EDITO

La Cocotte-Minute siffle

Après les ratés pour les masques et ceux pour les tests de dépistage, la mise en place chaotique de la vaccination désespère nos concitoyens. La France se ridiculise par ailleurs aux yeux du monde. La presse étrangère a même trouvé un nouveau nom pour notre pays : l'Absurdistan.

De fait, l'année 2021 commence mal. Les atermoiements du pouvoir vont se traduire par davantage de décès liés à la pandémies. Les dépôts de bilan et les suicides vont se multiplier. Davantage de chômeurs viendront remplacer les gueules cassées des guerres d'autrefois.

En 2006, le pays de Pasteur était encore le premier du classement EHCI (*) qui évalue les performances des systèmes de santé européens. En 2018, avant la crise du Covid, la France ne figurait déjà plus dans les 10 premiers. En décembre 2020, Bloomberg classait la France au 34ème rang dans son évaluation de la gestion de la crise sanitaire par les différents pays.

Cette dérive mortifère n'est pas liée à la qualité de nos médecins. Celle-ci reste reconnue dans le monde entier : par exemple le patron de Moderna, le laboratoire américain à l'origine du premier vaccin anti-covid, est Français. Nos infirmières et l'ensemble des soignants ne sont pas davantage responsables, bien au contraire, leur dévouement empêche le système de s'effondrer.

La descente aux enfers de notre système de santé n'est qu'une illustration du problème plus global du déclin de la France. Le phénomène touche tous les secteurs, de l'industrie à l'agriculture en passant par le commerce et l'enseignement.

Le mal vient d'abord de notre bureaucratie et des redondances administratives. Ceux qui sont chargés de la mise en œuvre des politiques publiques sont beaucoup trop nombreux, à tous les échelons. La France ne sait plus faire de vaccin mais elle est imbattable pour produire des doublons dans nos 35357 communes, nos 1 001 communautés de communes, nos 223 communautés d'agglomération, nos 21 métropoles, nos 13 communautés urbaines, nos 18 régions, nos 101 départements et autant de préfectures.

Tout le monde s'occupe de tout mais plus personnes n'ose prendre ses responsabilités. La langue de bois a remplacé le français et le parapluie est devenu le principal outil de travail. Cette redondance administrative a aussi un coût : malgré sa moindre population, la France dépense 97 milliards d'euros par an de plus pour ses services publics que l'Allemagne.

Paradoxalement, nous manquons malgré tout de fonctionnaires sur le terrain : pas assez d'infirmières, d'aides soignantes, de policiers, de professeurs, de médiateurs culturels et sportifs pour encadrer la jeunesse, etc. Par contre, la décision symbolique de réduire le nombre de parlementaires a été reportée aux calendes grecques contrairement aux Italiens qui ont entériné par référendum la baisse de 30% du nombre de leurs députés et de leurs sénateurs.

Le mal français, source de gaspillage et de dysfonctionnement, c'est la suradministration au plus haut sommet de l'État. Plus grave encore, avec le développement du "pantouflage", l'énarchie et la haute fonction publique gangrènent à présent les grandes entreprises d'états et peu à peu celles du privé, entrainant, avec les mêmes pratiques bureaucratiques, la sclérose et la perte de compétitivité de l'économie toute entière.

Le Président de la République se trouve dans la même situation que Louis XVI avant la révolution française. La haute administration a remplacé le haut clergé. La classe politique, pléthorique et dotée de privilèges incompréhensibles, a remplacé la noblesse. Les caisses de l'État sont vides, l'endettement est abyssal, la fiscalité est écrasante, les inégalités et l'insécurité ne cessent de croître, la jeunesse se retrouve sans perspective d’avenir.

Le Président de la République va devoir endosser la responsabilité des erreurs accumulées depuis 50 ans par les dirigeants successifs. Il va devoir agir, vite et fort pour lutter efficacement contre la pandémie et au-delà redresser la France.

Un escalier se balaye en commençant par le haut. S'il ne veut pas être balayé lui même aux prochaines élections, il va lui falloir se hisser au niveau d'un Clémenceau ou d'un Churchill.

Les dirigeants sont élus pour diriger et pour agir, non pour avoir peur de leur ombre.


Jacques Carles



________________________
(*) HCI : Euro Health Consumer Index

A contre-courant plutôt qu'à contrecœur

Lors de la première vague de la pandémie, chacun sentait bien que l'origine profonde de nos maux n'était pas ce minuscule virus de 10 nanomètres de diamètre mais bien plutôt l'inconscience écologique des hommes.

De nombreuses espèces vivantes disparaissent mais cette perte de biodiversité, paradoxalement, favorise le développement des microbes qui pullulent plus que jamais1.

Le saccage de la planète pour satisfaire notre appétit de consommation est alors apparu clairement comme suicidaire. Dans une économie mondialisée, nous avons aussi pris conscience des effets pervers de la recherche du gain à court terme.

