, la pratique sportive ne cesse de se développer chez les jeunes comme les moins jeunes. Bravo à tous.

Bernard Barraillé

 

Canicule

Il existe de nombreux moyens de lutter contre la canicule. Mais le plus usité est la baignade. De Vias à Palavas, nos plages sont bondées de baigneurs qui batifolent dans les vagues. Mais il est une autre façon d’échapper à la chaleur et de goûter la fraiîheur des eaux : c’est la baignade en rivière. De Béziers à Montpellier, notre arrière-pays ne manque pas de jolis coins aux eaux accueillantes.

Les plus remarquables se trouvent dans les Gorges de l’Hérault. Il suffit de se rendre vers Saint Guilhem le Desert  et de prendre la direction de St Bauzille de Putois. Tout au long de ces 20 kilomètres, de multiples arrêts sont possibles. Vous y trouverez de l’ombre et une eau réchauffée par un soleil ardent. Loin des foules maritimes, vous pourrez y trouver un calme complet propice aux siestes bucoliques.

Un autre coin prisé des connaisseurs ; la vallée de la Vis, que l’on prend à Ganges et que l’on remonte jusqu’au cirque de Navacelles. Là aussi, des centaines d’endroits vous attendent pour vous y rafraîchir.

Citons aussi le Vidourle à St Hyppolite du Fort et le joli ruisseau à St Jean de Bruel.

 Bons bains !

Bernard Barraillé

 

 

Le député idéal

Dans la vie ordinaire, le vrai patron est celui qui paye. C’est celui qui décide d’augmenter votre salaire ou de vous licencier. Dans la vie politique, c’est un peu la même chose. Le vrai patron, celui qui recrute les députés en CDD de 5 ans et qui les paye, avec ses impôts et ses taxes, c’est le peuple, c’est-à-dire vous et moi.

La représentation parlementaire est indispensable à la démocratie. Un bon député est donc utile mais ceci dit il coûte très cher. On estime qu’il revient à plusieurs centaines de milliers d’euros par an en prenant en compte son salaire, ses frais de fonctionnement, ses avantages annexes et le personnel qui l’assiste. C’est une dépense très importante et donc mieux vaut ne pas se tromper et rechercher le meilleur rapport qualité/prix possible au moment du vote.

Les députés représentent le peuple et contrôlent l’action du gouvernement. Ils font surtout des lois. C’est leur rôle principal. Ils en votent d’ailleurs beaucoup mais, selon les législatures, entre une loi sur trois et une loi sur deux n’est jamais mise en œuvre, faute de décret d'application. C’est beaucoup de temps perdu pour rien si ce n’est pour tirer parti des effets d’annonce.

Tous les députés ne se valent pas. Certains sont souvent absents de l’Assemblée, d’autres ne produisent aucune proposition de loi, aucun rapport et ne lisent même pas les dossiers qu’on leur prépare : ils se contentent de voter selon les consignes du groupe dont ils dépendent.

A l’évidence de grosses économies sont donc possibles. Réduire le nombre des députés apparaît alors comme une mesure de saine gestion.

Mais au-delà du nombre souhaitable de nos représentants, quel est le profil idéal du bon député ?

La politique ne doit pas être une opportunité de carrière mais un engagement au service de la nation. Un bon député ne devrait donc pas être un politicien de profession et sa mission devrait être limitée dans le temps à une ou deux mandatures.
Un député, en place pendant des décennies, perd toute authenticité. Il finit par savoir ce qu’il faut dire pour être réélu sans avoir besoin de donner du sens à ce qu’il dit. Son objectif premier devient de préserver son emploi et son train de vie.

Par ailleurs la politique doit rester une activité noble, essentielle à la préparation de l’avenir. Les exemples récents que nous avons connus montrent que les élus corrompus n’ont plus leurs places dans le jeu démocratique.

Si l’intégrité est une qualité incontournable pour un député, il doit également être compétent Un bon député doit avoir une expérience réussie de la vie réelle. Il doit avoir exercé un métier en dehors du militantisme et avoir connu les conditions de vie et les expériences ordinaires d’un citoyen adulte. Une fois sa mission terminée pour le bien commun, il devrait pouvoir retrouver son activité professionnelle d’origine ou toute autre activité de son choix en dehors du champ politique.
Le devoir d’un député, élu d’un territoire, est aussi de se faire l’écho des préoccupations de sa circonscription. S’il doit toujours donner du sens à son action et garder un cap, il ne peut le faire indépendamment de l’avis des citoyens et des citoyennes. Il doit donc dialoguer avec eux et savoir faire entendre leurs voix non par démagogie mais pour que l’action politique profite réellement au bien commun.
Enfin, le bon député reste concentré sur sa mission et garde ses convictions, ce qui demande souvent du courage. Il attache davantage de prix aux résultats de son travail pour ses concitoyens qu’aux retombées médiatiques de sa communication. Bref il agit, il refuse le facile et ne brasse pas du vent.

Jacques Carles

 


 

 

 

 

 

 

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