EDITO

Visiteurs

 A l’Est de l’Occitanie, notre région, de Montpellier à Beziers, ne cesse de voir le nombre de visiteurs augmenter. Alors que la Cote d’Azur constate une baisse de fréquentation…

Les études des Offices de tourisme font ressortir que la motivation de base repose avant tout sur l’authenticité. Rentrent aussi en compte la compétitivité des tarifs,  la qualité de la gastronomie et, plus étonnant, la gentillesse de l’accueil…Certains avancent aussi la beauté des paysages et l’abondance des manifestations culturelles.

On ne peut que se réjouir de constater la bonne santé du tourisme chez nous. Et bravo à tous ceux à qui on doit ces bons résultats : commerçants, hôteliers, restaurateurs, et animateurs. Une mention aux responsables d’établissements de plage qui améliorent leurs installations d’année en année. Même si la législation abusive les contraint à tout démonter en fin d’été alors  que même en hiver il ya de belles journées sur les plages. Et leurs concessions ne sont pas automatiquement renouvelables, ce qui rend leurs investissements très risqués…

Bernard Barraillé

 

Le sens de l'histoire

De nos jours rares sont les journaux ou les émissions de télé qui vont au fond des choses. La plupart délivrent de l’infospectacle ou nous abreuvent d’images négatives. Ils nous montrent un monde où tout est danger, un monde qui fait peur. Ils n’expliquent plus, ils mettent en scène des situations plus ou moins vraies à forte dose émotionnelle. L’analyse a laissé la place à l’instantané et à la recherche du sensationnel.

Plus grave encore l’internet avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs diffuse maintenant des informations non vérifiées. Chaque jour un tsunami de rumeurs, de demi-vérité voire de purs mensonges inonde la toile.

Et pourtant l’internet n’est pas qu’un simple outil de propagande et de désinformation. En quelques années, il est devenu une formidable place publique qui permet aux citoyens de s’exprimer.
Malgré l’extrême difficulté de faire la part des choses dans les flux d’informations qui nous parviennent de cette agora, il est clair que nos concitoyens sont écœurés, en colère et inquiets. 
Écœurés par ces politiques qui se servent au lieu de servir et ternissent l'image de ceux qui sont honnêtes. En colère de voir les inégalités croissantes et la fiscalité qui laminent la classe moyenne et les plus faibles. Inquiets enfin car ils sentent confusément qu’une crise majeure se prépare.

L’histoire est pleine d’exemples de crises qui débouchent sur des changements radicaux. Si Les citoyens ont encore du mal à clairement identifier ce qui se passe ils sentent bien que notre monde change. Ils peinent encore à donner un nom à leur désespérance mais ils perçoivent cependant qu’avec les nouvelles technologies l’air du temps est aussi aux idées neuves

Depuis toujours les nouvelles techniques et les nouvelles idées ont produit de grands changements dans nos sociétés ; une fois encore elles vont bousculer nos façons de vivre et de penser collectivement.

Avec une mise en commun toujours plus aisée des objets, même une notion aussi ancrée que propriété individuelle se relativise via le développement de la mutualisation des objets, la location, les achats groupés et autres coopératives citoyennes.
L’intelligence artificielle s’intègre aux voitures, aux maisons, aux hôpitaux. Dans l’entreprise ces machines qui prendront au moins en partie la place des cerveaux n’a pas fini de bousculer le marché de l’emploi. Souhaitons simplement que la dignité du travail puisse être prise en compte autant que le profit pour orienter l’économie

Ces évolutions encore difficile à énumérer et à expliciter clairement, ne tarderont pas à se préciser puis à s’imposer.
Suffiront-elles pour résoudre les grands problèmes planétaires de l’environnement et des tensions entre nations ?
En Europe, la France, à la suite de Jean Monnet, a su œuvrer pour que s’instaure une paix durable après deux mille ans de guerres incessantes qui ont ravagé notre continent.
Le peuple français saura-t-il de nouveau orienter l’histoire et faire en sorte que les rêves de liberté, de justice et d’humanité ne se terminent pas par la dictature et l’oppression ?

Jacques Carles 

 

Dirigisme

Il y a d’abord l’Europe qui met son nez partout, fixant par exemple la largeur des nouvelles routes, rétrécies pour soi-disant faire baisser la vitesse des autos. Résultat : énormes bouchons au moindre pépin.