Nous avons découvert notre dépendance vis à vis de l'étranger pour des biens indispensables à notre survie : masques, médicaments et nombre de produits de base. Nous avons enfin réalisé que ceux qui assuraient les services essentiels à la marche du pays étaient les plus mal payés.


L'unanimité s'est faite au plan national. Elus et dirigeants de tous bords ont assuré qu'ils allaient œuvre aux profondes réformes nécessaires et changer de cap. Les citoyens eux-mêmes semblaient prêts à modifier leurs comportements. Nous avons cru à la possibilité d'un "monde d'après", plus solidaire, plus responsable, plus désirable.

Hélas, au sortir de la deuxième vague, malgré plus de 50.000 décès, les signaux se multiplient qui annoncent le retour en force du "monde d'avant".

Les retraites, les 35 heures, l'ISF et les thèmes précédant la crise sanitaire redeviennent d'actualité. Pour 2021, le gouvernement table sur un déficit de 7% du PIB. Pour combler le trou, la créativité des technocrates est donc de nouveau sollicitée pour imaginer de nouvelles taxes, des impôts qui ne disent pas leurs noms. Dans le même temps l'Allemagne réduit ses dépenses et mise sur un retour à l'équilibre budgétaire dès 2022.

La « République des camarades » déjà dénoncée par Clémenceau, reste éternelle. Les anciens ministres de Hollande, ceux de Sarkozy et les opposants professionnels qui occupent la scène depuis des décennies reviennent sur les plateaux de télé.

Même le plastique et le jetable ont retrouvé une nouvelle jeunesse avec les masques, les blouses, les écrans de protection en plexiglas, etc. La loi du début de l'année interdisant les pailles et les couverts à usage unique semble bien loin.

Avec l'annonce du premier vaccin contre le Covid-19, les cours des bourses se sont envolés à Paris comme à New-York. Les groupes pharmaceutiques ont flambé en premier mais tous les autres ont suivi. Air-France KLM en hausse de 30% annonce ainsi le retour des affaires et des touristes du monde d'avant. A peine déconfinés, ils s'apprêtent à partir à l'autre bout de la planète, dans un hôtel cinq étoiles avec piscine, à quelques centaines de mètres d'un bidonville où 10 000 personnes manquent d'eau potable. D'autres plus modestes iront dans quelques mois s'entasser sur les plages de notre beau Languedoc. Ils contempleront les flots bleus d'une Méditerranée qui agonise sous les déchets mais trouve encore le moyen de servir de sépulture aux migrants venus d'Afrique.

En attendant ces vacances de rêve, l'économie est devenue la nouvelle urgence de ce mois de décembre. Le déconfinement s'accélère. Noël se prépare. Le foie gras et le champagne seront bientôt en rupture de stock. Le réveillon sans couvre-feu de la saint Sylvestre relancera la troisième vague. A temps pour permettre aux laboratoires pharmaceutiques de mieux écouler les millions de doses de vaccin et d'assurer le retour de leur investissement.

L’espoir que tout change s'éloigne.

Je fais malgré tout partie de cette poignée d'optimistes qui croit que l’humain redeviendra un jour la priorité de notre monde. En attendant, mieux vaut aller à contre-courant qu'à contrecœur.

Jacques Carles

1 J.Carles et Michel Granger. L'Apogée, l'Avenir en Perspective.

Fanatisme : ce mois-ci l'éditorialiste d'Oc-infos cède la plume à Voltaire

En 1763, Voltaire publie son Traité sur l'intolérance. Ce texte vise la réhabilitation de Jean Calas, protestant faussement accusé et exécuté pour avoir assassiné son fils afin d'éviter que ce dernier ne se convertisse au catholicisme.

L'année suivante, en 1764, il définit le "Fanatisme" dans son Dictionnaire philosophique, dont nous extrayons ci-dessous l'essentiel.

"Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère. Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un enthousiaste ; celui qui soutient sa folie par le meurtre est un fanatique. […]"

"Les lois et la religion ne suffisent pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d'être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. Ces misérables ont sans cesse présent à l'esprit l'exemple d'Aod, qui assassine le roi Eglon ; de Judith, qui coupe la tête d'Holopherne en couchant avec lui ; de Samuel, qui hache en morceaux le roi Agag. Ils ne voient pas que ces exemples, qui sont respectables dans l'Antiquité, sont abominables dans le temps présent ; ils puisent leurs fureurs dans la religion même qui les condamne."


"Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage ; c'est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l'esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu'ils doivent entendre."

Que répondre à un homme qui vous dit qu'il aime mieux obéir à Dieu qu'aux hommes, et qui, en conséquence, est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?


"Ce sont d'ordinaire les fripons qui conduisent les fanatiques, et qui mettent le poignard entre leurs mains.

