EDITO

L’avenir des gilets jaunes

La jeunesse reste le vrai moteur du progrès économique et social. Fonder une famille et avoir des enfants constituent pour tous les humains une puissante incitation au travail et à l’investissement. Une natalité qui chute est donc rarement un signe positif pour une nation.

Depuis 2010, la France, a vu son taux de natalité repartir à la baisse. Pire, depuis 2015, le phénomène s’accélère et l’arrivée d’un jeune président en 2017, ne semble pas avoir suffi à inverser la tendance. Selon les derniers chiffres de l’INSEE, le déficit des naissances par rapport aux décès n’a même jamais atteint un tel record depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Cette démographie en berne traduit une perte de confiance non seulement dans l’avenir mais aussi dans les responsables politiques. Les parents sont d’autant plus enclins à mettre des enfants au monde qu’ils ont le sentiment de vivre dans un pays où les dirigeants accordent la priorité au bien commun et prennent les mesures qui garantissent le bien-être de leurs descendants. Dans le contexte actuel où le renouvellement des générations n’est plus assuré, la France, sent confusément qu’elle est un pays en perdition et elle doute de ses élites politiques.

Dans le passé les périodes troubles ont souvent été associées à des crises de la natalité. La Révolution de 1789 a coïncidé avec une première phase de chute de la fécondité française. En Europe, la faible natalité caractérisait la période 1914-1945 qui connut la révolution russe, le nazisme, le fascisme, deux guerres mondiales et la guerre civile en Espagne. A l’inverse, les trente glorieuses qui ont suivi, de 1945 à 1975, ont correspondu au baby boom.

Parallèlement, les causes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Aujourd’hui les conditions sont donc remplies pour que le mouvement des gilets jaunes se transforme en révolution.

Au début de toute révolution, l’idéologie est absente. Les revendications sont concrètes : du travail et de quoi vivre décemment. Mais rapidement, livrés à eux-mêmes les révoltés s’engagent dans la surenchère, la violence et les excès. Faute de savoir se structurer ils sont récupérés par les absents de la première heure, ceux qui n’ont pas pris part aux évènements mais qui ont suivi une situation dont ils ont tout à gagner. Placés en embuscade, ils s’insèrent dans le mouvement au moment opportun pour en prendre le contrôle. Il en ressort généralement un pouvoir dictatorial qui se révèle très dommageable pour la nation.

La révolution française de 1789 après avoir aboli la Royauté a finalement accouché de l’Empire et de Napoléon 1er dont les guerres ont causé la mort de centaines de milliers de personnes. Le même Napoléon 1er qui a vendu en 1803 la Louisiane et un immense territoire américain pour financer ces guerres, faisant ainsi perdre au français toute chance de s’imposer comme première langue internationale.

La révolution russe de 1917 a rapidement été confisquée par Staline. Les immenses espoirs suscités par le communisme se sont alors évaporés pour laisser la place au goulag et à ses dizaines de millions de morts.

La révolution iranienne de 1979, partie sur des revendications sociales, fut initiée par une population dont la démographie évoluait à l’européenne (moins de 2 enfants/femme). L’ayatollah Khomeini, à l’abri en France, a su habilement profiter des troubles et revenir au pays pour instaurer le régime des mollahs.

Plus près de nous, les frères musulmans, ont su prendre en marche le train des printemps arabes. Ils sont parvenus à confisquer à leur profit le vent de la démocratie qui soufflait sur les terres de l’islam. En Tunisie, par exemple, la jeunesse, les femmes non voilées et les réseaux sociaux ont permis, dans l’allégresse, la destitution du tyran Ben Ali mais en peu de temps le parti islamiste Ennahdha a pris le contrôle de l’Etat et renvoyé le peuple à sa misère.

On pourrait ainsi multiplier les exemples de mouvements de sans-culottes ou de sans grades qui se sont fait voler leur révolution.

Si les gilets jaunes ne parviennent pas à s’organiser et mettre de l’ordre dans leurs contradictions, ils courent à l’échec. La défense des intérêts individuels les plus divers avant celle des intérêts collectifs, l’absence de prise en compte des réalités politiques, économiques et internationales ne peut conduire qu’au chaos, à la ruine et à la destruction de l’ordre social. Les conditions de leur récupération, par une force plus organisée qu'eux, seront alors réunies. Au lieu des lendemains qui chantent attendons-nous dans ce cas à voir l’arrivée d’un despote au pouvoir. Et rien ne garantit que ce soit un despote éclairé. A l’inverse s’ils parviennent à structurer leur démarche, leur soulèvement peut déboucher sur une vraie avancée innovante et démocratique.

Rhadamanthe

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