Mais l’Europe a bon dos, les technocrates bruxellois ont aussi des émules en France qui trompent l’ennui en légiférant grâce à la passivité des élus. Leur dernière foucade est d’astreindre les pêcheurs en mer au contrôle d’alcoolémie, comme les automobilistes. Comme si les pêcheurs qui partent en mer en pleine nuit pour revenir dans l’après-midi abusaient du pastis ou du pinard pendant leur rude journée. Les Affaires maritimes vont donc perdre leur temps à faire souffler dans l’alcootest les travailleurs de la mer.

Un autre technocrate, plus récemment, a fait adopter le port du casque pour les enfants en vélo. Comme si les parents étaient idiots et incapables de décider eux-mêmes de protéger leur progéniture. Bientôt peut-être obligera-t-on les piétons à porter eux aussi un casque car s’ils trébuchent et tombent, ils peuvent se blesser à la tête…

Nul n’étant censé ignorer la loi, n’oublions pas non plus qu’en France il est interdit de s'embrasser sur les rails et qu’aucun cochon ne doit se faire appeler Napoléon par son propriétaire…

A un niveau plus modeste, dans certains conseils municipaux, on travaille même du chapeau. Depuis 1954, la ville de Chateauneuf-du-Pape a pris un arrêté municipal interdisant « le survol, l'atterrissage et le décollage d'aéronefs dits soucoupes volantes ou cigares volants, de quelque nationalité que ce soit, sur le territoire de la commune sous peine de mise en fourrière immédiate ». L'arrêté est toujours en vigueur. Apparemment il a prouvé son efficacité…

Et l’on repense à la fameuse apostrophe en Conseil des ministres du président Pompidou irrité par un projet liberticide et s’adressant à Jacques Chirac et ses amis : "Mais bon sang, foutez la paix aux français !"

Bernard Barraillé

Journalistes

Paul Valéry avait été étonné du nombre important d’artistes peintres sétois. Parmi les autres particularité de l’île singulière, il en est une autre assez étonnante : le nombre important de journalistes qui en sont issus. On ne rencontre cette spécificité nulle part ailleurs dans le département et même au-delà.

Dans les années 40, deux sétois faisaient les beaux jours de L’Eclair : Mourailles et le poète Francis Octave Balma qui signait Colibri ses chroniques.

Quant à l'imprimeur Sottano, il redigeait et publiait "L'information sportive" à la gloire du FC Sete.

Après guerre, Roger Therond devint directeur de Paris Match où officiait un autre sétois Victor Laville. Tous deux utilisèrent leurs relations pour aider leur copain Georges Brassens à sortit de la misère et accéder à la gloire.
Toujours à Paris, Alain Rollat était une des grandes signatures du Monde.

A Sète, le bouzigot Paul Baqué dirigeait l’agence locale de Midi Libre mais son talent le faisait rapatrier à Montpellier où il devint grand reporter. De nombreux jeunes sétois débutèrent à l’agence sétoise de Midi Libre : Jacky Vilacèque, Jean-François Garcia, Philippe Mouret, Olivier Schlama mais leur talent étant évident, le siège de Montpellier les fit tous venir à la rédaction centrale.

Autre plume remarquable ; Paul-René Di Nitto qui après avoir présenté le journal des FR3 Montpellier devint à sa retraire chroniqueur du passé de Sète dans Midi Libre.

Son successeur à FR3 est encore un sétois: Philippe Sans.

Deux autres sétois furent tout aussi remarquables : Pierre Lasne, dit Piero, qui créa « Le Petit sétois illustré », hebdomadaire satirique dont beaucoup ont la nostalgie. Mais devenu éditeur, Piero a abandonné le journalisme. Dommage…

Il y a aussi Pascal Granger, afficheur mais aussi bonne plume taquine, qui publié de temps à autres le truculent « Œil de Moscou ».

Et n’oublions pas les photographes de presse à l'instar d'Eric Catarina et Eric Morere  qui partent de Sète pour couvrir les concerts dans toute l’Europe.

Que de talents journalistiques sont nés à Sète ! Comment expliquer cette prolifération?

Bernard Barraillé

 

 

 

 

 

 

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