Ils ressemblent à ce Vieux de la Montagne qui faisait, dit-on, goûter les joies du paradis à des imbéciles, et qui leur promettait une éternité de ces plaisirs dont il leur avait donné un avant-goût, à condition qu'ils iraient assassiner tous ceux qu'il leur nommerait."

 Voltaire


"Fanatisme", Dictionnaire philosophique, 1764

Covid 19 : le symptôme d'un mal plus grave ?

La disparition en cours de nombre de formes vivantes ne signifie pas pour autant la fin de la vie. La vie est vigoureuse sur Terre. Autour de Tchernobyl, l’homme ne peut survivre mais la vie y est exubérante : la flore et la faune se sont adaptées à la radioactivité. Depuis des millénaires, la forêt méditerranéenne a appris à vivre avec le feu. Sur les terres incendiées, la végétation reprend vie rapidement et une microfaune pullule. Par ailleurs, les micro-organismes ne semblent pas subir de phénomène d’extinction. Bien au contraire, il semble que l’action de l’homme et les pressions de sélection qu’il engendre contribuent à augmenter la diversité microbienne. A la différence des animaux et des plantes, les microbes ne disparaissent pas du fait de l’inconscience écologique des hommes. Au contraire le monde de l’infiniment petit pullule plus que jamais. Il mute, se transforme à grande vitesse et occupe les vides biologiques créés par l’homme. Cette vitalité de la biosphère microscopique pourrait expliquer pour partie le retour des pandémies.

Les pandémies ne sont pas nouvelles dans l’histoire de l’humanité. De grandes hécatombes comme les pestes noires ont frappé les esprits mais elles étaient relativement peu fréquentes. Plusieurs siècles s’écoulaient entre deux pandémies majeures. Depuis la révolution industrielle et la mondialisation, ce n’est plus le cas.

Les hommes se sont concentrés dans de grandes zones urbaines favorisant la promiscuité ; leurs activités altèrent le climat et bousculent l’équilibre du vivant. Pendant que l’espèce humaine épuise les forêts, les terres et les océans, de nouveaux agents pathogènes se répandent. De nouveaux virus et de nouvelles bactéries suivent les hommes et leurs produits qui vont et viennent partout sur la planète.

Dès le début du 20ème siècle, les grandes épidémies réapparaissent et leur fréquence augmente. Entre 1918 et 1919, la grippe espagnole fait entre 50 et 100 millions de morts. La grippe asiatique, dans les années 1950, et la grippe de Hong-Kong, dans les années 1960, font chacune plus d’un million de morts. Dans les années 1980 le sida fait son apparition ; à ce jour, malgré les trithérapies, il est responsable de près de 40 millions de morts.
Depuis les années 2000, les maladies endémiques deviennent récurrentes. En 2002 le Syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) fait son apparition en Chine et s’étend à une trentaine de pays. Il provoque des pneumonies aiguës souvent mortelles. En 2009 et 2010, le H1N1 et ses complications respiratoires tue plus de 200.000 personnes dans le monde. En 2012, le terrible virus du Syndrome Respiratoire du Moyen-Orient (SRMO) tue 40% des personnes infectées. Depuis son apparition, en 2013, le virus Ebola tue chaque année des milliers de personnes en Afrique. Aujourd'hui le COVID-19 est responsable d’une crise mondiale majeure et déjà de centaines de milliers morts.0

A chaque pandémie, une course s’engage pour trouver un remède. La science seule ne permettra cependant pas de résoudre le problème plus profond qui résulte des atteintes portées à la nature par l’homme. Si l’espèce humaine ne modifie pas sa relation à son environnement, si elle n’adapte pas son économie au-delà de la recherche du gain à court terme, si elle ne parvient pas à adopter un comportement collectif responsable, il faut s’attendre à des pandémies de plus en plus mortelles. La Covid 19 pourrait alors n'être qu'un apéritif.

Jacques Carles

COP : seule la déception est au rendez-vous

En 1992, les dirigeants de près de deux cents pays, réunis pour le Sommet de la Terre au Brésil, signent la Déclaration de Rio de Janeiro : tous s'engagent à agir en faveur d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Les pays signataires conviennent aussi de tenir régulièrement une conférence des parties prenantes de cette Convention-cadre des Nations unies pour faire le point sur le réchauffement climatique : le principe des COP(*) était né.

La première COP aura lieu en 1995 à Berlin. Depuis 25 conférences pour le climat ont eu lieu. La 26ème COP qui devait se tenir à Glasgow le mois prochain vient d'être remise à 2021 en raison de la pandémie de coronavirus. Ce report est sage. Certains scientifiques, classés dans la catégorie à risque, comme bien d'autres personnes, évitent de sortir.

C'est peut-être aussi le moment de ,s'interroger sur l'utilité de ces conférences. La mise à jour de la courbe de l'évolution de la concentration en CO2 de l'atmosphère pour la période couvrant les 60 dernière années (courbe de Jancovici) montre en effet clairement l'absence d'impact de ces grandes messes médiatiques sur les émissions de gaz à effet de serre.

Que faut-il en conclure ?
Les maîtres du monde ont-ils vraiment décidé des bonnes actions pour éviter le réchauffement climatique ou ont-ils été incapables de les mettre en œuvre? A quoi sert de dépenser les centaines de millions que coûtent chacune de ces conférences? Que valent les déclarations des uns et des autres relayées en boucle par les médias?

Nous autres, pauvres citoyens, nous n'avons pas fait l'ENA. Nous ne sommes donc pas assez intelligents pour répondre à ces questions mais nous avons suffisamment de jugeote pour comprendre qu'on nous mène en bateau.

Jacques Carles

_____________________
(*) COP, en anglais : Conference Of Parties

Changer l'école : de la compétition à la coopération

Demain dépend de la façon dont élevons nos enfants. La rentrée 2020 est donc une occasion de s'interroger sur notre façon de préparer les hommes et les femmes qui, après nous, vont prendre en charge le futur de notre planète.

En France le système éducatif vise avant tout à faire émerger une élite. Cette approche de l'enseignement par la compétition produit du stress et de la souffrance pour de nombreux élèves. Elle accentue les inégalités entre les enfants et favorise les comportements agressifs, la triche et l'absentéisme. Cette logique de compétition se retrouve du primaire jusqu'à l'enseignement supérieur. Pour entrer en faculté de médecine, par exemple, la lutte est sans merci et les candidats doivent acquérir une mentalité de tueur compte-tenu du numérus clausus. Un bien mauvais début pour des gens à qui on va demander de sauver des vies remarquait le regretté professeur Jacquard.

En Europe, les pays qui s'en sortent le mieux ont délaissé l'apprentissage compétitif pour l’apprentissage coopératif qui consiste à faire travailler les élèves, ensemble, en petits groupes pour atteindre un même but. L'objectif n'est plus de demander à l'élève d'être meilleur que l'autre, mais au contraire de tisser des liens avec lui, d'échanger des idées ou des savoirs. La coopération proposée aux enfants sur des projets menés en équipe permet d'expérimenter des situations de "vivre ensemble" et de "travailler ensemble" qui seront celles qu'ils rencontreront plus tard dans leurs vies professionnelles. Cette forme d'apprentissage permet aussi une éducation sociale. Les enfants apprennent à voir les différences entre eux comme des complémentarités utiles à tous et les similitudes comme des forces à valoriser.

L'apprentissage coopératif ne signifie pas pour autant l'absence d'évaluation et d'émulation. Se situer par rapport à un référentiel reste nécessaire mais le but visé est d'abord le dépassement de soi et non le dépassement de l'autre. Le succès d’un élève s'apprécie d'abord sur sa contribution au succès de l’ensemble du groupe. Plutôt que d'inciter au conformisme pour ressembler au modèle qu'attend l'élite en place, l'accent est mis sur la créativité, la compétence indispensable pour l'innovation et l'économie d'aujourd'hui.

Pour les défenseurs de la compétition, le système coopératif est un leurre. Insuffler l'esprit de compétition aux enfants est le meilleur moyen de leur permettre de réussir dans la vie, quitte à écraser les autres. Pourtant, toutes les études montrent que ce cliché est contredit par les faits et qu'un esprit de coopération conduit tout autant à la réussite. Selon les chercheurs, l'éducation participative permettrait même de mieux faire émerger les "leaders naturels " et de mieux développer leurs capacités à conduire une équipe.

Au plan économique, les pays nordiques qui ont opté très tôt pour une éducation coopérative, ont des niveaux de vie supérieurs au notre. On y observe une amélioration des relations entre enseignants et élèves, une plus forte motivation pour apprendre, une plus grande confiance en soi, davantage de sérénité, moins de sexisme ou de racisme et de bien meilleurs résultats aux tests PISA (Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves).

La compétition n'est pas le moteur du progrès comme veut nous le faire croire le disque rayé de la pensée dominante. Pasteur ne cherchait pas à être compétitif quand il a trouvé le vaccin contre la rage, pas plus que Nicéphore Niépce quand il a inventé la photographie.

Jacques Carles

Supprimons les impôts

Le plan de relance européen, annoncé comme historique et nécessaire pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire, n’annonce pas pour autant des lendemains qui chantent. Les 750 milliards qui seront mobilisés, subventions ou prêts, sortiront in fine de la poche des citoyens et ne règleront pas nos problèmes de fond.
 
A partir de 1974, la France est en entrée en déficit permanent. Depuis plus de 40 ans notre pays s’endette année après année pour combler le trou creusé par l’état, qu’elle que soit la couleur de son gouvernement. En 1999, la France accepte de surévaluer le Franc par orgueil ce qui permet à l’euro, le double mark (1 euro = 2 marks), de remplacer notre monnaie nationale. Cette erreur stratégique de parité monétaire ne fait qu’aggraver notre situation. Elle se traduit par une perte de compétitivité de notre industrie et entraîne sa disparition progressive. La France devient dès lors incapable non seulement de rembourser sa dette mais elle doit emprunter toujours davantage pour renflouer les caisses de l’Etat et traiter socialement un chômage élevé permanent.
 
Le plan européen va encore alourdir considérablement la dette de la France, déjà insoutenable, mais ne va pas modifier notre politique économique. Quand on va tout droit dans un mur, accélérer sans changer de direction, ne fait que précipiter la catastrophe.
 
Que faire ?
 
Ne pas rembourser la dette? Une option théorique, surtout pour l’Allemagne qui donne des leçons de vertu oubliant que ses dettes ont déjà été effacées par deux fois, en 1923 et en 1953.
 
Rembourser en monnaie de singe? En laissant filer l’inflation ou, ce qui semble être-là voie choisie, en contractant de nouvelles dettes à des taux négatifs pour rembourser les anciennes et continuer la fuite en avant. Chacun sent bien qu’emprunter à taux négatif n’a pas de sens et conduit à la faillite. Imaginez que vous alliez vous faire couper les cheveux et, qu'une fois son travail fait, le coiffeur vous donne un billet de 10 euros au lieu de vous présenter la facture. Il ne faut pas se faire d’illusion, tôt ou tard, avec cette logique, l’état reparlera de rigueur salariale, de sacrifices à faire, d’impôts exceptionnels, etc. La France s’enfoncera dans la pauvreté.
 
Rembourser honnêtement nos dettes et investir massivement sur l’éducation, sur les industries du futur, sur l’environnement, sur la santé et le bien-être des citoyens ? C’est évidemment ce qu’il faudrait faire pour retrouver une croissance soutenable porteuse d’avenir pour les jeunes générations. Mais comment trouver des ressources nouvelles? Dans le cadre de la pensée unique d’aujourd’hui c’est tout bonnement impossible. Taxer le capital nuit à l’investissement, taxer le travail nuit à l’emploi, taxer la consommation (TVA par exemple) réduit le pouvoir d’achat, etc.
 
Pour s’en sortir, il faut changer radicalement de politique économique et de système fiscal. Certaines pistes existent. Les gilets jaunes avaient par exemple popularisé le concept d'un impôt sur les transactions financières. Cette piste n’est pas saugrenue, elle s'inscrit dans l’esprit de la taxe Tobin concernant les spéculations en bourse. Elle rencontre bien sût l'opposition des banques, des milieux financiers et des  états comme les Pays-Bas, le Luxembourg ou l'Irlande qui font de leur dumping fiscal un atout économique majeur au détriment des autres états membres de l’Union.
Actuellement, quelques économistes "hétérodoxes" relancent néanmoins l'idée d'une révolution fiscale sur ce principe. Pour eux la financiarisation est devenue le cœur de l’économie et c’est à elle de prendre le relai de la charge fiscale à la place des travailleurs, des consommateurs, des entrepreneurs et des investisseurs. Il s'agit d'instaurer un micro prélèvement automatique, de moins de 1%, sur toutes les transactions électroniques. Cette taxe pénaliserait les transactions des spéculateurs qui opèrent à la microseconde mais elle serait sans conséquence significative pour les transactions électroniques utiles à l'économie réelle.
 
Le volume de l'ensemble des transactions électroniques en Europe est mal connu mais il serait supérieur à 2 millions de milliards d'euros. A elle seule, la plate-forme européenne des transactions financières utilisée à la fois par les banques centrales et les banques commerciales ("Target 2") assure l’échange chaque jour de 2500 milliards d'euros soit en 4 jours le PIB annuel de la zone euro. En Suisse, Marc Chesnay, directeur du Département de banque et finance et du Centre de compétence en finance durable de l’université de Zurich, estime le volume de transactions électroniques, pour la seule Confédération helvétique, à environ 100.000 milliards de francs suisses (*).
A titre de comparaison, le budget 2020 de l'État français est de à 344 milliards d'euros. Un micro-impôt de moins de 1% sur les transactions électroniques serait donc largement suffisant pour supprimer l'impôt sur le revenu, la TVA et la plupart des autres prélèvements dans la plupart des pays. L'énorme gain de pouvoir d'achat pour les citoyens et de capacité à investir pour les entreprises relancerait l'économie sur de nouvelles bases. Plus simple et moins bureaucratique, les entreprises non seulement économiseraient sur leurs impôts mais elles gagneraient du temps avec un système moins bureaucratique et sans TVA.
 
A l'heure de l'urgence sanitaire, climatique, sociale et économique dans un contexte où les impôts de toutes sortes sont devenus insupportables, il est urgent d'élargir l'horizon et de rechercher des options en rupture avec le système actuel.
 
Une révolution fiscale basée sur le micro-impôt des transactions électroniques est possible à l'ère de la digitalisation des données. Elle est dans l'intérêt du plus grand nombre, elle est simple mais pas simpliste. Par contre, elle ne peut que rencontrer l'hostilité de la finance internationale qui fera tout pour discréditer une idée qui menace ses profits. Les citoyens devront donc faire une très forte pression sur leurs représentants, au niveau national et au niveau européen, pour que cette voie soit explorée avec la ferme volonté de changer la politique et l'économie au bénéfice de tous.
 
Jacques Carles
co-auteur avec Michel Granger de L'Apogée, l'Avenir en Perspective
 

___________________________________
(*) https://marcchesney.com/fr/media/questions-et-reponses-sur-le-theme-de-la-microtaxe/

 

La leçon des municipales

Seules 42% des personnes inscrites sur les listes électorales sont allées voter pour les municipales 2020. Cette abstention record ne remet pas en cause l'élection des maires mais elle relativise leur légitimité.

A Béziers, le médiatique Robert Ménard, réélu dès le premier tour, n'a reçu le soutien que de 29% des inscrits. A Sète, l'élection de l'indéboulonnable François Commeinhes ne repose que sur le vote de 24% des inscrits. C'est pire encore à Montpellier où Michaël Delafosse est élu en n'ayant rassemblé sur son nom que 15% des électeurs inscrits.

Au niveau national, si on inclut ceux qui ont voté blanc ou nul et si on prend en compte les quelques 9 millions de personnes qui, selon un rapport parlementaire, sont non ou mal-inscrits (*), ce sont en fait les trois quarts des français qui ne se sont pas exprimés. C'est la leçon principale à retenir de ce scrutin.

Cette désaffection, qui s'amplifie à chaque consultation, est avant tout le symptôme de la perte de confiance des français dans le personnel politique. Jusqu'à présent ce retrait des citoyens n'avait pour conséquence qu'un despotisme accru des élites. Aujourd'hui le refus de voter d'un nombre croissant de français prend une autre dimension. L'abstention massive devient un acte protestataire et une opposition susceptible de remettre en cause profondément le système politique actuel.

A ce jeu, tous les partis perdent. La République en Marche s'évapore sauf peut-être au Havre où Edouard Philippe sauve l'honneur. Le RN s'effondre, passant d'environ 1500 élus à moins de 1000. Seule la réussite de Louis Alliot à Perpignan lui permet de faire illusion. Si la droite sauve les apparences c'est uniquement grâce à l'ancrage dans les territoires de ses élus de terrain. Même la "vague verte", qui fait la une des journaux, n'est qu'une victoire en trompe l'œil. Ce sont les partis de gauche qui, pour sauver quelques meubles, se sont ralliés aux écologistes et ont ainsi assuré l'élection de candidats EELV.

Après le désespoir manifesté l'an dernier par les gilets jaunes et la crise sanitaire de cette année, les Français ont le sentiment qu'ils sont sur un bateau en perdition, sans capitaine ni équipage capable de les sauver. Ils n’attendent plus rien des politiciens qui ont colonisé le système et qui doivent humblement reconnaître leur incapacité à régler les problèmes qui sapent notre société.

Les Français se prennent à rêver d'un De Gaulle ou d'un Churchill. Ils ne veulent plus de politiques qui jouent les contrôleurs de gestion et les experts comptables sans en avoir les compétences. Ils veulent des politiques qui se recentrent sur les projets de société, sur  la refonte des règles du jeu, capables de fixer le cap au pays, d’être visionnaires et d’écouter les citoyens.

En 1789, c’est ensemble que le bas clergé, la petite noblesse et le peuple ont fait triompher les idées des Lumières. Aujourd'hui les Français sont encore prêts à se mobiliser pour des valeurs mais pas pour un parti politique, quel qu'il soit.

Depuis des siècles, partout en Europe,  les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes, une jeunesse sans perspective d’avenir et des élites qui cherchent à faire prendre des vessies pour des lanternes quand eux-mêmes jouissent de privilèges et de prébendes.

La confiance est le socle de la démocratie. Si cette confiance vient à disparaître, un processus insurrectionnel peut s'enclencher. Les municipales de 2020 sont le signe que la cocotte-minute commence de siffler.

Jacques Carles
co-auteur avec Michel Granger de L'Apogée, l'Avenir en Perspective
 


(*) personnes inscrites dans un endroit mais vivant ailleurs

"Yes, they did it!"

Avec le Brexit, le peuple anglais a choisi de réaffirmer son insularité.

En prenant un peu de recul, ce qui est surprenant ce n’est pas le fait que l’Angleterre sorte de l’Union Européenne, c’est le fait qu’elle y soit entrée.

Pour les pères fondateurs de l’Europe, l’Union était un projet politique. L’ambition était d’instaurer une paix durable sur le continent et d’œuvrer pour offrir une vie meilleure aux citoyens. Quand les Anglais rejoignent l’Europe, ils le font pour d’autres raisons, essentiellement économiques, sous l’influence des milieux d’affaires. Pendant 47 ans, les élites d’outre-Manche ont défendu la primauté de l’économie. Leurs représentants et leurs lobbyistes ont exporté à Bruxelles les valeurs du libéralisme anglo-saxon et ils ont importé à Londres les travers bureaucratiques de l’Europe continentale. Encore tout récemment, après le référendum qui a conduit au Brexit, les partisans du maintien du Royaume-Uni dans l’Union n’ont fait valoir que des arguments économiques. Or les Anglais, comme les autres peuples, sont aussi sensibles à des valeurs plus profondes comme l’identité, les modes de vie, les coutumes et l’appartenance à une nation.

Ce qui est nouveau et paradoxal, c’est que l’Angleterre, cœur du monde anglo-saxon, devienne le symbole du rejet de la mondialisation libérale dont il est à l’origine. Plus inquiétant, un populisme xénophobe, peu habituel au Royaume-Uni, s’y développe et se nourrit des dégâts de cette mondialisation non régulée. Comme aux États-Unis, le développement d’inégalités bien plus criantes qu’en France, finit par miner la démocratie.

L’Europe, et la France en particulier, ont donc intérêt à s’interroger sur les raisons qui ont conduit les Britanniques à prendre leurs distances. L’Europe doit comprendre pourquoi elle ne fait plus rêver les peuples.

Enfin, plutôt que de rejeter ceux qui partent, réagissons de façon pragmatique. Tout comme la Suisse ou la Norvège, autres pays européens n’appartenant pas à l’Union, le Royaume-Uni doit rester un pays ami. Certes, il sera toujours difficile de comprendre un peuple qui appelle victoire ce que nous appelons défaites, Waterloo, Trafalgar ... Mais comme le rappelait le lucide De Gaulle, il n’y a pas de montagne entre l’Angleterre et la France ; il y a seulement un canal.

Rhadamanthe

Privilèges

Les français bénéficient de nombreux avantages collectifs: gratuité de l’école, sécurité sociale, hôpital accessible à tous, liberté d’expression, etc. Ces acquis de haute lutte ne sont même plus perçus tant ils paraissent naturels et obtenus pour toujours.

 Par contre les français perçoivent les avantages individuels, d’autant qu’ils sont nombreux à bénéficier de petits à-côtés.

Les agents d’EDF sur le terrain travaillent souvent dans de dures conditions et peuvent être appelés de jour comme de nuit 7j/7. D’autres dans les bureaux sont un peu moins sollicités mais tous, en activité ou en retraite, bénéficient de petits avantages qui pris globalement ne sont plus négligeables. La cour des comptes en a dressé un catalogue impressionnant dans son rapport public de 2019.

Les cheminots ont souvent des conditions de travail difficiles et des horaires qui ne ménagent pas leur vie de famille. Cela justifie nombre des compensations qui leur sont accordées mais pas toutes. La Cour des comptes dénonce aussi le système des « facilités de circulation » qui permet à plus d'un million de personnes de voyager pour pas cher… Le coût de ces billets gratuit est d’autant plus faramineux qu’ils ne sont pas accordés qu’aux salariés : les familles, les retraités et même certains élus en profitent sans compter.

A Air France des billets d’avion à prix discounts sont aussi accordés aux salariés et à leurs familles ; les vols peuvent même devenir gratuits pour les navigants et les dirigeants.

Une logique similaire est courante dans de nombreuses entreprises privées : un salarié du groupe Accor, par exemple, bénéficie de réduction substantielles pour ses réservations de chambres d’hôtel en France ou à l’étranger.

Les enseignants sont de moins en moins considérés. Pourtant l’avenir du pays dépend de la qualité de leur travail et de leur motivation. Revaloriser leurs missions et corriger les méthodes de gestion de leur carrière est donc une priorité. Cela n’empêche pas les enseignants d’avoir eux aussi leurs privilèges : vacances généreuses et retraite dans de bonnes conditions.

Les militaires et autres professions à risque méritent de partir plus tôt en retraite mais beaucoup d’entre eux entament ensuite une seconde carrière et touchent ainsi pension et salaire. Le cumul entraîne ensuite une seconde retraite, un privilège différent de la prise de retraite avancée pour les risques encourus au front.

La plupart des médecins sont admirables mais quelques uns le sont un peu mois et n’hésitent pas à demander des suppléments d’honoraires indécents à des petites gens atteintes de maladies graves.

La plupart des notaires sont irremplaçables. Ils évitent bien des soucis aux familles mais quelques uns profitant de leur situation de monopole, gagnent de l’argent sur les fonds de leurs clients ou s’enrichissent de façon éhontée en facturant des actes inutiles.

 Le président de la république a renoncé à percevoir sa retraite présidentielle. Bravo. Mais ce faisant il a mis aussi en lumière les avantages astronomiques dont bénéficient les hautes sphères de la monarchie républicaine. Gérard Larcher, le Président du Sénat, vent debout contre toute réforme de son institution, illustre bien l’intense opposition des privilégiés de la république à toute réforme qui les affecterait. Le patron du sénat est d’ailleurs également très réservé sur le projet de régime universel des retraite, estimant que le train de sénateur mérite mieux que le TGV de la SNCF.

 Personne ne veut perdre ses privilèges, aussi modestes soient-ils. Est-ce une raison pour ne pas faire un peu de ménage ? Les petits avantages connus ne sont cependant que les arbres de la lisière qui masque la forêt des gros privilèges cachés. Le ménage doit donc se faire à la façon dont on balaye un escalier : en commençant par le haut. De même que le froid ressenti est plus vif quand souffle le vent, les inégalités sont d’autant plus ressenties quand sont remis en cause les privilèges des petits avant ceux des grands.

 

Rhadamanthe

Vive le vélo

L’Hérault a la chance de se situer sur 2 itinéraires cyclables européens : la route 8 baptisée « la Méditerranée à vélo » qui relie l’Espagne à la Grèce et la route 17, baptisée « Via Rhôna » qui s’étend du Leman à la Méditerranée. Nos villes du littoral jalonnent ces voies : Marseillan, Sète, Frontignan, Vic- la- Gardiole, Villeneuve-lès-Maguelone, Palavas, etc.

L’Hérault est aussi le département français qui possède le plus grand réseau de pistes cyclables. Une place d’excellence qui sera consolidée avec le nouveau plan « Hérault Vélo » et les 30 millions d’investissement prévus par le Conseil Départemental entre 2019 et 2024.

 A Montpellier, les pistes cyclables se multiplient et le succès des vélos en libre-service témoigne de l’intérêt que portent tant la municipalité que les citadins pour la petite reine.

Autour de l’étang de Thau, de nouvelles pistes se réalisent comme la superbe double voie qui va bientôt compléter la liaison entre la gare de Sète et Balaruc-les-bains.

A Frontignan, la politique du développement économique et touristique responsable permet de faire découvrir à vélo les plages, les étangs et le canal du Rhône à Sète. 

 Les associations locales (Vélocité à Montpellier, La Roue libre de Thau dans l’agglomération sétoise, Union Cycliste de Marseillan, etc.) sont pour beaucoup dans cette prise de conscience de l’intérêt du vélo dans notre région et de la nécessité d’un nouveau rapport à l’espace urbain Elles sont su allier l’esprit militant à une démarche intelligente qui les a conduit à devenir des partenaires auprès des institutions publiques pour les aménagements cyclables et l’organisation d’événements destinés à promouvoir tous les usages du vélo.

Il faut les féliciter et les soutenir encore plus vigoureusement car beaucoup reste à faire, notamment en zone urbaine où les pistes cyclables sont toujours nettement insuffisantes malgré les efforts des municipalités en place.

 A Montpellier et à Sète, pour se déplacer en ville, les cyclistes n'ont souvent pas d'autre choix que d'emprunter la voie publique où règne la loi du plus fort. Le partage de la route est alors une vue de l’esprit : c’est le plus gros qui gagne. La voiture toute-puissante n’a que faire du cycliste. Il faut être courageux pour risquer sa vie dans la jungle urbaine d’autant que la politesse, la courtoisie et le simple respect du code de la route sont devenues des denrées rares chez les automobilistes.

 Le vélo, classique ou électrique, efficace, peu onéreux, respectueux de l’environnement doit devenir un vrai moyen de transport pour aller travailler, faire ses courses, amener les enfants à l’école ou tout simplement se promener et faire un peu d’exercice. En Allemagne, pays comparable à la France, le vélo est 3 à 4 fois plus développé que chez nous. Une ville comme Brême, comparable à Montpellier par sa taille et son grand centre-ville touristique totalement piétonnier, dispose de 600 km de voies cyclables urbaines. Les trottoirs de la plupart des rues sont aménagés avec des voies cyclistes et des voies piétonnes. Avec une part modale vélo de 30 %, Brême est devenue la « ville des vélos ». Chez nous la part modale du vélo est de 2 % !

 Bien souvent quand deux cyclistes se croisent ils se sourient ou se saluent.  Le vélo est vecteur de convivialité et de rapprochement entre les citoyens. Aussi rien d’étonnant à ce que le vélo soit devenu la première activité physique préférée des Français. Espérons que les candidats aux futures élections municipales de 2020 en tiennent compte dans leurs programmes de campagne.

 

Rhadamanthe